II. A l'égard des points d'ossification
1» Quelques os se développent par un seul point. Tous ceux-là, si l'on excepte les pièces du coccyx , sont pairs , tels que les pariétaux, les palatins, les jugaux, les nasaux , les lacrymaux, les cornets du nez, les clavicules, les rotules, les os du carpe et du tarse , à l'exclusion du calcanéum. D'autres ont deux points d'ossification qui, pour les os impairs, le frontal , le vomer et la mâchoire inférieure , sont placés latéralement, d'une manière symétrique , et qui , pour les os pairs, le calcanéum, les métacarpiens , les métatarsiens et les phalanges, produisent le corps et la portion terminale. Il y a des os qui se développent par trois points d'ossification , constituant, pour les impairs, l'ethmoïde et les vertèbres, une pièce médiane, avec deux pièces latérales , et pour les pairs , de forme allongée , soit un corps et deux apophyses à Tune des extrémités, comme aux côtes, soit un corps et deux extrémités , comme au radius , au tibia et au péroné ; l'os maxillaire supérieur a aussi trois points d'ossification. On en compte cinq aux seconde et septième vertèbres cervicales , parmi les os impairs ; à l'omoplate, au cubitus, au fémur et aux iliaques parmi les os pairs. L'humérus en a sept , l'occipital onze , le sphénoïde quatorze et le sacrum vingt-et-un ; le nombre des points d'ossification du sternum n'a rien de fixe,
2° Chaque noyau s'élargit peu à peu , et lorsque deux noyaux appartenant au même os viennent à se toucher, ils se confondent ensemble ; ainsi , sept des points d'ossification de l'occipital et onze de ceux du sphénoïde se soudent pendant la vie embryonnaire, de sorte qu'il ne reste plus du premier de ces os que quatre pièces, et de l'autre que trois.
3» Plusieurs des ouvertures et canaux destinés aux vaisseaux et aux nerfs se forment eiîlrc deux noyaux osseux pri-
4lO ï)ÉVEtOPPEMENT BU PEUILLÊT SÉREUX, morclialement séparés. Ainsi , par exemple , le trou qui reçoit l'artère vertébrale naît à la septième vertèbre cervicale, entre une apophyse transversale antérieure et une postérieure , tandis qu'aux vertèbres du cou il est produit par une seule apophyse transverse, qui croît tout autour de l'artère. III. Eu é»ard à la succession ,
1» Celle des premiers points d'ossification est soumise à de nombreuses variétés dans les diffère ns os. Suivant Rusconi (1), chez la Salamandre, les premiers points paraissent dans la mâchoire inférieure , puis dans la mâchoire supérieure , ensuite dans la colonne vertébrale , en procédant d'avant en arrière , enfin dans les membres. Chez le Poulet, au contraire, suivant Haller (2) l'ossification s'opère au huitième jour, dans le tibia , au neuvième dans le fémur , au dixième dans la mâchoire , les côtes et le sternum , au treizième dans le péroné, au quinzième dans le crâne. Chez l'embryon humain , le premier point d'ossification paraît dans la clavicule , vers la fin du second mois ; ensuite il s'en développe dans la mâchoire inférieure, la mâchoire supérieure et le fémur ; durant la première moitié du troisième se manifestent ceux du frontal , de l'occipital , de l'humérus , des os de l'avant-bras , des os de la jambe, de l'omoplate et des côtes ; pendant la seconde moitié du troisième mois, ceux du temporal, du sphénoïde et du jugal , puis ceux du pariétal , du palatin et du nasal , enfin ceux des vertèbres, du métacarpe , du métatarse et des phalanges onguéales; au quatrième mois, ceux duvomer, des deux autres phalanges et des iliaques ; au cinquième, ceux de l'ethmoïde , du lacrymal et du cornet nasal ; au sixième, ceux du sternum , des os du carpe et de ceux du tarse ; au dixième, ceux de l'hyoïde et du coccyx.
La succession de l'ossification diffère de celle de la cartilaginification, et l'on peut la déterminer d'après le modede distribution des vaisseaux. Presque partout, nous voyons que l'ossification se manifeste simultanément sur les points les plus divers ;
(1) Amours des Salamandres, p. 47. — Voyez aussi A. Dugès, Rech. sur l'ostéologie et la inyologie des Batraciens à leurs différens âges , Paris, 4833, in-4°, Og.
(2) Opéra minora, t. II, p. 560.
DÉVEtOPrEMENT DU FElTirXET SÉHEUX. 4 1 I les points d'ossification sont semés dans les différentes régions.
2» En <»énéral , l'ossification procède des parties latérales vers la li^ne médiane , ce qu'on doit attribuer à ce que le système artériel se ramifie d'abord d'une manière paire vers les côtés et à ce que ses divisions les plus déliées ne viennent que plus tard à se rencontrer sur la ligne médiane. Aussi les os qui se forment les premiers sont-ils pairs pendant toute la vie , comme les clavicules , la mâchoire supérieure et le fémur, ou du moins pendant les premiers temps de leur apparition , comme la mâchoire inl'érieure et le frontal. Dans les os impairs, les parties latérales sont également celles qui se forment les premières ; ainsi , aux vertèbres , les arcs précèdent les corps ; à l'occipital , les parties latérales sont ossifiées avant l'apophyse basilaire ; au sphénoïde , les ailes avant le corps ; àreihmoide,les masses latérales avant la lame perpendiculaire. Le sacrum seul fait exception ; les corps s'y développent plus tôt que les arcs.
Conformément à cette règle , certains os impairs sont pairs au moment de leur origine ; outre la mâchoire inférieure et le frontal, cette catégorie renferme encore le vomer, les os coccygiens supérieurs, et même le sternum, quoiquesans symétrie régulière ; cependant les os inférieurs du coccyx sont impairs dès le commencement, mais ils paraissent aussi en dernier lieu.
Enfin la partie moyenne de quelques os impairs est paire aussi au moment de sa formation. C'est ce qui arrive au corps du sphénoïde , à l'apophyse odonloïde de la seconde vertèbre du cou , à la parjie squameuse de l'os occipital , à l'apophyse épineuse des vertèbres. Le rapport est moins précis et plus variable dans le corps de la seconde vertèbre du cou et de l'hyoïde ; mais les corps des autres vertèbres et de l'occipital paraissent ne se former que d'un seul noyau , quoiqu'on remarque aussi , sur la ligne médiane , un étranglement ou une diminution de masse.
3° Dans chaque os, la formation commence toujours à l'intérieur, et s'étend peu à peu vers l'extérieur. Ainsi , l'ossification des os cubiques marche du centre à la circonférence, dans toutes les directions ; celle des os larges;, du centre vers la périphérie, et de la surface interne vers l'externe ; celle des
OS longs, de la pièce médiane, vers les extrémités, et du tissu spongieux intérieur vers la substance corticale. Il n'y a que les points terminaux du squelette qui fassent exception sous ce rapport ; les phalanges onguéales des doigts et des orteils s'ossifient à partir de leur sommet.