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I. Première période

La première époque de l'histoire du développement de l'espèce humaine n'a point encore été embrassée dans tous ses détails. On a; bien trouvé dans les trompes de Fallope , quinze jours environ après la fécondation , des œufs humains semblables encore à des vésicules pleines de, liquide (1) ; on en a vu qui s'étaient échappés du corps par le fait d'un avortement (2) , et Velpeau dit en avoir examiné plus de cent qui n'étaient pas âgés de plus de douze semaines depuis l'imprégnation (3) ; mais la formation de l'embryon , qui commence dès la troisième semaine , n'a point encore été soumise, dans ses premiers momens, à une série complète d'observations. Des œufs même de Mammifères datant d'une époque correspondante à celle-là n'ont encore été vus que par Cruikshank , Prévost et Dumas (4) et Baër (5) , dont les observations présentent le seul ensemble de faits certains que nous possédions sur l'histoire primitive de l'embryon des Mammifères.

Chez les Chiennes , Baër (6) a trouvé les plus petits œufs ,'

(1) Burns, The anatomy ofthe gravid utérus , p. 10.

(2) Maygrier, dans Magendie , Précis de physiologie , t. II , p. 427.

(3) Embryologie , ou Ovologie humaine , Paris , 1833, in-l'ol. fig.

(4) Annales des se. nat., 1. 111, p. 113-131.

(5) De ovi mammalium et hominis rjenesi j Léipzick , 1827, in-4.

(6) Loc. cit., p, 7-11. ^

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dans la'^matrice , blancs , opaques à l'intérieur et transparens à l'extérieur. Les plus gros, qui avaient un tiers de ligne de diamètre , présentaient à leur surface extérieure de petits tubercules à peine sensibles , et offraient à leur surface interne de petites granulations, réunies les unes en un monticule , les autres en plusieurs petits amas. D'autres , qui avaient une demi-ligne de , diamètre , étaient transparentes , presqu'aussi délicates que des bulles de savon , un peu allongées, et se composaient de deux membranes; l'extérieure (exochorion) était transparente , et couverte de petits tubercules demi - transparens , rudimens des flocons; l'interne était moins transparente , et à sa face intérieure il y avait des granulations, serrées les unes contre les autres, qui formaient les unes des cercles irréguliers , les autres une espèce de disque ; le reste du contenu consistait en un liquide presque dépourvu de granulations. En jugeant d'après l'analogie de l'œuf des Oiseaux, Baër pense que la membrane interne est la membrane vitelline , et que le disque qui y adhère , et qui est formé de granulations peu adhérentes les imes aux autres, est la membrane proligère. Cependant , si les vues que nous avons exposées précédemment (§ 341, 10°), sur la formation des membranes de l'œuf, sont fondées , si la production d'une membrane testacée secondaire (§ 341 , 3°), coïncidant avec une membrane vitelline , sans albumine ou blanc intermédiaire , est contraire à l'analogie , si enfin il est invraisemblable, que , chez la Chienne , dix jours environ après la fécondation , et peu avant l'apparition de l'embryon , la membrane proligère manque encore de solidité et ne soit qu'une agrégation de granules , nous dirons que la membrane interne dont il vient d'être parlé est la membrane proligère , et que les granulations qui y adhèrent sont l'embryotrophe primaire , ou le jaune.

Prévost et Dumas ont observé l'œuf de Chien aux périodes subséquentes. D'abord ellipsoïde, il devient pyriforme , c'est-à-dire qu'il acquiert une extrémité large et floconneuse, et une autre pointue et lisse ; entre ces deux extrémités se forme un endroit transparent, qui est d'abord rond, puis cordiforme, et dans lequel le rudiment de l'ejnbryon (la ban-

DÉVELOPPEMENT Ï)E t'EMBlVYON HUMAIN. 33 1 delelte primitive) paraît sous la forme d'une ligne de couleur plus foncée. Ensuite l'extrémité large devient aussi étroite que l'autre , de manière qu'alors l'œuf ressemble à une sphère munie de deux prolongemens coniques , qui correspondent à l'axe longitudinal de la matrice , tandis que le rucliment de l'embryon se trouve en travers ( dans l'équateur de l'œuf). Ce dernier devient plus long et bordé sur les côtés de renflemens parallèles. Du reste, l'œuf est encore dépourvu de tout moyen d'union avec la matrice.

Ces observations , et celles qu'on peut y rattacher de Baër sur un œuf de trois semaines (1), prouvent que la première formation de l'embryon , chez les Mammifères , est la même, quant aux circonstances essentielles , que chez les Oiseaux , et que là où l'observation laisse des lacunes dans l'histoire de l'embryon humain , nous pouvons hardiment appeler à notre secours l'analogie de l'embryon du Poulet , en ne perdant pas de vue seulement la différence qui doit résulter de ce que l'œuf des Mammifères ne contient pas toute la provision d'embryotrophe dont il a besoin , mais est obligé de la recevoir à mesure qu'elle lui devient nécessaire. Nous considérons donc comme première époque, dans l'histoire de l'embryon humain, l'état où il se trouve quinze jours environ après la fécondation lorsque, l'œuf étant devenu plus gros et s'étant développé, la membrane proligère se sépare de lui , et le rudiment de l'organe central de la sensibilité et de ses enveloppes se manifeste comme première partie qui ait une configuration appréciable, époque après laquelle ne tarde pas non plus à se former l'amnios , qui manque évidemment encore dans les œufs décrits plus haut. Il est hors de toute contestation que cet état dure peu ; peut-être même ne s'étend-il pas audelà d'un jour.

Après ces notions préliminaires sur un état primitif qui n'est admis que par analogie , nous allons nous en tenir à des observations précises sur l'embryon humain.

(1) Loc, cit., p. 2-5.

552 d:éveiopi>ement de l'embryon humain.

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