‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 4)Chapitre 29 sur 81 · II. Modalité de la digénie · texte numérisé non relu

II. Modalité de la digénie

§ 271. La génération sexuelle est en antagonisme avec la monogénie.

Les plantes bulbeuses , en général , ont proportionnellement moins de fleurs, et beaucoup d'entre elles fleurissent sans donner de graines qui soient susceptibles de germer; si l'on vient à détruire les caieux qui paraissent autour de la bulbe, les graines se développent complètement. Mais, dans cet antagonisme , il est clair que la monogénie est la forme qui marche la première , qui offre le moins de perfection ; il n'y a que les plantes à bulbes anciennes, très-vigoureuses , pleines et serrées , qui donnent de bonnes graines ; dès que les fleurs se fanent , on voit se former des caieux : détruit-on les fleurs avant la fécondation , les caieux se développent en plus grande quantité. Leur formation est favorisée par l'exposition à l'ombre, et celle des fleurs par l'action de la lumière (1).

On ne peut douter , à l'égard des ovaires tubuleux ( § 52-54 ) , que les œufs ne se forment dans les culs-de-sac par lesquels commencent ces organes ; car on y trouve , soit une masse encore informe, soit des œufs incomplets et très-petits, qui

(1) Trcviinnus , Biologie , t. III , p. 364.

deviennent d'autant plus volumineux, et développés, qu'ils se rapprochent davantage de l'extrémité ouverte de l'oviducte. Mais ce point où a lieu la formation des œufs ne diffère des autres parties du canal que par l'addition d'une paroi de clôture représentant un segment de sphère creuse, c'est-à-dire par un accroissement de la surface délimitante.

Dans l'ovaire celluleux ( § 55-61 ) , l'atelier de la formation n'est plus une demi-sphère creuse , mais bien une sphère tout entière.

D'après toutes ces considérations réunies , la condition nécessaire pour qu'il se produise des œufs paraît être que la matière organique sécrétée entre en contact multiplié autant que possible avec la surface vivante , et qu'elle subisse de tous côtés l'influence de cette dernière , que par conséquent l'ovaire revienne sur lui-même , que ses parois soient appliquées l'une contre l'autre , et que les espaces qu'il renferme soient plus ou moins clos. Lorsque les œufs sont disposés couche par couche dans des cellules de l'ovaire , comme chez les Araignées par exemple , les couches extérieures , qui sont en contact immédiat avec les parois , se développent avant les autres , à peu près comme la couche d'alimens qui touche aux parois de l'estomac est convertie en chyme avant celles qu'elle circonscrit.

A. Considérations générales sur la modalité de la digènie.

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