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IT SARCLAGES

Pour obtenir de la prairie un produit toujours abondant et de bonne qualité, il ne faut pas négliger les sarclages, il faut détruire les plantes nuisibles, les plantes inutiles.

Les plantes nuisibles ou inutiles, les mauvaises herbes enfin, nous l’avons dit dans le premier livre de ce traité en parlant du but spécial du labour, sont annuelles ou vivaces.

Les premières se reproduisent par leurs graines, les secondes se propagent par leurs racines.

Les mauvaises herbes annuelles, surtout les espèces hâtives, se rencontrert assez fréquemment dans les prairies ; rien d'étonnant, puisqu’avant le fauchage de la prairie,ces mauvaises herbes ont le temps de mûrir leurs graines et de répandre sur la terre une semence qui en perpétue l’espèce.

On peut s’en débarrasser de deux manières différentes.

Lorsque ces mauvaises herbes infestent tellement la prairie que le rendement de cette dernière en est notablement diminué, on avance pendant quelques années l’époque du fauchage, de manière à couper ces plantes nuisibles avant la maturité de leurs graines. C’est le )remier moyen.

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Un second, tout aussi efficace, consiste tout simplement à transformer la prairieen pâturage. Les plantes que dédaignent les animaux sont coupées avant qu’elles soient en pleine floraison.

Après une année ou deux de dépaissance, la prairie est rendue à sa destination première.

Les mauvaises herbes vivaces, telles que le chiendent, les chardons, les queues de renard, la margucrite blanche, etc., demandent des sarclages d’une excesgive difficulté.

Les moyens les plus eflicaces se réduisent aux suivants: 1°le fauchage avant la maturité ; 2° l’arrachage ; 8° la modification de la constitution du sol.

La destruction des plantes nuisibles par le fauchage présente quelques inconvénients qui résultent de l’6poque même du fauchage. On est, en effet, obligé de devancer le moment de la maturité des herbes utiles pour pouvoir faire tomber les mauvaises avant qu’elles arrivent à graines ; il peut résulter un affaiblissement dans la croissance des bonnes herbes qui peuvent même disparaître avant les mauvaises, si elles sont plus délicates.

Aussi préfère-t-on, même pour la destruction des mauvaises herbes vivaces, le pâturage au fauchage de la prairie, pendant un, deux ou trois ans, ayant soin de faucher plusieurs fois, dans l’été, les plantes que ne mangent point les animaux.

C’est un fait incontestable que certaines mauvaises herbes tiennent à la constitution du sol. Pour les faire disparaître on n’a alors qu’à changer la constitution de la prairie. Un grand nombre de ces herbes croissent dans les endroits humides; pour les détruire il faut égoutter le terrain. C’est là une opération qu’il ne faut jamais négliger ; elle suffit à elle seule pour amener la disparition de la plupart des plantes nuisibles qui croissent dans les terrains marécageux.

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Les plantes nuisibles qui résistent à cette opération peuvent être détruites par l’arrachage, qui ne devient toutefois praticable que si ces plantes ne sont qu’en petite quantité.

Dans l’arrachage on doit enlever les racines en même temps que la plante; on ne réussit pas tcajours, alors la plante repousse; on renouvelle l'opération, c’est le moyen d’affaiblir ces plantes, de ralentir leur végétation, de hâter enfin leur destruction, en les empêchant de respirer, par la suppression des parties aériennes à mesure que ces dernières apparaissent.

Si les plantes nuisibles sont en trop grand nombre, si elles infestent tellement la prairie qu'elles défient les moyens de sarclage que nous venons de décrire, on a alors recours au défrichement le la prairie, à sa mise en culture.

Parmi les plantes nuisibles qui envahissent la prairie, il y a les mousses que tous les cultivateurs connaissent et qui ne font leur apparition sur le sol que lorsque ce dernier est épuisé ou que ia prairie n’y trouve plus les substances indispensables à son existence.

I suffit alors d’une seule fumure, à laquelle on ajoute une petite quantité de semences, pour que les mousses disparaissent dès l’année suivante et donnent leur place aux plantes utiles.

Un autre moyen aussi parfait, donnant des résultats aussi satisfaisants, qui peut quelquefois être substitué à la fumure, c’est un hersage énergique. Il détruit la mousse, ameublit le sol etle prépare à mieux ressentir les effets de la fumure qu’on peut lui ajouter.

Dans les endroits clairs, on complète ces soins d’entretien en semant les graines ordinaires des prairies.

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TRAITÉ FSPULAIRE D’AGRICULTURE 251

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