PSETJDOMOBPHOSES CELLULEUSES
a. Néoplasme.
h Parmi les pseudomorphoses qui appartiennent au système du tissu cellulaire , se range d'abord la masse organique commune ou générale, qui constitue le tissu fondamental
(1) Lobstein , Traité d';inntoniic pathologique , t. I , p. 293.
(2) Handhuch der patholoyischen Anatomic , t. III, p. 118.
de toutes les formations nouvelles, qui a de l'analogie avec la masse organique primordiale (§ 417, 1») , et à laquelle nous donnerons le nom de néoplasme , afin d'avoir un terme général pour la désigner.
1° Le néoplasme doit naissance à la solidification du liquide plastique (§ 854, III) épanché par suite d'une inflammation plus ou moins développée (§ 848, 7»). Il est blanc ou grisâtre , mou et amorphe. Au microscope , on y découvre de petits lobules, dans un liquide gélaliniforme. Tantôt il ne se développe pas davantage , et il est expulsé en cet état , comme dans les aphthes : tantôt il se condense encore, et prend, suivant la forme des parties entourantes , celle de cordons ou de membranes , qui s'organisent , acquièrent des vaisseaux , se développent en tissu cellulaire , s'enflamment , suppurent , et peuvent devenir tendineux , cartilagineux , osseux ; tantôt enfin il se développe en parties régénérées , et entre ainsi dans l'organisation (§ 861).
Aux formes qui se rapprochent de celle d'un cordon se rapportent les concrétions qu'on rencontre dans le système vasculaire (2°); et à celles qui s'étalent en membranes, les fausses membranes qu'on voit se développer aux vésicules séreuses ( 3° ) , aux membranes muqueuses ( 4° ) et à la peau (5°).
2° Des néoplasmes en forme de cordons, contractant une adhérence intime avec la membrane vasculaire commune, présentant fréquemment dans leur intérieur des vaisseaux de formation nouvelle , et devenant souvent tendineux , parfois même cartilagineux et osseux , se rencontrent dans le cœur , ainsi que dans les artères et les veines.
3° De toutes les parties du corps , la surface interne des membranes séreuses , notamment de la plèvre , est celle où l'on rencontre le plus souvent des néoplasmes , qui, dans bien des cas , y acquièrent un grand développement. Ils y produisent tantôt une couche mince , adhérente et lisse à la surface, qui ressemble elle-même à une membrane séreuse, tantôt une couche à surface inégale et tuberculeuse , comme par exemple dans le péricarde. Ici ils constituent des couches superposées , de manière qu'on peut les séparer en plusieurs
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feuillets; là ils représentent un tissu lâche et réticulé de lamelles et' de filamens ; ailleurs , ils prennent l'apparence do cordons ou de ligamens, surtout dans la cavité abdominale ; quelquefois enfin ils sont détachés , et nagent , sous la forme de flocons , au milieu du liquide séreux.
4° II se forme des néoplasmes au dessous des membranes muqueuses qui ont un épithelium distinct , par exemple dans la cavité de la bouche. Il s'en produit à la surface libre des autres. La sécrétion muqueuse qui a lieu au dessous d'eux les détache , soit seuls , soit avec l'épilhelium dans le premier cas, surtout lorsque l'inflammation tombe, et ils sont alors expulsés , soit sous la forme de lambeaux , quand ils ont peu d'étendue ou qu'ils s'enlèvent par parties , soit sous celle de tubes, lorsqu'ils occupent tout le pourtour d'un point du canal de membrane muqueuse. Ces tubes , ceux par exemple qui sortent de l'intestin , présentent quelquefois des embranchemens qui ne peuvent point avoir été produits dans les canaux de sécrétion abouchés avec la membrane muqueuse, mais paraissent être nés du néoplasme lui-même ; en effet , Uhl a distingué jusqu'à trois membranes superposées sur de pareils tubes (1).
5° A la peau , il se manifeste , soit au dessous de l'épiderme, comme après les brûlures par des liquides bouillans, soit dans les points dépouillés de leur épiderme et suppurans , comme après l'emploi prolongé des épispastiques , une membrane d'un blanc jaunâtre , molle , facile à détacher , et qui souvent se reproduit lorsqu'on l'enlève.
6° La composition chimique de ces produits paraît varier suivant l'organe qui leur a servi de sol , mais principalement d'après le degré de développement auquel eux-mêmes sont arrivés.
Schwilgué a" trouvé de l'albumine et Bretonneau de la fibrine (2) dans les fausses membranes expectorées par des enfans atteints du croup.
Celles qui s'étaient produites sur la surface de membranes
(4) Di.i.icrtatio de pseudanrjomorphosi in tubo intostinali, p. 20 , 34. (2) Andral , Précis d'anatomie pathologique , t. II , p. 484.
muqueuses ont présenté à Lassaigne (1) et à Laugier (1) de l'albumine en partie liquide et en partie coagulée, de la fibrine et de la graisse susceptible d'être extraite par l'alcool. Barruel a reconnu qu'elles étaient plus solubles dans la potasse caustique que la fibrine, et moins que l'albumine , et qu'en général elles ressemblaient moins à celle-ci qu'à cellelà , de manière qu'on pourrait les considérer comme une forme incomplète de la fibrine.
Enfin les fausses membranes développées dans le canal intestinal n'ont présenté à Uhl ni albumine ni fibrine , attendu que l'acide acétique n'en dissolvait rien , et que la dissolulion dans la potasse caustique n'était point troublée par l'acide hydroclilorique ; mais il y a rencontré de la gélatine, que la teinture de noix de galle précipitait de la dissolution tant aqueuse qu'alcaline.
7° Le néoplasme opère l'adhésion de deux surfaces situées en face l'une de l'autre , quand il est le produit soit de toutes deux, soit d'une seule, mais qu'alors il s'est trouvé en contact avec l'autre surface également frappée d'inflammation. C'est aux vésicules séreuses qu'il est le plus commun de rencontrer ces sortes d'adhérences , et comme elles y sont tiraillées par le mouvement des parties accollées, elles y paraissent sous la forme tantôt d'une couche cellulo-membraneuse, tantôt de cordons ou de filamens. L'une des parois adhère à l'autre, comme par exemple celles d'une capsule synoviale, ce qui produit une fausse ankylose ; ou bien la portion pariétale se confond avec la portion recouvrante, comme le cœur avec le péricarde, le testicule avec la tunique vaginale (dans la cure radicale de l'hydrocèle), les^oumons avec la cage thoracique ou le diaphragme , le foie avec le diaphragme ou la paroi abdominale ; ou enfin l'une des parties recouvrantes s'unit avec l'autre , comme aux intestins , qui se trouvent fréquemment convertis parla en un peloton inextricable. Le périoste d'une pièce d'os brisée et chevauchante se confond avec celui de la portion d'os avec laquelle l'autre est entrée en contact.
(1) Journal de chimie médicale , 1. 1 , p. 69 ; t. IV, p. 475.
(2) lbid., t. m , p. 419.
La même chose arrive aux membranes muqueuses. La paupière se soude avec le globe de l'œil. Des ulcères aux lèvres réduisent la bouche à ne plus être qu'un petit trou , et si l'on agrandit cette ouverture par une incision , la bouche se rétrécit de nouveau, parce que les surfaces en contact l'une avec l'autre sont dépourvues d'épilhelium. Aussi Dieffenbach (1) n'est-il parvenu, en pareil cas, à obtenir une dilatalion permanente qu'en excisant un lambeau de peau sur les côtés du trou et faisant cicatriser avec les bords de la plaie la portion de membrane muqueuse qui avait conservé son épi— thelium.
On voit aussi des régions diverses de la peau , par exemple aux doigts, se souder ensemble lorsqu'à la suite de brûlures elles sont maintenues en contact mutuel. Le même phénomène peut avoir lieu chez l'embryon, quand l'épiderme ne s'est point encore développé : ainsi , Seerig, par exemple , a vu le talon adhérent au mont de Vénus (2). Une portion de la peau d'unembryon petit également alors contracter adhérence avec la portion correspondante des légumens d'un autre embryon (§ 45 , 3° ).
Du reste , les organes les plus divers sont susceptibles aussi d'adhérer ensemble , par exemple la membrane muqueuse de la trompe utérine à l'enveloppe péritonéale de l'ovaire , les nerfs à du tissu scléreux , etc. Il suffit pour cela d'une certaine assimilation déterminée par l'inflammation , et la suppuration n'est pas toujours nécessaire (3).
8° Le néoplasme peut aussi déterminer la coalition de parties organiques provenant d'un tout autre point de l'économie, ce dont Huiler avait déjà rapporté des exemples (4). Les conditions d'une accrélion semb'able de lambeaux détachés de la peau consistent principalement, d'après Diefiènbach (5), en ce qu'il n'y ait point une trop grande quantité de sang , que
(1) Chirurgische Erfuhrungen, hesonders veber die JViederherstellun g zerslœrter Theile des menschlichen Kœrpers , t. I, p. 41.
(2) Ueber anijeborne Werwachsuny der Fiiujer und Zchen,und Nebenzahl derselben , p. 8.
(3) Seerig, loc. cit., p. 3.
(4) Elément, physiolng., t. VIII, p. 1G3.
(5) Chirurgische Erfahrunycn , t. II , p. 163 , 178.
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l'état spasmodiqne (9°) ait cessé dans le lambeau cutané, que le lambeau ne saigne plus , enfin que la surface ellemême de la plaie ne donne plus de sang, mais laisse seulement suinter un liquide limpide , dont la plasticité ne tarde pas à se mettre en évidence.
9° Lorsqu'on a cerné un lambeau de peau par une incision circulaire, il devient , selon Dieffenbach (1) , d'une pâleur cadavéreuse , avant même qu'on Tait détaché ; cette pâleur ne tient point à une perte de sang, dont à peine, en effet, il s'est écoulé quelques gouttes , mais elle est le résultat d'un état spasmodique des vaisseaux capillaires , que l'on peut considérer comme une rigidité cadavérique partielle (§ G35), et qui a pour effet de refouler le saug dans les vaisseaux du plus grand calibre , situés plus profondément (2). Quelques minutes après la séparation complète , la pâleur diminue un peu , parce qu'il pénètre une certaine quantité de sang dans les vaisseaux Capillaires superficiels ; les bords laissent suinter d'abord du sang de couleur foncée , puis du sang séreux, et enfin de la sérosité. Si alors , avant que les bords du lambeau se dessèchent et que la vie partielle s'éteigne en lui , on l'assujettit sur une surface tout récemment dépouillée de sa peau , il demeure pendant quelque ',temps pâle et affaissé ; mais , dès que l'inflammation se développe à la plaie et dans les alentours , il devient lui même le siège d'une turgescence, qui rend son épiderme lisse et brillant (3).
Lorsque l'inflammation diminue , le lambeau cesse d'être tuméfié. Cependant la vitalité ne s'y maintient pas long-temps en général , et il est détruit ensuite par la suppuration ou par la gangrène (4). Il n'y a qu'un petit nombre de cas dans lesquels l'adhésion définitive ait lieu , ce qui arrive particulièrement lorsqu'avant de détacher le lambeau , on a exalté la vitalité en lui par la fustigation, la pression, des frictions spiritueuses ou des applications épispastiques (5), C'est de cette
(1) Ibid., p. 172.
(2) Dieffenbach , Uebcr dcn organischen Ersatz, p. 24.
(3) Ibid., p. 26.
(4) Dieffenbach, Chirurgischc Erfahrungen , t. II, p. 169.
(5) Ibid., 1. 1 , p. 5.
manière que Bunger (1) est parvenu à faire reprendre , sur l'emplacement du nez , chez une femme qui en était privée , un lambeau détaché depuis une heure et demie de la cuisse, qu'il avait flagellée avec une courroie avant l'opération; dès le troisième jour, ce lambeau avait perdu sa pâleur cadavéreuse : il était rouge et gonflé ; au quatrième jour, il tenait déjà solidement. Baronio (2) extirpa, de chaque côlé des lombes d'une Brebis , un lambeau de peau long de trois pouces et large de deux, substitua ces deux lambeaux l'un à l'autre, et les trouva recollés tous deux au bout de onze jours. Il détacha deux lambeaux semblables , et , après les avoir laissés pendant dix-huit minutes étalés sur une assiette , il les réappliqua sur les plaies opposées à celles dont chacun d'eux provenait ; huit jours après , ils étaient adhérens. Enfin , il excisa deux lambeaux de peau , avec du tissu cellulaire et des fibres musculaires , les laissa pendant une heure sur la table , et les réappliqua sur les plaies ; l'un d'eux reprit , mais l'autre se dessécha et tomba. Des expériences analogues ont été faites aussi par Wiesmann (3).
10° Pour restaurer un nez mutilé , Tagliacozzi (*) proposait d'exciser ce qui pouvait en rester encore sur les bords, de détacher un lambeau de la peau du bras , en ayant soin seulement de ménager un petit pédicule , de le fixer sur les bords de la plaie nasale, en attachant le bras à la tête, et, une fois les surfaces devenues bien adhérentes , de rendre la liberté au bras , en coupant le pont. Cette opération a fréquemment été faite de nos jours, et avec un plein succès (**). Mais, comme l'obligation qu'elle impose de tenir le bras élevé pendant long-temps est très-gênante , on a donné la préférence
(1) Froriep , Notizen , t. IV, p. 255.
(2) Ueler animalischc Plastik, p. 33.
(3) De coalitu partium a reliquo corpore prorsus disjunctarum , p. 40. (*)V. Chirurgie clinique de Montpellier , par Delpech, 1828, t. II ,
p. 221. —Mémoire sur la Rhinoplastie, par J. Lisfranc (Mém. de l'Acad. roy. de Méd., Paris , 1S32, t. II, p. 145). — Considérations sur la Rhinoplastie, par Arnal (Journal univ. hebdom. de Médecine, Paris, 1S32 t. VII et VIII). — Art. Rhikoplastik, par P. F. Blandin , dans le Dict.' de Médecine et de chirurgie pratiques , t. XIV, p. 370.
("') De curlorum. chirurijiù per innUionein , edeute lïoscliel Berolini 183J , in-8» , Kg. '
au mode de rhinoplastie usité parmi les Mahrattes, et qui consiste à laitier dans la peau du Iront un lambeau, à la partie inférieure duquel on ménage un étroit pédicule , descendant jusqu'à la racine du nez; on retourne ce lambeau, et on le fixe aux bords rafraîchis de la caverne nasale. L'essentiel, dans les deux méthodes, est que la partie que l'on transplante tienne encore au sol natal par une petite languette qui lui permette d'en tirer de la nourriture jusqu'à ce qu'elle ait contracté des connexions organiques avec son nouvel emplacement , époque à laquelle on peut couper le pont (1). D'après Dieffenbach (2) , lorsqu'on taille le lambeau , la rougeur qu'acquiert le pont et la pulsation qu'on aperçoit dans les artérioles cutanées annoncent que le sang s'y porte en plus grande abondance; le lambeau lui même pâlit, et se couvre quelquefois de taches bleues ou de sugillations produites par du sang stagnant, et presque semblables à celles qu'on voit sur les cadavres.
11° Des tissus stratifiés, transplantés sur des points correspondais du corps d'un autre individu , peuvent également se consolider et contracter une connexion organique à la faveur du néoplasme. Une dent, implantée dans l'alvéole d'une autre dent qui vient d'être arrachée, se solidifie dans la mâchoire , phénomène que Hunier présume devoir être attribué à une adhérence organique; car, bien que des dents prises sur un cadavre puissent demeurer pendant des années entières implantées dans les mâchoires, elles deviennent d'un blanc de craie et entièrement opaques , tandis que celles qui ont été prises à des sujets vivans conservent leur aspect vivant et leur sub>lanee translucide : ces dernières acquièrent même quelquefois des taches analogues à celles qui ont coutume d'annoncer la carie commençante. Dieffenbach (3) a vu des poils transplantés s'enraciner d'une manière solide, etDzondi est parvenu à consolider des ciis dans une paupière inférieure artificielle, pratiquée avec la peau de la joue. Suivant Dief-
(4) Diclîenbach , Ueber den organischen Ersatz , p. 22.
(2) Chiruryische Erfahrumjcn , t. II, p. 474.
(3) Diss. de régénérations et transplantât ione , p. 48.
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fenbach (]), de très-jeunes plumes, dont l'étendard était encore en partie renfermé dans la gaine cornée , et dont les vaisseaux sanguins intérieurs n'étaient point encore frappés de mort, prirent racine clans de petites plaies faites à la peau de Mammifères et d'Oiseaux. Wiesmann (2), s'étant transplanté dans la peau du bras une plume tirée de la tête d'une Poule, éprouva de la douleur et une petite perte de sang lorsqu'il l'arracha un mois après. Hunier a vu les éperons qu'il avait excisés à des Coqs , continuer de croître sur les pattes de très-jeunes Poulets.
12° La partie provenant d'un autre individu peut contracter aussi des adhérences organiques avec un point lout-à-fait différent de son siège primitif. Ainsi Hunter a transplanté les testicules d'un Coq dans la cavité abdominale d'une jeune Poule. Duhamel (3) a reconnu que la crête des Coqs était un sol qui convenait surtout pour ces sortes de transplantations ; l'éperon d'un jeune Coq, de la grosseur d'un grain de chenevis, inséré dans une plaie faite au sommet de la crête d'un autre Coq, y prit un accroissement tel que, six mois après, il avait un demi- pouce de long , et qu'au bout de trois ou quatre années, il représentait une corne longue de quatre pouces, dont la base offrait une cavité articulaire reçue par une apophyse du crâne, avec laquelle elle se trouvait unie par une capsule articulaire ; celte corne était composée d'une gaîne cornée et d'une broche osseuse, qui tenait au crâne par un ligament étendu vers le bec, quelquefois par d'autres dirigés vers les orbites ou vers l'occiput. Hunter et Baronio ont répété ces expériences avec succès. Hunter implanta une dent qu'il venait d'arracher à un homme bien portant, dans une plaie faite à la crête d'un Coq : au boul de quelques mois, il tua l'animal , injecta les vaisseaux , ramollit la dent par l'immersion dans un acide, et la coupa en long, ainsi que la crête; il reconnut alors que les vaisseaux de celle dent étaient injectés , et que sa surface extérieure communiquait également de tous côtés avec la crête par des productions vasci.Lires.
(1) Chirur'jische Erfahrungen , t. II, p. 154. (2; Loc. cit., p. 32.
(3) Hist, de l'Académie des sciences , 1746 , p. 350.
Baronio (1) dit même avoir vu l'aile d'un Serin et le bout de la queue d'un Chat contracter adhérence avec la crête d'un Coq.
Du reste , les expériences de Trembley nous apprennent que deux Polypes à bras se collaient ensemble lorsqu'on les appliquait l'un à .l'autre , soit par leur surface extérieure, soit par leur surface intérieure , après les avoir retournés ; quand on introduisait un de ces animaux dans tin autre , sans l'avoir retourné, de manière à mettre en contact des surfaces hétérogènes, le Polype interne se faisait jour à travers l'externe (*).
b. Vaisseaux accidentels.
II. On trouve souvent dans le néoplasme , comme dans les pseudomorphoses hétérologues des vaisseaux', qui doivent être , ainsi que lui , de formation nouvelle.
Stoll, J. Hunter, Home, Sœmmerring, Monro, Chaussier, Turner et autres , ont aperçu , dans les fausses membranes développées à la surface de membranes séreuses , des vaisseaux sanguins, tantôt encore remplis de sang, tantôt injectés. Béclard (2) en a injecté avec du mercure , qui ne décélaient point leur présence par une couleur rouge. Schrœder a également injecté des vaisseaux lymphatiques dans ces productions (3).
Guersent a vu des vaisseaux sanguins dans les fausses membranes dont le croup détermine le développement (4).
Ribes (5) , Lobstein (6) et Plantin (7) en ont également observé dans le néoplasme en forme de cordon qui s'était développé dans des vaisseaux sanguins.
d3° Ce ne sont point des prolongemens de vaisseaux ap-
(1) Loc. cit., p. 25.
(*) Mémoire pour servir à l'histoire d'un genre de Polypes d'eau douce à bras en forme de cornes , Leyde , 1744 , in-4° , fig.
(2) Additions à l'anatomie générale de Bichat , p. 124.
(3) Observationcs anatomico-palhologicœ et practici arrjtnncifti , p. 43.
(4) Andral , Précis d'anatoniie pathologique , t. I , p. 488.
(5) Ibid., t. II, p. 407.'
(fi) Traité d'analomic pathologique , t. I , p. 29i>. (7) Froriep , Nottsèn , t. XXXYT , p. 2! 1.
partenant primordialement aux organes limitrophes ; ils n'entrent en connexion avec ces derniers qu'un certain laps de temps après s'être produits (§ 864, 6°). Home, Béclard , Breschet (1) et Bérard (2) ont vu des vaisseaux de ce genre qui ne communiquaient point avec le reste du système vasculaire.
44° Ces vaisseaux se forment quelquefois avec une grande rapidité. Chez un homme qui était mort vingt-neuf heures après avoir subi l'opération de la hernie étranglée , Home (3) les trouva si développés, dans le néoplasme couvrant la portion d'intestin qui avait été comprimée , qu'il parvint à les injecter. Schrœder (4) n'a pu faire pénétrer l'injection dans ceux de fausses membranes qui nageaient encore au milieu de la sérosité , sans avoir contracté d'union avec la surface correspondante ; mais , à l'aide de la loupe , il découvrit, dans une de ces productions, qui était encore molle et gélatineuse, des vaisseaux ayant depuis un trentième jusqu'à un vingtième du diamètre d'un cheveu , et paraissant se terminer en cul-de-sac.
15° Hunter avait déjà remarqué , ce qui a été confirmé par des recherches plus récentes (5) , qu'avant la formation des vaisseaux, il apparaît quelques petites taches de sang rouge au milieu du néoplasme. Nous avons besoin de nouvelles observations pour savoir si ce sang s'est épanché du système vasculaire , ou s'il s'est reproduit aux dépens du liquide plastique. Mais le sol proprement dit de la nouvelle formation vasculaire est le néoplasme produit par l'inflammation et par l'épanchement de liquide plastique qui dépend de cette dernière. On est moins certain que de nouveaux vaisseaux puissent naître , sans phlegmasie , dans du sang épanché et coagulé. Certains faits sembleraient l'indiquer ; ainsi Home (G) a
(1) Dictionnaire de médecine, t. V, p. 244.
(2) Archives générales, t. X , p. 380.
(3) Lectures on comparative anatomy , t. III, p. 16.
(4) Loc. cit.. p. 20.
(5) Andral, Trécis d'anatomie pathologique , t. I, p. 477. (6; Lectures on coviparalivo anatomy , t. III , p. 45,