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II. Seconde période

§ 410. La seconde période , à laquelle se rapportent les observations de Kieser (l), Sœmmerring (2), Meckel (3), Autenrieth(4), Hunter (5), Pockels (6), Mulier (7) et moi (8), s'étend depuis la troisième semaine jusqu'à la cinquième environ. L'embryon acquiert des parois propres, qui établissent une limite entre lui et l'œuf : on voit paraître des organes impairs, faisant antagonisme à l'organe central du système sensible, savoir l'intestin, avec la vésicule ombilicale, l'allantoide et le foie , et le cœur, avec les troncs vasculaires et les ramifications qu'ils envoient aux branchies et à la vésicule ombilicale ; le système sanguin qui vient de se produire a encore un cercle étroit, et il ne pénètre point encore la masse entière ; les trous branchiaux , l'allantoide et ie canal de la vésicule ombilicale se manifestent , pour disparaître bientôt.

1° Le chorion , et par suite l'œuf en général , acquiert une longueur d'environ dix à quinze lignes. Il est délicat, blanchâtre , et transparent ; à sa face externe s'élèvent de miuces filamens blancs, ou des flocons cylindriques, qui ont quelques lignes de long, et qui pour la plupart se renflent à leur extrémité libre ; de leurs surfaces latérales s'élèvent peu à peu , pendant la quatrième semaine , de petites branches , qui se ramifient ensuite , de sorte que chaque flocon prend l'apparence d'un petit arbre. Ces flocons poussent à travers les mailles de la membrane nidulante réfléchie , et adhérent à cette membrane , ou à la membrane nidulante extérieure , de

(1) Ber Ursprung der Darmcanals und der Vesicaumbilicalis , p. 29, pl. I, fig. 2.

(2) Icônes embryonum humanorum , p. 4 , fig. 1.

(3) Beitrœge sur vergleiehenden Anatomie , t. I, cah. Ij^p. 60, pl. 5, fig. 1; p. 64, pl. 5,. fig. 2 et 3.

(4) Supplementa ad Jiistoriam embryonis humani , p. 6.

(5) Anuto7)iia uteri huviani yravidi , pl. 34 , fig. 4. et 2.

(6) Isis , 1826 , p. 4340 , pl. 12.

' (7) Archiv fuer Anatomie , 1832 , pl. II, fig. H.

(8) Buiclach, Do fœtu humano adnotationes , LéipzicK, i828 , in-foj^

DÉVEIOPPEMENT DE i'EMBRYON HUMAIN. 355

manière qu'à cette époque Tœuf se trouve fixé. Chez les Lapines, l'œuf s'attache à la matrice au huitième jour ; c'est à peu près vers le seizième qu'il le fait dans la Chienne. La cavité dtt chorion contient un liquide alburaineux, rou{Teâtre et transparent, qui est parcouru dans toutes les directions par un tissu délicat et incolore.

2" L'amnios, vésicule transparente et à parois minces, que remplit un liquide clair comme de l'eau , est beaucoup plus peiit que le chorion , et revêt la surface dorsale de l'embryon, d'où il s'étend sur les faces latérales de celui-ci , de sorte qu'il repose sur lui /comme dans une fosse, ou qu'il n'y a que sa surface ventrale , tournée vers le haut , qui ne soit pas couver le par cette membrane. Peu à peu l'amnios s'avance de plus en plus vers cette surface ventrale , comme s'il se renversait sur lui-même par l'enfoncement de plus en plus profond de l'embryon , jusqu'à ce qu'enfin il forme , à l'endroit où celui-ci se continue avec l'œuf , un canal , la gaîne ombilicale , qui est d'abord fort courte et très-large , mais qui enfin devient un peu plus étroite et acquiert une longueur de quelques lignes , en même temps qu'elle s'applique immédiatement à l'extrémité inférieure du tronc. ■ 3° L'embryon croît d'une ligne à près de trois , et arrivé a peser depuis un grain jusqu'à trois environ. Il se compose d'une masse homogène , grisâtre , demi-transparente , gélatineuse , qui paraît grenue au microscope. D'abord étendu en long , il ne tarde pas à se recourber vers la surface ventrale.

4" La tête est une simple masse sphérique , sans ouvertures. D'abord étroite et basse , à peine distincte du tronc elle croît ensuite avec une telle rapidité que, dès la quatrième semaine, elle a acquis le volume du tronc, dont elle est séparée en devant par un léger sillon transversal, rudiment du cou , en arrière par la saillie anguleuse du tubercule de la nuque, qui résulte de l'inflexion subite de la moelle allongéa faisant le passage de la moelle épinière au cerveau. Sur les, côtés de la tête on aperçoit , pendant la quatrième semaine,, les yeux, qui figurent deux points noirs.

i>° Le tronc est sans membres, ayant son extrémité infé-

554 DivEtOPPEMENT bE L'EMBÏIYON HtMAtN.

neure terminée en pointe et caudiforme. Les parois du corps, qui sont formées en partie d'une masse grenue et en partie d'une membrane transparente , croissent des côtés du tronc Vertébral en arrière et en avant , et , sur ce dernier point , se réunissent de bonne heure , vers la ligne médiane , pour produire la poitrine, ne laissant qu'au ventre un vide , par lequel la cavité abdominale se contihue avec celle de la gaîne ombilicale. Au dos , on aperçoit les vertèbres , ayant la forme de cartilages , avec des rudimens de côtes , qui percent à travers les parois du tronc, sous la forme de linéamens, ayant deux tiers de ligne de longueur. A la surface ventrale se trouvent deux vésicules qui se continuent par des canaux avec la membrane muqueuse de la cavité abdominale, s'étendent vers l'extrémité céphalique et l'extrémité caudale, sont situées horizontalement sur la face ventrale de l'embryon , mais plus tard se trouvent enfermées par la gaîne ombilicale , qui se forme , et prennent avec elle une situation verticale.

6° En effet, de l'embryon part un canal extrêmement grêle, lông d'environ trois lignes , qui s'étend au-delà de l'extrémité céphalique, et se termine là dans la vésicule ombilicale. Celleci , sphérique , un peu plus grosse que l'embryon , d'un blanc jaunâtre, translucide, grenue et assez ferme, est remplie d'un liquide limpide ou blanchâtre. Lorsque la gaîne ombilicale se forme , elle se soude avec elle , et, en s'allongeant peu

peu , elle s'éloigne de sa situation primordiale , et son cariai se trouve tiré plus en longueur. A l'endroit où l'intestin se réfléchit sur lui-même , ce canal se continue avec lui ; mais , pendant la cinquième semaine, il s'oblitère sur ce point, et se trouve ainsi réduit à n'être plus qu'un simple filament. L'intestin est blanc , opaque , uniformément cylindrique , court et étendu en ligne droite : à partir de l'estomac il se dirige obliquement en avant dans la gaîne ombilicale , se réfléchit sur lui-même à l'insertion du canal de la vésicule ombilicale , revient ensuite dans la cavité abdominale , et se termine à l'anus. Les deux portions de l'intestin, qu'on peut appeler, la première stomacale et la seconde anale, sont réunies ensemble par un mésentère; sur la portion anale, à quelque

toiVELOPPEMENT DE l'CMBRÏ-ÔN HUMAIN. 555 distance du point d'inflexion, le cœcum est indiqué par un petit prolon>oemeut.

7o La seconde vésicule est l'allantoïde , qui , chez riiomme, disparaît peu de temps après sa manifestation , dès la quatrième ou cinquième semaine , de sorte qu'on la rencontre rarement , mais qui , chez les Mammifères , persiste pendant la vie embryonnaire. Sa portion cylindrique, ou le canal allantoidien, sort de l'extrémité du canal digestif, se détache à angle droit de la surface ventrale , et se continue , par une inflexion géniculée et dilatée;, avec la portion vésiculeuse et pyriforme , qui s'étend , parallèlement à l'axe longitudinal de l'embryon, jusque par-delà son extrémité caudale. L'allantoïde est d'un blanc de lait, et Pockels dit avoir aperçu, dans son intérieur , des globules rouges , qui sont d'abord éparsj puis rangés en lignes.

On ne distingue rien encore du système urinaîre.

8° Le cœur est situé horizontalement, la pointe en avant. Les vaisseaux omphalo-mésentériques , savoir une branche de l'aorte et une racine de la veine cave , se répandent sur la vésicule ombilicale , et sont remplis de sang rouge. Les vaisseaux omphalo-iliaques paraissent se former un peu plus tard.

9° Le foie reçoit en grande partie la veine omphalo-mésentérique. Il est d'un gris rougeâtre, fort gros, près de moitié aussi pesant que le corps entier, et divisé en plusieurs lobes.

10° Les trous branchiaux, qui sont situes dans des plis transversaux parallèles, sur les côtés du cou, ont à leurs bords des branches de l'aorte et de la veine cave , et sont surtout bien marqués chez les animaux ; mais ils disparaissent à la fin de cette période, ou au commencement de la suivante.

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