CHAPITRE II
De la formation de l'œuf.
% 339. La formation de l'œuf a l'ovaire pour point de départ; c'est même dans cet organe qu'elle s'achève chez les organismes inférieurs. Mais toutes les fois que la sémination
(1) Medecinische Jahrluecher, t. VI.
(2) Voiîlel , Handbuch der patholoyischen Anatnmii> , t. TII , p. 44».
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résulte d'un mouvement accompli dans des canaux organiques du corps maternel , l'œuf subit un développement ultérieur dans ces derniers, parce que le mouvement vital s'accompagne toujours d'une activité plastique, et les canaux conducteurs, qui sont les prolongemens de l'ovaire, continuent aussi l'œuvre de formation que celui-ci avait commencée.
La plante, qui est dépourvue de toute force motrice , n'a point non plus de canaux servant à la sémination. C'est pourquoi, non seulement l'œuf complet, mais même le rudiment de l'embryon, se développent dans l'ovaire, quoiqu'il y ait aussi des végétaux chez lesquels les œufs ne se produisent qu'après la fécondation (1).
L'œuf des animaux sans vertèbres se forme dans l'ovaire , quant à ses parties .essentielles , et n'acquiert dans l'ovicanal que sa membrane nidulante. En effet, l'ovaire lubuleux n'a pas seulement le caractère d'un organe plastique, il possède encore celui d'un conducteur servant à la sémination (§ 52- 58, 94).
Chez les animaux vertébrés ovipares , la sphère vitelline seule se forme dans l'ovaire ; les oviductes y ajoutent le blanc, la coquille et la membrane nidulante. Chez les Mammifères, enfin , celte dernière ne se produit que dans la matrice , qui est l'organe d'incubation.
Ainsi on peut établir en thèse générale que plus un être est élevé dans la série des corps organisé^ , moins la formation de son œuf appartient à l'ovaire seul , et plus les organes éloignés de ce dernier y prennent de part.
(En général , chez les Poissons , les organes génitaux femelles ne sont point à un degré de formation plus élevé que chez les animaux sans vertèbres, notamment les Araignées et quelques uns des derniers Mollusques. De là vient que , chez beaucoup de Poissons osseux , les ovaires sacciformes sont remplis d'œufs jusqu'auprès de leur issue, et qu'assez souvent l'oviducte , quoique existant , est trop peu considérable pour sécréter une substance dont !a quantité puisse suffire à compléter un si grand nombre d'œufs : c'est donc l'ovaire
(1) De CanUolle , Organographie, t. II, p. 80.
FORMATION DE l'OEUF. 4<>3
lui-même qui doit être chargé d'amener ces derniers à leur perfection. Aussi la formation de la coquille et du blanc sexécute-t-elle dans son intérieur chez ceux des Poissons où il ressemble à une table offrant d'un côté des feuillets remplis d'œufs, et où l'on n'observe aucune trace de l'oviducte , qui est remplacé par la cavité abdominale elle-même , par exemple, chez les Saumons et les Lamproies. Ce n'est pas seulement la théorie qui parle en faveur de cette disposition organique ; l'observation elle-même la met hors de doute) (1).
ARTICLE I
De la formation des parties essentielles de l'œuf.