‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 84 sur 134 · IX. Isopodes et Annèlides. Trevuanus · texte numérisé non relu

IX. Isopodes et Annèlides. Trevuanus

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Quant à ce qui concerne les végétaux, nous savons seulement que la quantité de l'oxygène contenu dans l'air est toujours diminuée par les plantes cellulaires qui ne sont point vertes (plusieurs lichens , quelques algues , les champignons), de même que, chez les végétaux vasculaires , par les racines, les branches effeuillées , les feuilles qui se fanent , les fleurs, les fruits mûrs et les graines qui lèvent, mais que toutes les

(1) Mèm. de la Soc. d'Arcueil, t. II, p. 389.

(2) Loc. cit., p. 648.

(3) Zeischrift fuer Physiologie, t. IV, p. 1,

DE LA RESPIRATION. 5l 7

plantes sans exception la diminuent dans l'obscurité, effet plus sensible de la part des jeunes feuilles que des vieilles, du feuillage des arbres que de celui des herbes , et moins prononcé que partout ailleurs chez les arbres verts, les plantes grasses et les plantes marécageuses (1).

3° Lavoisier avait admis que le gaz azote de l'air atmosphérique n'augmente ni ne diminue pendant la respiration , et la plupart des physiciens ont marché sur ses traces à cet égard. Cependant quelques-unsont vu ce gaz augmenter. (§ 819, !<>), Priestley croyait pouvoir conclure de ses expériences qu'il diminue. Abernethy (2) a trouvé que l'air expiré ne contenait que 0,725 d'azote , et que par conséquent la respiration lui en avait fait perdre 0,075; mais il n'en pensait pas moins qu'on ne doit point admettre une diminution réelle. Dans les expériences faites par Henderson , après quatre minutes de respiration , la quantité d'azote contenue dans quatre cent soixante-huit pouces cubes d'air , était diminuée de douze à dix-huit pouces cubes, ce qui fait environ 3 à 4,4 pouces cubes par minute. Pfaff a également observé une diminution. Suivant Davy, l'air , dans une inspiration de treize pouces cubes , en perd 0,2 d'azote , ce qui , à vingt-six respirations par minute , ferait 5,2 pouces cubes pour chaque minute : la perte d'azote était de 1,3 pouce cube dans l'inspiration ' de cent pouces eubes d'air, et de deux pouces cubes dans 'Celle de cent quarante- et -un pouces. Allen et Pepys ont 1 trouvé que l'azote s'élevait à 0,79 tant dans l'air inspiré que dans l'air expiré ; mais comme ce dernier , pendant une inspiration de onze minutes de durée, avait perdu de son vollume , malgré l'addition de l'acide carbonique , l'azote , pris dune manière absolue, avait diminué d'environ dix-sept ipouces cubes. Dans un autre^'cas, où, pendant vingt-quatre rminutes et trente-sept secondes, il avait été inspiré neuf mille huit cent quatre-vingt-dix, et expiré neuf mille huit cent •soixante-et-douze pouces cubes, l'azote était demeuré le même

(4) V. H. Dntrochet, Mêm. pour tervir à Vhist. anat. et physiol. des 1 véijitanx et des animaux. Paris , 2837, t. I, p. 320. — Raspail, Nouv. tyst. de physiol. vèijètale et botanique. Paris, 4837, t. II, p. 41 çt suiv, (2) Ckirvrrjiscke und physiologisrhe Ftrsuchc, p. 442,

relativement , mais avait subi une diminution absolue d'à peu près quatorze pouces cubes , ce qui fait environ 0,57 pouce par minuie. Humboldt et Provençal ont observé une diminution de l'azote dans la respiration des Poissons, mais non dans celle des Grenouilles. Hermann (1) en a remarqué une dans celle des Oiseaux. Spallanzani avait entrevu à cet égard (2) , ce qui n'a été reconnu que plus tard par d'autres ( § 819, \»), que la consommation d'azote n'a pas lieu constamment, qu'eu conséquence elle ne fait point partie essentielle de la respiration, qui, au contraire, entraîne toujours, et sans exceptionune consommation d'oxygène.

II. D'autres gaz, purs ou mélangés, subissent aussi une déperdition dans l'acte de la respiration.

1° Davy(3) respira pendant une demi-minute, par sept inspirations profondes et prolongées un mélange de soixante-dixhuit pouces cubes de gaz oxygène et vingt-quatre do gaz azote; l'air expiré contenait 24,7 pouces cubes de moins ; mais , guidé par l'analogie, Davy admit que 13,3 pouces cubes de cette dernière quantité étaient encore dans les voies aériennes, qu'en conséquence la perte réelle se réduisait à 11,4 pouces cubes, ce qui la rendait inférieure à celle de gaz oxygène qu'eût éprouvée l'air atmosphérique. Un mélange de vingt-neuf pouces cubes d'azote et cent trente-trois d'oxygène fut respiré pendant deux minutes ; d'après le même calcul , la déperdition d'oxygène fut de cinquante-sept pouces cubes, tandis que, durant le même laps de temps , il en disparaît soixante-trois de l'air atmosphérique. Cependant l'hypothèse de Davy est refutée par les effets d'une respiration plus prolongée. Allen et Pepys (4) firent respirer pendant neuf minutes et un tiers , à un homme qui fit cent quatre-vingt-quatre inspirations, un mélange de trois mille centsoixante-dix-neuf pouces cubes d'oxygène et quatre-vingt ua d 'azote : l'air expiré contenait cinq cent-vingt-neuf pouces d'oxy-

(1) Gilbert, Annalen, CVIII, p. 293.)

(2) Mèm. sur la respiraiion, p. 88, 158.

(3) Loc. cit., p. 107.

(4) Philos. Trans., 1808, p. 267.

DE LA RESPIRATION. 5ig gène de moins : il en avait donc perdu'rinquante-six par minute. Dans une autre expérience, où l'air inspiré se composait de 3334 5 pouces cubes d'oxygène et 85,5 d'azote, et qui dura sept minutes vingt-cinq secondes , la perle d'oxygène fut de 63*2. 3S pouces cubes, c'est-à-dire de quatre-vingt-quatre par minute. UnCochon d'Inde respira pendantsoixante-et-douze minutes dans un mélange de 962,6 pouces cubes d'oxygène et 97,4 d'azote Cl): la perte fut trouvée de 460,85 pouces cubes, ce qui fait 2,23 par minute; un autre, plus petit, respira dans une moindre quantité de gaz , et la perte ne fut que de 4, 62 pouce cube par minute. Suivant Lavoisier (2), un mélange semblable ne perdit que 0,64 d'oxygène par minute, sous l'influence de la respiration d'un Cabiai. Les expériences ultérieures d'Allen et Pepys (3), sur des Pigeons, ont donné pour résultat qu'un mélange de 255,59 pouces cubes d'oxygène et 64,4 d'azote, a perdu 49,89 d'oxygène en soixante-douze minutes, ou 0,69 pouce cube par minute. Nysten (4), après avoir pompé î'air des poumons d'un petit Cbien qui pesait six livres et demie , lui fit respirer un mélange de 58,8 pouces cubes d'oxygène et 44,6 d'azote ; il trouva ensuite que le premier de ces gaz avait diminué de 43 pouces cubes en une demi-beure, c'est-à-dire de 4,43 par minute. Cbez un autre Chien pareil , dont il avait aussi vidé les poumons , et qui respira un mélange de 56,27 pouces cubes d'oxygène et 1,74 d'azote, l'air expiré et l'air pompé des poumons contenaient, au bout de douze minutes, 53,8 pouces cubes d'oxygène de moins , ce qui fait 4,49 pouces cubes par minute.

2° Chez un petit Chien, qui respira cinquante- huit pouces cubes d'azofe , après qu'on lui eut pompé l'air des poumons, ce gaz avait diminué, en trois minutes et demie, de 20,7 pouces cubes, — 5,9 par minute.

3° Davy (5) respira cent pouces cubes de gaz oxyde d'azote,

(2) Hist. de V/lcad. des sciences, "1780,'p. 401.

(3) Philos. Trans., 1829, p. 280.

(4) Bech. de physioloyie, p. 218.

(5) Loo.'cit.,'p. 64.

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mêlé avec deux pouces cubes d'air atmosphérique , et trouva soixante-et-onze pouces cubes de moins du premier dans l'air expiré. Après qu'il eut respiré un mélange de 179,5 pouces cubes de gaz oxyde d'azote et 2,5d'air atmosphérique, le premier avait diminué en quarante secondes de 90,75 pouces cubes. Comme Davy fait entrer en ligne de compte l'air resté dans les poumons, il évalue la perte, dans le premier cas, à 56,3 pouces cubes, dans le second, à 71,4 (1) , et la porte, terme moyen, à 120 pouces cubes par minute (2).

4° Davy fît en moins d'une demi-minute sept inspirations rapides dans une masse de 102 pouces cubes de gaz hydrogène ; l'air expiré contenait 24 pouces cubes de moins de ce gaz. Six inspirations faites dans le même laps de temps enlevèrent 28,4 pouces cubes d'une masse de gaz de cent-quatrevingt-deux, et douze inspirations profondes suffirent pour faire subir une diminution de 25,4 pouces cubes à une autre de cent quarante-et-un (3). Suivant Allen et Pepys (4), trente-cinq pouces cubes d'hydrogène disparurent d'un mélange de cinquante-et-un pouces cubes d'azote , cinquanteet-un d'oxygène et cent quarante-sept d'hydrogène, dans lequel un Pigeon respira pendant vingt-six minutes. De 58,9 pouces cubes d'hydrogène que Nysten fit respirer à un petit Chien , après lui avoir vidé les poumons , il n'en restait plus que 53,7 au bout de trois minutes et demie (5).

6° Nysten a également trouvé que la quantité du gaz acide carbonique diminuait dans la respiration (6).

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