‹ Traité physiologie considérée comme science d'observationChapitre 2 sur 78 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du développement des tisstis et organes des végétaux (1).

§ 3/2. Ce qu'il y a de plus essentiel dans le caractère de l'organisme végétal entier, c'est la manière dont procède la formation des utricules, des couches, des lamelles, des paiî-r ticules, etc., de nouvelles formations s'appliquant à la surface ou dans les interstices des parties plus anciennes , actives encore , ou inactives , et produisant ainsi les phénomènes de l'accroissement.

4» Comme toute métamorphose véritablement intérieure et pénétrante se retire ici devant le caractère d'apposition qu'y revêt la formation, il doit y avoir, tant dans le développement individuel, eu égard au temps, que dans l'ensemble du monde végétal, eu égard aux formes réellement existantes, une image fondamentale de laquelle toutes les autres formes puissent être dérivées et à laquelle il soit possible aussi de let^ ramener. La forme primitive est la cellule , dans l'acception la plus large du mot , c'est-à-dire un espace exactement clos de tous côtés par des parois membraneuses , rempli d'un CQii-r tenu déterminé, isolé, et individualisé, sans nul égard à aucunç dimension.

2» La paroi est ce qu'il y a de fixe , ce sur quoi s'apposept la plupart des métamorphoses ultérieures. Le contenu est ce qu'il y a de mobile , qui peut encore subir de complètes métamorphoses intérieures et parcourir les trois degrés dÇ* coiit sistance, soit chez des végétaux divers, soit ayx différentes époques du développement d'un seul et même végétal. Gçs pariiculariiés, jointes à ce qu'en vertu de la perméabilité dont jouissent toutes les membranes organiques , des parties peuvents échapper au dehors ou s'introduire au dedans, sont

(1) Article rédigé par Valenlin.

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les circonstances principales à la faveur desquelles se manifestent ici les plus essentiels des changemens intérieurs.

3° Le contenu , comme occupant un rang plus élevé , offre de plus grandes diversités que le contenant. Nous voyons certaines d'entre ses parties prendre la forme de cristaux, tandis que d'autres se dessèchent et restent dans les utricules, comme autant de résidus morts ou de témoins inertes d'une vie antérieure. D'un autre côté , nous le voyons affecter , à l'état liquide , un continuel mouvement circulaire ou spirale , ou remplir les vides sous la forme de gaz , etc. Au contraire , il arrive souvent à la paroi de ne perdre que de l'humidité et de devenir plus rigide , ou bien il s'applique sur elle de nouvelles couches, semblables ou dissemblables, complètes ou incomplètes , qui , de même que la paroi primaire , terminent par leur développement complet le phénomène fondamental de leur activité vitale.

: 4<' De cette métamorphose de la paroi et du contenu proviennent toutes les formes diverses qui constituent les différentes parties des végétaux. Aux extrêmes , la paroi et le contenu subissent des changemens correspondans, tandis que, dans les formes intermédiaires, ils semblent agir indépendamment l'un de l'autre.

5° La masse primordiale gélatineuse se solidifie, ou sur-lechamp , ou du moins dès les premières périodes du développement. Lorsqu'il en reste encore quelques débris ils passent aussi à un degré de consistance plus élevé , ou au moins ils forment une enveloppe visqueuse autour de l'extrême limite de la cellule, de l'expansion foliacée , du filament cauiinaire, etc.

§ 373. La cellule primitive, ou l'utricule simple, a une paroi simple et un contenu primordialement liquide.

1° C'est ainsi que , dans les Moisissures, elle consiste en une membrane transparente et un contenu transparent aussi, parfaitement homogène ou parsemé d'un peiit nombre de granulations déliées. Si le filament qui constitue une plantule est simple, son développement se réduit au simple allongement de la cellule primordiale arrondie , qui sert en même temps de spore; s'il présente des r^imifications , celles-ci se montrent

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d'abord sous la forme de petits boutons isolés ou groupés à l'extrémité du filament, qui plus tard deviennent pointus et s'allongent. Si le filament simple ou rameux est composé d'uu certain nombre d'anneaux , le tout croît par l'annexion de nouvelles cellules.

2° Les Algues ont une paroi simple , transparente, et un contenu transparent, incolore, légèrement visqueux , dans lequel se trouvent des corpuscules de chlorophylle , libres ou adhérons à la paroi , et souvent aussi confondus les uns avec les autres. De plus, elles sont en grande parties entourées à l'extérieur d'une masse transparente et limpide. Cette spore s'allonge, se distend, et il se forme , par apposition, de nouveaux utricules, qui sont d'abord limpides, mais qui ne tardent pas à contenir de la chlorophylle , et qui, par les progrès du développement , sont séparés de l'utricule plus développé au moyen d'une couche de substance limpide , dont l'épaisseur va toujours en diminuant. Le nouvel utricule est d'abord un petit dépôt plus ou moins circulaire, qui , en s' allongeant , ne tarde pas à prendre une forme plus rapprochée de celle d'un clou, et se remplit de granulations vertes. Quand le contenu vert a une disposition en spirale , ou toute autre disposition régulière , celle-ci paraît bien avant que l'accroissement en longueur soit terminé : les cas dans lesquels ce contenu , prenant la forme de spores , se pelotonne pour ainsi dire , sont les seuls où ce phénomène n'ait lieu qu'après que l'accroissement de l'utricule en longueur est achevé.

C'est dans la famille des Charagnes que nous rencontrons pour la première fois la rotation du suc cellulaire. En effet, dès que les plus jeunes utricules possèdent leur contenu vert, celui-ci affecte un mouvement rotatoire, quia lieu, comme toujours, dans un orbe spirale , sans qu'il soit donné de découvrir une circonstance extérieure qui puisse occasioner ce mouvement. Comme tout accroissement par apposition est un mouvement en quelque sorte fixé d'une manière locale, l'annexion des parties adopte aussi cette direction spirale. Ce qu'il y a de mieux caractérisé, c'est la situation spirale qu'affectent , dans les Algues complètement développées, les corpuscules verts adhérens à la paroi de l'utricule.

Plus tard , lorsque le contenu vert se pelotonne pour fornaer les spores oblongues , la spirale rentre de nouveau en jeu. Dans les Vauchéries surtout , dès que la spore est assez mûre pour pouvoir sortir, elle commence à tourner en spirale sur son axe avec une vélocité toujours croissante, et elle s'avance ainsi vers l'extrémité close de l'uiricule , jusqu'à ce qu'enfin cette extrémité crève : tournant alors avec la plus grande rapidité sur elle-même, elle sort, comme par un acte de pariurition , et continue de tourner, au milieu du liquide qui l'enveloppe , non seulement autour de son propre axe , mais encore , à l'instar d'une petite planète, autour d'un centre idéal qui change à chaque instant , jusqu'à ce qu'enfin elle se précipite subitement au fond , acquiert en peu de temps une ïovme parfaitement globuleuse , et pousse avec non moins de promptitude le premier rudiment de ses rejetons. L'époque de la journée qui exerce une influence essentielle sur tout l'accroissement des plantes , influe aussi sur ces mouvemens pur ement végétaux.

§ 373*. Les différons élémens des plantes supérieures pourvues d'une véritable feuille et d'une vraie tige , comme les hépatiques , les mousses , les fougères , les monocotyiédones , les dicotylédones et les polycotylédones , ont partout pour base la cellule, qui, sous sa forme la plus simple, consiste eu une paroi transparente, incolore, et en un contenu liquide.

1° Le çambium ou la masse visqueuse qui se trouve , au printemps, entre l'aubier et le liber, apparaît sous l'aspect d'un suc mêlé de corpuscules d'inégal volume , dans lequel sont déjà'contenus des rudimens de cellules (1). Des recherches faites avec le plus grand soin sont encore nécessai res pour déterminer si ces cellules naissent immédiatement à l'époque où le suc se dépose, ou quelque temps après. Ce qu'il y a de certain, au moins, c'est que les rudimens analogues du périsperme commencent par avoir pour base une masse entièrement liquide. De même, la partie centrale et la plus inférieure du jeune bourgeon, chez la plupart des plantes monocolylédones et dicotylédones, montre déjà une organisa-

(1) Raspail, Nouv. système de physiologie végétale, Paris, 1837, t.I, p. 410.

tion celluleuse , avec beaucoup de suc. Les corpuscules contenus dans ce dernier sont trop petits pour qu'on puisse attribuer à leur expansion soudaine la production des cellules, qui ont un volume proportionnellement assez considérable. Il n'y a point non plus de faits qui autorisent à penser que les cellules proviennent soit du creusement et du grossissement , soit de la coadnation des granulations de suc , d'amidon ou de chlorophylle.

2° L'accroissement des cellules a lieu soit par annexion d une nouvelle cellule à la cellule ancienne qui représente la limite extrême de la formation {Développement super utricu^ laire de Mirbel) , soit par intercalation d'une nouvelle cellule entre d'autres plus anciennes qui se. trouvent en contact avec (^QiPéveloppement inter-utriculaire)\ je n'ai jamais observé d'une manière parfaitement claire un troisième mode consistant en ce qu'une nouvelle cellule se forme dans l'intérieur d'une cellule mère {Développement intra-utriculaire).

3° Il s'applique à la paroi simple de la cellule une masse homogène, qui forme, sur les cellules terminales, une très-petite éminence arrondie , d'abord fort large, et sur les cellules situées dans le milieu du parenchyme , une bandelette oblongue , plus rarement carrée.

4° La cellule nouvelle qui provient de là a d'abord une paroi fort épaisse , proportionnellement à sa lumière , mais transparente et incolore : son contenu ne renferme point d'abord de granulations ; plus tard il en offre très-souvent de limpides et transparentes , mais on n'y en voit point encore de vertes ou d'amylacées.

5" Dans les poils rameux , par exemple ceux qui , chez la plupart de nos arbres dicotylédones , couvrent la surface des petites feuilles renfermées dans l'intérieur du bourgeon , il se glisse une nouvelle cellule, qui écarte l'un de l'autre les moitiés de deux cellules anciennes, et s'insinue elle-même par son extrémité dans l'angle résultant de cet écartement. Par là se trouve déterminée la première tendance à la ramification latérale , qui continue de s'accomplir par l'application de nouvelles cellules à la surface de celle dont la formation à eu lieu d'abord. Cependant il se produit aussi une ramification

par l'annexion de nouvelles cellules à la paroi latérale d'une cellule située dans le milieu du poil.

6» La forme le plus simple delà cellule est celle d'une sphère, ou à peu près. En effet, la surface libre des cellules marginales décrit une ligne plus ou moins arquée , surtout pendant les premières périodes du développement : cette forme apparaît d'une manière plus pure dans les cellules mérenchymaieuses , qui ne peuvent cependant être considérées que comme une formation cellulaire inférieure , précédant toujours les autres formes. De même aussi la forme polyédrique des cellules n'est nullement produite par une pression mutuelle; car, là où il se développe des conduits intercellulaires , leurs parois libres ne sont point rondes ou convexes, mais plates et correspondantes à la forme polyédrique des cellules entières ; la plupart des cellules n'ont point non plus une forme parfaitement ronde en devant. On est bien plutôt en droit de comparer la formation des cellules avec celle des cristaux.

7" La forme générale , celle qui vient immédiatement après la ronde , est la forme parenchymaieuse , de laquelle en pro^ cèdent ensuite d'autres. Dans leur état primitif, les cellules du parenchyme ont toujours une forme carrée , ou carré-arrondie; puis, suivant les plantes, elles s'agrandissent, tantôt dans le sens de leur diamètre transversal, tantôt, et bien plus souvent, dans celui de leur diamètre longitudinal , quelquefois dans tous les sens à la fois, et deviennent o« eblongues ou hexagones.

8° Lorsqu'on rencontre plus tard les élémens prosenchymateux , les cellules sont d'abord parenchymateuses , et en premier lieu carrées , ou plutôt cubiques , après quoi elles s'allongent en colonnes quadrangulaires , puis elles se reforment, par développement ultérieur de leurs parois , pour recevoir un dépôt prosenchymateux.

9° Le tissu cellulaire rayonné a également pour base première une disposition parenchymateuse. Les espaces aériens et les changemens des cellules sont produits par un acte qui a de l'analogie avec Témoussement des angles des cristaux.

10» La paroi des cellules^ simples est dépourvue de fibres,

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d'abord délicate , molle et extensible, plus tard solide; rigide et fragile.

11° Son contenu est d'abord incolore , ou un peu trouble et grisâtre. Bientôt on y voit paraître des corpuscules de chlorophylle , et c'est de ce vert que procèdent toutes les autres colorations.

12» Les corpuscules amylacés , lorsqu'ils coexistent avec la chlorophylle, se montrent toujours un peu plus tôt que ces derniers.

13° Les cristaux qu'on trouve dans les cellules développées des Musa, Canna, etc. , apparaissent, proportion gardée, fort tard. D'autres ne se rencontrent que durant les premières périodes du développement. Certaines raphides sont situées en faisceaux dans l'intérieur de la cellule intacte ; d'autres ne se produisent que par l'évaporation du suc qui s'écoule.

14" Les vaisseaux sont primitivement aussi des cellules simples, qui seulement s'allongent avec tant de rapidité pendant la première période, qu'on ne peut presque plus reconnaître leur état primordial. Ainsi j'ai vu presque toujours les premiers commencemens des trachées et des vaisseaux séveux sous la forme de cellules allongées , à parois simples et minces. L'analogie de tous les autres phénomènes ne permet pas douter que leur extension en longueur ne soit un état secondaire.

15° Le contenu des cellules, tantôt demeure à son primitif état de liquide , tantôt subit une métamorphose spécifique , tantôt enfin devient aériforme. Ce dernier effet n'a lieu vrai-? semblablement que quand la cellule a terminé le cours de sa vie individuelle.

16° Outre les corpuscules d'amidon et de matière colorante, les huiles et les cristaux , on trouve encore , dans beaucoup de végétaux , de gros corps ronds ou arrondis ( nuclei ) , ayant un aspect plus ou moins granulé et brillant, dont chacun occupe une cellule à part, où généralement il est libre.

§ .373**. L'acte delà lignification consiste en ce que la paroi primordiale des cellules simples se couvre peu à peu de nouvelles couches membraneuses , plus ou moins distinctes,

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qui diminuent le calibre de l'utricule primitif, en raison directe de leur nombre et do leur épaisseur. En même temps , la consistance du contenu va peu à peu en diminuant, de sorte qu'il est toujours aériforme au moment où la li{jnification se trouve achevée. La membrane primaire ne subit point de changement, quoiqu'elle devienne plus sèche et plus rigide. Il est rare qu'indépendamment du contenu aériforme on rencontre de la chlorophylle et de l'amidon , mais souvent on observe des masses de matière colorante , des nudei et des cristaux. Les couches lignifiantes ne sont pas , généralement parlant, beaucoup plus épaisses que la paroi primaire de la cellule, et quand elles rapetissent beaucoup le calibre de celle-ci , c'est principalement par l'effet de leur grand nombre. Sous le point de vue de la continuité , la lignification est tantôt partielle , quand toutes les couches ont des vides réguliers qui se correspondent et ne sont point clos par la paroi primaire de la cellule, tantôt générale , lorsqu'il n'y a aucune trace d'interruption de continuité dans la première application , et qu'on n'aperçoit point non plus de couches parallèles régulières, mais que la paroi épaissie, ou n'offre aucun vide, ou ne présente que des passages irréguliers et partiellement séparés. Ces deux formes de lignification, avec toutes leurs nuances , s'observent tant dans les vraies cellules que dans celles qui sont prolongées en fibres et en vaisseaux ; seulement , dans les vaisseaux , la lignification s'accomplit avec une extrême rapidité.

I. La lignification partielle a lieu d'une manière annulaire , ou spirale, ou réticulaire.

1° Dans la première de ces trois formes, la substance ligneuse s'applique à la surface interne de la paroi de la cellule, en anneaux plus ou moins régulièrement écartés les uns des autres ; ses fibres sont toujours solides , sans cavité intérieure, et elles naissent chacune à part; le contenu de la cellule est constamment vaporeux ou aérilornie.

2" La même chose a lieu pour la forme spirale , dans laquelle la substance ligneuse se dépose en une ligne spirale.

3° Dans la lignification réticulaire , tantôt les vides ou maiU

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les du réseau sont disposées en spirales plus ou moins ré{julieres tantôt des fibres partent en rayonnant d'une tache plus ou moins large.

4" Ces trois formes ont entre elles le même rapport qu'une chose inférieure et une chose supérieure : on voit surtout la formation tant annulaire que spirale passer à la formation réiicuiaire , soit que des faisceaux obliques de substance ligneuse s'appliquent en'.re les auneaiix ou les spirales, soit que les fibres elles-mêmes se fendent.

5° Les vides des couches de lignilîcaiion, oii les pores, dans l'acception la plus étendue du mot, offrent une disposition spirale déterminée, partout où les fibres ligneuses siiiventune marche spirale.

6° La forme réticulaire , qui est la plus parfaite de toutes , se produit quelquefois d'une manière primaire ; mais lorsqu'il existe des couches nombreuses de lignification dans l'intérieur d'une cellule ou d'un vaisseau, la lignification arrive toujours , quoique d'une manière secondaire à la formation réticulée.

7» Les couches de lignification sont adhérentes tant les unes avec les autres qu'avec la paroi primordiale ; leur adhérence €st d'autant plus intime et générale, qu'elles mêmes sont plus jeunes et plus imprégnées de sucs.

8° Lorsque le pore louche à la paroi primaire de la cellule, il s'entoure d un vide circulaire , contenant de l'air , entre cette paroi et la première couche ligneuse. Il est plus rare de rencontrer entre les couches ligneuses des vides ahéctant soit la forme de fentes oblongues , dans le milieu de ces couches, soit celle de dilatations globuleuses à la limite du canal constitué par le pore , et jamais ils ne se développent qu'à une époque très-tardive.

9^ Quand les fibres annulaires et les fibres spirales passent à la lignification réticulaire , elles se collent solidement à la paroi primaire, et il se dépose, des deux côtés, de la substance, qui s'a.'jrandit ensuite en une couche de lignification pourvue de vides ou de pores.

10° Le travail de la lignification se règle sur les parties voisines. On ne voit de pores que là où des parois de cellules

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voisines s'appliquent l'une contre l'autre ; il n'y en a ni aux endroits où ces cellules sont placées perpendiculairement les unes au dessus des autres , ni à ceux où des vaisseaux homolojïues s'appliquent contre elles.

11° Toutes les cellules poreuses contiennent de l'air; quelques unes renferment aussi de la matière colorante, etc.

II. La li{ïnification générale ou étendue s'observe à côté de la lignification partielle ; mais, par les progrès du développement , elle se transforme en cette dernière.

1" Celle qui est continue et régulière a lieu par un dépôt uniforme de nouvelles couches.

2° La noueuse produit des élévations , et entre elles des enfoncemens, qui, dans leur forme moins régulière, ne traversent que partiellement les couches de lignification , et ne correspondent pas exactement , comme les pores , à ceux de l'utricule voisin, mais alternent souvent avec eux. Le développement a lieu ici d'une manière telle que , la paroi de la cellule se ployant onduleusement à mesure qu'elle augmente de masse , la substance nouvelle s'applique surtout sur les points qui font saillie.

III. Les deux modes de lignification présentent encore quelques autres particularités.

1° Dans les périodes avancées de la lignification , il survient quelquefois soit un étranglement à l'extrémité de la cellule , soit plusieurs étranglemens sur sa longueur.

2° 11 arrive fréquemment qu'une masse transparente et comme vitreuse , semblable à celle qui entoure , durant toute leur vie, un grand nombre d'Algues, soit dans leur entier, soit dans leurs parties élémentaires, mais beaucoup plus dure, se forme, pendant la lignification, entre les cellules ou les vaisseaux des plantes supérieures.

3° Quelquefois, pendant la lignification , il se développe, dans les parois des utricules eux-mêmes, un tissu fibreux affectant la forme spirale , la forme réticulée , ou d'autres formes.

4" La lignification n'a jamais lieu sur toute la paroi à la fois; toujours, du moins dans lu forme partielle, elle apparaît (J'abord aux angles, d'où elle s'avance vers le milieu.

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ô» Avant que le contenu liquide soit devenu aérlforme , il passe quelquefois à la forme solide , el constitue un nucleus , qui a disparu quand la lignification est terminée.

§ 373 Outre la formation primaire de cellules et la lignification secondaire , la formation de vides, c'est-à-dire la séparation des tissus végétaux ou des parties de tissu, les unes des autres , joue un rôle essentiel.

1° Les formes des cellules qui se produisent d'après les lois de la cristallisation , sont de nature telle qu'il reste entre elles des espaces remplis de substances liquides ou aériformes. Ainsi la formation des vides coïncide avec celle des cellules mérenchymateusss.

2" Les conduits intercellulaires triangulaires se produisent de même entre les cellules parencbymateuses.

3° Ces cellules sont préparées en partie , par un changement de leur configuration et de leur disposition, à uce formation organique de fissures.

4" Des cellules adossées les unes aux autres s'écartent d'après des lois déterminées , pour former des conduits ( par exemple les trachées) ou des cavités ( par exemple, les réservoirs du suc propre ). Les vaisseaux dits séveux se produisent peut-être d'une manière analogue.

5^ Des vides contenant de l'air se forment aussi par l émoussement de cellules jusqu'alors parencbymateuses , qui étaient serrées les unes contre les autres. Ces vides sont d'abord triangulaires , parce qu'ils correspondent à la rencontre de trois cellules; mais la plupart du temps ils s'arrondissent par la suite.

6^ Il n'est pas rare que le déchirement du tissu cellulaire parenchymateux donne lieu à des excavations dans lesquelles font saillie des lambeaux de ce tissu.

7" De petits vides arrondis et oblongs se produisent aussi enlre les tissus lignifiés, quand la lignification a fait des progrès considérables. H se forme quelquefois des fissures arquées dans les parties fortement lignifiées.

§ 373 ****. Quant à ce qui concerne le développement des parties d'organes , envisagé de la manière la plus générale^

1" On est encore dans le doute de savoir si toutes celles

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qui se forment d'abord sont mérencliymateuses. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dès qu'une partie arrive à l'indépendance, son tissu cellulaire est toujours parenchymateux, quelque l'orme qu'il puisse revêtir plus lard.

2° De ce tissu cellulaire se produisent des groupes hétérogènes de cellules, par accroissement plus considérable soit en longueur soit en largeur.

3» Les conduits et excavations entre les cellules , qu'ils contiennent de l'air , du suc propre , de l'huile ou d'autres sécrétions , se forment en général après que ces séparations ont eu lieu.

4» Les faisceaux vasculaires sont d'abord de longs utricules simples, entre lesquels on n'aperçoit point encore de distinction. Bientôt l'un d'eux se convertit en une trachée, (§ 373 **, 2» ) , tandis que le tube correspondant de l'aubier est encore simple , ou ne montre qu'un épaississement à peine perceptible de sa paroi. Plus tard, il se produit, à une certaine distance les unes des autres , de nouvelles trachées isolées , attendu qu'alors les cellules de l'aubier commencent aussi à se lignifier d'une manière plus prononcée.

5° La lignification s'étend ensuite au voisinage des trachées et des tubes de l'aubier , pendant que les utricules médians demeurent simples. On voit alors paraître le faisceau vasculaire complet , qui se sépare en aubier , bois , et formation intermédiaire simple. L'aubier et le bois se développent ensuite avec rapidité , de sorte que les formes les plus élevées de la lignification ( vaisseaux en escalier , vaisseaux ponctués , etc. ) deviennent plus prononcées dans ce dernier. A la paroi interne des tubes d'aubier et de bois s'appliquent sans cesse de nouvelles couches, et les nouveaux tubes qui naissent entre elles passent avec une promptitude extrême à la lignification.

60 La couche la plus superficielle de cellules , qui constitue l'épiderme, est toujours un organe pourvu d' utricules lignifiés , et la lignification n'est point ici un effet de l'atmosphère, puisqu'on la trouve déjà commencée, et même la plupart du temps achevée, dans l'intérieur du bourgeon; les stomates se forment également long-temps avapt le contact de l'air.

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7" La plupart des parties organiques ne sont point perpendiculaires ou horizontales , mais tournent en spirale autour d'un axe idéal, longitudinal ou transversal. La caractérisation des diverses parties a pour point de départ l'endroit on les jeunes s'appliquent aux anciennes.

8" On n'observe point une progression si régulière dans le dépôt de matières colorantes au sein de quelques cellules , la manifestation de cellules fibreuses au milieu du parenchyme ordinaire , le dépôt de sucs particuliers dans des interstices et des réservoirs , etc.

§ 373 *****. La plante est une unité idéale de tige et de feuille, qui se réalise durant le cours du développement individuel, et qui plus tard se résout en tige et en feuille.

L Le nom d'anneaiù végétal me paraît être le plus convenable pour désigner cette formation. Semblables à ceux d'une chaîne , en effet , les anneaux végétaux jouissent d'une indépendance relative, puisque chacun d'eux a la plupart du temps le pouvoir de reproduire le végétal entier, et que cependant ils ne constituent un véritable individu qu'autant qu'ils sont aggrégés plusieurs ensemble; de plus, leur nombre n'a rien de fixe, et ils se reproduisent constamment partout où de nouvelles parties , d'une espèce quelconque , doivent se former. C'est à tort qu'on distingue ces germes de parties nouvelles en bourgeons et embryons. L'embryon est déjà une nouvelle plante, il est déjà sorti de son état primaire , il a déjà feuille, tige et racine. L'anneau végétal le plus simple s'annonce au moment oii l'embryon commence à paraître dans la semence elle-même. Dans le bourgeon , il est ce qu'il y a de plus intér rieur et de plus jeune, le puncfum vegetationis de WolfF, c'est-à-dire un corps rond ou oblong, qui n'est point encore séparé latéralement en organes foliacés , et qui contient une grande quantité de suc mêlé de granulations , tant dans son intérieur que dans ses cellules manifestement développées à la surface. L'embryon se présente parfaitement tel dans les premiers momens de son apparition ; la seule différence tient à ce que , tandis que le centre de végétation est adhérent par toute sa base , le rudiment de l'embryon paraît plus libre dans ses parties voisines , quoiqu'il y ait égc^lemem ici uae con-

SO DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAUîi.

nexion avec le périsperme , par le moyen d'un cordon celluleux. Une séparation extérieure et intérieure s'opère ensuite dans la semence et le bourgeon , lorsque l'accroissement en longueur commence. D'abord le corps primitif se sépare, la plupart du temps, en deux parties foliacées, situées l'une en face de l'autre, qui ont un sommet rétréci, plus ou moins arrondi , et une large base , sans qu'on aperçoive encore de distinction entre feuille et pédoncule ou lige. L'organe foliacé n'est plus composé de tissu cellulaire simple; il se sépare en épiderme , parenchyme de feuille , et faisceaux vasculaires. En effet , la couche extérieure de cellules commence à se lignifier , et souvent aussi se couvre de poils transitoires ou de formations analogues. Mais , dans le milieu de la partie foliacée, on aperçoit desutricules allongés, dont celui qui occupe le centre passe à la lignification partielle , c'est-à-dire devient vaisseau en spirale , tandis que ceux qui sont placés en dehors montrent les premiers vestiges de lignification continue. Il y a donc ici réalisation de l'unité de la feuille et de la tige, qui jusqu'alors était purement idéale. Mais la différence ne tarde pas à s'établir, car les progrès de l'accroissement font que de nouveaw^ ptincta vegetationis se développent et poussent de plus en plus l'anneau végétal en dehors. Pendant que la feuille elle-même s'allonge , et qu'elle se rétrécit à sa base , pour y produire le premier rudiment du pétiole , les diverses feuilles s'écartent davantage les unes des autres , et l'on voit paraître la tige , immédiatement formée par leurs prolongemens réunis. La tige doit donc être considérée comme l'unité de toutes les végétations radiculaires de l'anneau végétal.

IL A l'égard du développement simultané des parties de la jeune tige et des jeunes feuilles, la plante, envisagée d'une manière générale , se compose d'une multitude de parties séparées les unes des autres , les feuilles , et de leurs moitiés soudées ensemble, la tige. Les feuilles et la tige ne font qu'un primordialement , et cette unité se reconnaît aussi dans leurs métamorphoses correspondantes.

1° A la feuille , de même qu'au rudiment de la tige , c'est a couche extérieure de cellules qui acquiert la première une

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forme précise : ses cellules sont serrées les unes contre les autres , sans former de conduits intercellulaires ; elles ne tardent pas à perdre leur contenu liquide et à se lignifier ; la plupart du temps elles acquièrent des stomates à leur côté extérieur , qui plus tard deviendra la face inférieure de la feuille.

2" Outre les formations ligneuses qui se trouvent au centre, toute la périphérie , dans la feuille , comme dans le rudiment de la tige , est primordialement formée du même tissu cellulaire. Dans la feuille , qui est en quelque sorte la partie détachée de la totahté idéale de Tindividu plante , les cellules se placent surtout les unes à côté des autres , de manière à s'étendre en surface ; elles existent donc en plus grand nombre des deux côtés de la nervure. Dans la portion correspondante de la tige , au contraire , le tissu cellulaire enveloppe davantage la nervure en manière de gaîne cylindrique. Mais comme, même dans sa plus grande jeunesse , la tige constitue la partie adhérente d'une spirale de feuilles, et non la base d'une feuille , les formations ligneuses correspondantes ne peuvent point tomber dans le milieu; la partie celluleuse simple se produit tout-à-fait au centre ; autour d'elle se disposent les diverses formations ligneuses , et tout à l'extérieur s'applique de nouveau une portion celluleuse simple, qui est limitée par répiderme. Ceci donne la première idée nécessaire d'une distinction entre moelle et écorce , dans l'intervalle desquelles se trouvent les formations ligneuses , les faisceaux vasculaires. Mais celles-ci ne représentent jamais d'abord un cercle clos , comme nous ne tarderons point à le voir, la distinction entre moelle et écorce est toujours d'autant moins prouoncée , que le rudiment de tige , que l'anneau végétal luimême est plus jeune.

3" Les formations ligneuses sont d'abord simples. Un faisceau vasculaire unique occupe toujours le milieu de la feuille, et se prolonge immédiatement dans le rudiment de tige. Dans l'une comme dans l'autre , il a de son essence une situation centrale , quoiqu'il ne l'occupe réellement ni dans l'une ni dans l'autre, dans la feuille, du moins dans toutes celles qui forment de véritables expansions foliacées , à cause de l'élale-

ment en surface , dans la tige, parce quelle est de sa nature une cohésion de plusieurs anneaux végétaux. Si donc nous examinons la partie centrale du bourjjeon , au moyen d'un compresseur , nous voyons que les faisceaux vasculaires se portent des feuilles vers l'intérieur de la tige , où ils marchent de haut en bas , mais qu'au centre se trouve le tissu cellulaire médullaire , comme à l'extérieur de ces mêmes faisceaux se rencontre la couche corticale. Tous les faisceaux vasculaires se ploient de dehors en dedans , de manière qu'ici ceux qui occupent le centre correspondent aux feuilles les plus élevées et les plus jeunes , et ceux qui garnissent la périphérie aux feuilles inférieures et les plus âgées. Ce mode d'accroissement, qu'autrefois ' on n'attribuait qu'aux seules plantes monocotylédones , a heu dans le premier rudiment de tige de tous les végétaux , sans exception.

4° Comme les feuilles , les parties élémentaires affectent aussi une disposition spirale , ce dont on peut surtout se convaincre aisément en examinant les faisceaux vasculaires. III. Voyons maintenant comment se produit la feuille, 1° Toutes les feuilles, quelque forme qu'elles puissent avoir dans la suite , ont d'abord une base proportionnellement large , qui va en s'amincissant plus ou moins vers l'extrémité, et qui engaîne les germes suivans de feuilles , tout comme elle est engaînée par les feuilles précédentes. Mais ce dernier engaînement diminue à mesure que le rudiment se développe.

2° Plus tard seulement, la base de la feuille se rétrécit, de sorte que la différence entre feuille et pétiole se prononce secondairement; mais le pétiole est constamment court, proportion gardée, dans les jeunes feuilles,

3° La plupart des feuilles ont une forme oblongue ou ovalaire , un peu allongée en pointe , de laquelle les autres formes ne pj'ocèdent que d'une manière secondaire. Dans celles qui , plus tard, ont un pétiole plus ou moins central, celui-ci représente d'abord une petite branche , du sommet de laquelle les principales nervures partent, comme d'un nouyeau centre de végétation. Cette disposition ne s'efl'ace que lentement et peu à peu , à mesure que le parenchyme foliacé s'agrandit.

DÉVEIOPPEMENT DES VÉGÉTAUX. 2 3

Les feuilles pennées naissent comme une collection de folioles simples , implantées sur de petits pétioles particuliers. Les jeunes feuilles sont en général, sinon toujours, couvertes d'une grande quantité de poils, même dans les plantes qui sont glabres après leur entier développement ; mais ces premiers poils se perdent fréquemment par l'efl'et de la mue qui a lieu pendant le cours du développement individuel. D'un autre côté , les véritables poils composés , les dents, les lobes, les aiguillons, etc., naissent à l'état de poils simples, qui grossissent par développement super-utriculaire et inter-utriculaire , se séparent fréquemment en épiderme et couche de parenchyme, et , généralement parlant, subissent tous les changemens secondaires de la feuille elle-même.

4" L'épiderme est d'abord une simple couche de cellules, qui renferme de très-bonne heure un liquide vert , limpide et transparent , mais qui ne tarde pas non plus à le perdre , ses cellules passant rapidement à la première période de la lignification. D'abord, les cellules sont exactement appliquées les unes contre les autres , comme celles du parenchyme , et sans conduits intercellulaires ; mais bientôt ',elles s'allongent, et, chez beaucoup de végétaux, elles acquièrent des flexions sinueuses pendant le cours de leur rapide lignification. C'est aussi au commencement de celte dernière que remonte la formation des stomates. Les cellules s'écartent régulièrement les unes des autres , sur des points déterminés , tandis qu'un conduit aérien correspondant se produit la plu part du temps au dedans du parenchyme. Les cellules qui entourent le stomate subissent une métamorphose caracJéristique et souvent différente de celle .des autres cellules ; dans beaucoup de cas , elles conservent leur .contenu vert; quelquefois elles s'élèvent un peu au dessus de la surface, etc. La forme du pore du stomate est d'abord ronde , puis elle devient ovale , et elle n'acquiert qu'en dernier lieu rallongement qui lui donne l'aspect caractéristique d'une fente. L'apparition des stomates semble succéder immédiatement à la première mue du rudiment de feuille. Les plis , les pomts , les verrues^ etc., qu'on voit si fréquemment à la surface^exté-

ricure des cellules épidermiques, ne se montrent que vers la fin, ou après l'entier développement de l'épiderme.

5" A l'égard du parenchyme de la feuille, ses cellules sont d'abord absolument parenchymateuses ; elles ont des parois simples, transparentes et incolores-, elles contiennent un liquide limpide , dans lequel nagent souvent de très-petites granulations. C'est plus tard qu'on y rencontre la chlorophylle , qui se dépose par places , et souvent aussi se répand d'une manière plus régulière, du sommet à la base. Quant à l'amidon et au pigment, ils ne se montrent généralement ici qu'en dernier lieu ; mais, dès que le développement a fait plus ou moins de progrès, on voit paraître les vides aériens, qui sont si essentiels à la feuille. Ces vides se forment toujours d'une manière secondaire, c'est-à-dire dans les endroits où il y avait auparavant des cellules, soit par l'effet de l'émoussement nécessaire pour produire le tissu cellulaire rayonné , soit par écartement régulier , par dessiccation et déchirure du parenchyme aminci. Mais leur principale formation coïncide exactement avec celle des stomates. Dans un très-grand nombre de plantes, quelques cellules des feuilles les plus jeunes contiennent des cristaux , qui les bouchent en .grande partie : ce sont là probablement des dépôts de nourriture, que le végétal consomme plus târd.

6" Les faisceaux vasculaires n'apparaissent que quand la jeune feuille a déjà acquis sa forme oblongue et terminée en pointe. On distingue d'abord, au milieu, un vaisseau en spirale, marchant dans le sens de la longueur, et au voisinage duquel se trouvent un ou plusieurs ulricules qui ont subi la lignification continue. Le nombre des vaisseaux et des utricules va ensuite en augmentant, tandis que des faisceaux analogues se forment parallèlement à eux, ou de côté et sous un angle plus ou moins ouvert. Celte formation continue jusqu'à ce que le réseau foliacé qui caractérise chaque plante soit achevé.

7° C'est une loi générale que les jeunes feuilles soient d'autant plus enroulées qu'elles sont plus jeunes , et que l'enrou lement aille aussi loin que le permet la largeur déjà acquis j

par leur disque. A cette loi obéissent non seulement toutes les feuilles solitaires , sans exception , mais encore celles dans lesquelles plusieurs rudimens de feuilles se confondent ensemble pour n'en constituer qu'une seule , comme la plupart des feuilles composées, lobées, pennées, réniformes, etc. Sur la fin , les divisions expriment aussi leur tendance à se rouler, par leurs crispations, leurs inflexions, etc.

IV. A l'égard du développement de la lige, les monocolylédones et les dicotylédones présentent d'abord de très-grandes analogies, et leurs différences caractéristiques ne se prononcent que plus tard. En effet, partout il se forme , en premier lieu, dans la moelle parenchymateuse simple , un ou plusieurs ftiisceaux vasculaires , correspondans à chaque feuille , qui , dans leur trajet au dedans de la tige, sont tout aussi bien séparés les uns des autres en spirale , que les feuilles le sont au dehors de cette même tige. Quand ces spirales ont peu d'élévation , ainsi qu'il arrive durant le jeune âge , on doit rencontrer beaucoup de faisceaux vasculaires dans la coupe transversale. Plus tard, chacun d'eux se trouve coupé à une hauteur différente , et chacun aussi apparaît sous une forme particulière; mais tous semblent être encore épars au milieu du tissu cellulaire homogène , dans lequel on ne distingue ni écorce, ni moelle, ni rayons médullaires. Cependant, si on les poursuit avec un peu d'attention, on reconnaîtra qu'ils forment une ou plusieurs spirales emboîtées les unes dans les autres. Cette disposition est absolument la même dans les monocotylédones et dans les dicotylédones ; seulement, chez les premières, les faisceaux sont plus épars au milieu du tissu cellulaire commun , et chez les autres ils sont , à cause de l'élévation moindre des spirales, plus réunis en un cercle, qui sépare aussi davantage la moelle et l'écorce. Tant qu'il ne s'est pas produit de cercle formé par l'accumulation des faisceaux de vaisseaux en spirale , les faisceaux des nouvelles spirales de feuilles s'appliquent entre ceux des anciennes; mais, dès que cet effet a eu lieu , les nouveaux faisceaux naissent au cercle extérieur de la moelle, et se dirigent de dedans en dehors, en croisant les anciens. Cette disposition a lieu aussi chez les plantes dicotylédones, dans ce que Hill appelait la couronne.

26 DÉVEtOPPEMENT DES VÉGÉTAUX.

Nous voyons donc que, jusqu'à la formation d'un anneau fermé de bois, ou, len général, jusqu'au commencement de la seconde pousse ajinuelle, les monocolylédones et les dicotylédones prés.entant exactement les mêmes phénomènes d'accroissement. Maintenant, de nouveaux faisceaux naissent des parties entourées de moelle celluleuse. Chez les monocolylédones , cet acte est accompli par le parenchyme cortical et le parenchyme médullaire , entre lesquels il n'y a point de démarcation rigoureuse. Dans les dicotylédones , quand il existe un anneau fermé , il arrive bien que la moelle produit de nouveaux faisceaux par la.cOuronne, et l'écorce parles bourgeons corticaux ; mais le tissu cellulaire logé entre l'aubier et le bois jouissant des mêmes facultés , il peut ainsi produire de nouvelles couches de bois et d'aubier , et faire naître de cette manière les cercles annuels. D'après cela , quoique les faisceaux vasculaires des monocotylédones paraissent plus développés, quant au nombre et du degré , ceux des dicotylédones le sont cependant davantage eu égard à l'intensité de la force plastique; mais la formation primordiale de la tige est et demeure partout une et la même.

V. La racine est une métamorphose de la tige, à laquelle les circonstances extérieures ambiantes impriment une forme caractéristique. Primordialement elle a son centre de végétation à son extrémité, de manière qu'elle produit un tronc moyen, plus ou moins volumineux, d'où partent les branches latérales. Quoique, la plupart du temps, il n'y ait point ici de véritable formation analogue au bourgeon, comme dans la majeure partie des productions qui s'accompHssent au dessus de terre, cependant le grand nombre d'exemples qu'on connaît de racines émanant de la tige, des branches, des feuilles, etc., atteste que telle est sa signification. Originairement , toute racine a un corps médian , qui tantôt croît dans la même proportion, ou avec plus d'énergie, et constitue un pivot, d'où sortent des branches latérales, tantôt n'éprouve aucun changement et pousse du chevelu , tantôt enfin produit, par l'épaississement de quelques unes de ses parties, les racines tubéreuses, palmées, fusiformes, etc. Le chevelu hii-même n'a fort souvent qu'une existence transitoire, et souvent,^ sinon

toujours, il se renouvelle à chaque impulsion de la végétation.

VI. Toutes les parties de la fleur et du fruit sont des anneaux, végétaux métamorphosés, et non pas seulement des feuilles transformées, comme on a coutume de le dire. La partie la plus importante de la théorie des métamorphoses consiste à démontrer celte proposition par les formes qu'on découvre dans diverses plantes, de même que par les conformatioDS morbides. L'histoire du développement individuel le prouve encore bien mieux; car le calice, la corolle, lesétamines,le pistil, l'ovule, tous, sans exception, se montrent d'abord sous la forme d'anneaux véf^étaux simples, et ne développent qu'en dernier lieu leurs différences individuelles.

1° Les sépales du calice sont originairement de simples parties foliacées vertes, ayant des formes analogues à celles que les feuilles elles-mêmes présentent dans leur plus jeune âge. Toutes les particularités de conformation, de vestiture, etc., se manifestent plus tard, comme elles le font également à l'égard des feuilles , dont elles marquent les caractères individuels. Les calices qui paraissent monosépales par soudure sont polysépales dans le principe, leurs sépales n'étant unis que par d'étroites languettes à la base. Ces languettes acquièrent un plus ample développement aux dépens des parties terminales des sépales.

2° De même aussi les pétales de la corolle sont d'abord simples et verts ; plus tard ils passent^ presque toujours , par des couleurs claires à d'autres plus foncées. La coloration elle-même commence en grande partie à se montrer au sommet. Les autres circonstances obéissent ici aux mêmes lois que pour les sépales du calice. Seulement les pétales sont toujours plus ou moins long-temps roulés, et ils acquièrent de meilleure heure leurs différences individuelles , de sorte que les anomalies qui peuvent avoir lieu à l'égard de la corolle sont , proportion gardée, très-promptes à se prononcer. Ce que la théorie des métamorphoses établit idéalement , l'histoire du développement individuel le montre réalisé, savoir, qu'il arrive souvent à certains pétales de subir des mutilations et de changer enlièremcnt de forme, tandis que d'autres prennent

un développement exajîéré et s'approprient de nouvelles parties.

3° S'il y a une partie dont l'histoire du développement individuel démontre clairement qu'une partie végétale n'est qu'un anneau végétal métamorphosé, c'est sans contredit l'étamine. Primordialement l'étamine apparaît sous la forme d'une petite feuille verte, qui, la plupart du temps, ne se dislingue en rien des pétales. Cette partie foliacée se partage en lame et pétiole, c'est-à-dire anthère et filet. Comme le milieu de la foliole antliérale, le futur connectif , forme la continuation du filet primordial les parties latérales de cette même foliole subissent un changement spécial , aussi instructif que remarquable. Il se produit d'abord plusieurs couches superposées de cellules contenant une substance verte à granulations déliées, ainsi que nous avons déjà vu précédemment qu'il arrive aux jeunes feuilles. Les deux couches extérieures suivent, dans leur développement ultérieur, une tout autre marche que le parenchyme placé au centre. En effet, le contenu de ces dernières cellules commence par se réunir en un seul nucîeus, tandis que les parois conservent encore leur simplicité et leurs formes polyédriques. Ce nucleus se partage ensuite presque toujours en quatre parties régulières , rarement davantage , plus rarement encore moins , et ses divisions se terminent en dedans par une ligne droite ou toute autre ligne rigoureusement mathématique, en dehors par une ligne plus ou moins arquée. Dans le même temps, les parois des cellules disparaissent de plus en plus, de manière qu'il finit par n'en plus rester que des vestiges linéaires dans une masse claire, deml-molle et gélatineuse. Pendant que ces changemens s'accomplissent, les divisions d'abord limpides et transparentes du nucleus, les futurs grains de pollen, acquièrent leurs formes déterminées et tout ce qui les caractérise par rapport, tant à leurs enveloppes qu'à leur contenu, qui se développe en elles-mêmes et n'y est point apporté du dehors ; quant à la masse interposée entre les divers nuclei, tantôt, ce qui est le plus ordinaire, elle disparaît entièrement, tantôt elle se réduit à une masse claire, demi-fluide et souvent visqueuse. En dernier lieu , les grains polliniques se séparent pour la plu •

DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAÙX. 2^

part les uns des autres ; il y a cependant des familles où ils restent agglutinés quatre ensemble ; mais, alors même qu'ils s'isolent tous, ils n'en demeurent pas moins rangés d'après certaines lois dans l'anthère. Les observations de Mohl nous ont appris un fait remarquable , c'est que les spores des cryptogames ont un développement individuel analogue de tous points. Tandis que ces phénomènes ont eu lieu, les deux couches extrêmes de la foliole anthérale ont subi aussi des changemens essentiels. L'externe est devenue un véritable épiderme. Elle a acquis des stomates d'après les lois dont nous avons déjà tracé l'exposition. Ses cellules sont plus ou moins, mais en général fort peu lignifiées , la paroi tournée en dehors laisse souvent apercevoir des séries de points, de verrues, etc., dus à l'action des milieux ambians. Quant à la couche interne , qui maintenant circonscrit également une cavité, elle subit une lignification partielle , et laisse apercevoir, la plupart du temps, des cellules fibreuses, offrant, dans chaque plante, une disposition particulière, selon que les changemens qu'elles éprouvent arrivent à celles qui occupent ou le milieu ou les côtés. Ici on voit facilement, et d'une manière très-distincte, que ces lignifications partielles ont pour point de départ les parois intermédiaires adossées l'une contre l'autre , que ces parois commencent par s'épaissir, que les fibres en partent pour gagner le milieu, qu'en même temps le contenu liquide passe à l'état de fluide aériforme , etc. Il va sans dire que tous ces changemens de structure intime sont accompagnés de métamorphoses spéciales dans la configuration extérieure.

4» Les parties génitales femelles des plantes sont également des anneaux végétaux métamorphosés, qui poussent de nouveaux bourgeons à leur surface ou dans leur intérieur, et qui procréent ainsi l'œuf et l'embryon. Le pistil consiste primordialement en une agrégation de parties fohacées , qui ne tardent pas à s'enrouler et à s'unir ensemble dans le centre du bourgeon pistillaire, quand il y a plus tard plusieurs carpelles, ou du moins lorsqu'il en existe plusieurs à l'une des premières périodes du développement. Mais , comme les feuilles peuvent développer de nouveaux anneaux végétaux sur leurs

5o DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAUX,

bords, qui correspondent aux interstices des faiseaux vasculaires rayonnans , de même il se produit ici , à la jonction des anneaux végétaux primaires, des bour^^eons, c'est-à-dire des" ovules, qui, presque toujours, sont disposés alternativement sur l'un et sur l'autre bord de l'anneau végétal. Il suit de là que, quand ces bougeons viennent à se développer, les ovules forment bien une série correspondante à la suture elle-même , mais n'en alternent pas moins les-uns avec les autres. Chaque foliole pistillaire subit des changemens essentiels en conséquence de cette disposition. La couche celluleuse tournée en dehors se convertit également en un épiderme pourvu de stomates et jouissant de toutes les autres propriétés qui ont trait à cette formation. L'interne , au contraire , éprouve des métamorphoses spéciales. La couche interne de la paroi anthérale est primordialement parenchyme , et ne devient cavité que secondairement. Il n'en est point ainsi de l'épiderme interne du pistil. Dès le principe il est épiderme , et par cela même on y aperçoit non seulement des formations ligneuses , mais encore des stomates , qui ne manquent ici que dans un petit nombre de cas, parfois uniquement dans l'état primordial , et presque jamais dans celui de complet développement. Mais les cellules de cette couche , de l'endocarpe ou de la membrane capsulaire , subissent ici une lignification continue ou partielle des plus fortes, dont il est très-facile de suivre les phases. Les inégalités , rides , points , etc., des parois, que nous rencontrons sur l'épiderme des feuilles , s'observent également ici , et y acquièrent même presque toujours un plus haut degré de développement. Mais, comme l'endocarpe reste mou dans beaucoup de plantes , de même il peut se faire aussi que les couches situées en dehors de lui conservent leur mollesse , ou que , sans éprouver aucune métamorphose , elles se dessèchent ou se lignifient au même degré que la membrane capsulaire.

5° Les bourgeons des folioles pistillaires , ou les ovules , apparaissent d'abord sous la forme foliacée propre à tous les anneaux végétaux primitifs ; mais cette forme se modifie ici d'une manière spéciale. En effet , on remarque bientôt une feuille extérieure , circulaire , la primine future , qui porte

DÉVEL0PPE5IENT DES VÉGÉTAUX. 3i

à son sommet une grande ouverlure arrondie , l'exoslome. Par plissement de celte feuille , il se produit une seconde membrane celluleuse analogue, dont l'ouverture ronrfe, l'endostome , fait une légère saillie au dessus de la premi ère. Au milieu , se prononce l'amande , qui paraît être d'abor'd une simple formation celluleuse. Cette période de développi^ment s'observe dans tous les ovules. Le hyle et la chalaze d'un côté, l'exostome et l'endostome de l'autre, sont donc alors diamétralement opposés l'un à l'autre. Cette modification des rapports produit les ovales orthotropes. Il n'y a qu'uH petit nombre de plantes chez lesquelles les choses demeureiit en pareil état. Chez les autres , au contraire , les ovules , con,)me l'a très-bien fait voir Mirbel , deviennent anatropes ou carapylotropes , ou prennent une forme intermédiaire entre ces trois là. On les dit anatropes lorsque ,par les progrès de l'accroissement, l'exostome et la chalaze demeurent diamétralement opposés l'un à l'autre, tandis que le hile se porte vers l'endostome ; ils sont campylotropes lorsque le hile et la chalaze se rencontrent , mais que la chalaze et l'exostome sont rapprochés l'un de l'autre. L'amande elle-même produit ensuite , dans son intérieur , la tercine , puis forme en elle la quartine plus ou moins variable, la liqueur amniotique, le sac embryonnaire , ou la quinline , et enfin l'embryon lui-même. La situation renversée de dernier témoigne clairement qu'il ne s'agit point là d'un simple centre de végétation du bourgeon, mais d'une nouvelle plantule indépendante. Il se montre d'abord sous l'aspect d'un petit corpuscule particulier et arrondi, qui s'allonge et développe ses parties propres. Pendant ce temps les enveloppes de l'œuf subissent, dans les divers végétaux, des modes d'accroissement et de lignification que nous ne pouvons même point indiquer ici , car ce serait descendre dans le champ proprement dit de la botanique. Par la même raison, nous croyons devoir passer aussi sous silence les ditférens phénomènes qui se remarquent avant et après la germination (1).

(iyf^oyez F. V, Raspail, Nouveau système de physiologie végétale et de botanique. Paris, 1837, 2 vol. ia-8oavec allas de 60 pl.

D^VEtOpPEMENT DES liNTOZOAIRÈS.

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