QUALITÉS DU SAHO
§ 886. Noiis pouvons présumer que la portion de sang conduite à chaque organe spécial a aussi des qualités particulières :
h Que le sang, en marchant, éprouve une séparation chimique , tout comme il subit une division mécanique;
1° Que , par conséquent , les ramifications d'une branche artérielle indiquent la résolution du sang en tout autant de formes diverses. C'est peut-être ainsi qu'on peut expliquer pourquoi l'artère ophthalmique se partage en artères ciliaires pour le pigment , artère centrale pour le nerf optique , la rétine , le corps vitré et le cristallin , artères lacrymale et élhmoïdale pour les organes que constitue la membrane muqueuse , et autres branches pour la peau et des muscles ; pourquoi le tronc cœliaque se divise en trois branches principales, allant au fuie, à l'estomac et à la rate, dont chacune produit à son tour de nouveaux antagonismes , de manière que l'artère splénique envoie des rameaux en arrière au pancréas , en haut à l'estomac et en bas à l'épiploon , et qu'enfin elle se distribue d'un côté au grand cul-de-sac de l'estomac , de l'autre à la rate , etc. Il ne faut pas considérer comme une objection de bien grande valeur que les artères qui conduisent du sang à un organe spécial , donnent aussi des branches aux organes généraux devant lesquels elles passent , par exemple , la spermalique au tissu cellulaire du rein, au péritoine et à l'uretère; mais ce qui a plus d'importance , c est que la distribution des artères subit d'innombrables variations, sans que les parties auxquelles elles aboutissent changent pour cela de caractère ; l'artère hépatique naît quelquefois de 1 aorte elle-même , ou de lamésenlé-
CAUSE DE tA PLASTICITÉ ORGANIQUE. 5 1 5
rique supérieure ; il arrive parfois aussi que cette dernière , la mammaire interne, la surrénale ou la spermatique, donne dé petites ramifications au foie ; Tarière spermatique naît assez fréquemment de la rénale , de la capsulaire ou de la mésentérique supérieure ; les reins se trouvent quelquefois dans le bassin , et leurs artères sont alors des branches fournies par les iliaques , etc.
2° Nous trouvons certaines différences de formation dans la moitié supérieure et la moilié inférieure du corps. La sécrétion séreuse de l'œil , du cerveau et de la moelle épinière est celle qui contient le moins de matériaux solides, et la sérosité du bas-ventre (§ 814 , 2°) celle qui en renferme le plus ; la première est celle dans laquelle il y a le moins d'albumine et le "plus d'osmazome ; la seconde est celle dans laquelle on trouve le moins d'osmazome et le plus d'albumine (§ 814, 3°). Tandis que les substances étrangères volatiles , comme l'alcool, l'huile essentielle, le camphre , etc., affectent spécialement le cerveau, les substances fixes, amères , résineuses et autres , agissent de préférence sur les organes abdominaux, .et sont spécialement éliminées par les reins (§ 8C6 , 6°). Les glandes de la tête sécrètent des liquides moins spéciaux, plus aqueux , plus indifférens , les larmes et la salive ; celles du bas-ventre , des liquides plus spécifiques, basiques et destinés à être rejetés au dehors , la bile , l'urine , le sperme. La sueur et les exanthèmes aigus éclatent ordinairement de meilleure heure et avec plus d'intensité à la tête et à la poitrine qu'à la partie inférieure du corps ; au contraire, la goutte, avec son dépôt d'acide urique ou de chaux, attaque les extrémités inférieures quand la vie jouit d'une énergie suffisante, n'intéresse les mains que quand elle prend un haut degré de développement , et ne se fixe dans les organes du tronc que chez les snjr-ts dont l'activité vitale est affaiblie. Ces phénomènes et tant d'autres analogues tiendraient-ils à ce que le sang qui coule dans les branches ascendantes de l'aorte est constitué autrement que celui qui remplit l'aorte descendante ? Boissier assure que six onces de sang provenant de la carotide pesaient dix-sept grains de moins que celui d'une autre artère, et d'après Taube , la proportion de la sérosité dans le sang de
5l6 CAUSE DE LA PLASTICITÉ ORGANIQUE.
l'artère crurale , serait , à la quantité de ce liquide dans celui de la carotide , comme 1 *. 1,27 (1). Cependant ces estimations ont besoin d'être confirmées par de nouvelles recherches. Mais, quoi qu'il en soit d'ailleurs, comme le mode de répartition du sang artériel correspond en général à la situation qu'occupent les organes , nous trouvons là l'expression d'une prépondérance proportionnelle de l'une ou de l'autre forme dans les diverses régions du corps. De même que , chez l'embryon , le sang devenu artériel dans le placenta arrive , par la veine cave inférieure à l'aorte ascendante, tandis que le sang devenu veineux dans la moitié supérieure du corps parvient à l'aorte ascendante par la veine cave supérieure (§ 442, 3°; 467, 6°), de même aussi chez l'homme, après la naissance, le sang artériel venu des poumons fournit ses premiers ccîurans aux organes les plus vivans et les plus nobles , à la fleur en quelque sorte de l'organisme animal , le cœur, la tête et les membres supérieurs, de telle sorte que le courant qui se porte aux centres de la sensibilité marche plus en ligne droite, et se rapproche davantage de la ligne médiane , tandis que celui qui est destiné aux organes irritables, et qu'on peut considérer jusqu'à un certain point comme une dérivation latérale , se porte plus en dehors. Aiusi nous trouvons le premier antagonisme dans la transversalité des artères coronaires du cœur, point culminant de l'irritabilité , et dans l'ascendance de l'aorte, qui va gagner les organes suprêmes de la sensibilité -, de même les carotides et les sous-clavières expriment l'antagonisme de la sensibilité pure et de celle qui se dirige vers l'irritabilité. Ces antagonismes se répètent dans la carotide interne , destinée au cerveau et à l'œil , et l'externe qui fournit le sang à la face et au côté extérieur des organes sensoriels, ainsi que dans l'artère vertébrale, qui monte au cervelet, à la moelle épinière et à l'oreille , et l'axillaire, qui va gagner tranversalement le bras.
Le sang qui se dirige vers le bas, en suivant la crosse de l'aorte, et descend le long du tronc, va gagner la périphérie animale par des branches transversales, les artères inter-
(4) Ilaller, Elément, physiolog., t. II , p. 12.
costales et lombaires , et les organes plastiques de la digestion et de la sécrétion urinaire par des branches qui se rapprochent davantage de la ligne médiane.
L'extrémité inférieure du système aortique répète les antagonismes de l'extrémité supérieure, mais avec prédominance du rapport à l'éjection. Tandis que l'artère crurale , qui se dirige en dehors , offre l'analogue de l'axillaire , l'artère spermatique , qui descend en dedans , et qui représente la carotide interne, va gagner la fleur de l'organisme plastique, et l'hypogastrique, représentant de la carotide externe, distribue le sang aux organes dans lesquels le caractère de l'éjection est porté au plus haut degré.
II. Suivant que le sang , après sa sortie dès poumons , a été plus ou moins long-temps en contact avec la substance organique située hors de lui , il peut avoir acquis des qualités différentes.
3° Haller surtout (1) attachait une grande importance à la rapidité de la circulation ; mais tout ce qu'il dit à l'égard des conditions et des effets de cette circonstance , est purement hypothétique. Une inégalité de vitesse de la circulation dans les artères des divers organes est plus vraisemblable que prouvée (§ 716, 5°). Si la circulation est réellement ralentie dans les paquets entortillés de vaisseaux capillaires des reins (2), rien n'est moins clair que l'influence qui peut découler de là par rapport aux qualités de la sécrétion , et l'on est en droit de se demander si ces particularités, ou autres analogues, dans le mode de distribution des vaisseaux capillaires appartenant aux divers organes sécrétoires, ne sont pas, comme la forme extérieure des reins, du foie, etc., tout simplement des nuances de configuration qui n'exercent aucune influence directe sur la composition des sécrétions.
4° Comme le sang change de composition lorsqu'il entre en contact avec la substance organique , il peut présenter des différences suivant la longueur du chemin qu'il a parcouru depuis son départ du cœur. Les substances étrangères ia-
(1) Elément, physiolog., t. II, p. /1I8.
(2) Zeilschrift fucr Physioloyic , t. IV, p. 116.
troduites dans le sang se sont montrées , quand elles ont pris la voie des membranes séreuses pour s'échapper du corps, d'abord dans le péricarde, puis dans des organes de plus en plus éloignés du cœur (§ 866, 4°) ; la même chose arrive pour les os, suivant Morand, chez les animaux avec la nourriture desquels on mêle de la garance ; mais les parties voisines du cœur, ei notamment les os , ne reçoivent pas leur sang précisément des premières branches du système aorlique , de manière que nous puissions admettre en toute certitude que ces branches sécrètent les substances en question avec plus d'abondance que d'autres plus éloignées. 11 est possible qu'en parcourant les longues et grêles artères spermatiques , le sang se débarrasse de certaines substances , et devienne plus apte à produire le sperme : cependant la longueur de ces artères tient uniquement à ce que les testicules étaient d'abord placés à la même hauteur que les reins , en sorte que leurs vaisseaux artériels ont dû naître au voisinage de ceux des organes rénaux et s'allonger ensuite quand les glandes ont changé de place ; cela est si vrai que les artères spermaliques sont courtes chez les animaux dont les testicules ne descendent point.
III. Le sang qui sert aux sécrétions ne présente manifestement de qualités spéciales que dans les poumons et le foie.
5° Quant à qui concerne le foie, la rate semble avoir pour usage de faire subir au sang une métamorphose qui le rende propre à produire de la bile. Vainement dirait on que le volume de la rate et celui du foie, loin d'être en raison directe, sont au contraire en raison inverse l'un de l'autre, dans la série animale ; car tout ce qu'on pourrait conclure de là , c'est que, chez les animaux inférieurs, où le sang, moins ariérialisé parce que la circulation est plus incomplète , convient en conséquence davantage à la sécrétion biliaire', la rate concourt moins à celle fonction, et, en effet, elle manque entièrement chez les animaux sans vertèbres. On avait remarqué autrefois (1) qu'après l'extirpation de la rate le foie est tuméfié et livide , la bile presque toujours altérée , soit
(1) Haller, Elément, physiolog., t. VI , p. 422.
pâle et très-coulante , soit foncée en couleur et visqueuse, Schmidt (4) a trouvé le foie volumineux et dur, la bile épaisse, visqueuse et moins amère ; Tiedemann (2), le fuie plus gros qu'à l'ordinaire , mais la bile dans l'état normal ; Czermak (3), le foie plein de sang et de grains albumineux ou de concrétions sablonneuses , et la veine porte distendue par le sang. Suivant Assolant (4) , dans quarante expériences de ce genre faites a Paris , on a trouvé la bile quelquefois plus amère que de coutume , mais en général normale , ce que Haighton a également observé. Ces expériences ne sont point décisives ; lorsqu'il y avait une influence exercée sur la formation de la bile , l'effet était opposé dans des cas divers, de manière que nous n'apprenons réellement rien à l'égard du mode général d'action , et quand on n'a point remarqué d'influence , il a pu se faire que les autres racines de la veine porte suppléassent la veine splénique qui manquait. On doit attacher plus d'importance aux observations recueillies sur la nature du sang veineux de la rate , dans lequel la structure particulière de ce ganglion vasculaire et le ralentissement du courant qui l'y porte (§ 783 , 46° ), permettent déjà d'admettre par avance des qualités spéciales. Rolof et autres (o) avaient remarqué jadis que le sang de la veine splénique diffère de tout autre sang veineux en ce qu'il contient davantage d'eau, proportionnellement aux substances solides, donne à la distillation un peu plus d'ammoniaque, avec moins d'huile empyreumatique, et laisse moins de résidu sec. He\ysot^(6) avait reconnu aussi son inaptitude à la coagulation et sa plus grande richesse de particules aqueuses. Heusinger (7) a -trouvé également que , chez l'homme et les apimaux , il contient , proportionnellement au caillot , plus dg
(j) Commentât™ de pathologia lienis , p. 51.
(2) Recherches sur la route que prennent diverses substances pour passer de l'estomac dans le sang, p. 96.
(3) Medizintichc Jahrbuecher des œsterreichischen Staates , t. X , p. 75,
(4) Recherches sur la rate , p. 435.
(5) Haller, Elément, physioloy . , t. VI, p. 405.
(6) Expérimental inquiries , t. III, p. d7.
(7; Uel/er don Bau und die Ferrichiunyon dcr Mils , p. 30.
sérum que celui de la veine mésentérique , mais infiniment plus encore que celui de la veine crurale. Or, comme Vauquelin , en analysant le liquide fourni par l'expression et le lavage de la rate , a obtenu plus d'albumine et moins de fibrine que n'en donne d'autre sang (1), Heusinger (2) conclut que la proportion d'albumine faiblement oxidée a augmenté , que celle d'albumine plus oxidée et celle de fibrine ont diminué , que la fibrine est plus gélatineuse et moins susceptible de s'oxider , que par conséquent le sang de la rate est plus pauvre en oxygène et en azote, plus riche en hydrogène et en carbone. Si Haighton (3) et Assolant (4) n'ont rien remarqué de particulier dans le sang de la veine splénique , il est possible qu'on doive en accuser quelque circonstance particulière.
6° Comme il n'y a pas de région du corps où le suc mu queux et l'acide libre soient sécrétés en plus grande abondance que dans le canal digestif , le sang qui revient de ce tube et qui se réunit à celui de la rate pour passer dans le système de la veine porte , doit probablement avoir aussi une constitution particulière. On a prétendu , en effet , qu'il était plus foncé en couleur , plus liquide et moins coagulable que d'autre sang veineux, que deux heures après la ligature de la veine porte il avait une saveur amère (5), qu'il déterminait, comme la bile, la formation d'un précipité dans le chyme. Thackrah (6) dit qu'à la vérité il se coagule, mais qu'il ne se sépare pas aussi complètement en caillot et sérum. Cependant d'aulres observateurs n'ont pas aperçu de différence entre ce sang et celui des autres veines (7).
7° Comme le sang veineux paraît ne point être propre à la nutritition , et qu'il exhale évidemment du carbone oxygéné dans les poumons , où il se distribue , de même que dans le foie, à la manière du sang artériel ; comme il est surtout très-
(1) lbid., p. 28.
(2) lbid., p. 133.
(3) Meckel , Deutsches Jrclriv, t. VII, p. 465.
(4) Recherches sur la rate, p. 47.
(5) Haller, Elément, physioloy., t. VI, p. 496.
(6) An inyuiry into the natur and properties of the blood, p. 34.
(7) Haller, Elément, physioloy,, t. VI, p. 497.
riche de carbone si on le compare au sang artériel , de même que la bile l'est également eu égard aux autres liquides sécrétés; comme les ramifications de la veine porte suivent plus les conduits biliaires et se répandent moins dans la substance superficielle du foie que les artères hépatiques (1) ; comme enfin les injections passent ordinairement de la veine porte dans les conduits biliaires , où elles pénètrent rarement par l'artère hépatique , et que celles qu'on pousse dans ces conduits reviennent fréquemment par la veine porte , mais jamais par l'artère (2); il paraît hors de doute que le sang du système de la veine porte est celui qui fournit les principaux matériaux de la sécrétion biliaire, Malpighi (3) avait déjà remarqué que la ligature de l'artère hépatique n'interrompt point cette sécrétion ; Simon a vu de même, sur des Pigeons chez lesquels il l'avait pratiquée (4), que de la bile existait tant dans les conduits biliaires que dans l'intestin, tandis qu'aucun de ces organes n'en contenait , et que le foie était décoloré, d'un rose pâle, quand la veine porte avait été liée. Mais deux ordres de vaisseaux se réunissent dans les capillaires du foie, de sorte que le sang artériel prend part aussi, quoique d'une manière subalterne , à la sécrétion de la bile , soit , comme le présume Autenrieth (5) , que son oxygène appelle davantage les substances basiques , par antagonisme , soit qu'il détermine l'amertume de la bile en oxidant le carbone, ou qu'il ne fasse que fournir le mucus mêlé avec ce liquide. Cependant Abernethy (6) a trouvé , chez un enfant chargé d'embonpoint, qui avait vécu jusqu'à l'âge de dix mois, le système entier de la veine porte abouché dans la veine cave inférieure , da manière que le foie recevait le sang uniquement par l'artère hépatique ; il n'y en avait pas moins , dans la vésicule biliaire, de la bile présentant la couleur et
(4) Millier, De glandularum secernentium structura penitiori , p. 82.
(2) Vivenot, Dissertatio de vasis hcpatis , p. 29.
(3) Haller, Elément, physiolog., t. VI, p. 601.
(4) Fipriep, Noliz.cn, t. XII, p. 7.
(5) Handbuch dct cmpirischen Physioloyio , t. II , p. 96.
(6) Philos. Trans., t. LXXXIU, p. 61.
l'amertume ordinaires, quoiqu'elle eût une saveur moins âcre et moins répugnante. Philip (1) dit avoir vu la ligature de la veine porte, sur des Chiens, entraîner seulement la diminution et jamais la suppression totalt; de la sécrétion biliaire.
Du reste, le sang qui arrive à la veine porte et au foie provient, chez les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons, non seulement des organes digestifs, mais encore en partie de la paroi abdominale, des membres postérieurs et de la queue , et même aussi , chez plusieurs Poissons, des organes génitaux. Menière et Manec (2) ont observé des cas, chez l'homme, dans lesquels la veine porte recevait des branches de la veine crurale.
Enfin, chez les Mollusques, le foie ne reçoit son sang que par une branche de l'aorte. Cependant Treviranus (3) fait remarquer que cette artère ne charrie point du sang artériel pur , puisqu'à celui qu'elle contient se mêle encore celui qui revient de l'organe chargé de sécréter la matière calcaire.
8° Jacobson (4) a découvert que , dans les trois classes inférieures d'animaux vertébrés , les reins reçoivent aussi du sang veineux , de sorte qu'ici la sécrétion urinaire semble servir de complément à la fonction respiraLoire , qui est moins étendue ou moins complète. D'après Nicolai (5), les Oiseaux ne sont pas dans ce cas, leurs veines rénales postérieures amenant le sang des reins dans les veines hypogaslriques; mais le phénomène a lieu chez les Reptiles et les Poissons.
IV. Si nous réunissons toutes les données précédentes, nous voyons que l'hypothèse dans laquelle une qualité spéciale du sang amené à un organe serait la condition des qualités particulières du produit de cet organe, n'est point démontré d'une manière suffisante, les faits étant fort équivoques et les ob-
(1) Muller, Archiv fuer Anatomie , t. I, p. 109.
(2) Archives générales, t. X , p. 381.
(3) Die Erscheinuntjen und Gesetzen des organischen Lelens , t. I, p. 333.
(4) Meckel , Dcutschcs Archiv , t. III , p. 147.
(5) his, 1826, p. 405.
servations contradictoires , mais qu'elle n'est pas non plus réfutée.
9° C'est ici le cas de dire avec Haller (1) : Sœpe ea est nastra itifeîicitas , ut expérimenta negent oonfirmare } quce tamen ex ipsis rerum causis necessario fluere videantur ; non quod ideo non vera sint , sed quod experimentorum nondum
satis caplum sit, quod omnino capi non possit. Bichat n'a
pu apercevoir de différence entre les sangs veineux des différens organes; cependant il répugne au bon sens d'admettre que le sang qui a fourni les matériaux de la nutrition du cerveau, et celui aux dépens duquel ont été produites la bile , l'urine, etc. , contiennent les mêmes principes constituans , et dans des proportions identiques. Si donc on n'a entrevu aucune différence , il ne faut en accuser que la diffculté de constater le fait, et surtout la manière dont on s'y est pris pour l'établir. Legallois (2) a amplement démontr é que le sang n'est pas exactement le même dans tous les points du système aortique, mais qu'on n'a pu encore déterminer avec précision en quoi consistent les différences. Peut-être cette démonstration dépasse-t-elle la portée de nos moyens ; car la formation est une action moléculaire insaisissable en elle-même, et appréciable seulement par son produit, de sorte que le changement qu'éprouve le sang au contact instantané d'un organe peut fort bien ne consister qu'en une nuance qui échappe à toutes nos méthodes d'investigation. Mais peut-être aussi les observateurs futurs seront-ils plus heureux; on avait nié formellement qu'il y eût la moindre différence entre le sang artériel et le sang veineux ( § 752, 1° ) , et cependant des recherches approfondies ont démontré sans réplique qu'il en existe réellement une.
10° Les anomalies que l'on rencontre quelquefois dans la distribution du sang prouvent seulement que , même au milieu des circonstances les plus diversifiées , la vie réalise tout ce qui est contenu dans son idée, et qu'ainsi l'organisme peut,
(1) Elément, physioloj. , t. VI, p. 427. (1) Œuvres , t. II , p, 126-195.
avec toute espèce quelconque du sang dont il est imprégné , produire les parties organiques qui lui correspondent.
41° Enfin la nature se montre trop grande partout pour quelle doive réaliser jusque dans leurs moindres détails les idées qu'elle esquisse à grands traits et d'une manière en quelque sorte sommaire. Bien des vues qui sont en parfaite harmonie avec elle deviennent de véritables caricatures entre nos mains lorsque nous les poursuivons jusqu'à leurs dernières conséquences ; la littérature moderne en fournirait nombre d'exemples. Ainsi nous ne prétendons pas que toute scission d'une branche artérielle dépende d'une séparation de la masse du sang en deux formes ayant entre elles une opposition de polarité, et nous nous contentons de reconnaître qu'un coup d'ceil général jeté sur la formation elle-même apprend qu'elle est le résultat d'un développement ayant le sang pour point de départ.