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VI. Ou a étudié aussi les effets du gaz hydrogène

8° Spallanzani , Provençal et Humboldi ont observé que l'inspiration de ce gaz est suivie aussi d'une expiration d acide carbonique. Dans les expériences de Davy (3), qui avait consommé cent quarante-deux pouces cubes d'hydrogène en deux inspirations profondes, chaque expiration donna 1,50 pouce cube d'acide carbonique ; la quantité de ce dernier fut de 0,80 pouce cube après six longues inspirations, ayant consommé cent quatre-vingt-deux pouces cubes d'hydrogène en

(1) Œuvres, t. II, p. 63-66.

(2) Chiruryische vnd physiologische fersnche, p. 118.

(3) Physiologisch-chemische Untcrsuchungen ucber das Athmc» , p. 72 , 74 , 77.

une demi-minute, et de 0,57 pouce cube après sept inspirations rapides de cent deux pouces cubes de gaz dans le même laps de temps. Ici donc encore la respiration d'un gaz étranger à l'atmosphère parut être suivie d'une expiration d'acide carbonique plus abondante au commencement qu'à la lin de l'expérience.

Un Cochon d'Inde qu'Allen et Pepys (1) plongèrent dans un mélange de gaz hydrogène , de gaz oxygène et d'air atmosphérique , expira en soixante et une minute et demie 60,20 pouces cubes d'acide carbonique , c'est-à-dire 0,979 pouce cube par minute. Un autre donna, en quarante-cinq minutes, 53,96 pouces cubes, ce qui fait par minute , terme moyen , 1,19 pouce cube; mais la quantité de l'acide carbonique fut de 1,0S3 pendant le premier quart d'heure , de 1,250 pendant le second , et de 1,00 durant le troisième. L'acide carbonique avait donc été expiré ici en plus grande quantité que dans l'air atmosphérique. La même chose eut lieu avec un Pigeon(2), qui , dans un mélange semblable , expira en vingt-six minutes 17,62 pouces cubes d'acide carbonique, c'ést à-dire 40,661 pouces cubes par heure.

Un Chien , auquel Nysten (3) avait pompé l'air des poumons et fait respirer ensuite du gaz hydrogène , expira entrais minutes et demie 10,56 pouces cubes d'acide carbonique.

Edwards (4) a observé l'exhalation de gaz acide carbonique après la respiration du gaz hydrogène , sur des Limaçons , des Poissons , des Grenouilles et des Chats nouveau-nés. Des Grenouilles donnèrent , en huit heures et demie , 2,97 centilitres de cet acide, ce qui fait par heure 0,194 pouce cube, plus par conséquent qu'il ne s'en produit dans l'air atmosphérique ; des Limaçons (5) en exhalèrent , dans l'espace de quarante-huit heures , un volume à peu près égal au leur, c'est-à-dire 2,79 centilitres , ce qui donne 0,729 pouce cube

(1) Philos. Trans., 1809 , p. 421.

(2) llnd., 4829, p. 284.

(3) Recherches de physiologie et de chimie pathologiques, p. 225.

(4) De l'influence des agens extérieurs sur la vie , p. 443.

(5) Ibid., p, 450.

pour vingt - quatre heures , ou également plus que dans l'air atmosphérique ; des Chats nouveau-nés (1), enfin , fournirent, en vingt minutes , 1,96 centilitres , ce qui ne fait que 3,286 pouces cubes par heure.

D'après Abernelhy (2), la peau humaine exhale de l'acide carbonique dans le gaz hydrogène.

9° En faisant les expériences que nous avons rapportées, Davy a trouvé , dans l'air qu'il expirait après sept courtes inspirations de gaz hydrogène , 3,7 pouces cubes d'oxygène et 17,3 d'azote ; après deux inspirations profondes, 4,5 pouces cubesM'oxygène^et 18,8 d'azote ; après six inspirations longues, 4,6 pouces cubes d'oxygène et 21,0 d'azote ; l'air expiré n'excédait en général que d'un à deux pouces cubes celui qui avait été inspiré. Davy ne douta pas que ces gaz ne fussent le résidu de l'air atmosphérique qui avait été inspiré auparavant, et il calcula, d'après cela, que les poumons contiennent ordinairement trente-six à quarante pouces cubes d'air qui , réduit à la température habituelle de l'atmosphère, consisterait en vingt à vingt-quatre pouces cubes d'azote, quatre à six d'oxygène , et quatre à cinq d'acide carbonique.

Allen et Pepys ont envisagé les choses sous un autre point de vue. Ils mirent un Cochon d'Inde (3) dans un air composé de 0,714 ( 582,624 pouces cubes ) d'hydrogène , 0,220 ( 179,520 pouces cubes ) d'oxygène et 0,066 ( 53,856 pouces cubes) d'azote; au bout de quarante-cinq minutes, cet air contenait 159,040 pouces cubes d'azote. L'animal avait donc exhalé 105, 184 pouces cubesd' azote, ce qui fait, terme moyen, 2,337 par minute ; mais il en avait donné pendant le premier quart d'heure 96 pouces cubes, ou 6,4 par minute, et dans les treize minutes suivantes 9,5 pouces cubes seulement, ou 0,7 par minute ; dans les dix-sept dernières, 0,316 pouce cube d'azote avait été, au contraire , réabsorbé. Delà il résultait, d'abord que l'azote expiré dans un air chargé d'hydrogène ne peut pas provenir du seul air resté dansles voies aériennes à la

(1) Ibid., p. 455.

(2) Chirurgischo und physiologische fcrsuche , p. 125.

(3) Philos. Trans., 1809 , p. 422.

suite de la respiration antérieure, et qu'il est sécrété pour la plus grande partie ; en second lieu, que^la proportion moindre de ce gaz dans l'air expiré après que l'expérience a duré un certain laps de temps , dépend de la diminution de la sécrétion ; enûn que la sécrétion et l'ingestion , considérées d'une manière générale , se correspondent l'une l'autre , puisque l'azote et l'acide carbonique expirés , pris ensemble , représentaient , à très-peu de chose près , l'oxygène et l'hydrogène absorbés.

De même , un Pigeon (1) , mis dans un mélange de 147,73 pouces cubes d'hydrogène, 51,53 d'oxygène et 51,74 d'azote, expira, en vingt-six minutes, 35,23 pouces cubes d'azote et 17,62 d'acide carbonique, ensemble 52,85 pouces cubes, tandis qu'il avait absorbé 34,58 d'hydrogène et 17,38 d'oxygène , ensemble 52,86 pouces cubes.

Le Chien auquel Nysten fit respirer mille cinquante-six centimètres cubes de gaz hydrogène , après lui avoir vidé les poumons , exhala en trois minutes et demie 950,40 pouces cnbes d'azote et 10,56 d'acide carbonique , tandis qu'il absorba 960.96 pouces cubes de gaz hydrogène.

Suivant Edwards (2), des Grenouilles expirèrent aussi dans le gaz hydrogène une quantité d'azote excédant de beaucoup leur propre volume , et absorbèrent une quantité non moins considérable d'hydrogène.

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