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IV. A l'égard du développement

1° La substance osseuse demeure d'un gris rougeâtre et flexible chez l'embryon ; ses vaisseaux diminuent lorsqu'elle approche du terme de sori complet développement. Le périoste est plus épais, plus rouge , plus riche en vaisseaux , et plus facile à détacher que chez l'adulte.

2" Aucun os n'a dès l'origine la forme qu'il doit conserver, alors même qu'il s'en rapproche déjà plus ou moins. Dans ce dernier cas, on reconnaît que son accroissement a lieu du dedans au dehors , et qu'il ne consiste pas uniquement dans l'ad dition d'une nouvelle couche. Ainsi la clavicule a déjà , dès la dixième semaine, sa double courbure, qu'elle conserve également dans la quatorzième semaine , quoiqu'elle soit alors trois fois aussi grosse. A mesure que les os longs deviennent plus épais, leur cavité acquiert aussi plus d'étendue ; à mesure que le cadre du tympan s'accroît , le vide qu'il renferme devient plus considérable (1). Ici donc encore l'accroissement résulte d'un travail plastique intérieur, et comme la substance osseuse n'est plus susceptible de se prêter à une formation mécanique , il faut que l'opération consiste en une formation continuelle , avec ramollissement , fluidification et absorption.

3° Dans leur état cartilagineux, les épiphyses ont déjà la forme de l'os futur, mais elles font corps avec la diaphyse. Ce n'est que quand les ossifications de l'épiphyse et de la diaphyse entrent eh contact l'une avec l'autre que ces parties se séparent , parce que le périoste adhère davantage à la limite de chacun ; l'épiphyse repose , par une surface concave, sur la surface conxexe de la diaphyse , et reçoit de celle-ci des canaux larges et ramifiés , sur les parois desquels se ramifient des vaisseaux sanguins ; plus tard , les deux parties s'engrènent l'une dans l'autre.

(1) Senff, NonnuUa de incremento ossium emlryonum, p. 43,

DÉVEtOPPEMENT DU FEUILLET SIÎREUX.

4"* Là OÙ existe une articulation , l'ossification ne s'étend point jusqu'à l'extrémité , et la dernière couche du cartilage persiste pour constituer le cartilage articulaire.

5^ Il se manifeste de très-bonne heure, dans les os longs , un tube médullaire , que du tissu osseux ferme ensuite aux extrémités , après quoi se forment des cellules remplies d'une masse rougeâtre et gélatineuse. Le tissu spongieux et la moelle manquent dans les os plats pendant la vie embryonnaire.

6° Chez l'embryon à terme, les cornes supérieures de l'hyoïde , les rotules , les pièces inférieures du coccyx , les quatre os de la première rangée, le grand et le petit os carré, au carpe, le scaphoide et les trois cunéiformes au tarse, sont encore sans ossification. Dans d'autres os il manque seulement quelques noyaux ; par exemple, à l'ethmoïde, la lame perpendiculaire, à Tomoplate les apophyses, à l'humérus et aux phalanges, l'extrémité supérieure, au tibia, aux métacarpiens et aux métatarsiens, l'extrémité inférieure , au fémur, l'extrémité supérieure et les deux trochanters , aux côtes, l'extrémité postérieure , au cubitus^, au radius et au péroné, l'extrémité supérieure et l'extrémité inférieure , à l'atlas, le corps. Certains os sont encore séparés ; le frontal, l'ethmoïde, la mâchoire inférieure , l'humérus , le fémur, l'atlas sont de deux pièces ; le sphénoïde , l'iliaque et les vertèbres , de trois; le sacrum, de vingt-et-une. Il n'y a que les osselets de l'ouïe qui soient complètement développés.

V. Le tronc vertébral, c'est-à-dire l'ensemble des corps de la colonne vertébrale et des parties des os du crâne qui sont leurs analogues , forme la première base du squelette.

1" Chez les Poissons osseux ( § 388 , 13°), de même que chei les Oiseaux (§ 398, 8°), et incontestablement aussi chez les Mammifères , il se montre d'abord sous l'aspect d'un cylindre gélatineux qui, après son prototype^ la bandelette primitive , dont l'existence dure si peu , est la première formation ayant des limites déterminées. Il ne se résout en corps de vertèbres distinctes les unes des autres que par l'effet de la carlilaginification et de l'ossification qui s'opèrent ensuite en lui. Ce cylindre gélatineux , ou la corde dorsale, se compose

4l4 DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET SÉREUX.

d'une multitude de petites (îranulations serrées les unes contre les autres dans une masse transparente, et d'une enveloppe résistante , qui est également transparente. D'après les recherches de Muller(l), ce n'est point lui-même qui s'ossifie ; mais il finit par être totalement enveloppé d'une substance osseuse qui se développe sur sa gaîne, et ses derniers débris constituent les cartilages inter-arliculaires (2).

2° Le tronc vertébral situé entre la cavité spinale et la cavité viscérale paraît être, moins que la paroi spinale, déterminé par l'organe central de la sensibilité dans son développement. En effet, d'après la remarque de Béclard, son ossification part du milieu de sa longueur, de sorte que, vers la dixième semaine, il existe environ douze; corps de vertèbres , savoir depuis la cinquième dorsale jusqu'à la quatrième lombaire : pendant la onzième semaine , on en trouve vingt , attendu qu'aux précédentes s'ajoutent les trois cervicales inférieures , les quatre dorsales supérieures et la cinquième lombaire; à quatre mois, il y en a vingt-six, par l'addition de la troisième et de la quatrième cervicales et des quatre pelviennes supérieures : l'ossification s'effectue à six mois dans la cinquième pelvienne ; à sept dans la seconde cervicale ; à dix dans la première cervicale et la coccygienne supérieure. Du reste , les corps vertébraux se produisent sous la forme d'anneaux qui croissent tout autour de la corde spinale, tandis que ce qui reste de l'enveloppe de cette dernière remplit alors l'olïice de masse ligamenteuse ( comparez § 389, 10°, § 397***, 7°).

3° L'ossification des vertèbres crâniennes commence à peu près vers la même époque que celle de la colonne vertébrale; mais elle procède d'arrière en avant ; les premiers noyaux osseux apparaissent, au troisième mois, dans l'apophyse basilaire de l'occipital , au quatrième , dans le sphénoïde postérieur (os sphéno-temporal , ou vertèbre crânienne médiane), au septième, dans le sphénoïde antérieur (os sphéno-orbitaire,

(1) Fciyloichende Anaiome der Myxinoiden , der Cyclostomen mit durchlohrtem Gaumen, Berlin, 1835, in-fol. p. 74.

(2) Jbid., p. 84.

DÉVELOPriUENT DU FEUILLET SÉREUX. [{l^

OU vertèbre crânienne antérieure). Dès l'origine on ne remarque point d'accord parlait entre les segniens du cerveau et ceux du crâne ; d'abord il semble n'y avoir que deux vertèbres crâniennes, l'occipital pour la moelle allongée et les tubercules qiiadrijumeaux , et le sphénoïde postérieur , qui est indiqué, soit seul, soit conjointement avec la première, dans le bouton du cylindre gélatineux (corde dorsale) , forme la selle turcique , et reçoit l'entonnoir, avec la glande pituitaire, terminaison de la formation cérébrale. Ce n'est que quand les hémisphères prennent un certain développement que le sphénoïde antérieur paraît comme vertèbre crânienne antérieure, et au huitième mois il se soude avec le sphénoïde postérieur.

4° D'ordinaire, il y a deux points d'ossification dans le sphénoïde postérieur et la seconde vertèbre du cou ; on n'en trouve quelquefois que deux dans le sphénoïde antérieur, la première vertèbre céphalique et la vertèbre coccygienne supérieure; mais, sur ces divers points, ils ne tardent pas à se souder ensemble. Tous les autres corps de vertèbres n'ont 1 dès leur origine qu'un seul point d'ossification, t 1 5° Le tronc de la colonne vertébrale est d'abord très-plat I en devant, et il ne commence qu'à la fin du second mois à I faire plus de saillie dans l'intérieur de la cavité du tronc. Du I reste, les corps marchent plus lentement que les arcs dans i leur développement; ils sont d'abord proportionnellement ( moins élevés et plus minces , de manière que les vertèbres se j rapprochent davantage de la forme annulaire.

G' Le tronc de la colonne vertébrale , avec les vertèbres j crâniennes, constitue d'abord la longueur entière du corps, i et il ne diminue que peu à peu , sous ce rapport, à mesure \ que les membres abdominaux se développent. La base du I crâne est fort longue dans son état gélatineux : à dater de la i fin du second mois , époque où elle devient cartilagineuse , j elle se resserre sur elle-même , à mesure que les parties du il cerveau se concentrent également davantage.

70 L'extrémité prolongée de la colonne vertébrale, ou la 1 queue , est le premier organe locomoteur, le précurseur des • membres ; ainsi , chez les têtards des Anoures, la queue tran-

4l6 DÉVEtOrrEMENT DE FEUILLET SKUEUX.

sitoire sert aux moiivemens dont ces animaux ont besoin pour se procurer la nourriture néc:essaire à l'accélération de leur développement; de même, chez les larves des Urodèles , la queue et la crête sont fortement développées (1). Dans l'embryon humain , la queue est fortement développée au second mois ; mais elle n'arrive point à remplir sa fonction , et elle diminue peu à peu au second mois , d'un côté , parce qu'elle se relire sur elle-même pendant la cartilaginification, de l'autre , parce qu'elle est pour ainsi dire absorbée par les parties du bassin qui se développent.

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