COPULATION
a. Epoque de l'accouplement.
§ 275. La génération est liée, chez divers êtres organisés, à un certain moment de la journée.
Nous en avons déjà la preuve dans la génération spontanée : jusqu'à dix heures du matin , on n'aperçoit aucune Cercaria ephemera , et vers midi l'eau entière en fourmille ; le soir, ces animalcules meurent, et le lendemain matin il en renaît d'autres ; Nitzsch a observé ce phénomène six jours de suite. La Cercaria major devenait visible vers dix heures du matin, mais vivait plusieurs jours (1).
La plupart des plantes épanouissent leurs fleurs et procréent pendant la journée. Les fleurs de YOxalis ne s'ouvrent qu'au soleil ; cependant Bory de Saint -Vincent assure que la lumière artificielle les fait également s'épanouir. Le Convolvulus ipomœa possède une si grande irritabilité, qu'il ne supporte qu'une faible lumière solaire , et qu'ils n'ouvre ses fleurs que pendant la matinée. La fleur s'ouvre le matin, entre trois et cinq heures , dans le Tragopogon ; vers sept heures dans le Nymphœa alba, qui la sort alors de l'eau , pour l'y replonger le soir, après l'avoir fermée ; de onze heures à une heure dans le Portulaca oleracea , la plupart des plantes grasses et plusieurs autres végétaux. C'est à cette époque de la journée qu'en général le pollen est le plus sec , que les étamines ont le plus d'irritabilité , que les Insectes diurnes déploient le plus de vivacité , et que les motifs de l'accouplement végétal ont le plus de puissance. Plusieurs synanthérées , malvacées et convolvulacées s'épanouissent à midi. D'autres fleurs , qui demeurent closes dans la journée , s'ouvrent vers le soir, ou, après avoir été fanées et inodores jusqu'à ce moment , déploient leur beauté , tandis qu'autour d'elles voltigent pendant la nuit des Insectes qui avaient passé la journée dans le repos et la retraite ; le Silena noctiflora s'épanouit à cinq heures du soir , et le Mirabilis j al appa à huit heures ;
(1) Bcilrasyo zut Infusorienkundc , ,'p, 45.
YOEnothera Ucnnis , qui se referme le matin, reste ouvert dans les temps froids et couverts , etc.
Si l'on a considéré ces phénomènes de la floraison comme une horloge végétale, il faut aussi admettre une horloge générale de la vie , puisque l'instinct de la copulation se manifeste également à des heures différentes de la journée chez les animaux. Plusieurs de ceux-ci , qui s'étaient déjà cherchés dans la journée , s'accouplent de grand matin ; tels sont le Coq de bruyère, qui fait entendre son appel pendant la nuit , et dont la femelle se rapproche dans la matinée ; les petits Tétras, qui se réunissent avant l'aurore et se dispersent peu après le coucher du soleil ; la Biche , que le mâle poursuit dès le soir, et qui lui cède principalement le matin. On dit avoir remarqué que les Jumens qui ont été fécondées dans la matinée , ont une gestation plus régulière , ou mettent bas à une époque plus déterminée , après onze mois et dix jours (1). Le Cyprinus, hlicca ne s'occupe que de la génération pendant trois à quatre jours, depuis le lever du soleil jusqu'à dix heures du matin -r mais , quand la saison est froide , il ne consacre qu'un seul jour, entier il est vrai, à cette fonction (2). Beaucoup d'Insectes , tels que les Mouches , les Libellules , les Papillons diurnes, etc., s'accouplent principalement au soleil, et vers midi. Le Cyprinus rutilus , et autres Poissons , ne fraient la plupart du temps que vers le milieu de la journée. C'est aussi l'époque de l'accouplement des Chauve-souris. Les Chamois ressentent plus vivement le besoin de la copulation depuis dix heures du matin jusqu'à cinq heurès du soir. Les Sauriens, les Ophidiens, etc., sont aussi déterminés à l'union des sexes par la plus grande chaleur du soleil. Les Éphémères, les Cousins, les Coléoptères, les Papillons crépusculaires et nocturnes, s'accouplent vers le soir ; les Vers de terre , après le coucher du soleil ou à la suite d'une averse flâs Chats, le Blaireau, le Pienne , pendant la nuit; la Taupe et le Rat d'eau à la clarté de la lune. Chez l'homme , l'instinct génital se fait sentir en trois momens de la journée : le matin, au réveil , il est pure-
(4) Bechstein , Gcmeinnuelzitje Naturycschichto , 1. 1, p. 255. (2; Bloch , toc. cit., t. I, p. 85.
l/|2 MODALITÉ DE l'aCCOL'PLTÎMENT.
ment matériel , excité par la chaleur, la situation et le retour des stimulans , comme le réveil des animaux après l'engourdissement d'hiver; 1 ame y prend moins de part , et les affaires du jour lui causent plus de distraction ; à midi , l'excitation des alimens le ranime ; mais la soirée est le véritable moment de l'amour ; l'imagination y prend un vol plus hardi , et le sentiment plus de chaleur : aussi l'accouplement est-il moins matériel alors , et le repos de la nuit qui y succède est favorable à la fécondation de la femme , comme à la restauration des forces de l'homme.
h. Lieu de V accouplement .
§ 276. Le lieu de l'accouplement varie beaucoup, soit eu égard au séjour ordinaire, comme chez le Rat d'eau, par exemple , qui choisit pour cela une eau peu profonde , aucun être vivant aquatique , même parmi les Plantes, ne s' accouplant ailleurs que dans l'air, soit en raison des circonstances du rapprochement , qui a lieu , par exemple, chez le Blaireau , devant la demeure de la femelle , et chez le Freux , au bord du nid. La première impression reste dans la mémoire , car les Cerfs retrouvent l'endroit où leurs désirs ont été satisfaits l'année précédente (1). Plusieurs animaux cherchent alors la solitude : le mâle quitte ses pareils, pour ne point avoir de rivaux , et la femelle abandonne ses petits , parce que l'amour qu'elle leur porte est étouffé par le nouvel instinct qui se développe en elle. Ainsi la femelle de l'Élan , lorsqu'elle entre en chaleur, quitte ses petits et se réunit avec un certain nombre d'autres pour suivre un mâle; après l'accouplement, toutes ces femelles se séparent de nouveau ; chacune va chercher ses faons d'un et de deux ans , et reste avec eux. L'instinct génital ne fait donc réellement que changer de direction, puisqu'il porte l'âme, tantôt à commencer une nouvelle génération, tantôt à conserver ce quia été produit précédemment. La femelle du Chevreuil s'éloigne également de ses petits , pour fuir d'abord le mâle, au devant duquel elle va ensuite; les jeunes quittent aussi, à l'époque de leur premier rut,
(1) Bechstein, loc, cit., t. I, p. 470.
MODALITÉ T)V. l/AC.COUPLEMlîNT. * \fi
celles qui sont moins avancées qu'elles en âge , et :, après la fécondation , reviennent à la famille , dans le sein de laquelle elles restent jusqu'au temps delà parturition, po\ir aller former alors une nouvelle famille. Le même phé nomène a lieu chez les Cerfs , qui se cachent alors dans les ^ailiers , de manière qu'on les aperçoit rarement. Le Sangl ier chasse ses petits , etc. D'autres animaux , par exemple , les Chats , acquièrent une sorte de pudeur pendant le. rut , et s'accouplent fort rarement sous les yeux de l'homme.
Ce que l'instinct animal produit dans ces différentes formes, est chez l'homme l'effet d'une cause plus profonde , le sentiment. L'homme seul a véritablement de la pudeur, et connaît tout le prix du secret pour accroître l'intimité de l'union des sexes. Mais ce qu'il y a de remarquable , c'est que le sentiment naturel de la pudeur peut être détruit par la grossièreté des désirs, comme chez certains idolâtres de la Sibérie , qui s'accouplent sans craindre les regards des autres (1), ou par des aberrations singulières de l'esprit humain , notamment celles qui se couvrent du manteau de la religion. A Otahiti , il y a des accouplemens publics dans les fêtes religieuses, et le droit canonique avait introduit en France, au quatorzième siècle, l'épreuve du congrès, à laquelle les tribunaux recouraient dans les demandes en divorce pour fait d'impuissance; cette épreuve, qui se faisait en présence d'experts jurés , fut entourée de formalités nombreuses pendant le seizième siècle , et abolie en 1677 , par arrêt du parlement, à l'occasion d'un certain marquis de Langey , qui , après avoir vu son premier mariage déclaré nul pour cause d'impuissance1 constatée par l'épreuve du congrès, en contracta un second , dans lequel il procréa sept enfans (2).
c. Moyens excitateurs de l'accouplement.
§ 277. Les animaux emploient différens moyens pour s'exciter mutuellement à la copulation.
1° Ils se servent pour cela de leurs tentacules. Les Lima"
(1) Gœttinyisches historisches Mutjazin, t. II, p. 388,
(2) Dict. des se. méd., t. VI , p. 224.
Î44 MODALITÉ m i/ACCOUPr.EMFA'T.
çons se touchent fréquemment de leurs tentacules , avant de procéder à l'accouplement. Selon Stiebel , celui des Lymnées qui fait fonction de mâle excite l'autre en le touchant avec ses cornes. Les Insectes et les Arachnides se frottent mutuellement avec leurs antennes. Chez les mâles des Araignées les premiers anneaux des antennes ressemblent à ceux des femelles, mais le quatrième représente un entonnoir, par l'orifice duquel le cinquième sort en forme de cueilleron, et dont la cavité renferme un corps arrondi , membraneux, garni à son sommet de plusieurs crochets et cartilages contournés en vis : ces organes entrent en turgescence à l'approche de la femelle , dans l'ouverture génitale de laquelle le mâle les introduit l'un après l'autre, jusqu'à ce que, les désirs étant exaltés au plus haut degré , l'accouplement s'effectue par l'application des deux ouvertures l'une contre l'autre. Dans cette hypothèse, qui appartient à Treviranus (1), les antennes pourraient êlre regardées ici comme une sorte de pénis sans canaux déférens , et servant seulement d'excitateur ; mais les anciens, et même encore quelques naturalistes modernes, leur attribuent en outre la fonction d'émettre le sperme. Nordmann (2) a vu aussi , chez les Lernées , le mâle introduire ses tentacules dans les parties génitales de la femelle.
2° Quelques Annélides et Insectes sont pourvus d'organes particuliers servant à cet usage. Dans le Lombric, les organes épidermiques dont il a été parlé précédemment (§ 132 1°) , ne s'anéantissent qu'à l'époque de la copulation, peu de jours après laquelle ils disparaissent (3). Rathke a fait voir que, dans le mâle des Libellules, le canal déférent s'ouvre au neuvième anneau de l'abdomen, mais que le pénis, qui renferme le canal excréteur d'une petite glande et que des muscles servent à faire saillir en dehors, occupe le second anneau; pour pouvoir le mettre en rapport avec l'ouverture de l'oviducte située au huitième anneau, la femelle se courbe de manière que l'extrémité de sou abdomen touche
(1) Ueber den innem Bau der Arachtiiden, p. 22,33, 41.
(2) Mikrographischc Bcitrœye , t. II , p. 114.
(3) Morren , Lumbrici terrestris hist. nat,, p. 77 et 1S7.
MODALITÉ DE i/ACCOUPLEMENT.
à [la partie antérieure de celui" du mâle : après avoir volé quelque temps, ainsi accrochés l'un à l'autre, les deux Insectes se posent, et alors seulement a lieu l'accouplement réel par les ouvertures génitales respectives.
3° Dans les genres Hélix et Parmacella , un appendice en rcul de sac de la cavité génitale commune renferme le dard, petit corps calcaire, pointu et à quatre tranchans, qui repose sur un léger tubercule ; après que les cavités génitales se sont renversées sur elles-mêmes, de manière à faire saillie au dehors, les deux Mollusques font sortir leurs dards et s'en piquent un endroit quelconque de la peau; ils paraissent redouter cet instant, car aussitôt que l'un d'eux voit paraître le dard de son camarade, il se renfonce subitement dans sa coquille; enfin cependant ce corps les atteint à l'improviste, et se brise, pour se renouveler plus tard (1).
4° D'autres animaux se blessent d'une manière différente. Le mâle saisit la Poule parle col et le derrière de la tête; l'Agouti mâle fait une large morsure à la nuque de sa femelle (2) : le Chat sauvage mord aussi la sienne au même endroit.
5° Chez d'autres, l'excitation consiste en des coups légers. Le mâle de la Cantharide frappe son abdomen contre celui de la femelle. Les Poissons se frottent le ventre l'un contre l'autre (3) , ou bien la femelle donne des coups de tête sur l'abdomen du mâle (4). Les Tritons se placent tête à tête ; le mâle hérisse sa crête , la remue avec force à droite et à gauche , et pliant tortueusement la queue sur elle-même, en bat les flancs de la femelle (5). Le mâle de la Salamandra exigua courbe sa queue en avant , la remue avec beaucoup de rapidité , et en frappe ensuite la femelle (6). Celui de la Salamandra platycauda se place à côté de la femelle , s'amarre avec les pattes de devant, bat l'eau de sa queue, se rapproche alors
(1) Cuvier, Anat. comp., t. Y, p. 177.
(2) Annales du Muséum , t. IV, p. 104.
(3) Froriep, Notizen, t. XXII, p. 51.
(4) Harvcy, Exercilat. de generatione , p. 147.
(5) Spallanzani , Exp. sur la génération , p. 56.
(6) Rusconi , Amours des Salamandres , p. 28.
If. 10
1 46 MODALITÉ DE t' ACCOUPLEMENT.
de la femelle et l'en frappe (4). Les Tortues se frappent la tête l'une cohtre l'autre avant de s'accoupler.
6° Les Pigeons, au temps des amours, se lissent réciproquement les plumes de la tête et du cou. Ils se becquètent, comme le font aussi les Corbeaux et les Corneilles, et se dégorgent mutuellement de la nourriture dans le bec. Plusieurs Mammifères s'enlrelèchent.
7° Les lèvres de l'homme , à qui leurs muscles et leurs vaisseaux permettent d'entrer en turgescence, et qui doivent une sensibilité exquise à leurs nerfs nombreux, à leur mince épiderme, sont un organe de loucher ennobli en quelque sorte; et de même que la vie du sang perce à travers leur tissu délicat, de même aussi elles revêtent la voix des formes de la parole, pour réaliser l'union et la sympathie d'êtres doués du sentiment et de la pensée. Dans le baiser, attouchement accompagné d'une douce inspiration , cette sympathie devient organique ; il est le symbole de l'union des âmes ; analogue au eontact galvanique de deux corps animés des électricités inverses , il exalte la polarité sexuelle , pénètre l'organisme entier, et, quand il est impur, inculque le péché de l'un des individus à l'autre.
d. Turgescence. Erection.
§ 278. L'instinct sexuel est caractérisé par la direction que l'activité prend vers l'extérieur, par l'exaltation de la vie à la périphérie , par l'accroissement de la chaleur et par la turgescence.
Ce dernier phénomène s'observe déjà chez les végétaux. En examinant les utricules polliniques qui avaient pénétré dans le stigmate, Brongniart a toujours trouvé leur extrémité antérieure renflée; la membrane interne de l'ovule entre aussi en turgescence sur les bords du micropyle à l'époque de la fécondation, de manière qu'on la voit souvent sortir à travers l'ouverture de la membrane externe , sous la forme d'un léger renflement annulaire.
Dans l'accouplement extérieur et dans l'accouplement intérieur relatif des animaux, l'orifice des organes génitaux cm rc
(1) Ibid., p. 29.
MODALITÉ DE L'ACCOUPLEMENT, i/^
en turgescence , et fait une saillie très-prononcée à l'extérieur. Ainsi, par exemple, chez les Oiseaux, les canaux déférens et les oviductes deviennent plus saillans dans le cloaque (i) , et l'orifice du cloaque des mâles s'élève en un bourrelet annulaire , qui peut embrasser celui de la femelle (2). La même chose arrive chez les animaux inférieurs.
Dans l'accouplement intérieur absolu , le pénis apparaît au dehors , tantôt par renversement sur lui-même (§ 133) , comme chez les Limaçons par exemple, où le sac génital commun se retourne de dedans en dehors, de manière qu'outre l'ouverture de l'oviducte on aperçoit encore celle du canal déférent, après quoi ce dernier se renverse également sur lui-même et se développe en un pénis ; tantôt par allongement, soit qu'alors il sorte d'une cavité intérieure (§ 134) , comme du cloaque dans les Chéloniens, s*oit qu'il se dégage d'une gaîne adhérente (§ 135 , 1°) , ou d'une gaîne libre , d'un prépuce', en un mot d'un rudiment de cavité , qui se renverse sur lui-même , pour laisser apparaître le gland (§ 136, 2°). Si le gland est dirigé en arrière dans l'état de repos , des muscles fixés aux os pubis le reportent en avant lorsqu'il entre en turgescence; c'est ce qu'on voit chez la Tortue , l'Autruche , le Cabiai , l'Agouti, le Lièvre, le Rat, le Mulot, le Loir, les Marsupiaux, le Chameau , le Chat et le Lion. S'il existe une gouttière séminale (§ 132, 2°), elle se ferme par la turgescence de ses parois latérales, comme par exemple dans les Aplysies et chez les Chéloniens.
Plusieurs moyens sont employés pour rendre le pénis saillant au dehors.
1° Le premier consiste en des muscles , qui tous sans exception paraissent être soumis à l'empire de la volonté. Ainsi, chez les Insectes , le pénis est pourvu d'un grand nombre de muscles qui servent à le faire sortir et rentrer. Il y en a également chez les Ascarides et les Échinorhynques , de même que dans les Hélices et les Aplysies. Des fibres musculaires se voient au sac qui contient les canaux déférons ou le pénis (
(4) Harvey, Inc. cit., p. 438. — Spangenbeig, loc. cit., p, 35. (2) Harvey, Inc. cit., p. 47.
1 4 S MODALITÉ DE l' ACCOUPLEMENT.
diftis la Sangsue , aussi bien que clans les Limaces , les Planorbes, les Lymnées, etc. L'un et l'autre cas sont i ôunîs dans les Théthys. Chez les Chéloniens, un muscle pan de la septième et de la huitième vertèbre dorsale , tourne 'autour des muscles fléchisseurs de la queue, s'insère à la face inférieure du pénis, et fait sortir cet organe du cloaque, d'arrière en avant, de manière que la gouttière séminale, qui était située en dessus, se trouve alors en dessous, et que le gland, au lieu de se diriger en arrière , se porte en avant. Le pénis des Oiseaux, qui conserve en tout temps le même degré de solidité, est amené au dehors par des muscles. Chez les Mammifères, deux muscles descendent, un de chaque côté, des vertèbres caudales, et s'insèrent soit au pénis lui-môme, auquel ils donnent plus de solidité, soit à son fourreau, qu'ils tirent en arrière; deux autres muscles vont de la partie antérieure des muscles abdominaux au fourreau , qu'ils tirent d'arrière en avant et ramènent sur le gland. Plusieurs animaux , comme le Papion, la Marmotte, le Lièvre et l'Eléphant, ont un muscle érecteur, qui part de l'arcade pubienne et s'étale sur la face supérieure du membre.
2° Chez la plupart des Quadrumanes , beaucoup de Chéiroptères, les Plantigrades, les Digitigrades, à l'exception de la Hyène, les Rongeurs, les Amphibies et les Cétacés, le pénis contient un os, qui le tient dans un état continuel d'extension; les corps caverneux' sont petits, perdent leurs cellules et disparaissent au commencement de l'os , avec le périoste duquel ils se continuent. D'après Mayer (4), cet os résulte de la cartilaginification et de l'ossification progressives d'une partie de l'enveloppe et de la cloison tendineuse des corps caverneux du pénis; les hommes robustes en offrent un rudiment , qui consiste en un cartilage prismatique , long dune ligne à une ligne et demie, existant dans le gland.
3° Les corps caverneux appartiennent au tissu érectile , c'est-à-dire qu'ils consistent en lacis de vaisseaux dilatés, qui sont susceptibles d'admettre plus de sang qu'à l'ordi-
(1) Frovicp, Nolizen, t. XLI , p. 38.
modaRté de l'accouplement. i4g
naire, et d'augmenter ainsi beaucoup de calibre. Dans les Chéîoniens, ce sont encore de simples plexus vasculaircs, qui entourent l'urètre et forment le gland (1). Chez les Oiseaux même , où Barkow (2) les a étudiés avec plus de soin qu'on n'avait fait avant lui, ils sont encore peu développés, et forment de petits tubercules saillansdans le cloaque (§ 131, 2°): quand il y a un pénis (§ 132, 2°), tantôt ils ne s'étendent que jusqu'à sa base, comme dans l'Oie et le Canard x tantôt ils se prolongent dans son intérieur, comme chez l'Autruche et le Casoar. Dans les Mammifères , ils consistent en un paquet de veines dilatées, qui sont entrelacées les unes avec les autres, de manière à figurer des cellules, et qui reçoivent le sang d'artères proportionnellement bien plus petites; une membrane tendineuse enveloppe chaque corps caverneux, et envoie en dedans des prolongemens , qui unissent les veines ensemble et les recouvrent. Au moyen de cette organisation, le pénis devient apte à recevoir une plus grande quantité de sang dans les momens où il doit agir comme membre génital ; il se gonfle , de manière à doubler à peu près de volume et de longueur, et devient en même temps plus ferme et plus dur qu'à l'ordinaire; le gland sort du prépuce, la verge se redresse et forme un angle aigu avec le pubis; elle devient plus rouge et plus chaude , ses artères battent , et ses veines superficielles se gonflent visiblement; si l'on vient à la lier, sur un animal y quand elle est ainsi entrée en turgescence , on trouve les cellules gorgées de sang, après l'écoulement duquel le pénis revient à son état habituel (3). On est parvenu aussi à faire cesser le priapisme chez l'homme par des incisions qui , procurant une issue plus libre au sang, ramenaient sur-le-champ le membre à l'état de flaccidité (4). On peut également, en injectant les^aisseaux sur un cadavre , produire artificiellement un état analogue à l'érection. Mais '.Cuvier (5) j! Tiede-
(1) Bojanus, Anal orne lesludinis eurnpœœ , p. 168.
(2) Meckel, Archiv fuer Anatomie, 1830, p. 37.
(3) Haller, Elem. physiol., t. VII, p. 561.
(4) Muijazin\dcr auslœndischcn Literalur, t. VII , p. 483.
(5) Anatomie comparée, t. V, p. 70.
<l5o MODALITÉ DE L'ACCOUPLEMENT.
mann (1) et autres ont démontré que, quand ce dernier phénomène a lieu, le sang ne sort point de ses conduits ordinaires, qu'il s'accumule seulement dans les dilatations des veines.
4° Toutes les parties molles sont dans un état d'éréthisme vital; le, sang qui les pénètre les rend turgescentes, rénitentes, chaudes et rouges , phénomènes qui deviennent plus sensibles encore lorsque l'activité vitale se trouve portée au-delà de ses bornes ordinaires (§ 7G2). Mais cet effet a lieu surtout dans les organes qui sont principalement formés de plexus vasculaires , ou qui possèdent ce qu'on appelle un tissu érectile (§ 783, 9°-14°). Tels sont, entre autres, les organes génitaux, qui n'acquièrent que par momens le surcroît de vitalité nécessaire pour remplir leurs fonctions spéciales. De là vient aussi que, chez la femme qui éprouve des désirs, lesseinsacquièrent plus de tension etde rougeur, les mamelons s'érigent, et les organes génitaux eux-mêmes entrent en turgescence (2). Mais le pénis est de tous les organes celui dans la destination duquel il entre le plus de ne déployer qu'une activité momentanée ; aussi le tissu érectile y est-il plus développé que partout ailleurs, et n'y a-t-il aucune autre partie du corps dans laquelle le phénomène de la turgescence se prononce à un plus haut degré. L'érection dépend donc essentiellement de ce que le sang est attiré avec plus de force dans le pénis, dont la vitalité a reçu une exaltation passagère , de ce qu'il y séjourne davantage, et. de ce qu'il en sort avec moins de facilité. Ajoutons encore que les plexus veineux dont les corps caverneux sont formés, reçoivent des nerfs bien supérieurs, sous le rapport du nombre et du volume , à ceux qui se rendent aux autres veines. Celle dernière circonstance fait que l'érection peut facilement être déterminée par des excitations locales , telles que la chaleur, les lavemens , la fustigation , les calculs véticaux , l'état inflammatoire de l'urètre, etc. , et par toutes les influences qui exaltent l'activité vasculairc dans les organes pelviens , comme les huiles essentielles , les rési-
(1) Meckel , Deutschcs Archiv , t. II , p. 95.
(2) Mende , Ausfuohrlichos Uandbuch der yericht lichen Medicin , l. IV, p. 311.
nés, les purgatifs drastiques , etc. En général, elle est provoquée sympathiquement par la plénitude des organes séminaux, et en conséquence par tout ce qui accroît la sécrétion du sperme en fournissant des matériaux abondans à la nutrition. Mais c'est surtout avec l'imagination qu'elle sympathise, tellement même que, chez l'homme, elle peut difficilement, dans l'état normal, s'accomplir sans sa participation. Il n'existe aucune autre fonction qui se rattache à la pensée par des liens aussi intimes, et qui par conséquent soit aussi involontaire. L'homme le plus robuste, celui qui est doué de l'imagination la plus vive , de la sensibilité la plus exquise , perd tout pouvoir de se livrer à l'acte vénérien lorsqu'il éprouve de l'indifférence ou de l'aversion , de la honte ou de l'inquiétude , lors même seulement qu'il s'imagine manquer de force. Aussi n'est-il pas rare que la première nuit des noces n'ait aucun résultat, et quand le jeune homme a perdu ainsi toute confiance en lui-même , ses efforts échouent ensuite jusqu'au moment où, le penchant animal et matériel prenant enfin le dessus , il recouvre , avec la conviction de ses facultés , le pouvoir d'en faire usage. C'est là-dessus que repose la croyance désignée dans le langage populaire par les mots de nouer V aiguillette ; ce prétendu charme consistait à faire sur un ruban , tandis que le prêtre prononçait la bénédiction nuptiale , trois nœuds qu'on serrait en formulant des paroles magiques , et qui , tant qu'ils demeuraient serrés , rendaient les nouveaux époux incapables de consommer le mariage. C'est aussi l'influence de l'imagination qui , par la force de l'habitude, entretient l'érection chez les hommes même épuisés par le libertinage , quoique partout ailleurs elle témoigne de l'énergie vitale et puisse être considérée jusqu'à un certain point comme biomètre.
La coutume d'envisager les phénomènes de la vie isolément les uns des autres , et de leur assigner à chacun une cause spéciale , a porté aussi quelques physiologistes à considérer comme jouant un rôle essentiel dans le phénomène de l'érection des circonstances qui n'y occupent cependant qu'un rang subalterne.
a" D'abord si les veines ramènent moins de sang , pendant
l5a MODALITÉ DE L 'ACCOUPLEMENT.
la turgescence de la verge, parce que le liquide séjourne davantage dans les organes dont la vitalité est accrue , une pression exercée sur leurs troncs , ou toute autre circonstance qui oppose un obstacle mécanique à la marche du sang veineux, peut produire un état analogue à l'érection , comme on le voit quelquefois , en effet , chez les hommes qui font de grands efforts pour vider leur rectum, comme il arrive aussi pendant le sommeil , par la pression qu'exerce la vessie pleine d'urine , surtout lorsqu'on est couché sur le dos, comme on l'observe enfin dans les cas de flatuosités intestinales, d'hémorrhoïdes , d'épilepsie et de suffocation , dans le paraphimosis , ou lorsqu'on serre une ligature autour de la verge d'un animal. D'après cela on a cru que les muscles ischio-ca verneux pouvaient produire l'érection , dans l'état normal , en exerçant une compression sur les veines; mais quoiqu'ils soient réellement tendus alors, état qu'ils partagent d'ailleurs avec les testicules , également relevés par leurs muscles , cependant, comme ils écartent les deux corps caverneux l'un de l'autre , en les tirant à eux , ils ne peuvent comprimer le tronc principal des veines, qui est situé à une plusgrande profondeur, et favorisent l'écoulement du sang plutôt qu'ils ne le retardent. Leur actionne contribue à redresser la verge que quand celle-ci est déjà gonflée , et c'est aussi dans cette circonstance" seulement qu'ils parviennent à lui imprimer un mouvement sensible , sous l'influence de la volonté. Ils ne font donc qu'accroître la tension de l'enveloppe tendineuse et de ses prolongemens , et par suite aussi la distension des cellules.
6° Muller (1) a décrit des faisceaux entrecroisés qui ressemblent à un tissu musculaire , mais qui ne se contractent point sous l'influence du galvanisme. (Ces fibres ressemblent parfaitement aux autres muscles qui ne reconnaissent point l'empire de la volonté. Leur tissu est granulé et transparent, comme celui de ces derniers. Elles n'ont point de rides transversales , et des faisceaux parallèles s'unissent de tous côtés ensemble pour former des réseaux , dans l'intérieur desquels
(1) Archiv fuer Anatomic , t. I, p. 50.
sont situés les vaisseaux. Purkinje est dispose à les considérer comme un développement de la tunique artérielle qui , d'après sa découverte , renferme aussi une couche de fibres longitudinales microscopiques , en outre des couches de fibres transversales connues de tous les anatomistes. Cette couche de fibres longitudinales n'existe pas seulement dans les artères ; on la retrouve aussi dans les canaux qui ont une contractilité moins vive ou périodique , par exemple dans les canaux déférens , les conduits excréteurs des glandes , etc. Elle acquiert quelquefois un assez grand degré de développement dans les parois artérielles. C'est ce qu'il est facile de démontrer sur la rate ; les filamens qui parcourent cet organe appartiennent autant aux artères qu'à la capsule séreuse extérieure , et se continuent sans interruption avec toutes deux. N'y aurait-il pas aussi quelque chose d'analogue dans les fibres du pénis ? ) (1)
7° Enfin Muller (2) a découvert des branches artérielles latérales qui, revêtues d'une pellicule, font saillie dans les cellules du corps caverneux , et y envoient des prolongemens en tire-bourre, dont la longueur est d'une ligne environ. Ces artères, qu'il appelle hélicines (helicinœ arteriœ) , se terminent, suivant lui , en cul-de-sac , sans se continuer avec aucune veine, et il les regarde comme des espèces d'excroissances des artères, faites pour retenir le sang. L'hypothèse d'un épanchement de sang de ces artérioles dans les cellules ne contribue en rien à expliquer le phénomène de l'érection , puisque les troncs d'où elles partent laissent déjà passer eux-mêmes leur sang dans ces cellules par des ouvertures béantes. Elle est d'ailleurs invraisemblable ; car Muller n'a pu ni découvrir d'artères hélicines dans le gland , où la turgescence est cependant si prononcée , ni apercevoir , dans leurs parois , aucune ouverture capable de livrer passage au sang (*).
(1) Addition de Valentin.
(2) Loc. cit., t. II , p. 208, pl. m, figTl et 8.
(*) Consultez sur ces remarquables artérioles un travail postérieur de Krause (Muller, loc. cit., t. IV, p. 31).
e. Position des animaux dans l'accouplcyncnt.
§ 279. La position des animaux dans l'accouplement varie beaucoup.
1° Les deux corps sont parallèles l'un à l'autre, ou placés sur la même ligne.
Dans le premier cas , tantôt les parties homonymes se trouvent en face les unes des autres , ce qui est le plus ordinaire ; tantôt, au contraire, ce sont les extrémités opposées des corps, comme , par exemple, chez le Ver de terre , où la tête de chaque individu correspond à l'abdomen de l'autre.
Dans la position sur la même ligne , les parties postérieures des corps tiennent ensemble , et les deux têtes sont opposées l'une à l'autre. On observe cette particularité dans les Planaires. Elle se voit aussi , mais par l'effet seulement d'une inversion secondaire , pendant la seconde période des accouplemens qui se prolongent , comme chez la plupart des Coléoptères , quelques Lépidoptères et les Chiens.
2° Les parties se correspondent déjà en vertu de leur situation naturelle, ou bien un mouvement volontaire, surtout de la part de la femelle , est indispensable pour les mettre dans la situation convenable. La femelle de certains Oiseaux et celle du Chameau s'accroupissent , la Biche en fait autant , mais parfois aussi se place sur une pente ou met les pattes de derrière dans un fossé (û).
3° Les corps sont ordinairement appliqués l'un contre l'au tre. La ceinture des Lombrics , dont il ne reste qu'un vestige après l'époque de l'accouplement , mais qui se gonfle pendant la copulation elle-même et s'applique à la région des orifices des organes génitaux de l'autre individu , paraît ne servir qu'à établir ce rapprochement, en agissant comme une ventouse (2). Les points de contact sont multipliés par l'enlacement des corps chez les animaux privés de membres , tels que les Limaces, les Sangsues , les Serpens, ou par le saisissement avec les pattef de devant , chez les Batraciens et
(1) Harvey, loc. cit., p. 306.
(2) Morren, lie himbrici torrestris hisloria, p. 187.
MODALITÉ DE i/ACCOUPLEMENT. 1 55
les Mammifères , qui devient cmbrassement chez les Quadrumanes, parce qu'alors il ne sert plus à soutenir le corps. .
4° Le mâle a toujours la femelle devant lui ; l'inverse n'a lieu que chez les Ephémères et les Puces, où la partie postérieure de la femelle est repliée vers le côté ventral et le pénis du mâle tourné de bas en haut vers le côté dorsal.
5° La surface ventrale du mâle est ordinairement tournée vers la surface dorsale de la femelle, attendu que l'ouverture des organes génitaux de cette dernière se trouve plus rapprochée de la partie postérieure du corps. Les deux individus s'appliquent ventre contre ventre lorsque la vulve est située plus en devant , par exemple chez la Chauve-souris et l'Ecrevisse; ou quand l'accouplement se fait dans une situation voisine de la verticale , comme chez les Pingouins , dont la femelle ne peut pas porter le mâle parce que ses pattes sont trop rejetées en arrière ; ou lorsque la surface dorsale est armée de piquans, comme chez le Hérisson et le Porc-Epic ; ou enfin lors que la queue de la femelle est fort longue et peu mobile , comme dans les Sauriens , les Amphibies , les Cétacés et le Castor.
6° Les Cousins, les Abeilles, les Ephémères s'accouplent, en volant. Les Lombrics se fixent en terre par la partie postérieure de leur corps. L'accouplement du Cehrio gigas a lieu , suivant Audouin , sans que les individus se voient , la femelle étant cachée en terre , et ne laissant sortir que son ovicanal prolongé en un pondoir. Quelque chose d'analogue se voit chez certains Crustacés parasites , dont la femelle passe sa vie entière ayant la partie antérieure du corps enfoncée dans la chair des Poissons. ( Les mâles des Lernées pendent continuellement aux ouvertures sexuelles des femelles; ceux du Bopyrus squillarum demeurent probablement pendant la plus grande partie de leur existence immobiles entre les deux séries de branchies des femelles, et vivent ou d'une sécrétion des parties génitales de ces dernières , ou de leurs excrémens) (!).< Les Echinorhynques ont la tête plongée dans la substance de l'intestin, et la partie postérieure du corps libre. Les Sangsues
(1) Addition de Rathke.
s'attachent ensemble par les ventouses qui terminent leur corps en arrière, et laissent pendre leurs têtes librement. Les Chéiroptères et les Loris se suspendent également par lesjpattes de derrière , la tête pendante (1). Chez d'autres animaux , par exemple les Pingouins et les Cétacés , les deux individus se tiennent droit. Le mâle grimpe sur le dos de la femelle dans les Coléoptères et autres Insectes , les Anoures , beaucoup d'Oiseaux et les Chats. La femelle est étendue sur le dos chez les Ecrevisses , les Sauriens , les Phoques , peut-être aussi les Hérissons et quelquefois les Chats sauvages. Cette situation est celle qu'assignent à la femme l'étendue de son arcade pubienne , la distance entre ses hanches , la direction du vagin et la position du membre viril. La volupté , après s'être rassasiée des formes normales , redescend aux formes animales , dont l'une entraîne l'affaiblissement des membres inférieurs chez l'homme , l'autre des inflammations et des ulcérations ou des callosités au périnée chez la femme.
f. Particularités organiques qui concourent à l'accouplement.
§ 280. Chez beaucoup d'animaux , le mâle a des organes particuliers pour retenir lafemelle. Telle paraît être la dilatation vésiculeuse de l'extrémité de la queue dans les Strongyles , les Physaloptères et les Spiroptères. Le mâle des Ascarides retient la femelle avec la partie postérieure de !son corps , qu'il recourbe , et en partie aussi avec une série de petits tubercules (2). Suivant Home (3), le Lombric terrestre a , en devant , près de la tête , une paire de ventouses , et en arrière une paire de crochets; les premières se gonflent', forment des cavités remplies de mucus , et reçoivent les crochets de l'autre individu. Mais une pareille disposition paraît être fort peu conciliable avec la position que prennent les Vers de terre. Beaucoup de mâles , parmi les Insectes , ont des crochets qui leur servent à saisir la femelle ; tels sont les Libellules , les Panorpes,etc. L'Ecrevisse lient sa femelle à l'aide de deux cram-
(1) Magasin fuer die neuesten Enldechungen , t. II , p. 69.
(2) Allgemeine Encyclopœdio , t. VI, P- 44.
(3) Lectures on comparative analomy, t. III , [)• 405.
pons flexibles et pointus, situés près de l'ouverture génitale. Les mâles des Raies et des Squales ont , à la partie postérieure du corps, des rudimens de pénis , qui , coudés en genou , sont lobés à leur extrémité ; ces organes entrent en turgescence à l'époque du frai , leurs muscles se développent davantage, et ils servent à saisir la femelle. Dans la Raie bouclée , chacun de ces organes renferme une glande , fournissant une humeur très-visqueuse , qui transsude par l'extrémité. Quelques mâles, parmi les Oiseaux , tels que les Coqs, les Faisans , les Paons , etc. , portent au tarse un éperon , c'est-à-dire un os dirigé en dedans et en arrière , et revêtu de corne, qui leur sert à retenir la femelle. Les mâles ,des Monotrèmes ont également , au côté interne de la patte de derrière , un éperon composé de deux articles, dont le supérieur s'articule au côté interne et inférieur de l'astragale , tandis que l'inférieur, allongé, pointu, et couvert de corne, a sa pointe dirigée en dedans : il contient le conduit excréteur d'una glande , dont la liqueur vénéneuse (1) est reçue par une gouttière placée au côté correspondant chez la femelle , de manière que les deux individus se tiennent solidement l'un à l'autre (2).
Chez d'autres animaux, les membres des mâles ont seulement une conformation particulière. Ainsi les derniers articles des pattes de devant des Hydrophiles , des Dytisques, etc., sont larges, et servent à saisir et retenir la femelle. Dans Y Hydrophilus piceus , ils s'accrochent au corps de cette dernière. Dans le Dytisvus semistriatus , ce sont des coussins qui se fixent sur le dos lisse de la femelle , en aspirant l'air à la manière des ventouses. La Lytta vesicatoria saisit les antennes de la femelle avec ses pattes de devant, et les retient au moyen des crochets dont celles-ci sont garnies à leur avantdernier article. Le mâle des Rana esculenta , Rana temporaria et Bufo cruciatus porte aux pouces de devant une verrue dure qui n'existe que pendant le temps des amours ; il passe ses bras sous les aisselles de la femelle , sur la poitrine de la-
(1) Blainville, dans Nonv. Bullet. de la Soc. philom,, 4817, p. 82.
(2) Home, loc. cit., 1. 111, p. 358.
quelle il entrecroise ses doigts , et il la lient avec tant de force, en lui enfonçant profondément ses deux verrues dans la peau, non seulement que celle-ci ne peut se dégager, mais encore qu'elle éprouve quelquefois des contusions ou des fractures, qui la font périr. Bosc croyait que ces verrues servaient à conduire le sperme dans le corps de la femelle. Le Bufo ci- 'nereus n'en a point ; mais ses pattes de devant se gonflent pendant les amours, comme il arrive aussi aux doigts des Gecko. Les mâles des Mammifères retiennent également la femelle avec les pattes de devant , et quand ils la mordent à la nuque , ou quand l'Oiseau s'accroche aux plumes de son cou, c'est en partie pour arriver au même résultat.
g. Union des sexes.
§ 281. A l'égard de Y union elle-même , il y a déjà une sorte de rapprochement des parties génitales dans l'accouplement extérieur relatif. Avant la'sortie des œufs et au moment de leur expulsion , le mâle de la Grenouille se remue violemment et s'étend , de manière qu'alternativement les deux anus s'avoisinent et s'éloignent (1).
Dans l'accouplement extérieur relatif, les deux orifices se rapprochent et se frottent l'un contre l'autre. C'est ainsi que le cloaque de l'Oiseau se renverse en dehors^, comme par l'effet d'un prolapsus (2).
L'intromission du pénis est favorisée , chez plusieurs Insectes , par des dispositions particulières ; par exemple , chez le Scarabée nasicorne et l'Écrevisse , par une gaine cornée , qui entoure le membre génital et s'ouvre en manière de pince. Les Carabiques ont des crochets , espèces d'appendices palpiformes et mobiles , qui , selon Dufour, paraissent faciliter l'introduction. Le même effet est produit, dans YOniscus aquaticus, suivant Treviranus , par deux corps articulés, charnus , couverts de minces plaques cartilagineuses , qui sont situées au dessous des pénis.
Dans l'accouplement hermaphrodite réciproque, les pénis
(d) Spnllanzani, Inc. cit., p. 22.
(2) Harvey, loc cit., p. 14.
des deux individus s'entrelacent quelquefois à leur base , après quoi leur sommet s'introduit dans les oviductes. C'est'ce qu'on observe chez quelques Mollusques à coquille univalve, et aussi , d'après Kunlzmann , dans la Sangsue. Werlich a vu (1) , dans le Limax ater, que , quand ils venaient à se toucher, ils se roulaient en spirale l'un sur l'autre , et d'une manière toujours de plus en plus serrée , de sorte qu'on ne pouvait plus les séparer à leur extrémité.
La femelle , au moment de l'accouplement , découvre sa vulve autant que possible. La Chauve-souris, par exemple, rejette sa queue et sa membrane aliforme fortement en arrière. Chez les Araignées, au dire de Treviranus, les verrues cartilagineuses situées à l'orifice des oviductes s'insinuent dans les conduits déférens du mâle. Ce phénomène a lieu d'une manière plus prononcée encore chez d'autres animaux inférieurs. Chez Y Echinorhynchns gigas , l'extrémité du conduit déférent a la forme d'une cloche, dans laquelle s'adapte exactement l'extrémité postérieure du corps de la femelle (2). Dans les Strongyles , les Physaloptères et les Spiroptères , la femelle n'est reçue par le mâle qu'extérieurement ; car une vésicule de ce dernier embrasse bien l'orifice de ses parties génitales , mais cet orifice reçoit le pénis implanté dans le milieu de la vésicule (3). Au contraire , chez plusieurs Insectes , la Mouche domestique , par exemple , Toviducte se prolonge en un pondoir, qui pénètre dans le canal déférent.
Le pénis sert tant à exciter la femelle qu'à diriger le sperme. 11 remplit même ce dernier office quand il ne contient pas de conduit déférent ( § 132) , puisqu'il ouvre les parties génitales de l'autre sexe et les prépare à recevoir la liqueur fécondante.
La valvule située à l'extrémité du vestibule et l'élroitessedu vagin font que le premier accouplement présente des difficultés qui stimulent l'ardeur du mâle et accroissent l'excitation de la femelle. L'hymen se déchire avec perte de sang chez les
(1) ItU, 4819, p. 1115.
(2) J. Cloquet, Anat. des vers intestinaux , p. 98. (2) J'iudolphi, Entozoorum synopsis , p. 585.
lGo MODALITÉ DE r/ACCOUPLEMENT.
Anesscs et les Jumens (4). Chez tous les animaux qui en ont un , la copulation et la parturilion répétées le l'ont disparaître (2). Il a plus de développement chez la femme , et sa présence est regardée, en général, comme un signe de virginité , quoiqu'il lui arrive quelquefois d'être peu prononcé, ou d'avoir été détruit par d'autres causes que par l'acte vénérien. On rencontre aussi des cas où sa laxilé et sa flexibilité sont telles qu'il persiste même après l'accouchement. Ses débris donnent naissance aux crêtes ou lobules appelés caroncules myrtiformes.
h. Ejaculation.
§ 282. V ejaculation de la substance fécondante s'opère de diverses manières :
1° Dans les plantes , elle dépend de ce que le tissu contractile des anthères se resserre par l'action desséchante de la chaleur, crève et lance le pollen au dehors. Comme la substance fécondante n'entre pas toujours en contact avec le stigmate immédiatement après sa sortie de l'anthère , et qu'il lui arrive souvent de rester, pendant un laps de temps indéterminé, suspendue dans l'air sans le rencontrer, elle est renfermée dans des utricules qui représentent précisément le pollen , et qu'on peut comparer jusqu'à un certain point au pénis dirigeant et conduisant le sperme. En effet, le pollen reste attaché à l'humeur visqueuse qui enduit le stigmate , émet son liquide, contenu dans des utricules (§ 69) , et demeure ensuite réduit à l'état d'une poche vide.
2° Chez les Céphalopodes, à l'époque des amours, on trouve, dans un sac adhérent au canal déférent, un liquide visqueux et des corpuscules filiformes, contournés en spirale , qui, lorsqu'ils entrent en contact avec l'eau, se recourbent, se renflent, crèvent et laissent échapper leur contenu. On ignore encore si ces sacs, analogues aux grains polliniques, sont des capsules pleines de liqueur spermatique ou des utricules remplies de Spermatozoaires. Suivant Dutrochet (3) , le
(1) Grève , dans Meckel , Deutsches Arclriv , t. VI , p. 53.
(2) Cuvier, Anat. conip., t. V, p. 433.
(3) Mémoires pour servir à l'histoire anat. et pin s, des végétaux et (les animaux', Paris 1837 , t. I, p. 442.
MODALITÉ DE L' ACCOUPLEMENT. l Ci l
sperme des Limaces s'accumule , lorsque ces animaux s'accouplent , dans une gaîne épidermoïde du pénis , et la distend au point de lui faire prendre la forme d'une bourse , qui se détache, reste dans l'ovaire, absorbe l'eau dès qu'elle vient à pénétrer, et chasse le sperme à mesure que ce liquide s'y introduit.
3° Une autre analogie du pénis des animaux avec le pollen a lieu chez quelques Insectes , dont le membre se détache pendant l'accouplement , et reste dans les parties génitales de la femelle , comme le pollen sur le stigmate , pour accomplir la fécondation. Huber a remarqué que la reine Abeille , après s'être accouplée dans l'air, rapportait avec elle à la ruche la partie de l'organe génital mâle que Réaumur appelle le corps lenticulaire, et qu'elle s'en débarrassait ensuite à l'aide de ses pattes. Suivant Audouin (1) , le pénis, chez les Insectes en général , pénètre dans la vésicule qui s'ouvre à l'extrémité de l'ovicanal; sa portion charnue se détache et reste dans le corps de la femelle , et le mâle ne retire que la portion cornée. De plus amples observations sont nécessaires pour ériger ce fait en loi générale.
4° En observant l'accouplement extérieur, on reconnaît que le sperme est dardé. Dès que la Grenouille femelle s'est débarrassée de ses œufs , le mâle fléchit les cuisses , exécute différens mouvemens, renverse son cloaque, [s'approche et s'éloigne alternativement des œufs, jusqu'à ce qu'enfin on voie jaillir un petit filet d'une liqueur limpide qui se répand sur eux (2). Quoique l'éjaculation soit en général déterminée par les mouvemens du mâle , cependant Stiebel assure que , dans les Lymnées , l'individu qui remplit les fonctions du sexe masculin reste tranquille , et que c'est la femelle qui se meut. On dit aussi que la frayeur peut donner lieu à cette émission ; quand la femelle du Cyprinus brama vient à frap per soudainement l'eau de sa queue , les mâles qui la suivent se retirent effrayés, et éjaculënt pendant cette retraite (3).
(4) Annales des se. nalur., t. II, p. 283.
(2) Spallanzani, loc. cit., p. 11.
(3; Bloch, Nutur'jçschiçhte der Fiicho, 1. 1, p, 98.-