‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 93 sur 134 · I. lie sang · texte numérisé non relu

I. lie sang

1° Comme les matériaux constituans du sang sont consommés en des proportions diverses par les différens organes, dans la nutrition et les sécrétions , il s'ensuit de toute nécessité que le sang qui revient de chaque organe doit avoir des qualités particulières , bien que l'analyse chimique ne puisse en donner la démonstration. Ces masses diverses de sang se mêlent ensemble dans le système des veines caves , dont la disposition semble calculée de manière à rendre le mélange aussi uniforme que possible. Le sang, y trouvant plus d'espace et une force motrice moins considérable, y séjourne plus long-temps: il coule surtout avec plus de lenteur dans les branches, et l'accélération de son cours est proportionnée à la distance qui le sépare du cœur. Les courans de la veine cave supérieure et de la veine cave inférieure marchent à la rencontre l'un de l'autre , et ils sont en partie refoulés par la systole de l'oreillette droite , rétrogradation possible parce qu'il n'y a point là de valvules qui s'y opposent, comme à l'entrée des veines cardiaques , qui ramènent un sang homogène. L'oreillette droite, non-seulement est plus spacieuse, mais présente aussi davantage de saillies et d'enfoncemcns , c'est-à-dire de moyens propres à diviser en quelque sorle le

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sang, que la gauche, qui , semblable en cela aux veines cardiaques, ne reçoit non pins son sang que d'un seul organe(4).

2° Dans les cas de plaie envenimée , on s'oppose à l'action générale du poison par une ligature qui embrasse le membre blessé. Cependant la circulation n'est point complètement arrêtée par là dans ce dernier; donc la seule circonstance qui amène l'innocuité du poison , c'est qu'il se répand avec plus de lenteur dans le sang (2). Effectivement, en pareil cas, on peut sans danger enlever de temps en temps la ligature , de manière qu'il ne puisse arriver qu'une petite quantité de venin à la fois dans le sang (3). Ajoutons encore que , comme l'ont expérimenté Magendie(4), Morgan et Addisson(5), le sang artériel ou veineux d'un animal empoisonné ne produit aucun symptôme d'empoisonnement lorsqu'on le fait passer immédiatement dans le système vasculaire d'un animal sain (§ 897). Il n'est pas vraisemblable que les sécrétions aient si rapidement enlevé la totahté du poison de la masse du sang du premier animal , ou que son action sur l'économie ait été complètement épuisée en si peu de temps, sans que le sang ait contribué à ce résultat par une influence transformatrice. De même, tout porte à croire que le sang de la veine cave s'assimile le chyle et la lymphe, qui n'y affluent que peu à peu et en petite quantité à la fois, et qu'il communique ses caractères à ces liquides. La même chose arrive aussi sans doute quand on transfuse un sang étranger; à la vérité, Blundell (6) a trouvé , chez un Chien auquel il avait laissé perdre tout son sang, et qu'il avait ensuite rappelé à la vie en lui injectant du sang humain , que le sang tiré de la carotide, quelques minutes après , ressemblait à celui de l'homme, et non à celui du Chien , sous le rapport de la promptitude avec laquelle il se coagulait; mais on devait bien s'attendre à ce qu'une transformation complète n'eût pas lieu en si peu de

(1) OEuvres de Legallois. t. IT, p. 496, 204.

(2) Mayo, Outlines of human physioloyy, p. 99.

(3) Christison, Abhandluny ueber die Gifte, p. 4d.

(4) Journal de physioloyie, t. I, p. 60.

(5) Christison, Abhandluny ueber die Gifte, p. 15.

(6) Besearches physiological and patholoyical, p. 89.

DE LA RESPIRATION* 5~Ç) temps et dans un cas où le système vasculaire avait été vidé en grande partie.

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