‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 129 sur 206 · ALTERNATION DES PATURAGES · texte numérisé non relu

ALTERNATION DES PATURAGES

La dépaissance ne doit pas être continue.

Il faut en effet donner à l’herbe qui a été coupée par la dent des animaux le temps de repousser, de s'élever à une hauteur de 6 à 8 pouces.

C’est Ià une nécessité si l’on veut conserver ses pacages, en retirer, pendant plusieurs années, un profit constant et convenable.

La tige, en effet, qui est constamment coupée, souffre de ces blessures continuelles; elle s’épuise, sa végétation devient languissante, et comme dans un pâturage quelconque ce sont toujours les plantes les plus délicates qui sont les plus recherchées, ce sont aussi celles qui souffrent le plus d’une dépaissance prolongée ; elles s’épuisent plus tôt, et finissent par disparaître pour être remplacées par des espèces médiocres. Pour conserver le pâturage en état de donner tou-

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jours de bons produits, il faut donc en enlever de temps en temps les animaux, zour que l’herbe puisse réparer ses pertes, croître, s'élever à la hauteur que nous avons indiquée.

Il faut aussi commencer à faire pâturer les pâturages les plus vieux; l’herbe plus abondante, le sol résistant mieux à l'empreinte du pied, indiquent suffisamment que c’est dans ces vieux pâturages que les animaux, au printemps, doivent chercher leur nourriture.

À ces pâturages succèdent des pâturages plus jeunes et on réserve pour les derniers ceux qui n’ont été créés que l’année précédente et qui n’ont pas encore nourri le bétail. Quelle que soit la saison, il ne faudra pas admettre les bestiaux sur ces pâturages lorsque le terrain est assez humide pour souffrir de l'empreinte de leurs pas.

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