EN MEULES
Il y a deux espèces de meules : les temporaires et les permanentes.
Les meules temporaires sont celles qu’on élève pour untemps très court, jusqu’à ce que le foin ait fermenté et perdu la plus grande partie de son eau de végétation, que le fanage n'a pu dissiper. Elles sont établies dans la prairie même, dans sa partie la plus élevée et aussi près du chemin que possible, afin de faciliter plus tard le chargement des charrettes. On leur donne ordinairement une forme ronde et quelque peu conique, ayant soin d’y tasser le foin aussi également que posible. On ratelle les paroïs de la meule pour en faire tomber les brins qui ne tiennent pas.
Les meules permanentes servent à conserver le foin jusqu'à l’époque de sa consommation par le bétail. On les construit ordinairement près des granges.
Elles doivent être élevées avec beaucoup de soin, isolées du sol par un bon lit de paille qui les préserve de l'humidité de la terre. Elles sont généralement de forme carrée, oblongue, présentant leur paroi la moins large au nord-est d'où nous viennent les vents pluvieux.
Leur sommet se termine en pointe, le milieu est renfié et la base va en se rétrécissant légèrement.
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Si l’on préfère une meule ronde, on la monte contre une forte perche de bois, placée perpendiculairement et fortement fichée en terre, au centre même de l’emplacement. Cette perche doit excéder d’un pied au moins la hauteur de la meule, afin qu’à son sommet on puisse attacher la paille qui doit servir de couverture à la meule.
Le foin est mis par couches bien régulières et fortement tassé; on peigne la meule avec un râteau; bien plus, on coupe tous les brins qui dépassent, on lui donne une forme régulière, une surface bien égale, afin que l’humidité n’y pénètre pas. On creuse tout autour de la meule un petit fossé destiné à recevoir les eaux pluviales et à les porter au loin, et, pour empêcher l’infiltration de l’eau dans le corps même de la meule, on recouvre cette dernière d’un chapeau en paille, formé par de petites gerbes de paille que l’on pose en recouvrement les unes «ur les autres, comme le bardeau de nos toits.
Le foin en meules se conserve très longtemps: il y acquiert de la qualité. Il se tasse tellement que lorsqu'on en «a besoin pour la consommation, il devient quelquefois trop long et trop difficile de l’en arracher avec la fourche. On se sert de préférence d’un instrument tranchant appelé cowpe-foin, qui, en eflet, le coupe perpendiculairement d’une manière très uniforme.
En grange ou en meule, le foin diminue, perd de son poids à mesure qu'il vieillit. Il faut bien tenir compte de cette diminution, si l’on ne veut pas être trompé dans ses calculs. Le fourrage vert se réduit au quart de son poids par sa conversion en foin. Le foin lui-même, bien fané, bien sec, subit encore une diminution sensible : ainsi 100 livres de foin ne pèsent plus guère que 95 livres après un mois, {0 livres dans
le cours de l'hiver, 80 livres dans le cours de l'été suivant. La diminution s’arrête pour ainsi dire à ce dernier chiffre, du moins il n’y a plus de perte assez sensible.
SECTION QUATRIÈME
à Durée de la prairie.
Deux circonstances principales déterminent quelle doit être la durée d’une prairie:
1° sa nature,
2° son rendement.