‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 173 sur 206 · dessous · texte numérisé non relu

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feuilles de la betterave couvrent assez le sol pour empêcher la marche de l'instrument.

La betterave, surtout celle que l’on cultive pour l’extraction du sucre, doit recevoir un ou deux buttages. On donne le premier lorsque la racine mesure 24 pouces environ de circonférence, et le second trois ou quatre semaines après.

IV.‘ Pendant la première année de sa végétation, dit Dubreuil, la betterave développe seulement des feuilles et une racine. Ces deux organes puisent dans l’atmosphère et dans le sol certains fluides qui, élaborés par les feuilles, concourent en partie à l’accroïissement de la racine et s'accumulent dans sontissu pour fournir, l’année suivante, un prompt et vigoureux développement de la tige et des fruits. C’est la présence de ces fluides dans les tissus de la racine qui donne à cet organe les propriétés qui le font rechercher soit pour la nourriture des animaux, soit pour l'extraction du sucre.” Le moment de la récolte se trouve par là même indiqué. La betterave ne doit être enlevée du sol que lorsqu'elle a accumulé dans ses tissus la plus grande quantité de ces fluides, le plus tard possible.

On obtient ainsi une augmentation considérable dans les produits, sans compter — c’est un fait d’observation — que les betteraves récoltées tard sont moins aqueuses, plus nutritives, d’une conservation plus facile, plus propres enfin à l’extraction du sucre.

Mais, si le sol est très compact et argileux, il est bon alors de récolter de bonne heure, si l’on ne veut pas que l’arrachage de la betterave s’opère sur un champ devenu, grâce aux pluies d'automne, collant et boueux et qu’on laisse souvent dans un très mauvais état pour la récolte suivante.

L’arrachage de la betterave, lorsque cette plante est cultivée en grand, se fait au moyen d’une charrue

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sans avant-train, portant au lieu du versoir un morceau de bois triangulaire entre le soc et l’étançon de devant, qui soulève la terre sans la retourner. En piquant profondément avec cet instrument à gauche de la ligne des plantes et au-dessous des racines, on les soulève et on les détache du sol, de manière qu’elles peuvent étre facilement arrachées à la main.

La betterave arrachée, on procède à son décolletage, opération que nous avons décrite dans la culture générale.

On rentre les betteraves aussi tard que possible, ayant soin de les réunir en petits tas que l’on recouvre des feuilles provenant du décolletage.

Le produit moyen de la betterave est de 15 à 20,000 livres par arpent. Ce produit peut s'élever jusqu’à 35,000 livres et même 40,00 par arpent, dans les années excep-

tionnellement favorables et dans les sols les plus propices.

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