‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 5)Chapitre 68 sur 94 · FORMATION DE PARTIES NOUVELLES HETEROLOGDES · texte numérisé non relu

FORMATION DE PARTIES NOUVELLES HETEROLOGDES

§ 870. La formation de parties nouvelles hétérologues est une dégénérescence non des organes constituant l'économie animale , mais de l'activité organique elle-même, qui fait que cette dernière engendre des produits étrangers à l'organisme.

Ces produits sont ou des parties faisant corps avec l'organisme et subissant l'influence immédiate de son activité vitale, ou des parties qui se séparent de lui et abandonnent la sphère de sa vie.

(1) Anat. palhol. du corps humain, IVe, VIIe et Xe liv., in-fol., fig. col.

(2) Recherches sur la dissolution chimique , ou digestion des parois de V estomac (Journal hebdomadaire de méd., 1830 , t. VIII, p. 321 et 505). «- Illustrations of the elementary forms diseas. London , 1835, V« liv., in-fol., fig. col.

(3) Ch. Billard. Traité des maladies des enfans nouveau-nés, 3e édit., taris , 1837 , in-8».

(4) Andial , Précis d'anatomic pathologique , t, II , p. 88,

PRODUITS MATÉRIELS IIHTÉROIOGUES.

a, Pseudomorphoses hétérologues.

Les pseudomorphoses hétérologues vivent dansPorganisme, elles en font partie , mais elles sont en contradiction avec son type , et suivent une direction étrangère à la sienne : aussi sont-elles , généralement parlant , moins susceptibles que les parties normales de se maintenir, quoiqu'il y ait bien des dégrés divers entre elles sous ce rapport.

Les unes, que nous désignerons sous le nom d'excroissances, ont une formation plus consistante et une existence plus durable , tandis que d'autres , les exanthèmes , durent moins long-temps et accordent un plus grand rôle à la sécrétion.

* Excroissances.

Mais les excroissances elles-mêmes se divisent en pullulations et en hétéroplasmes , suivant que la dégénérescence qui les caractérise affecte essentiellement ou la forme ou la substance.

+ Pullulations.

La première classe des pseudomorphoses hétérologues , de celles qui se rapprochent le plus des tissus normaux , comprend donc les pullulations , qui consistent en ce qu'un tissu organique outrepasse les limites de sa formation , et se manifeste sous des formes plus ou moins anormales.

Les pullulations se rapprochent des hypertrophies; mais elles en diffèrent parce qu'elles ne doivent pas naissance à un simple accroissement de masse , et constituent des productions particulières , des excroissances , par conséquent des pseudomorphoses. Tandis que les pseudomorphoses homologues (§ 859) se développent indépendamment d'un tissu de leur espèce , et ne sont anormales que sous le point de vue de la situation , du nombre ou du volume , la forme est dégénérée dans les pullulations , parce qu'elles ne se développent qu'aux dépens du tissu homologue , autour d'une partie normale, et défigurent par conséquent cette dernière. Hétérologues ainsi eu égard jx la forme , elles ont encore une texture à peu près nor-

3^2 PRODUITS MATÉRIELS IIKTÉROLOOUES.

maie , et diffèrent par là des héléroplasmes (§ 871) , ou pseudomorphoses substantielles. Aussi ne sont-elles point par ellesmêmes hostiles à la vie , et demeurent-elles pour la plupart indifférentes à l'organisme , si l'on excepte seulement les effets mécaniques qui peuvent tenir à leur présence. Cependant il arrive , dans beaucoup de cas , qu'elles ne dépendent point de circonstances locales , et qu'elles se lient à une diathèse particulière. Leur tissu offre un degré plus ou moins anormal de ramollissement ou de condensation. Elles ont beaucoup de tendance à se convertir en hétéropJasmes , ou à prendre un mauvais caractère ; car la dégénérescence dans la forme extérieure se propage aisément aussi à la substance , et le luxe avec lequel elles se déploient , comme les végétations inférieures , ne permet point que cette substance arrive à un développement parfait.

1° Nous devons considérer comme la forme la plus simple des pullulations , celle des ulcères dans lesquels , en raison de la laxité des solides , de la surabondance des liquides , du défaut d'énergie, ou de l'existence d'une dyscrasie ;quelconque , les bourgeons charnus s'élèvent par dessus les bords, représentent de grandes et larges masses mollasses , pâles ou bleuâtres, que couvre un pus presque liquide.

2° La pullulation des extrémités vasculaires , simulant le tissu érectile , et à laquelle on donne le nom de télangiectasie, s'observe tant à la peau qu'à la membrane muqueuse, où elle constitue spécialement les tumeurs hémorrhoïdaires ; mais on la rencontre aussi dans des organes internes , tels que les muscles , les os , le foie, etc. Elle forme des tumeurs violacées, molles, chaudes , de temps en temps turgescentes, et qui saignent quelquefois sans avoir été déchirées. Ces tumeurs consistent en un réseau de vaisseaux capillaires dilatés de manière que l'injection poussée par les artères les pénètre facilement , ainsi que les veines avec lesquelles elles communiquent. On y aperçoit parfois aussi des enveloppes et des cloisons scléreuses; mais elles ne renferment d'ailleurs aucun autre tissu.

3° Les lipomes sont des masses de graisse molle, enveloppées dans du tissu cellulaire , divisées en lobes , et pourvues de

PRODUITS MATÉRIELS IIÉTÉROLOGUES.

vaisseaux , qu'on observe souvent chez des sujet d'ailleurs peu chargés d'embonpoint. C'est sous la peau qu'on les rencontre le plus fréquemment. Quelquefois ils existent sur plusieurs points à la fois, représentant autant d'excroissances du tissu cutané en forme de poire et pendantes.

4° Les condylomes sont des pullulations de la peau au voisinage de la membrane muqueuse, notamment à l'anus. Ils possèdent souvent des vaisseaux capillaires dilatés. Leur figure est celle d'excroissances fermes , violacées , sphériques , en grappe de raisin , ou en crête de coq , qui sécrètent un liquide exhalant une odeur particulière.

5° Déterminés , comme les condylomes , soit par une dyscrasie , soit par une irritation locale , les polypes sont des pullulations de la membrane muqueuse. Ils s'élèvent, en cylindres, de points peu étendus, se déploient en masses sphériques , et reposent par conséquent |sur un pédicule , qui est quelquefois divisé en plusieurs branches. Leur accroissement a lieu d'une manière très-rapide. Ils présentent un tissu grisâtre , mou , imprégné de liquide séreux ou muqueux , et ne possèdent de vaisseaux qu'à leur surface. Ils augmentent par un temps humide et froid, et diminuent sous l'influence de la chaleur sèche. Ils peuvent changer de forme , contracter des adhérences sur plusieurs points de leur surface , et devenir solides , fibreux, riches en vaisseaux.

6° Les pullulations des enveloppes fibreuses , telles que la dure-mère , le périoste , l'albuginée de l'œil ou du testicule , etc., représentent des fongus implantés par une large base, plus ou moins denses et scléreux, divisés en lobes, revêtus d'une petite quantité de tissu cellulaire et pourvus d'un assez grand nombre de vaisseaux.

7° Les exostoses , ou pullulations des os , ont la [forme d'éminences , de dentelures ou de stalactites. Elles sont d'abord molles , et se solidifient peu à peu. Lassaigne a trouvé dans une exostose moins de phosphate calcaire et davantage de substance organique , de carbonate calcaire et, de sels solubles , que dans le reste de l'os.

8° Parmi les pullulations de tégumcns cutanés se rangent d'abord les verrues, excroissances molles ou dures du mucus

PRODUITS MATÉRIELS IIÉTÉROLOGEES.

de Malpighi, auxquelles les papilles delà peau prennent une certaine part, et à la surface desquelles l'épidémie s'épaissit.

Viennent ensuileles cors, où l'épidémie, épaissi enuncalus corné, s'est insinué dans la peau par un prolongement en forme de racine.

Cette catégorie comprend encore la difformité des hommes porcs-épics , dans laquelle Tépiderme représente des lames cornées, ayant depuis quelques lignes jusqu'à un pouce d'étendue, sur environ deux lignes d'épaisseur; ces lames, d'un gris verdâtre , sont un peu plus molles que la corne ; elles tombent de temps en temps, et se reproduisent ensuite.

Enfin il faut placer ici les cornes , qui se développent sur les régions les plus diverses du corps , principalement toutefois à la tête, quoiqu'on en voie aussi au tronc, aux membres , et même à la verge (1). D'abord molles et flexibles , elles acquièrent peu à peu la consistance et l'aspect de celles des Ruminans , auxquelles , suivant Dublanc (2) , elles ressemblent aussi sous le point de vue de la composition chimique. Quelquefois elles arrivent à une longueur de plusieurs pouces , et sont plus ou moins recourbées. D'après Home (3), elles tirent leur origine de tumeurs enkystées, qui se sont ouvertes à l'extérieur , et dont la face interne s'est convertie en un tissu analogue à la peau. Il est incertain qu'elles puissent aussi se développer dans des follicules sébacés agrandis (§ 858, 5°). Elles tombent rarement d'elles-mêmes, et renaissent quelquefois après qu'on les a enlevées.

1t Hètèroplasmes.

§ 871. Les pseudomorphoses permanentes à substance hétérologue , que nous appelons hètèroplasmes >

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