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débiteur qui avoue. Mais il n’est pas besoin de poursuivre plus loin ces détails.
§ XIII. II nous reste maintenant à parler des villes qui ne sont pas de leur droit. Si ces villes sont fondées dans la province même, ou dans la région de l’empire, et que leurs habitants soient de même nation, et parlent la même langue, elles doivent nécessairement, de même que les bourgs, être considérées comme parties des villes voisines, de telle sorte que chacune d’elles soit tenue d’être sous le gouvernement de telle ou telle ville, qui est de son droit. La raison de ceci, c’est que les Patriciens ne sont pas élus par l’Assemblée suprême de cet empire ; mais par l’Assemblée suprême de chaque ville ; et que, d^ns chaque ville, ils sont plus ou moins nombreux, en raison du nombre d’habitants compris dans les limites de la juridiction de cette ville, [par V Art. 5. de ce Chap.) Et, par conséquent, il est nécessaire que la multitude d’une ville, qui n’est pas de son droit, soit reportée au cens de la multitude d’une autre ville, qui est de son droit, et dépende de sa direction. A l’égard des villes prises par le droit de laguerre, et qui ont accédé à l’empire, elles doivent être considérées comme Associés de l’empire, et contraintes par le fait d’avoir été vaincues : ou bien les Colonies, qui jouissent du droit de l’Etat, doivent être envoyées en cet endroit, et la
nation transportée ailleurs, ou entièrement détruite, § XIV. Et telles sont les dispositions qui concernent les fondements de ce gouvernement. Ur, que sa condition soit meilleure que celle du gouvernement qui tire son nom d’une seule ville, voici d’où je le conclus : c’est que les Patriciens de chaque ville, selon la coutume du désir humain, s’étudieront à garder leur droit, tant dans la ville que dans le Sénat, et s’il se peut faire à l’augmenter; et, par conséquent, ils s’efforceront, autant qu’ils le pourront, d’attirer à eux la multitude, et conséquemment d’agiter l’empire plus par de bonnes mesures que par la crainte, et d’augmenter leur propre nombre. Car, plus ils seront nombreux, plus {par l’Art. 16. de ce Chap.) ils éliront de Sénateurs de leur Assemblée, et conséquemment [par le môme Art.) plus ils obtiendront de droit dans l’empire. Et ce n’est pas un mal, que, tandis que chaque ville s’occupe de scs intérêts, et porte envie aux autres, elles discordent entre elles plus souvent, et passent leur temps à disputer. Car, si, tandis que les Romains délibèrent, Sagonfe périt ; tandis que , d’un autre côté , un petit nombre d’individus décident toutes choses d’après leur seule passion, la liberté périt, et le bien commun. Car les esprits des hommes sont trop bornés pour pouvoir pénétrer aussitôt toutes choses ; mais, en délibérant, en entendant,
176 TRAITÉ ROLITIQUE.
en disputant, ils s’aiguisent, et, tandis qu’ils tentent tous les moyens, ils trouvent enfin ceux qu’ils veulent, que tous approuvent, et auxquels personne n’aurait pensé auparavant. Que si quelqu’un réplique que le gouvernement des Hollandais ne dura pas longtemps sans Comte, ou sans Vicaire qui remplaçât le Comte, on lui fait cette réponse : que, pour obtenir la liberté, les Hollandais pensèrent qu’il leur suffisait de laisser le Comte et de retrancher la tête au corps de l’empire, et qu’ils ne comprirent pas qu’il le fallait réformer. Mais ils laissèrent tous les membres de cet empire, comme ils étaient constitués auparavant, de telle sorte que le Comté de Hollande resta sans Comte, comme un corps sans tête, et l’empire lui-même sans nom. Et, par conséquent, il n’est nullement étonnant que les sujets, pour la plupart, aient ignoré entre les mains de qui était le souverain pouvoir de l’empire. Et quand même cela ne serait pas, ceux, cependant, qui tenaient réellement l’empire, étaient en bien trop petit nombre pour pouvoir gouverner la multitude, et écraser leurs puissants adversaires. D’où il arriva que ces derniers purent souvent impunément tendre des embûches aux autres, et finalement les renverser. Ainsi donc le renversement subit de cette République ne vint pas de ce qu’ils consumaient inutilement le temps en délibérations, mais de
CHAP. IX. — DU GOüVERN. ARISTOCRATIQUE. 177
l’état difforme de ce gouvernement, et du petit nombre des gouvernants.
§ XI. Ce gouvernement Aristocratique, que tiennent plusieurs villes, doit être encore préféré à l’autre, parce qu’il n’est pas besoin, comme dans le précédent, de prendre'garde que son Assemblée suprême tout entière ne soit écrasée par une attaque subite ; puisque, {pai' l’Art 9. de ce Chap.) on ne désigne aucun temps ni lieu pour la convoquer. De plus, les citoyens puissants sont moins à craindre dans ce gouvernement. En effet, là où un plus grand nombre de villes jouissent de la liberté, il ne suffit pas à celui qui se veut frayer un chemin vers l’empire, d’occuper une seule ville, pour obtenir l’empire sur les autres. Enfin, dans ce gouvernement, la liberté est commune à un plus grand nombre. Car là où c’est une seule ville qui règne, on ne consulte le bien des autres villes, qu’aussi longtemps que cela est avantageux à cette ville régnante.
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