‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 169 sur 206 · CRE. F · texte numérisé non relu

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herse donné sur le travers des sillons fait tomber sur le fumier une quantité de terre suffisante pour l’enterrer.

C’est au fond de ces sillons en partie comblés et immédiatement au-dessus du fumier que l’on sème la pomme de terre; on recouvre la semence, soit avec la houe à main (gratte), soit par un hersage plus énergique donné sur le travers des sillons, ou encore à l’aide du buttoir que l’on fait passer entre les sillons et qui dans sa marche, déversant la terre à droite et à gauche, jette sur les plantes toute la terre nécessaire à les couvrir entièrement.

Dans les terres légères, on place de préférence la pomme de terre sous le fumier, immédiatement su fond du sillon.

Lorsque les pommes de terre sont semées en sillons, il faut donner à ces derniers un espacement convenable ; 21 à 27 pouces suffisent.

Dix à quinze jours après la plantation, on donne un coup de herse qui ameublit le sol et détruit les mauvaises herbes qui commencent à couvrir sa surface. Peu après, lorsque les rangs de pommes de terre sont bien sortis, on recommence le hersage. Quelque temps après, on donne le binage à la houe à cheval et on le répète, s’il y a nécessité, quinze jours plus tard.

On termine les soins d'entretien par le buttage qui peut se donner en une seule fois à l’époque où la pomme de terre est sur le point de fleurir, mais il est bien plus complet lorsqu'on l’exécute en deux fois. On avance alors un peu l’époque du buttage; la première fois, on fait pénétrer l'instrument de trois à quatre pouces de profondeur lorsque les plantes ont atteint dix à once pouces de hauteur ; quinze jours après, on donne le second buttage, qui doit être plus énergique et pratiqué de manière à envelopper les tiges sur les deux tiers de leur élévation.

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Les binages et les buttages sont les seules opérations culturales que réclame la pomme de terre pendant sa végétation.

IV. La maturité des pommes de terre se reconnaît, dit J. A. Barral. à ce que les tiges se flétrissent, puisse dessèchent. Si, lorsqu'on coule le pouce en l’appuyant avec force sur un tubercule, la pelure résiste et ne se soulève pas, il faut alors, lorsque le temps est au beau, procéder sans délai à l’arrachage.

On arrache les pommes de terre à bras ou à la charrue, ou à l’aide d’un instrument spécial connu sous le nom d’arrache-ratates.

L’arrachage des pommes de terre à la charrue a été décrit dans les opérations générales de culture, nous n’y reviendrons pas.

Un mot de l’arrachage à bras.

L’instrument le plus convenable à cette opération est un crochet composé de deux dents plates, longues de dix à douze pouces et réunies par une forte douille dans laquelle s’insère un manche court et dont l’ouvrier se sert à demi courbé et en marchant en avant.

Cet ouvrier suit, les jambes écartées, une rangée de pommes de terre sur laquelle il est en quelque sorte à cheval. D’un coup de crochet qu’il donne à six pouces en avant de chaque touffe, il l’enlève en l’ébranlant avec précaution et la jette en arrière en la faisant passer entre ses jambes ; il fouille avec son outil, autour de la cavité dont il vient de détacher une touffe de tubercules, pour enlever ceux qui pourraient se trouver

un peu plus loin, puis il passe à la touffe suivante.

Deux femmes ou deux enfants accompagnent chaque arracheur ; leur tâche est de ramasser les pommes de terre dans des paniers qu’ils vident soit dans des sacs qui sont plus commodes si les tubercules doivent être transportés à dos dans les caves, soit dans des tombe-

reaux, qui sont préférables lorsqu’on peut vider directement ceux-ci par un soupirail, ou dans la cave même.

Aussitôt que la récolte est enlevée, il faut donner un hersage en travers. À

Ce hersage a trois résultats : il achève de ravaler les sillons formés par le buttoir et que l’arrachage a déjà détruits en partie ; il rassemble en chaîne les fanes de pommes de terre ; et enfin, il met à découvert les tubercules qui étaient cachés sous la terre ou les fanes ou qui ont échappé aux ramasseurs.

On enlève immédiatement les fanes pour en faire une excellente litière, ou on les brûle sur place et on répartit la cendre.

Les pommes de terre laissées à la lumière ne tardent pas à verdir, ce qui leur donne un mauvais goût. On doit les rentrer aussi vite que possible, en leur laissant toutefois le temps de sécher quelque peu.

Les pommes de terre donnent des produits dont l’abondance dépend du sol, de la préparation du sol, de l’espèce de pomme de terre qu’on a plantée, enfin de plus d’une circonstance. Il est presqu’impossible de donner des chiffres précis, cependant on peut dire que 200 à 250 minots par arpent sont un excellent rendement, un renderent que bien des cultivateurs sont loin d’obtenir.

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