I. Présentent une infinie diversité de formes , parmi les
(1) Lobstein, Traité d'anatomie pathologique, 1. 1, p. 357. — F. Cruveiihier, Anatomie pathologique du corps humain , VIIe et XXIVe livrais, in -fol., fig. col. — Royer, Traité des maladies de la peau, 2e édit., Paris 1835} t. HT, p. 640 , et pl. XXI, col.
(2) Bulletin des sciences médicales, t. XXIII, p. 3. '
(3) Lectures on compurative anatomy, t. V, p, 2U6.J
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quelles le tubercule et le squirrhe sont celles qui se distinguent par les caractères les plus tranchés.
1° Les tubercules sont des caillots simples, d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, ressemblant à du blanc d'œuf cuit ou à du fromage , s'écrasant par la pression , sans nulle trace d'organisation , et croissant uniquement par des additions extérieures.
2° Le squirrhe consiste en une masse dense , ferme , sciéreuse ou cartilagineuse , parsemée de stries et de lamelles irrégulieres , dont une partie se porte en rayonnant du centre à la périphérie.
3° Les mille et une formes intermédiaires sont tantôt vasculaires et rougeâtres , tantôt pauvres en vaisseaux et blanches , homogènes et denses, ou fibreuses et lamelleuses, fermes ou molles. D'après l'aspect qu'elles présentent, on les a comparées avec de la viande (sarcome), avec la substance cérébrale ( encéphaloïde ) , avec du lard (sléatome) , etc. La diversité qui règne parmi elles est encore accrue par l'addition d'autres formations qui viennent se joindre à la forme fondamentale , telles que des transformations plasmatiques , par exemple des mélanoses( § 856 , 2°), ou des pseudomorphoses homologues , comme des kystes séreux ( § 859 , III) , ou des pullulations , par exemple des télangiectasies (§ 870,2°), etc.
ÏI. La substance hélérologue
4° Est, la plupart du temps, et dans les tubercules toujours, déposée en masses particulières , qui tantôt se répandent uniformément au milieu du parenchyme des organes , tantôt forment des tumeurs spéciales dans l'intérieur ou à la surface de ces derniers. La masse tuberculeuse paraît pouvoir être déposée aussi dans des conduits de membrane muqueuse. Mais quelquefois cette pseudomorphose consiste en nutrition hétérologue, c'est-à-dire en transformation d'un tissu normal, d'une pseudomorphose homologue, ou, d'une pullulation.
5° Elle repose constamment sur ce qu'un tissu ne peut point convertir en sa substance normale les matériaux qui lui arrivent pour sa nutrition , soit parce que ces matériaux sont rebelles à la transformation , soit parce que la puissance assimilatrice du tissu ne saurait se déployer avec assez d'éner^
OJO PRODUITS MATÉRIELS lllÎTÉKOLOGUES.
gie. La principale cause tient à ce que l'activité plastique en général s'est éloignée de ses conditions normales , à ce que la formation du sang s'opère d'une manière incomplète , ou à ce que ce liquide est dégénéré. Ainsi , d'après Baron , en tenant des animaux renfermés dans un air humide et corrompu, et ne leur donnant'qu'unc nourriture de mauvaise qualité , on peut faire naître de toutes pièces des tubercules chez eux. Ces mêmes influences donnent lieu , chez l'homme , à la production de la diathèse scrofuleuse. Mais ladiathèse scrofuleuse n'est pas la seule sous l'empire de laquelle se produisent des tubercules ; il s'en développe aussi dans les dialhèses syphilitique et scorbutique. Carswell dit avoir reconnu la présence de la matière des squirrhes dans le sang des vaisseaux qui communiquaient avec ces productions anormales.
Il se peut aussi que la faculté assimilatrice d'un organe soit troublée. La frayeur ou un chagrin prolongé peut paralyser cette puissance et déterminer le développement d'unsquirrhe. La suppression d'une activité plastique , soit par des impressions locales , soit par des influences sympathiques , est susceptible aussi d'entraîner le même résultat. Cependant la source la plus féconde est une inflammation lente , surtout quand elle a été provoquée par une lésion profonde, peu grave en apparence , mais continuelle ou fréquemment répétée , inflammation sous l'empire de laquelle la substance plastique se dépose en trop grande abondance , et revêtue de qualités anormales , outre que le désordre est mis dans la faculté assimilatrice de l'organe.
III. L'hétéroplasme produit par une activité vivante , mais anormale , meurt au bout de quelque temps ; alors il se ramollit et se liquéfie. La plupart du temps , que la psëudomorphose renferme ou non des vaisseaux , ce ramollissement part du centre , par conséquent du point qui s'est développé le premier et qui a été le plus soustrait à l'influence de la périphérie vivante ; il s'étend peu à peu de là vers la circonférence. Si , jusqu'alors , l'hétéroplasme n'avait agi que comme masse , il exerce alors une action hostile sur l'organisme , et excite l'inflammation et la suppuration dans les parties environnantes. Au squirrhe qui se fond , ou à ce qu'on appelle le
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cancer ulcéré , appartient un caractère de malignité qui con\ siste en ce qu'il déploie une influence contagieuse , et propage toujours de plus en 'plus loin les ravages d'une suppuration qui est incapable d'amener une régénération normale , car elle tend uniquement à détruire. Cependant cette dissolution destructive , contagieuse , et funeste à la vie , dont elle ronge les racines, peut survenir également sans formation squirrheuse préalable, dans d'autres hétéroplasmes , comme aussi dans des pullulations , telles que polypes et fongus , et même à la suite de simples efflorescences , lorsque la diathèse existe.
6° Les tubercules sont de tous les hétéroplasmes ceux qui qui ont le moins de malignité. Ils deviennent semblables d'abord à du fromage qui coule , ensuite à de la crème , et excitenttout autour d'eux une inflammation, puis une suppuration, qui tantôt exerce une action destructive sur les parties entourantes, tantôt se fraie au dehors une voie par laquelle la substance dégénérée est expulsée , après quoi la plaie se referme. Quelquefois aussi les parties environnantes , au lieu de produire du pus , ne font que fournir un liquide plastique , qui prend la forme d'un kyste isolant : celui-ci absorbe alors les substances organiques du tubercule , de manière à ne laisser que les matériaux terreux , constituant une concrétion calcaire.
7° Les squirrhes deviennent spongieux et se ramollissent ; leurs vaisseaux acquièrent plus de volume , leur masse dense et ferme se résout en un ichor particulier, liquide et de couleur livide ; les bords se renversent en dehors , les surfaces se couvrent de grosses granulations dures et saignantes , les parties environnantes passent à la dégénérescence squirrheuse.
8° Les autres hétéroplasmes se ramollissent en une masse grisâtre, gélatiniforme , puis pultacée et liquide. Quelques uns peuvent se dessécher, ou être expulsés par la suppuration, de manière que la plaie guérisse. La plupart exercent une action destructive autour d'eux , faisant naître dans les parties molles des fongosités saignantes, dans les os des lamelles colluleuses (peedarthrocace), ou des dentelures et des épines (spina ventosa) , ou des masses osseuses, mêlées avec d'au-
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très masses cartilagineuses, scléreuses et lardacées (ostéosarcome ).