Muscles
8,0 Sérosité cérébrale.
17,0 Urine.
23,o Salive.
1° D'après le tableau précédent (I) , l'eau , avec les substances susceptibles de se volatiliser à une douce chaleur, s'élève de 0,0370 à 0,9970. D'après Hamberger (1), il y en avait, chez les bêtes bovines, 0,6971 dans le pancréas, 0,7192 dans le foie, 0,7340 dans les glandes salivaires , 0,7850 dans les reins, 0,7950 dans les glandes mésentériques, 0,7971 dans le cœur, 0, 8100 dans la moelle allongée, 0,8508 dans la substance corticale du cerveau; chez le Chien, 0,7640 dans les glandes salivaires , 0,7696 dans le foie , 0,7910 dans les reins, 0,8096 dans la substance corticale du cerveau, 0,8108 dans le cœur, 0,8400 dans les testicules; chez le Cochon (2), 0,5885 dans la peau , 0,7270 dans la moelle allongée , 0,7332 dans les glandes salivaires, 0,7564 dans le foie, 0,7825 dans la substance corticale du cerveau , 0,7836 dans le cœur. La quantité de ce liquide s'élevait dans l'aorte à 0,6568 selon Hamberger, dans les muscles à 0,8125, d'après Geoffroy, dans les intestins à 0,8333, suivant Keil. Chevreul(3) a trouvé que la perte , par la dessiccation dans le vide , sans emploi d'une chaleur élevée , était de 0,495 pour le tissu élastique jaune, 0,500 pour des tendons épais, 0,567 pour des tendons grêles, 0,740 pour les cartilages de l'oreille, 0,768 pour les ligamens, 0,807 pour la fibrine, 0,864 pour l'albumine coagulée. On peut admettre, d'après cela, que l'eau, dans le corps humain, s'élève à environ 0,6667, ou à plus de cent livres , et que sa proportion aux autres substances est de 2 ! 1. Un cadavre , du poids de cent vingt livres , que Chaussier fit mettre dans un four , ne pesait plus que douze livres après la dessiccation, et avait perdu par conséquent 0,9000 de sa masse; mais on ne peut douter qu'ici l'emploi d'une chaleur trop forte n'ait déterminé des décompositions, et qu'avec l'eau ne se soient volatilisées d'autres substances en quantité considérable. Cet effet a lieu également, et d'une manière bien plus prononcée encore, dans les cadavres qui se sont desséchés
(1) Haller, Elément, physioloy., t. II, p. 478.
(2) Ibid., t. VIII, p. 255.
(3) Considérations générales sur l'analyse organique et ses applications , p. 108.
peu à peu d'eux-mêmes , c'est-à-dire dans les momies naturelles : un corps de cette espèce , qui , à juger d'après sa taille, avait dû peser plus de cent quatre-vingts livres pendant la vie , n'en pesait plus que quinze , au dire de Senac (1) , et avait éprouvé par conséquent une perte de 0,9166.
La quantité d'eau existante dans les plantes n'est pas moins considérable. D'après les recherches faites par des personnes attachées aux administrations forestières (2) , la dessiccation fait perdre au bois de Chêne 0,342, au Hêtre 0,390, à l'Orme 0.419, au Tilleul 0,475, à l'Aune 0,482, au Peuplier 0,500 et au Saule 0,507. L'eau des feuilles s'élève, suivant Schubler et Neuffer (3) , dans les arbres et les arbrisseaux depuis 0,54 jusqu'à0,65, etrarement0,70, dansla plupart des plantes herbacées de^0,65 à 0,80, dans les plantes grasses de 0,90 à 0,95, enfin dans les algues jusqu'à 0,98.
C'est l'eau qui donne à l'organisme animal ses propriétés mécaniques, par exemple, au cartilage sa flexibilité, à l'os sa solidité. C'est elle qui procure l'aptitude à se décomposer, à subir des changemens de composition , et qui permet à la putréfaction de s'emparer des corps morts. C'est à sa faveur que beaucoup de substances diverses s'introduisent dans le corps , où les gaz spécialement ne pénètrent que par les parties humectées. Enfin le caractère de neutralité qu'elle porte à tous égards, fait qu'elle modère les antagonismes entre les diverses parties et leurs activités ; sa diminution entraîne une tension pénible , un accroissement du conflit vital , une exaspération des forces vitales , tandis que son excès efface les contrastes , cause une détente générale , et relâche l'économie, tant sous le rapport matériel que sous le point de vue dynamique.
2° Suivant Dalton , les organes respiratoires et digestifs contiennent environ cent cinquante pouces cubes d'air non combiné. Ainsi , après déduction faite de cette quantité , les parties solides et liquides d'un corps humain dont le volume
(1) Traité de la structure du cœur, t. II , p. 186. j
(2) Neujuhrsyeschenk faer Jaijdslielhabcr, 1794, p. 69.
(3) (JntcrsuchuiKjcn ueber die Tcmperuturverœndarumjen der Fcgolalilien , p. 21. '
s'élève à quatre mille cinq cents pouces cubes, ont un volume de quatre mille trois cent cinquante pouces cubes , et comme leur pesanteur spécifique moyenne est de 4050, elles devraient, sous ce volume, peser autant que quatre mille cinq cent soixante-sept pouces cubes d'eau, c'est-à-dire cent soixante-quatre livres. Cependant un homme placé dans ces circonstances ne pesait que cent quarante-six livres, c'està-dire autant que quatre mille quarante- quatre pouces cubes d'eau ; il devait donc , outre la quantité d'air énoncée plus haut , s'en trouver encore près de cinq cents pouces cubes dans les organes respiratoires et digestifs ; par là , suivant Dalton, la pesanteur spécifique du corps humain devient égale ou même inférieure à celle de l'eau.
Rumford a trouvé dans du bois de Peuplier 0,2429 de substance solide, 0,2188 d'eau et 0,5383 d'air; dans du bois de Chêne 0,3935 de substance solide, 0,3612 d'eau et 0,2453 d'air.
3° Les substances inorganiques fixes prédominent sur les matières organiques , d'un côté dans les os , les dents et le sable de la glande pinéale , de l'autre dans les sécrétions séreuses du cerveau et de l'œil ; il y a prédominance de terre pour le premier cas , et de sel neutre pour le second. Le cerveau et peut-être aussi le sperme renferment une quantité proportionnelle considérable de principes constituans inorganiques, surtout en raison du phosphore qui s'y trouve. La prédominance des matières organiques est très-marquée dans les muscles et le cœur ; cependant Hatchett assure (1) avoir obtenu des muscles à l'état sec 0,2160 de charbon et 0,0512 de cendres , de l'albumine sèche 0,1490 seulement de charbon et 0,0225 de cendres, enfin de la gélatine 0,1120 de charbon et 0,0330 de cendres. Dans tous les cas, nous voyons que la proportion des substances organiques aux matériaux inorganiques ne correspond point à l'échelle de la vitalité.
4° Le cœur et les muscles ont une quantité considérable de substances insolubles dans l'eau , à cause de leur fibrine ; la
(1) Cvell, Chemische Annalen, 4801, t. II, p. 4G6.
peau et le tissa cellulaire, en raison de celte môme substance ou de l'albumine coagulée ; le cerveau et peut-être aussi le foie , à cause de leur graisse ; l'humeur nasale et la salive , à cause de leur mucus. Les parties solubles dans l'eau prédomiuent surtout dans le cristallin , la bile et l'urine.,
5° Les matériaux, solubles dans l'alcool l'emportent sur ceux que ce menstrue ne dissout point dans le smegma cutané, la sueur et le cerveau; l'inverse a lieu, parmi les parties solides , surtout dans la peau, le cristallin, le thymus, le cœur et les muscles.
9° Les matières organiques insolubles dans l'eau et l'alcool manquent entièrement dans le cerveau, les sécrétions séreuses et le smegma cutané ; le cœur, les muscles et l'humeur nasale sont les produits dans lesquels elles prédominent le plus.
7° Les matières extractives sont plus abondantes , proportionnellement à l'albumine, dans le pancréas, la peau, le tissu cellulaire , le cœur et les muscles, tandis que le cerveau, les nerfs et le foie sont les parties dans lesquelles prédomine le plus d'albumine. La première proportion a lieu dans les sécrétions séreuses du cerveau et de l'œil , la seconde dans celles de la poilrine et du bas-ventre.
S0 Comparée à la totalité de la substance organique , l'albumine est prédominante dans le cerveau et le foie; la peau, le cœur, les muscles et le pancréas sont les parties qui en contiennent le moins.
9° L'inverse a lieu pour les substances extractives.
10° La matière salivaire n'est nulle part plus abondante que dans le suc gastrique, la sérosité de l'œil , la salive et le smegma cutané, p!us rare que dans les sécrétions séreuses du ventre, du cerveau et de la poitrine.
Quant aux autres proportions, il serait bien moins possible encore qu'à l'égard des précédâmes , de les ramener à des propositions générales, tant qu'elles ne seront pas connues d'une manière plus complète et plus exacte.
PROPORTION DES DIVERS TISSUS