‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 5)Chapitre 49 sur 94 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

vu, chez un Lapin mis à mort quarante-huit heures après la blessure d'une petite branche de Tarière mésentérique , et dont on avait injecté l'aorte , que le sang épanché était en grande partie résorbé , et qu'il n'en restait plus qu'un petit caillot adhérent au péritoine et parsemé de vaisseaux injectés. Cependant il n'est pas possible de distinguer rigoureusement un simple caillot de sang plus ou moins décoloré d'un néoplasme qui a été produit par l'inflammation. De même que j dans les vaisseaux coupés en travers, ce n'est point le caillot de sang représentant le thrombus , mais le liquide plastique exhalé par la paroi enflammée, qui opère la cicatrisation ( § 8C2 , 3° ) ; ainsi le sang épanché hors de sa carrière et coagulé, semble n'être partout qu'une masse privée de vie ( § ) i que l'organisme fait rentrer dans sa sphère en la fluidifiant et la résorbant. Si le caillot produisait en lui des vaisseaux aptes à vivre , et se remettait par là en connexion vivante avec l'organisme , on ne pourrait au moins pas concevoir la chose autrement que par l'influence d'une inflammation développée aux alentours. L'opinion de Home (1) , que les vaisseaux du néoplasme et du sang exlravasé se développent de la même manière que ceux du sang coagulé hors du corps , c'est-à-dire au moyen de canaux que le gaz acide carbonique fraierait en se dégageant (§ 699, 5°), cette opinion est absolument insoutenable.

16° Le sang qui commence à couler dans le néoplasme et à s'y créer une carrière , acquiert bientôt une paroi propre , qui est d'abord mince et délicate (2) , mais qui devient peu à peu plus épaisse et plus dense. Home (3) examina un caillot trouvé auprès d'une artère qui avait été blessée un mois auparavant pendant la ponction faite à une hydrocèle, et il trouva les vaisseaux produits dans ses parois tellement développés qu'il put les enlever.

Les vaisseaux de nouvelle formation sont droits pour la plupart , ou du moins décrivent peu de flexuosités. En général ,

(1) hoc. ci*., p. 9; t. V, p. 100.

(2) Lobsteia , Traité d'anatomic pathologique , 1. 1, p. 298.

(3) hoc. cit., t. III, p. 17.

ils se ramifient pou, et, suivant la remarque de Gendrin , leurs ramifications se dirigent spécialement vers l'organe avec lequel le néoplasme se met en connexion. Il n'est pas rare , selon Meckel (1) , de les voir se diviser à leurs deux extrémités , de manière qu'ils représentent , comme le système de la veine porte , un tronc ramifié à ses deux bouts. Ces particularités annoncent que le sang a été mis en mouvement par la force attractive des parties organiques environnantes.

Souvent les vaisseaux sont, comme les lymphatiques des membres, réunis par paquets (2). La plupart du temps, ils ont un calibre supérieur à celui des vaisseaux primordiaux avec lesquels ils contractent union.

c. Kystes.

III. Par kyste , nous entendons des vésicules analogues aux membranes séreuses , closes , et sécrétant par leur face interne , qui est lisse. Ces vésicules ressemblent parfaitement , quant à la texture et au produit sécrétoire , aux membranes séreuses proprement dites ; mais elles sont également susceptibles et de transformation homologue (V,V1) et de dégénérescence hétérologue ( § 871 ). Il est même possible qu'elles doivent quelquefois naissance à une métamorphose du tissu cellulaire ; mais elles paraissent tirer plus fréquemment leur origine du néoplasme , et leur forme discrète ne nous permet pas de les ranger ailleurs que dans le cadre de l'homœoplastie.

On en connaît de plusieurs espèces.

17° La première espèce comprend les kystes séreux , hygromes ou hydatides.

Les kystes séreux sont implantés dans le tissu, ou épars sur la surface d'un organe, auquel ils tiennent soit par toute leur périphérie , soit par un pédicule livrant passage à un vaisseau. Ils ont quelquefois un volume considérable , et alors ils produisent ce qu'on appelle les hydropisies enkystées. Leur paroi

(1) f/andbuch der pathologischcn Anatomio , t. III, p. 3.

(2) Lobstein , Traité d'anatomie pathologique , 1. 1 , p. 298.

est mince et transparente , et l'on y aperçoit rarement des vaisseaux sanguins ramifiés. Leur surface interne est lisse , mais parfois aussi un peu inégale et grenue. Le liquide qu'ils renferment est, en général, limpide et clair comme de l'eau, mais quelquefois aussi trouble et filant. Souvent il se forme dans leur intérieur de nouveaux kystes, au dedans desquels il s'en produit également d'autres. Dans beaucoup de circonstances, ils se rattachent à une diathèse séreuse (§ 848, 6°). On les observe quelquefois dans les cas de développement incomplet des organes , par exemple chez les hémicéphales , de même que , quand ils acquièrent une masse considérable , ils peuvent refouler le tissu normal , au point de le faire disparaître , et de ne plus laisser à sa place qu'un amas de vésicules.

Suivant Collard de Martigny (1) la paroi des hydatides est composée d'albumine non coagulée, d'une graisse susceptible d'être extraite par l'alcool bouillant, de tissu cellulaire insoluble dans l'eau et l'alcool , et d'une substance analogue au mucus : cette dernière est molle et transparente ; elle ressemble à du mucus ou à de la gélatine ; par la dessiccation , elle devient transparente et cassante; mais l'immersion lui rend ses propriétés primitives ; elle se putréfie avec une lenteur extrême dans l'eau j les acides minéraux la dissolvent complètement, et la potasse peu ; elle est insoluble dans l'acide acétique , l'ammoniaque , l'alcool et l'eau ; la noix de galle , l'acétate de plomb et le deutochlorure de mercure ne la précipitent point.

Collard de Martigny a trouvé dans la liqueur d'hydatides 0,9650 d'eau, 0,0290 d'albumine et 0,0060 de sels; Gœbel(2) 0,9846 d'eau, 0,0004 d'albumine, 0,0024 de mucus, et 0,0126 de carbonate de soude, de chlorure de sodium, de sulfate de potasse et de phosphate calcaire ; Marcet (3. 0,9640 d'eau, 9,0273 de mucus, avec une trace d'albumine, 0,0087 de chlorure de sodium , de sulfate de soude , de phosphate calcaire et de fer.

(1) Journal de chimie médicale , t. III, p. 375 ; t. V, p. 120.

(2) Bcrzeltus, Traité de chimie , t. VII, p. 641.

(3) Gmelin, Handbuch der theoretischen Chemie, t. II, p. 4393.

Morin a trouvé , dans le liquide d'une hydropisie enkystée du bas-ventre (1), 0,9706 d'eau, 0,0104 d'albumine, 0,0052 de cholestérine , 0,0012 d'osmazome , 0,0126 de chlorure de sodium , avec des traces de phosphate de soude.

18° Des kystes synoviaux , à parois plus épaisses , et contenant un liquide d'une certaine consistance, se produisent , d'après Villermé (2), lorsque des parties diverses sont exposées à la pression et au frottement dans ,les mouvemens qu'elles exécutent les unes sur les autres. Ainsi , Béclard en a trouvé , dans les pieds bots , aux endroits sur lesquels porte le poids du corps. Brodie assure que , dans la cyphose , on en découvre entre la peau et les apophyses épineuses. Il s'en développe entre la peau et le bout de l'os , après les amputations, etc.

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