DU CHOU
Le chou est une plante bisannuelle, c’est-à-dire qu’il parcourt toutes les phases de sa végétation dans l’espace de deux ans.
On distingue deux variétés de choux: le chou branchu et le chou pommé.
Toutes deux sont employées comme fourrage.
Le chou branchu a une tige dépourvue de pomme et qui s'élève de quatre à six pieds. Elle se garnit de feuilles dans toute son étendue.
Le chou pommé au contraire à des tiges beaucoup moins hautes ; ses feuilles, plus larges, se réunissent en forme de pomme arrondie.
I. Les choux aiment les climats humides, les terres argileuses, profondes, fraîches mais non trop humides ; des sols légers sous un ciel brumeux leur conviennent de même que les argiles compactes sous un climat chaud.
IT. Le chou demande des binages et des buttages ;
utenir c’est une plante sarclée; elle ouvre la rotation. Les limat ; exigences de sa culture placent d'ailleurs le chou en ragère, tête de l’assolement, puisqu'il demande un terrain prone pré- fondément ameubli et copieusement fumé. Les céréales succèdent d'ordinaire au chou.
luisant Le chou peut aussi se succéder à lui-même pendant res par deux ou trois ans, mais il demande alors une culture bien entendue.
ur peu III.—1° Le sol, avons-nous dit, doit être profondéqu’elle ment ameubli ; il lui faut donc, à l’automne, un labour sur le profond de dix pouces ; au printemps, une quinzaine de jours avant la plantation, on donne un second labour moins profond, que l’on fait suivre d’un hersage et d’un roulage, destinés tous deux à pulvériser les mottes de terre ; enfin, au moment dela plantation, on trace les sillons à l’aide du buttoir.
2° Les feuilles du chou contiennent d’après Girardin : equ’il s l’es- Matières sèches... sésnstsnrer dise és bran- 1008 Dans l’état normal, ces feuilles renferment 0,20 pour . 100 d’azote; elles en contiennent 8,70 à l’état sec. )omme Muller nous donne les chiffres suivants que lui a nit de fournis une analyse faite sur 1,000 parties de cendre, contenant les substances minérales :
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Les choux contiennent une forte proportion de phosphates, ainsi que de potasse et de chaux ; il faut donc que le sol qui les produit soit riche en sels alcalins et calcaires.
Dans les sols non calcaires, il far t chauler ou marner.
Les choux demandent une fumure abondante qu’on leur applique, si c’est possible, moitié lors du labour d'automne, moitié lors du labour du printemps. Si l’on ne dispose pas de la quantité d'engrais nécessaire, on ne répand alors le fumier qu’en une seule fois et dans les sillons ouverts par le buttoir à l’époque de la plantation des choux.
Le fumier de moutons est celui qui convient le mieux à la culture du chou.
8° Les choux sont cultivés eu pépinière, c’est là qu’on les sème et lorsque les jeunes plants ont acquis un développement convenable, on les transplante ; cette dernière opération est connue sous le nom de repiquage.
Le semis des choux se fait en pépinière.
La pépinière reçoit une culture à part.
Disons d’abord que ce doit être un terrain très riche et très frais ; on lui donne en étendue le dixième de la surface que doivent occuper les jeunes plants après le repiquage.
Le terrain choisi, on lui donne un premier labour : c’est un labour de défoncement, profond de 21 pouces, que l’on ne renouvelle que plus tard, lorsque l’on g’a perçoit que les plantes languissent dans leur végétation. Tous les ans, après l’enlèvement des plants, la pépinière doit recevoir deux bons labours à l’automne et une abondante fumure. Au printemps, aussitôt que la saison le permet, on herse le terrain et on le divise en planches de trois pieds, séparées par de petits sentiers.
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On répand alors la semence à la volée, à raison de trois onces par arpent ; on la recouvre au râteau.
Le semis en pépinière doit être fait aussitôt que possible, c’est la première condition pour pratiquer le repiquage de bonne heure. :
Il faut aussi une bonne graine, et le moyen le plus simple de se la procurer telle c’est de la récolter soimême, ce qui est des plus faciles. Le chou étant une plante bisannuelle, ne donne sa graine que la deuxième année ; on la recueille dès que la plus grande partie des siliques qui la renferment commencent à blanchir.
4 Aussitôt que la plante est sortie de terre, elle est envahie par l’altise, insecte connu de nos cultivateurs sous le nom de puceron.
L’altise s'attaque aux feuilles tendres qui apparaissent les premières et peut détruire en peu de temps toute une pépinière de choux. Il faut donc lui faire la guerre.
‘ La machine de guerre qui m'a le mieux réussi, ou pour mieux dire, qui m'a seule réussi, dit M. Jules Rieffel, ce sont les cendres non lessivées. Il faut se servir de ces cendres comme moyen mécanique de protéger la jeune plante, en résistant à la troupe vorace des altises. Chaque matin, au point du jour, où les cotvlédons (les jeunes feuilles) sont couverts de rosée, il faut saupoudrer de ces cendres toutes les feuilles. T1 ne s’agit pas simplement de répandre les cendres à la volée, c'est À pas comptés, et par pincées, que les feuilles doivent les recevoir, de manière que les cendres
. 8’y attachent et couvrent chacune entièrement. De cette
manière elles adhèrent assez fortement aux feuilles pour y demeurer un jour entier, quelquefois deux jours, et pendant ‘out ce temps il est matériellement im possible aux altises d'entamer la moindre parcelle de ces feuilles ainsi cuirassées. On les voit sauter de tous cô-
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tés sans s'arrêter nulle part et probablement elles périssent dans tout le désespoir de la faim, car elles disparaissent entièrement après un certain temps. On conçoit que pour la complète réussite de ce moyen, il est indispensable que la plante soit constamment couverte de cendres, jusqu’à ce qu’elle ait atteint sa quatrième feuille. Cette couverture ne nuit aucunement à la végétation qui poursuit son cours comme si elle ne la portait pas. S'il survient de la pluie, le lavage des feuilles n’est pas à redouier, Aussi longtemps que la pluie dure, les altises ne font aucun mal. Mais après qu’elle a cessé, au premier rayon du soleil l’ennemireparaît en forces. On se hâtera de répandre des cendres, à moins que le jour ne soit déjà avancé. Dans ce dernier cas, on remettrait l’opération au point du jour du lendemain.”
Les choux ont un autre ennemi très dangereux dans un petit papillon blanc qu’on appelle le piéride du chou; ce papillon donne naissance à des chenilles d’un vert bleuâtre, finement velues, ravées de jaune et parsemées de points noirs. Ce sont ces chenilles, provenant des œufs déposés par les papillons, qui font tant de ravages aux choux, et qui, dans ces dernières années, sont venues en si grand nombre, que la culture du chou devenait impossible dans certaines localités.
Heureusement, depuis deux où trois ans leur nombre semble diminuer et nous promettre par Ià même un succès plus assuré dans la culture du chou.
En pépinière, le chou doit recevoir des sarclages aussi souvent que l’exige la croissance des mauvaises herbes.
On recommande aussi fortement d’éclaircir la pépinière, afin de donner aux plants que l’on conserve l’espace nécessaire à leur développement.
Cet espace doit être environ de À de pouce.
On éélaircit dès que les plants du chou sont assez longs pour pouvoir être saisis par la main.
La transplantation ou le repiquage a lieu lorsque les plants ont acquis un développement qui leur permette de résister aux circonstances moins .avorables dans lesquelles ils vont se trouver placés.
On attend en général que les choux aient une tige de la grosseur d’une plume d’oie.
Au moment du repiquage, on trace, comme nous
* l'avons dit, à l’aide du buttoir, des sillons, qu’on sépare
les uns des autres par un intervalle de deux pieds. Si la terre n’a pas été fumée, on doit alors répandre l’engrais suivant la méthode que nous avons indiquée en parlant de la culture du maïs. Pour enterrer le fumier, on fait passer le buttoir dans le centre des billons formés en premier lieu. Dans sa marche, le buttoir déverse la terre à droite et à gauche, sur le fumier, et lorsque cette opération est terminée, le sol présente le même aspect qu'auparavant, il n’y a de différence que là où s'élève maintenant un billon, s’ouvrait un sillon, et que le sillon actuel se creuse à l’endroit même où s’élevait le billon.
Quand le sol est ainsi disposé on aplatit tous les billons en faisant passer sur le champ un léger rouleau d’une longueur suffisante pour opérer sur quatre billons à la’ fois.
Le sol préparé à recevoir les plants, on procède au repiquage, choisissant pour cela, autant que possible, un temps couvert, un jour qui promette une pluie prochaine.
Voici comment on opère :
‘ Pour cela, dit l’enseignement dela Gazette des campagnes, trois personnes sont nécessaires si l’on veut que In besogne marche bon train. Toutes trois se mettent sur une même ligne. La première reçoit les plants
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aussitôt qu’ils sont arrachés de la pépinière, élle les prépare à être transplantés, en coupant l’extrémité de leur racine pour que celle-ci ne se courbe pas dans le trou du plantoir, après quoi, elle couche chaque plant à l'endroit qu’il! doit occuper sur la ligne. La seconde personne relève le plant de la main gauche, tandis que de la main droite armée d’un plantoir, elle fait un trou dans la terre; dans ce trou elle introduit la racine du plant sans la courber. Pendant le court moment que cette dernière personne met à retirer son plantoiïr et à placer le plant dans le trou, la troisième, placée en face de la précédente, tenant au bras un panier plein d’un engrais en poudre convenable, jette dans le trou une pincée de cet engrais qui arrive au fond en même temps que le plant. Enfin, la seconde personne, toujours avec son plantoir, pratique un trou à côté du plant et par un tour de main tout particulier, fixe en terre le bout de la racine et son collet.”
‘Il y a, dit un praticien, tout un art dans ce dernier coup de plantoir... c’est de lui que dépend la réussite de la récolte... Il faut, dans cet exercice, que la pointe du plantoir arrive instinctivement à Ja pointe de la racine du plant et que celle-ci éprouve alors une pression de la terre du fond, en même temps que par un revers de la main, la même pression se fait sentir au collet de la plante. Par cette double manœuvre le plant est si bien enveloppé de terre qu’il est à l’abri de l’air ambiant et il ne tarde pas à prendre racine.”
Trois personnes agissant de concert comme il vient d’être décrit, peuvent, dans une journée transplanter 9,000 plants de chou.
Un autre mode de repiquage consiste à substituer à l’emploi du plantoir celui de la pioche; on creuse alors des fosses d’une profondeur quelquefois assez considérable pour que la racine du plant n'y soit nas
repliée sur elle-même ; ce mode est plus coûteux que le premier parce qu’il est plus lent. On y a cependant recours lorsque les plants ont acquis une trop grande longueur, ce qui arrive, si l’on se trouve obligé de retarder, pour une cause ou pour l’autre, l’époque du repiquage.
Bien entendu, les plants sont repiqués sur l’arête aplatie du billon. On plante en quinconce, c’est-à-dire que les plants sont disposés comme les carreaux d’un damier; on réserve un espace de deux à trois pieds entre les plants d’une même ligne. Le lendemain du repiquage, on arrose les plants avec de l’eau ou encore mieux avec un engrais liquide: cet arrosage facilite beaucoup leur reprise.
Dès que les plants sont repris on donne de suite un premier binage, avec la houe à cheval, entre les lignes. Il a pour effet d’ameublir le sol durci par le piétinement des ouvriers pendant le repiquage. Trois semaines après, on donne un second binage entre les lignes avec la houe à cheval et, cette fois, entre les plants d’une même ligne avec la houe à main (gratte). On donne un troisième binage si la réapparition des plantes nuisibles le nécessite, On termine enfin par un buttage que l’on donne lorsque les choux ont atteint à peu près le tiers de leur grosseur.
IV. La récolte des choux branchus se fait comme celle du tabac. Elle commence dès que les feuilles inférieures prennent une teinte jaunâtre. On fait alors
une première cueillette, enlevant tout d’abord ces .
fruilles inférieures qui ont acquis leur entier développement et dont le changement de couleur trahit la maturité.
Ces feuilles sont livrées à la consommation du bétail.
On continue la récolte, en cueïillant quelques jours
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plus tard, les feuilles suivantes, au fur et à mesure qu’elles parviennent à leur maturité. Enfin, n coupe la tige rez de terre, on la divise en quatre dans le sens de sa longueur et on la donne au bétail pour qui elle est un excellent fourrage.
Les choux pommés, les seuls que l’on cultive généralement en ce pays, doivent se récolter aussi tard que possible, sans toutefois les exposer à être endommagés par les gelées.
Les choux donnent en moyenne un rendement de 25,000 livres par arpent.
SECTION TROISIÈME
Des plantes alimentaires cultivées pour leurs racines.
Nous étudierons sous ce titre les plantes suivantes : betterave, navet, carotte, panais. Nous ajouterons, ou plutôt nous ferons précéder cette étude de celle des pommes de terre. Elles ne sont pas véritablement une plante-racine ; les pommes de terre nesont autre chose que des bourgeons très renflés qui naissent à l’extrémité des tiges souterraines. Ce sont des tubercules, nullement des racines.