‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 108 sur 206 · IT FANAGE · texte numérisé non relu

IT FANAGE

Après le fauchage vient naturellement le fanage, opération qui varie beaucoup plus qu’on ne se l’imagine d’une localité à l’autre.

Les uns veulent que l’herbe soit retournée derrière les faucheurs, les autres préfèrent la laisser vingtquatre heures s’amortir sur l’andin; il y en a qui forment des rangs avec trois, quatre ou cinq andins; d’autres éparpillent l’herbe sur tout le champ et ne la réunissent en rangs qu’au moment d’en former des meulons appelés villottes, mulloches.

Ce qui est partout de principe général, ce dont on doit s’écarter le moins possible sous peine de compromettre sa récolte, c’est ceci:

Tant que l’herbe est en andins, telle qu’elle a été jetée par la faux, elle souffre peu d’une pluie, même prolongée, et, bien que la surface de l’andin blanchisse, l'intérieur reste vert. Il vaut mieux, quand même cet état devrait se soutenir pendant quelques jours, n’y pas toucher et réserver ses soins. pour le foin qui a déjà été secoué, mais n’est pas arrivé à une dessiccation complète. Une fois que l’herbe a été remuée, elle ne doit plus rester éparse pendant la nuit, parce que, :

es mo- » facilette, qui randes , grave 8 roues

fanage, e l'ima-

lerrière vingta qui indins ; et ne la er des

ont on ompro-

e a été même chisse, ime cet rs, n’y qui a cation elle ne

e que,

même par un beau temps, avec les rosées abondantes de juillet et d’août, elle ne fournirait qu’un foin léger, sans couleur, sans odeur, sans saveur, quelque chose enfin se rapprochant souvent de la paille. Il faut donc, avant le soir, mettre en moyens tas l’herbe qui a été secouée à la fourche et répandue le matin. Le lendeinain, après que la rosée s’est dissipée, ces tas sont répandus de nouveau; le foin qui en provient est retourné dans la journée; le soir on le réunit en mulloches de sept à huit bottes, pour être charrié le lendemain dans les fenils.

Mais, tout dépend de la température.

Lorsque le soleil est couvert, que le temps est frais, qu’il ne fait pas de vent, que l’air est humide, le temps orageux, la dessiccation ne marche pas aussi vite, et le foin n’est souvent bon à être rentré qu’au bout de quatre, quelquefois huit jours. D’autres fois, lorsque le temps est sec et chaud, le foin fauché tel jour est bon à être rentré le lendemain.

Les diverses opérations du fanage sont exécutées à l’aide de la fourche et du râteau, et mieux encore avec le râtenu à cheval et la machine à faner.

Ces deux instruments n’exigent chacun qu’un cheval et un conducteur et procurent aux cultivateurs qui les adoptent l’économie de vingt faneuses pendant la fénaison. Après que l'herbe a été fauchée, elle est éparpillée si régulièrement par la machine à faner, que l’on peut se dispenser de faire repasser l’instrument dans la journée pour remplacer l’opération qu’on appelle retourner le foin. Pour ramasser celui-ci, on fait passer le râteau à cheval qui le dépose en gros rouleaux réguliers sur toute la largeur du champ. Il est à remarquer que si ces rouleaux ne sont pas assez secs et ont besoïn d’être répandus le lendemain, d’après les principes exposés plus haut, la machine à faner, en

LR TE PE hoc GEST 2

les prenant en long, peut faire ce travail beaucoup plus parfaitement qu’on ne l’exécute à la fourche, et en dix fois moins de temps. En outre, le foin peut rester plus longtemps répandu pour recevoir l’action de l’air et du soleil, puisque sa mise en rouleaux, au moyen du râteau à cheval, est loin de prendre une partie de l’après-midi, comme la confection des mulloches à l’aide du râteau à main. Ces mulloches, d’ailleurs, deviennent inutiles lorsque le foin est bien serré en gros rouleaux.

Le temps n’est pas toujours beau pendant la fenaison, mais dans cette saison, les pluies n’ont généralement pas de durée comme en automne et il ne faut jamais s’effrayer. S'il survient des ondées, les opérations de fanage ne peuvent pas toujours se succéder aussi régulièrement qu’il vient d’être indiqué. Ki le temps reste à la pluie p' 1dant quelques jours, on ne touche pas aux andins et on arrête le fauchage si l’on a beaucoup d'avance. TI faut surtout tâcher d’enlever tout ce qui est sec; on met en petits tas ou en rangs tout ce qui n’est fané qu’à moitié. Dès que le soleil se montre on ouvre ces tas ou ces rangs pour les laisser ressuyer, ayant bien soin de les reformer avant la nuit.

L'emploi de la faucheuse simplifie les opérations du fanage et favorise la plus rapide conversion de l'herbe en foin. Et, en effet, les plantes sont coupées de manière à tomber très régulièrement sur le sol, où elles forment une couche uniforme, n'ayant que peu d’épaisseur. KEîles reçoivent plus promptement l’action de l’air et du soleil, leur dessiccation est plus rapide. Le râteau à cheval, dont on se sert ensuite pour ramasser le foin en rangs avant la tombée du serein, exécute un travail très facile et très régulier, lorsque l'herbe a été ainsi coupée et disposée par la faucheuse.

ucoup che, et 1 peut action ux, au re une ; mul- , d’ail- 1 serré

fenaiiéralee faut à opécecéder

Si le on ne si l’on nlever rangs leil se laisser ant la

ns du herbe

La transformation des plantes fourragères en foin est une opération tellement importante que nous croyons devoir décrire ici la méthode suivie en Angleterre.

Elle peut, dans plus d’une occasion, être imitée par plus d’un de nos cultivateurs.

Le privcipe de cette méthode consiste à faner aussi vite que possible sous un climat humide comme l’est celui de l'Angleterre.

Le fauchage commence dès que les plantes dominantes sont en fleur et avant l’apparition des graines des principales graminées. De cette manière on parvient à récolter des foins qui se distinguent par la douceur, la souplesse et la finesse des tiges et des feuilles qui les composent.

Les faucheurs font leur travail sans l’interrompre un seul instant pour le fanage, qui s’opère de la manière suivante:

Premier jour.—Le premier jour, vers dix heures du matin, on éparpille et on secoue l’herbe fauchée dans la matinée. Le soir on la met en mullocheset on ratelle grossièrement le gazon sur lequel ce premier fanage a été exécuté.

Deuxième jour.—Lorsque la rosée a disparu, vers neuf heures du matin, on fane l’herbe coupée la veille depuis onze heures jusqu’au soir; on éparpille les mulloches formées la veille et on disperse les andins faits par les faucheurs, depuis cinq heures jusqu’à dix heures dans la matinée. Pendant le milieu du jour on retourne l’herbe de nouveau, et le soir, avant l’apparition du serein, on la met toute en mulloches dont le volume varie suivant l’état de dessiccation des plantes. L’herbe qu’on a éparpillée le premier jouret qui a déjà l'aspect du foin, est disposée en tas plus volumineux que celle qui n’a encore été fanée que pendant une

PR

0 ennemie

s 7 < PRE pers "= + ”

E > ose EL à Eh Re ln

- EE

tt f CT jh " « 0] ff AA à } LU MA Me r' 41) ” Lu!

FT LA An et 14 fl * nt HA A à

262 TRAITÉ POPULAIRE D’AGRICULTURi

journée. Les mulloches, quelle que soit leur grosseur, sont disposées en lignes très régulières, afin qu’on puisse, avant la fin de la journée, râteler aisément la surface de la prairie à l’aide d’un râteau à cheval. Celui qui dirige le cheval doit suivre à chaque rayage des lignes bien parallèles et soulever les dents du râteau à des intervalles bien réguliers, afin que l’herbe ramassée forme, après l'opération, des lignes équidistantes perpendiculaires à la direction du rayage. On rassemble l’herbe ainsi diposée en lignes pour en fuire de petits tas, en reprenant les mêmes lignes avec le râteau dans le sens de leur longueur.

Troisième jour.—Le matin du troisième jour, après la disparition de la rosée, on fane l’herbe que les faucheurs ont coupée le deuxième jour depuis dix heures du matin jusqu'au soir; on éparpille les petites mulloches formées avec l’herbe fauchée ce même deuxième jour dans la matinée ; puis on démonte les grosses mulloches qui proviennent de l’herbe qu’on a fanée le premier jour. Vers midi ou une heure, on remue de nouveau toute l’herbe et à deux ou trois heures on relève en gros andins la partie qui a été coupée et fanée au début de la fenaison. Cette opération qu'on exécute avec des fourches ou au moyen d’un râteau à cheval, a pour but d’empêcher le soleil de décolorer le foin. Si l’on trouve que le foin est suffisamment sec, on l’entre ; sinon, on dispose, comme la veille, l’herbe en mulloches plus ou moins grosses selon l’état de dessiccation des plantes.

Quatrième jour.—On opère comme la veille. Lorsque, par suite d’une dessiccation incomplète, on a été forcé, le jour précédent, de mettre de nouveau en tas l’herbe fanée pendant la première journée, on l’éparpille un peu dans la matinée, pour l’enlever de la prairie pendant l’après- midi.

)sseur, qu'on ent la heval.

‘ayage râteau amastantes emble petits 1 dans

après s fauieures etites même ite les l’on a

Le fanage en Angleterre est maintenant exécuté non plus avec des fourches, mais à l’aide de la machine à faner, qui remplace avantageusement les ouvriers.

Un autre moyen auquel on peut avoir recours et qui donne un résultat très avantageux, est celui connu sous le nom de méthode de Klappmeyer, parce que c’est l’agronome de ce nom qui l’a indiqué le premier.

On a recours à cette méthode si le trop mauvais temps ne laisse pas d’espoir de sécher le foin par le fanage ordinaire, ou si l'humidité du sol, dans les prés humides et marécageux, vient sans cesse rendre aux fourrages qui y sont étendus celle qu’ils perdent par l’'évaporation.

‘Cette méthode consiste à mettre l’herbe en très grosses meules dès le lendemain du jour où elle a été fauchée, en la pressant et foulant fortement avec le plus de régularité possible dans toutes ses parties. Ordinairement, la fermentation commence à s’y établir peu d’heures après que les tas ont été formés et elle augmente rapidement. On doit en suivre les progrès avec soin et lorsqu'elle est parvenue à ce point que la chaleur ne permet plus de tenir la maïn dans la meule, on démonte cette dernière promptement et on étend le fourrage. Quelques heures de soleil ou même de vent suffisent pour dessécher complètement l’herbe qui a subi cette fermentation et pour mettre le foin en état d’être rentré. Les feuilles et les fleurs, qui sont les parties les plus savoureuses, ne s’en détachent pas comme dans les foins qui ont été tourmentés par le mode ordinaire de fanage. A la vérité, lefoin préparé par la méthode Klappmeyer acquiert une couleur brune, mais il est sucré, savoureux, il a une odeur miellée et plaît beaucoup aux animaux.

‘ L'important, dans cette méthode, c’est de démonter les meules aussitôt que l’herbe est parvenue au degré

Pa ut 0 Po 5 a Mes a 0 ee cols em nt né A SE 2 ÉENEÉS mt cm mme tecqene 8 à Pme +

Page 1