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ÉPOQUE

Elle dépend du climat et de la nature des plantes qui entrent dans la composition de la prairie ; il n’est donc point facile de donner une date précise. On peut dire toutefois, et tous les auteurs sont d'accord sur ce point, qu’il est temps de faucher la prairie lorsque les plantes qui y dominent sont en pleine fleur.

Retarder le fauchage sous prétexte que l’herbe est encore tendre et qu’elle diminuerait trop de volume par la dessiccation, c’est vouloir souvent récolter de la paille au lieu de récolter du foin. Combien de cultivateurs commettent obstinément cette faute, sacrifiant ainsi la qualité à une quantité qu’on peut bien appeler illusoire.

En effet, si on laisse passer l’époque favorable, la plus grande partie du fourrage serait alors composée de tig:s sèches, épuisées, n’ayant d’autres propriétés nutritives que celles de la paille.

Il ne faut pas d’un autre côté tomber dans l’excès contraire et commencer trop tôt le fauchage de la prairie ; il y aurait alors perte sur la quantité, car les plantes n’auraïent pas acquis tout leur développement.

Une circonstance incontrôlable retarde souvent, non pas le commencernent des foins, mais pour une prairie déterminée l’époque de son fauchage, et cette circonstance assez fréquente dans notre pays, c’est la grande étendue de nos prairies.

On ne peut les faucher toutes en un jour, au moment de la floraison. Il faut bien alors que le travail du fauchage, exécuté à une époque favorable dans telle prairie, soit quelque peu en retard dans le champ voisin. Et quand même il serait possible, grâce à l’emploi des machines, de faucher, en quelques jours, nos

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grandes prairies, une autre circonstance défendrait l’exécution d’un tel ouvrage, c’est le manque de bras, la rareté de la main-d'œuvre. Il est facile de comprendre, en effet, que si l’emploi des machines perfectionnées permet de couper en peu de jours une grande quantité de foin, il faut de toute nécessité avoir recours aux bras de l’homme et au travail des animaux, pour les différentes opérations du fanage et surtout de l’engrangement des produits.

On peut tout de même tirer parti de ce retard inévitable, en ayant en vue dans l’ordre du fauchage la destination même du foin.

Ainsi, si le foin est destiné aux bêtes bovines, il faudra le couper plus tôt et réserver aux chevaux et aux moutons le foin fauché en dernier lieu.

L'époque du fauchage exerce sur la constitution de la prairie, la quantité et la qualité de ses produits, une influence très marquée et dont il est facile de se rendre compte.

On conçoit, en effet, que si une prairie est formée par des plantes qui toutes ou presque toutes fleurissent à la même époque, et que l’on coupe chaque année ces espèces au moment de leur floraison, elles ne se reproduiront que très difficilement.

Voici alors ce qui arrive. Leur proportion diminue, celle des espèces précoces augmente. Il en résulte donc, au bout d’un certain temps, un changement complet dans la composition de la prairie, qui de bonne qu’elle était, peut devenir de médiocre qualité. On. prévient ce changement, en changeant, tous les quatre ou cinq ans, l’époque du fauchage; on la retarde, afin de donner aux espèces que l’on a intérêt à conserver, le temps de répandre leurs semences.

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Avons-nous besoin de dire ici que l’opération du fauchage s'exécute à l’aide de la faux et de la faucheuse ?

a] À la faux.—La faux décrit un arc de cercle dont le faucheur est le centre. La pointe de la faux entre dans l’herbe vis-à-vis de son pied droit. Il ne faut pas commencer plus à droite, ce serait se donner une fatigue inutile. Le poids de la lame tendant toujours à l’entraîner vers la terre, le faucheur doit tenir la pointe un peu élevée et ne raser le sol qu'avec la partie inférieure de la lame.

Dans le mouvement de retour, la faux doit glisser légèrement sur le sol, afin que le coup suivant n’attaque pas l’herbe trop haut. En outre, le coup de faux doit se soutenir jusqu’à la fin, sans quoi la pointe se relève et l’herbe n’est pas coupée assez près de terre.

Il importe de couper le foin le plus bas possible ; il ne faut pas perdre de vue en effet, qu’à partir du sol les trois premiers pouces d’herbe dans lesquels se trouvent toutes les feuilles avec les tiges, fournissent le double de fourrage de ce qui se trouve dans les six derniers pouces de l’extrémité des mêmes tiges, et que ce fourrage du bas est d’une qualité bien supérieure.

La coupe du foin s'exécute avec plus de facilité et de perfection lorsque les plantes sont mouillées, et encore toutes couvertes de rosée; aussi plus d’un cultivateur a l’habitude de se mettre à l'ouvrage dès la pointe du jour. Mais alors les andaïns formés par le travail de la faux, demandent à être défaits promptement, parce que, ainsi mouillés, ils ne tardent pas à s’échauffer au soleil ; les parties inférieures jaunissent et le fourrage perd de sa qualité. On diminue cet inconvénient en fauchant dès le matin les parties élevées

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du champ, réservant pour le milieu du jour les basfonds et autres endroits humides où la dessiccation est plus longus et plus difficile.

b] À la faucheuse.—Le manque de bras a fait rechercher avec raison les moyens de substituer à la faux l'emploi de machines mues par des chevaux, pouvant couper, en peu de temps, une quantité considérable de fourrage à peu de frais, et ne demandant pour ainsi dire, qu’un seul homme pour les faire fonctionner.

La faucheuse fut inventée.

Le problème est maintenant résolu, et la faucheuse déclarée l’instrument le plus indispensable à notre culture. Avec nos grandes exploitations, avec notre système de culture fourragère, il nous faut la faucheuse qui supplée si avantageusement à cette rareté de la main-d'œuvre dont nous souffrons tant depuis quelques années.

Disons-le avec plaisir, nos cultivateurs ont compris leurs véritables intérêts, et la plupart d’entre eux possèdent maintenant une faucheuse.

Nous n’entrerons pas dans les détails deson fonctionnement, les brochures qui accompagnent les faucheuses indiquent la manière de s’en servir dans les différentes occasions, suivant la nature plus ou moins accidentée du terrain.

Un mot seulement sur le choix à faire.

Une bonne machine à fducher ne doit pas être d’une construction compliquée; les mouvements les plus simples sont certainement ceux qui fonctionnent, le mieux ; ils ont d’ailleurs l’énorme avantage de pouvoir être aisément réparés par les forgerons de nos campagnes, lorsque leur mécanisme se brise ou se dérange en quelque chose.

Toutes choses égales d’ailleurs, on devra choisir de préférence une faucheuse qui n’ait point un système

d’engrenage appliqué au# deux grandes roues motrices. La transinission du mouvement s'opère facilement au moyen d’un ressort muni d’une guette, qui met en marche l’essieu de la machine. Avec de grandes roues à engrenage, la faucheuse présente un grave inconvénient : la terre pénètre, s’amasse dans les roues d’engrenage et arrête la marche de la machine.

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