‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 149 sur 206 · DU SARRASIN · texte numérisé non relu

DU SARRASIN

I. Le sarrasin, cultivé pour son grain, est une récolte précieuse dans les sols pauvres, sablonneux, froids, et dans les terrains meubles montagneux. Ailleurs, il est employé plus utilement comme fourrage hâtif on comme engrais vert destiné à être enfoui.

On cultive donc cette plante pour trois objets: pour la récolte des graines, pour le fourrage et pour l’amendement des terres.

Le sarrasin se plaît dans les terres siliceuses et granitiques, dépourvues de calcaire, où nulle céréale ne pourrait donner des produits passables, où plus d’une même, ne pourrait parvenir à épier. Cela ne veut pas dire qu’il ne produit pas davantage dans de meilleures terres; toutefois, il est improductif dans une argile tenace.

mr er

if LE Fi R à ]

La réussite du sarrasin, à part le choix d’un terrain convenable, dépend entièrement des circonstances atmosphériques. qui accompagnent sa végétation. La sécheresse, dans plus d’une circonstance, l’empêche de s'élever ; les vents secs arrêtent sa croissance; la pluie fait tomber ses fleurs ; la moindre gelée blanche le tue: il y a pou de grains, en un mot, qui soient plus casuels et qui se montrent plus indépendants, dans leurs produits, äu mode de culture auquel on les a soumis.

II. Le sarrasin est une plante étouffante, c’est-à-dire qu’il nettoie le sol des mauvaises herbes, étouffe leur croissance par la rapidité et la vigueur de la sienne; le sarrasin, cultivé pour étre enfoui en vert, est une plante améliorante, qui enrichit le sol et le prépare à recevoir la culture d’une plante plus épuisante. Le sarrasin peut donc, dans certaines circonstances, remplacer dans la rotation la culture des plantes sarclées, lorsqu'on ne peut surtout disposer d’une fumure nécessaire.

III. 1° Le sarrasin aime une terre bien meuble, il faut donc la lui donner et les différentes opérations de la préparation du sc! doivent tendre vers ce but, produire ce résultat.

2° Voïci la composition chimique des matières minérales que renferment 1,000 parties de cendre provenant de la combustion de sa graine.

L:. première colonne du tableau donne les chiffres fourni: par une analyse faite par Bichon sur du sarrasir produit par une boune terre; les chiffres de la secende colenne sont donnés per I. Pierre, dans l’analyse d’un sarrasin très maigre.

Page 1