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II. Poissons cartilagineux

§ 390. D'après les recherches qui ont été faites sur les embryons de plusieurs espèces des genres Squale et Raie (1), on peut ramener l'histoire du développement de ces Poissons cartilagineux aux données générales qui suivent :

1° Chez tous ces animaux qu'ils se développent, au dedans des enveloppes de l'œuf, soit hors du corps de la mère , soit, comme quelques Squales , dans son intérieur même , le jaune demeure pendant irès-long-temps suspendu à l'extérieur de la cavité abdomùaale , et , de même que chez la Blennie vivi-

(*, Comptrez avec cette description celle que Carus a donnée , avec des très-belles figures , de révolution du Cyprinus dohula dans ses Ta^ lulae anatomiam comparativam illustrantes , Pl. III , p. 12.

(l)Rathke, Beilrœge ZUT Gesehichte der Thierwtlt , t. IV. — Leuckart, Untersuchungen ueher die aeussern Kiemcn der Embryonen von Rochtnund Hayen , Stuttgardt, 4836 , in-8.

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pare et les Syngnathes , il est entouré de deux membraaes spéciales, Tune interne , plus délicate , (lui part de l'intestin, l'autre externe , plus épaisse , qui procède des tégumens généraux et représente en quelque sorte un sac herniaire. Cependant ces deux sacs, appliqués immédiatement l'un sur l'autre, diffèrent de ceux de la Blennie,ence que tous deux se rétrécissent du côté du corps de l'embryon , et produisent ainsi un long canal, outre que l'externe offre à la surface extérieure, dans la Zygœna tiburo, une multitude de petits appendices arrondis et pleins , et que l'interne , ou le sac vitellin proprement dit, pénètre dans la cavité abdominale derrière le l'oie , tient au commencement du gros intestin, et communique pendant long-temps avec ce dernier par une ouverture assez large. Mais, de même que chez les Syngnathes, il rentre de bonne heure dans la cavité du corps, par l'ouverture ombilicale, et s'étale sur presque toute la longueur de la paroi inférieure de cette cavité. Le sac ombilical (ou herniaire) se resserre de plus en plus lorsque le sac vitellin a pénétré dans la cavité abdominale; il diminue peu à peu de capacité, ainsi que ce dernier, et finit par être complètement résorbé.

2° A la surface du sac vitellin interne se distribuent deux vaisseaux sanguins particuliers. L'un est une veine, dont le tronc pénètre d'arrière en avant dans le foie bilobé , reçoit les veines méseniériques , et représente le tronc de ces dernières aussitôt après que le sac vitellin , et avec lui les ramifications du vaisseau, ont disparu. L'autre est une artère qui constitue une branche de la cœliaque. Ces deux vaisseaux se comporient donc comme l'artère et la veine omphalo-mésentériques chez les animaux vertébrés supérieurs.

3° La partie la plus essentielle du rachis conserve pendant long-temps la même conformation que celle qui caractérise la partie correspondante de celui de la Blennie durant la première période du développement. Elle constitue un cylindre ferme, membrano-cartilagineux, qui s'amincit peu à peu en arrière, et que remplit une gelée un peu épaisse. Plus tard, ce cylindre se divise en segmens distincts, dont chacun ensuite se resserre de plus en plus dans son milieu , finit pur s'y souder avec lui-mé aie, tandis que la gelée qu'il renfermait dis-

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paraît peu à peu , et figure en dernière analyse un double cône cartilagineux.

Au crâne, on découvre une grande fontanelle , qui ne s'efface qu'avec lenteur et assez tard.

3" Les parois de la moelle épinière et du cerveau n'ont pendant long-temps qu'une épaisseur médiocre, proportionnellement à l'ample cavité qui règne dans toute la longueur ,de ces organes. La masse médiane du cerveau est d'abord la plus considérable; mais, plus tard, l'antérieure, qui représente les hémisphères, la surpasse en volume. Le cervelet figure presque, dans les premiers temps de la vie embryonnaire , une demi-sphère creuse et lisse à la surface ; il ne s'étend en longueur que d'une manière lente , de sorte qu'il ne commence qu'assez tard à couvrir la cavité de la moelle allongée , et plus tard encore à se plisser en travers. Les bulbes olfactifs paraissent ne se développer que vers la fin de la vie embryonnaire : ils sont d'abord immédiatement appliqués aux hémisphères.

4° Les fentes branchiales extérieures semblent occuper d'abord presque toute la hauteur du cou , même chez ceux des Squales pendant l'âge adulte desquels elles n'ont, pro^ portion gardée , qu'une longueur peu considérable. Les branchies elles-mêmes se composent de larges plaques , sur les deux côtés desquelles, et dans presque toute leur largeur, s'implantent les feuillets branchiaux. Parmi ceux de ces feuillets qui se trouvent au côté postérieur de chaque branchie , il en est quelques uns , chez certains Squales, le Poisson Scie et le Rhinobatis , qui , pendant la première moitié de la vie embrv'onnaire , font une saillie considérable hors du corps, et dont les parties libres ont la forme de rubans étroits , minces et bordés d'un vaisseau sanguin. Chez d'autres espèces de Squales et de Raies, non seulement les feuillets attachés au côté antérieur de chaque lame branchiale , mais encore ceux qui sont implantés au côté postérieur, se prolongent primordialementau déhors, bien au-delà de la fente branchiale extérieure. Chez les Squales pourvus d'évens , des lamelles flottantes analogues se détachent de la p.iroi antérieure de ces excavations, tout comme des cavités branchiales. Cependant

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tous ces prolongemens des feuillets branchiaux ne se rapportent qu'à une certaine période du développement; car Us sont résorbés peu à peu , et finissent par disparaître entièrement : avec eux s'efface même jusqu'au moindre vestige de feuillets branchiaux dans les évents.

6" Pendant que les arcs branchiaux cartilagineux se développent de plus en plus vers la fin de la première moitié de la vie embryonnaire, il se produit, dans chaque branchie, plusieurs tiges cartilagineuses, divergentes de dedans en dehors , et réunies à l'arc par une masse fibro-ligamenteuse on une lame cartilagineuse simple et plus large. Ces parties doivent être considérées comme une répétition des rayons à l'os hyoïde, et elles annoncent ralBnitéqui existe entre cet os et les arcs branchiaux. En même temps aussi il se développe, dans l'endroit oii la peau et les muscles longs du cou couvrent les plaques branchiales, entre ces parties et chacune de ces mêmes plaques , deux petits arcs cartilagineux, l'un supérieur , l'autre inférieur , qui se réunissent ensemble , entre les fentes branchiales , par le moyen d'une masse fibro-ligamenteuse.

1° Nous ne pouvons rien signaler de remarquable , à l'égard du développement de l'intestin , sinon que le pli spiral du gros intestin existe déjà de très bonne heure.

8° Avant que les parties génitales apparaissent, on remarque, à quelque distance derrière le cœur, et dans chaque moitié latérale de la cavité abdominale, un corps adipeux particulier, de médiocre volume, oblong et fixé au dessous de l'extrémité antérieure de chaque rein.

9" Au côté inférieur de celte partie , et à peu près dans son milieu, il se développe ensuite un corps beaucoup plus petit encore , mais assez ferme , et du reste aplati en manière de lame. Dans les individus qui doivent être un jour des femelles, il , s'élève ( du moins chez les Squales , car nous ignorons si la chose a lieu également chez les Raies) , du côté inférieur de ce corps, plusieurs bandelettes transversales, dans la profondeur desquelles on dislingue plus tard encore des œufs^ qui alors les tiraillent, de telle sorte que le tout, ou l'ovaire , finit par ne plus représenter qu'une niasse arrondie. Dans

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d'autres individus, au contraire, le corps en question, n'ac » quiert jamais de bandelettes semblables, mais demeure à peu près lisse partout, et constitue le testicule, qui augmente assez rapidement de volume et surtout d'épaisseur. Mais, pendant ce temps, le corps adipeux semble disparaître par degrés Peu après que les premiers rudimens de l'ovaire et du testicule se sont manifestés , il se forme , dans toute la longueur de chaque rein, et au voisinage de son bord interne, un canal grêle et à parois minces, qui s'étend en ligne droite, depuis le cloaque, daias lequel il s'abouche, jusqu'à l'extrémité antérieure de la cavité abdominale , au bord externe de l'ovaire ou du testicule. Cbez les femelles, ce canal, qui continue de croître en longueur, se recourbe de dehors en dedans, à la partie antérieure de la cavité abdominale, de manière que son extrémité antérieure , qui est assez largement ouverte, vienne à se placer, comme chez les Batraciens, entre le foie et le cœur. Bientôt après ce canal , qui est l'oviducte, se renfle, à quelque distance de son extrémité antérieure, en une vésicule oblongue et de grosseur médiocre : quant à la dilatation qui existe à l'extrémité postérieure de l'oviducte , elle n'apparaît que dans les derniers temps de la vie embryonnaire. Chez les mâles , le canal, qui joue le rôle de conduit déférent , ne s'élargit pas à beaucoup près dans la même proportion que chez les femelles , et n'acquiert de renflement nulle part ; il ne se porte pas non plus si en avant que l'oviducte , et son extrémité antérieure reste au voisinage du testicule. Entre cette extrémité et le testicule se développe en dernier lieu l'épididyme , ce qui toutefois n'a lieu probablement que long-temps après l'éclosion ; car nous avons examiné plusiv.urs individus de Squalus cunicula^ qui étaient longs d'un pied et demi environ , et chez lesquels l'épididyme n'avaii qu'un très petit volume, proportionnellement au testicule. Au reste, l'épididyme se forme, suivant toutes les apparences, par la division en branches et l'entortillement de l'extrémité antérieure du canal déféi ent.

10" Peu de temps après que le sexe est devenu manifeste à l'œil, une petite excroissance se développe, chez les miles, dans l'angle interne de chacune des deux nageoires anales ^

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et s'accroît rapidement en un cylindre plein et plus ou moins long.

11° Comme clipz lu Blennle vivipare, la tête et le cou des Raies et des Squules ont, dans le principe, un volume proportionnellement très-considérable. C'est plus tard seulement, après l'entrée du jaune dans la cavité abdominale, que la grosseur de ces parties devient moins frappante.

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