III. 3a
DÉVELOPPEMiîNT Dt] FiiUlLtliT MUQUEUX?
la bouche, dont la l'ente est devenue, propoi iion {jardée^ plus petite ; elles s'ouvrent de nouveau au wxième mois.
A peu près dans le cours de la septième semaine, la langue pousse de la paroi viscérale ; elle représente une hernie de la membrane muqueuse , qui s'élève de la base de la cavitë buccale , et qui ne renferme d'abord que de la substance grenue (1). L'absence de la langue , ou son accrétion au fond de la bouche, est une difformité qui tient à un arrêt de développement (2). Au commencement du troisième mois, ce corps est très-volumineux , large , plat et saillant hors de la bouche. Au quatrième mois, il rentre dans la bouche, devient plus épais , et se garnit de papilles, qui d'abord sont plus grosses, proportion gardée, qu'à une époque ultérieure (3).
La membrane muqueuse forme , à ia partie supérieure de la cavité buccale, deux hernies correspondantes aux languettes palatines , qui se soudent ensemble sur la ligne médiane, et s'allongent en arrière, pour produire le voile du palais.
. G. Dents.
III. L'histoire de la formation des dents avait été exposée d'une manière très - lumineuse , dans ces derniers temps , par Serres (4) et par Meckel (5). Les recherches entreprises sous la direction de Purhinje (Gjl'ont enrichie de nouveaux faits.
1° Dès le commencement du troisième mois , il se forme , dans le tissu lâche des mâchoires , une série de petites vésisicules blanchâtres , qui sont d'abord situées les unes à côté des autres, séparées par du tissu spongieux. Vers le milieu de la vie embryonnaire, il s'établit entre elles des cloisons fibreuses, qui s'ossifient peu à peu en alvéoles. Du côté du Tei
l <i) Vakntin , loc. cit., p. 484.
(2) Meckel , loc. cit., t. I , p. 550. (S) Yalent'm , loc. cit., p. 485.
(4) Essai sur l'anatomie et le physiologie des dents, Paris, ISil.—f^oyes aussi Anatoniie du système dentaire, considérée dans riiouime et les ani- >nau'x,:par P. F. Blandin, Paris, 1836, in-8'».
(5) Deutsches Archiv, t. 111, p. 556-577.
(6) î<&sc\ù.ovi , Melctemata eir/:a mwmmaliwn dentium evolutionem , Breslau, 1835, in-4°,
bord alvéolaire de la mâchoire , ces vésicules sont couvertes par le cartilage ginj^ival ; du cûté/)pposé , au fond de l'alvéole futur, elles reçoivent des vaisseaux et des nerfs. D'après Purkinje , elles ne sont pas fibreuses , comme on le croyait , et ne se convertissent point en périoste de l'alvéole , mais sont composées de fibres molles et d'un parenchyme grenu , avec un réseau vasculaire et des nerfs abondons , et ne font que se souder avec le périoste ; leur face interne est lissç , comme une membrane séreuse.
'2° A l'intérieur de ces vésicules , vers la fin environ du troisième mois , il pousse, de l'entrée des vaisseaux et des perfs , par conséquent du fond , la pulpe dentaire , corps mou et grisâtre , qui d'abord est purement grenu et enveloppé d'une membrane simple et transparente ( memhrana prœformativa dentis ) , mais qui reçoit ensuite des vaisseaux et des nerfs.
3° Entre le germe et la vésicule dentaire est placé , selon Purkinje , l'organe de l'émail , noyau d'abord presque sphérique , composé de substance grenue , qui plus lard est mêlée de corpuscules anguleux , unis par des fîlamens de tissu cellulaù-e.
4° Entre le germe et l'organe de l'émail, de même qu'entre celui-ci et la vésicule dentaire, se trouve un liquide limpide. D'après Bleissner (1), ce liquide , d'abord rougeâtre , puis d'un jaune blanchâtre et un peu épais, contient beaucoup de mucus , un peu d'albumine , du phosphate calcaire , des hydrochlorates et des sulfates , enfin un acide libre , non volatil , qui , chez le Veau , est remplacé par un alcali libre. A mesure que la formation de la dent fait d,es progrès , la quantité de ce liquide diminue , tandis que la proportion du phosphate calcaire va toujours en augmentant : il finit par disparaître entièrement.
5" En croissant, le germe dentaire pénètre dans l'organe de l'émail, qui finit par n'en plus être qu'une mince enveloppe, et qui, de sa face interne , produit la membrane émaillante, consistant en une couche de fibres perpendiculaires. L'ossïfil-
(l)Meckel , Veutsches Archiv, t. III , p. 642.
BoÔ DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET MUQUEUX.
cation, qui commence au quatrième ou cinquième mois, ne débute point ici par la formation de cartilages. Elle résulte immédiatement d'un dépôt qui s'elfeciue , par couches superposées , à la surface du germe dentaire. La formation procède donc ici de dehors en dedans , et la couche la plus extérieure se produit la première , pour faire place à d'autres plus internes. La dent est donc produite par la face externe du gei me. La couche la plus jeune lient toujours d'une manière intime au germe , qui est plus rouge à l'endroit où elle repose que dans tous les autres points de son étendue ; quelquefois aussi il semble que du sang rouge se soit épanché (1). L'ossification commence à la couronne , c'est-à-dire à Texirémité libre du germe , sous la forme de petits feuillets minces et recourbés , ou de godets. Lorsque le germe n'a qu'un seul sommet, par conséquent aux dents incisives et canines, il ne se forme non plus qu'une seule lamelle osseuse , et celle-ci croît peu à peu , parce qu'au dessous d'elles se déposent de nouveaux feuillets, dont les dimensions vont toujours en augmentant. Aux dents molaires , au contraire , le germe présente déjà deux à cinq saillies , conformément auxquelles se produisent autant de godets osseux, qui s'étendent peu à peu par l'addition de lamelles plus grandes , se confondent ensemble , et constituent ainsi une couronne multicuspidée. L'ossification s'étend peu à peu de la couronne vers les racines, dont il se développe autant que le germe dentaire reçoit de filets nerveux. En même temps, le germe se resserre de plus en plus sur lui-même , et n'occupe plus que le canal qui reste encore. Suivant Purkinje , la substance dentaire se compose de canaux plusieurs fois recourbés sur eux-mêmes , qui sont creux tant qu'ils ne s'allongent pas par de nouveaux dépôts , et qui finissent par se remplir d'une substance particulière , jaunâtre , demi-transparente.
6" D'après le même observateur , simultanément avec la formation de la substance osseuse de la dent , commence la production de l'émail, déposé par les fibres perpendiculaires de la membrane émaillante. Ce dépôt a lieu en sens inverse
(1) Serres , loc. cit., p. 62.
DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET MUQUEUX. 5or
de celui de la substance osseuse , c'est-à-dire que la couche interne est formée la première , et l'externe en dernier lieu. Du reste, l'émail est d'abord sans brillant , blanc, et moins dur qu'il ne doit l'être plus tard.
/o Quant à la succession des dents, nous voyons d'abord que celles qui sont symétriques se développent simultanément : chaque dent d'un côté se forme en même temps que celle qui lui correspond du côté opposé. De même aussi, comme la mâchoire inférieure précède un peu la supérieure, les cloisons et les dents s'y développent un peu plus tôt que leurs analogues à cette dernière. En général, deux circonstances déterminent la précocité du développement ; d'abord il procède de la ligne médiane vers les côtés , de sorte que les incisives internes paraissent les premières , et les molaires postérieures les dernières; ensuite le volume des dents exerce de l'influence , et sous ce rapport la prééminence appartient aux molaires. Les premières dents qui paraissent sont appelées dents de lait. Il existe, pour elles, au troisième mois, seize vésicules, savoir celles des quatre incisives et des deux molaires antérieures de chaque côté ; au commencement du quatrième mois, le nombre de ces vésicules est de vingt , par l'addition de celles qui sont destinées aux canines. L'ossification commence au cinquième mois, d'abord à l'incisive interne, puis à l'externe, ensuite à la molaire antérieure, à la canine et à la seconde molaire. Des ramifications nerveuses et vasculaires spéciales se rendent aux vingt dents de lait par un canal particulier , situé au dessous du canal permanent.
8° D'autres branches , qui ont des connexions avec les précédentes , déterminent la formation des dents de remplacement, dont les rudimens naissent pendant que les dents de lait se développent. Leurs vésicules poussent à la paroi postérieure des premières vésicules fibreuses; lorsqu'elles ont acquis le volume d'une tête d'épingle, elles reposent immédiatement sur ces dernières, sans que leurs cavités communiquent avec les leurs ; mais, en continuant de croître , elles s'en détachent et s'en éloignent, conservant néanmoins toujours des connexions avec elles par un filament long de quelques lignes ;
502 DtVELOrPEilENT DU FEUILLET VASCULA-IRE.
d'abord assez rapprochées de la {jencive, elles s'enfoncent graduellement dans la mâchoire. Peu à peu do la masse osseuse se forme entre les dents de lait et cellos de remplacement, en sorte que celles-ci acquièrent, pour leurs vaisseaux et leurs nerfs , un canal spécial , situé au dessus de celui des autres. Enfin , les cloisons interposées entre les dents de remplacement se développent é{îalement.
9» Au dixième mois , les couronnes des incisives de lait sont entièrement formées , et les racines des incisives internes commencent aussi à se développer : il n'y a de produit qu'on tiers de la couronne des canines ; la partie supérieure de celle des premières molaires est formée , avec ses pointes ; les quatre pointes de celle de la seconde molaire ne sont pas encore réunies.
Quant aux dents de remplacement , l'ossification de la conronne de la troisième molaire a commencé; quelquefois cependant on n'en aperçoit aucun ves'ige. Il n'existe des autres que les vésicules , qui même ne contiennent point encore toutes de germe.