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DES POMMES DE TERRE

Il existe un grand nombre de variétés de ce tubercule: vouloir les classer est certainement peine inutile ; car non seulement on en gagnede nouvelles tous les jours, mais les anciennes se perdent par dégénération.

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Presque toutes les plantes cultivées fournissent des variétés.

Ces variétés, produits de la culture, se conservent aussi longtemps que durent les causes qui les ont provoquées, c’est-à-dire que si le sol continue à être soumis à une culture soignée, si sa richesses’augmente par l'addition d'engrais judicieux, si les semailles ou les plantations s’exécutent en temps propice, non seulement ces variétés se conservent, mais elles se perfectionnent et se transforment en variétés nouvelles très souvent supérieures aux premières.

Parmi les variétés des diverses plantes, il y en a qui perdent leurs propriétés, leurs caractères particuliers, par ie seul fait de leur transposition dans une autre espèce de sol ou sous un climat différent.

A cette catégorie appartient certainement la pomme de terre, dont les innombrables variétés ne sont en effet que les produits d’un sol, d’un climat, d’une culture différents.

IL. Originaire des pays chauds, y croissant dans un sol léger et sous un ciel plutôt humide que sec, la pomme de terre prospérera d’autant mieux qu’on lui donnerw un terrain approchant de son sol naturel.

Aussi, quoique certaines espèces de pommes de terre prospèrént en terre forte, néanmoins, il est universellement constaté que la plupart demandent un sol léger où le sable domine.

Mais il faut aussi faire la part de l’état général de l’atmosphère ; sous un climat chaud, ses produits sont en raison directe de la fraîcheur naturelle ou artificielle du sol. Toutes choses égales d’ailleurs, c'est dans les terrains légers que ce tubercule acquiert le plus de qualité.

En somme, d’après des expériences faites par des agronomes distingués, on peut ainsi classifier les sols,

commençant par ceux dans lesquels les pommes de terre donnent leurs produits les plus abondants :

1° sable pur d’alluvion ;

2° sable humifère ;

8° sol calcaire ;

4 sol sablo-calco-argileux ;

5° sol argileux.

II. La pomme de terre peut, sans inconvénient, succéder à toute espèce de récolte.

Elle estune récolte sarcléeet trouve par conséquent su place toute marquéeau commencement d’une rotation.

La pomme de terre jouit aussi de la propriété de se succéder à elle-même et il n’est pas rure de voir des cultivateurs la cultiver pendant dix, quinze et vingt ans sur le même terrain, sans que son produit en souffre d’une manière sensible.

Il faut alors fumer souvent.

III.—1° La pomme de terre a besoin pour se développer d’une couche de terre meuble et fraîche.

On l’obtient par les labours.

Les labours qu’on donne au sol, développent son activité, détruisent les mauvaises herbes et fournissent aux racines une couche de terre meuble ; ils doivent par conséquent être d'autant plus profonds et plus complets que les racines tendent davantage à se développer sous le sol. C’est ainsi que les pommes de terre réussiront d'autant mieux que le sol aura été défoncé et ameubli avec plus de soin.

Voici des expériences qui ont été faites et qui viennent pleinement confirmer l'utilité des labours profonds.

Un arpent de terre labouré à 33 pouces a donné 4,833 livres de tubercules.

Un arpent labouré à 7 pouces de profondeur en a donné 5,792 livres.

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Le même sol, défoncé à une profondeur de 15 à 16 pouces, a donné pour une même étendue le joli rendement de 7,230 livres.

On devra donc, lorsque cette opération sera possible, donner un labour de défoncement, à l’automne, ou du moins un labour profond qui ameublisse la terre.

On donne un second labour au printemps au moment de la plantation.

Dans les terres sablonneuses, on peut facilement omettre de donner un labour à l’automne, mais alors il faut lui en donner un profond au printemps.

2° Voici d’après Boussingault, la composition immédiate de la pomme de terre,

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