‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 124 sur 206 · HD · texte numérisé non relu

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b] Pâturages humides.—T1 ne faut pas confondre ces pâturages avec les précédents, qui souvent peuvent être humides, grâce aux inondations auxquelles ils sont sujets ; mais cette humidité n’est due alors qu’à une cause purement accidentelle.

Au contraire, les pâturages humides, dont il est ici question, doivent la surabondance d'humidité dont ils sont imprégnés à la nature même du sol, dont la couche inférieure imperméable, fait refluer à la surface les eaux qui s’y trouvent.

Ces pâturages sont ordinairement d’une qualité inférieure, et rarement il est possible de les assainir d’une manière complète. On les utilise néanmoins; mais, ccmme l’herbe qu’ils produisent est plus rare et surtout moins nourrissante, il en faut une étendue plus considérable pour nourrir un bœuf ou une vache. Quelquefois un arpent et demi suffit et quelquefois il en faut cinq à huit.

c] Pâturages montagneux ou secs.—La valeur de ces pâturages dépend de leur situation, de la nature de leur sol, et d’une foule d’autres circonstances trop longues à énumérer.

Quelquefois ils pourraient, à la vérité, être soumis à la culture, mais alors leur éloignement est tel qu’il vaut mieux les laisser en pâturage ; d’autres fois, le sol est tellement encombré de pierres qu’il est impossible d’y faire fonctionner la charrue ; souvent aussi, le terrain est tellement escarpé que la marche des instruments aratoires y devient impossible et que le transport des engrais nécessaires et le churroi des récoltes causeraient des dépenses qui ne seraient nullement balancées par les produits obtenus. Enfin, et c’est le plus souvent, le sol est sec et stérile au point que, sans tenir compte des autres difficultés que nous venons de mentionner, toute tentative d’améliorer ces terres de-

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20 PATURAGES ACCIDENTEIS,

On donne ce nom aux terres temporairement pâturées, sans avoir été ensemencées à ce dessein,

Elles sont loin de fournir une nourriture abondante, une ressource quelque peu assurée ; leurs produits sont toujours inférieurs à ceux des autres pâturages, tant sous le rapport de leur qualité que sous celni de leur abondance.

On en donne la classification suivante :

1° pâturage sur jachère,

2° pâturage sur chaume,

3° pâturage des forêts.

Comme il existe réellement des pâturages de ce genre et des cultivateurs qui comptent sur leurs produits, il est important, même nécessaire, d’en dire quelques mots.

Si l’on ae un coup d'œil autour de soi, si l’on observe ce qu'une pratique journalière ne cherché nullement à cacher, on pourra se convaincre que les pâturages sur chaume sont le genre généralement suivi par nos cultivateurs.

Et pourtant les inconvénients d’un tel système ne manquent point.

Les plantes que produisent les chaumes ne sont ni assez bonnes ni assez abondantes pour fournir une nourriture suffisante à un troupeau quelque peu nombreux ; il faut donc une surface plus étendue pour nourrir le bétail.en été et nécessairement, elle est prise sur celle que l’on destine à la production des

fourrages devant servir de nourriture au bétail pendant l’hiver.

Or, moins de fourrage, moins d’animaux; moins d'animaux, moins d'engrais; moins d’engrais, moins de produits et par conséquent moins de profits.

En agriculture tout se tient, tout s’enchaîne et la moindre des fautes amène des conséquences souvent désastreuses.

Tout cultivateur donc, qui sans nécessité absolue, ce qui avec une bonne culture ne peut presque jamais arriver, laisse ses chaumes en pâturages, sans les avoir ensemencés, se fait un tort extrême, car non seulement le produit de ces pâturages n’est en‘aucune manière proportionnée à la récolte de fourrage qu’on pourrait en obtenir pendant le même laps de temps; mais la terre durcie ou battue par la pluie et séchée par le s0leil, ne reçoit aucunement les influences bienfaisantes des agents atmosphériques ; les mauvaises herbes envahissent promptement la surface du champ, fleurissent, produisent des rraines et se multiplient d’une manière effrayante.

Ce que nous venons de dire du pâturage sur chaume, tel qu’il est pratiqué ordinairement, s’applique également au pâturage sur jachère.

Quant au pâturage des forêts, laissant de côté la question de savoir s’il est convenable ou utile d’y faire paître les animaux, il réste encore celle de savoir si les forêts peuvent procurer une bonne nourriture au bétail.

On peut y répondre négativement.

Cependant si les arbres ne sont pas bien élevés, ou encore s'ils sont clairsemés, dans ces cas le pâturage peut être profitable, parce que les herbes jouissant encore de l'influence de la lumière, conservent avec leur saveur leurs qualités nutritives.

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SECTION DEUXIÈME

Entretien des pâturages.

Si l’on veut que les pâturages atteignent promptement leur plus haut degré de fertilité, qu’ils donnent des produits abondants ; si l’on veut surtout qu'ils se maintiennent dans un état de fertilité avantageux, il

faut non seulement travailler à leur formation, mais .

encore veiller à leur entretien et leur donner chaque année les soins nécessaires.

Nous le répétons, c’est se tromper étrangement que de croire que pour procurer à son bétail une nourriture abondante, il suffit d'abandonner les pâturages à la nature. Seuls, les pâturages gras se trouvent dans ce cas ; tous les autres, pour peu qu’on les néglige, ne donnent jamais un revenu proportionné à leur étendue.

Les principaux soins d’entretien sont les suivants :

I.—Il est dans la nature des choses queles pâturages ne peuvent recevoir d’autres engrais que celui que les animaux en pacage y déposent. Ces engrais d’ailleurs doivent suffire ; mais il faut les épandre.

En effet, si les excréments des animaux sont laissés intacts sur le gazon, ils privent d’herbe l’espace qu’ils occupent, et cela tant qu’ils ne sont pas décomposés. L'espace ainsi perdu finit par devenir assez considérable, et si, comme on le prétend, une bête à cornes peut couvrir de ses fientes trois pieds carrés de surface, la rapide diminution du produit du pâturage est une conséquence évidente et inévitable, si on laisse les excréments sans les épandre.

Plus tard, ces excréments, après leur décomposition,

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profitant exclusivement du petit espace qui les environne, et chacun de ces endroits recevant une dose d'engrais beaucoup trop considérable, l’herbe jaillit avec une vigueur telle, qu’elle est aqueuse, peu nourrissante : les animaux la délaissent.

Et d’ailleurs, ces excréments sont très inégalement répartis. En effet, les animaux revenant constamment à la même place, soit pour ruminer, pendant la chaleur du jour, soit pour passer la nuit, il en résulte que leurs excréments sont accumulés sur quelques points seulement.

Pour obvier à tous ces inconvénients, il est très utile de faire disperser régulièrement les fientes tous les deux ou trois jours.

La chose est très facile, si l’on a adopté l’excellent système de diviser les pâturages par enclos qui restreignent l’espace livré aux animaux.

Il est encore préférable de réunir les déjections dans un coin du pâturage et de les convertir en composts en les mélangeant avec des couches alternatives de terre. On empioie de préférence les terres provenant du curage des fossés.

La formation d’un tel compost permet aussi de faire disparaître les levées de fossés, qu’on trouve encore sur la plupart des exploitations où elles sont un véritable obstacle à l’égouttement convenable du sol.

L'emploi de ces levées dans la composition d’un compost a donc deux grands avantages: permettre à l'eau un écoulement facile, et convertir cette terre perdue pour la végétation en une substance fécondante.

Si le champ qui doit recevoir cet engrais ne contient pas assez de chaux, on peut ajouter cette dernière substance au compost.

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vaux sont plus que compensés par les profits qu’on en retire.

Et, en effet, ce mode d'utiliser les déjections des animaux est préférable à tout autre, en ce que les principes volatils'et fertilisants des excréments sont absorbés par la terre qu’on y mélange et retenus ainsi au profit du pâturage.

Ces principes sont aû contraire perdus, si les déjections des animaux restent exposées sur le sol à l’évaporation produite par les vents et le soleil.

On peut affirmer, sans exagération, aue ce procédé a pour effet d'augmenter de plus de la moitié la puissance de l’engrais produit par les animaux, à tel point que l’on peut, sans inconvénient aucun, en employer une partie pour fumer d’autres terres, sans nuire pour tout cela au pâturage.

Avant d'employer ce compost, il faut en mélanger parfaitement les diverses couches.

La chaux ou les autres s'ibstances minérales qu’on a pu y ajouter, contribuent puissamment à rendre à la terre les matières salines dont elle est privée par suite de la végétation des plantes.

II—La destruction des plantes nuisibles a été suffisamment indiquée à l’article de l'entretien des prairies pour que l’on soit dispensé d'entrer ‘dans de plus longs détails qui ue seraient d’ailleurs qu’une répétition.

Disons toutefois que les mauvaises herbes des pâturages sont aisées à reconnaître par ce fait bien simple que les animaux les laissent intactes.

Il est bon, quelquefois, de herser ies pâturages au printemps ; cette opération détruit la mousse et favorise la croissance des bonnes herbes.

Il n’est pas rare de voir dans les pâturages des places vides occasionnérs soit par la mauvaise qualité du

sol, soit par le dépérissement des herbes. Tout bon cultivateur, lorsqu'il voit ces espaces dégarnis d’herbes, L doit, au printemps après le hersage, y répandre des semences de graminées, et ensuite y passer un léger rouleau.

III.—Enfin, dans certaines circonstances, surtout lorsque le sol est de telle nature qu’il soulève à la gelée, on doit, au printemps, faire passer sur le pâturage un rouleau très pesant, qui force les racines à rentrer en terre et les plantes à taller davantage.

Entretenir les clôtures en bon ordre, les fossés et les rigoles libres de tout obstacle sont aussi des soins d’entretien qu’exige tout pâturage.

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