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RIGOLES COUVERTES OU DRAINS

Lorsque l’humidité dont souffre le sol a pour cause, non seulement l’eau qui tombe à la surface, mais encore la présence de sources ou de filtrations dans le sol, ou lorsque le terrain est plat et d’égoût difficile, il faut alors avoir recours à l'établissement de fossés couverts ou drains.

Le nombre et la largeur des fossés couverts sont déterminés par la quantité d’eau qu’ils doivent écouler. Leur profondeur se règle par celle même des caux qu'il s’agit de détourner, par le plus ou moins d’espace que l’on veut laisser entre chaque draïn et par la plus ou moins grande porosité du sol; dans tous les cas, elle doit être assez considérable pour que les instruments aratoires ne viennent pas déranger les matériaux employés dans la construction des drains.

Les drains doivent aussi être soustraits à l’action de la gelée.

Leur pente doit être suffisante pour permettre à l’eau de s’écouler facilement. On obtient ordinairement ce résultat en faisant suivre aux draïins la plus grande pente du terrain. Dans un drainage bien fait, à fond bien nivelé, une pente de 174 pouces à l’arpent suffit amplement à faire écouler l’eau.

En général on doit tâcher de faire aboutir les drains dans un fossé ouvert ; l’eau s’y écoule plus facilement et l’on s'assure mieux en tout temps, de leur bon fonctionnement, car c’est aux bouches des drains que la gelée cause le plus de dégâts.

Les draïns ne doivent pas être trop longs, surtout si la pente qu’ils suivent est très rapide; on établit alors un drain transversal, de plus grandes dimensions, &ui reçoit l’eau de tous les drains ordinaires.

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C’est le drain collecteur ou conducteur.

La jonction des drains ordinaires avec le drain collecteur ne doit pas se faire rperpendiculairement à ce dernier drain mais obliquement. On empêche, ainsi, que les vitesses des petits courants ne se fassent obstacle en se réunissant, ce qui occasionnerait des dépôts de vase ou de sable. T1 faut aussi, et pour la même raison, éviter de faire converger sur le même point du drain collecteur deux draïins ordinaires, venant en sens contraire.

Les matériaux employés dans la construction de

« ces fossés souterrains peuvent être de diverses natures.

On se sert le plus avantageusement de tuiles ou conduits en terre cuite que l’on place au fond des drains: ce sont des tuyaux de diamètre variable, placés les uns à la suite des autres, sur une même ligne, unis entre eux par des articulations, en tuile aussi, d’un diamètre plus grand, et auxquelles on donne le nom de manchons ou collets. Les manchons ne sont pas pourtant absolument nécessaires.

La pose de ces tuiles ou conduits en terre cuite demande beaucoup de soin.

On peut aussi employer des pierres dans la confection des drains.

On forme alors, au fond du fossé, un conduit au moyen de grosses pierres plates, convenablement disposé:s et par-dessus lesquelles on entasse des cailloux. Le tout est couvert d’une tranche de gazon ou d’une écorce de cèdre ou de bouleau, et de terre jusqu’au niveau du sol.

Un drainage aussi efficace est le suivant, indiqué dans le petit Manuel d'agriculture du Dr La Rue.

Dans les fossés ouverts on couche deux morceaux de bois ronds, des sapins dépouillés de leurs branches, de la grosseur du bras ou de la jambe. Entre ces deux

morceaux de bois on laisse un espace libre de deux à cinq pouces. Par-dessus ces deux tronçons de sapin, on en couche un troisième; ou mieux, on les recouvre d’une croûte. Ces fossés ou drains sont ensuite remplis de terre.

Il est parfaitement établi aujourd’hui que le drainage en tuiles est le plus effectif et le plus économique et on ne doit lui préférer le drainage en pierre que dans les terrains où la proximité du roc empêcherait de placer les tuiles à l’abri des gelées.

Voici les avantages que les agronomes attribuent au drainage :

Il abaisse le niveau des eaux stagnantes à une ,:vfondeur suffisante pour qu’elles ne puissent plus nuire

au développement des racines des récoltes ;

I] facilite le passage à travers la coucke arable, des eaux pluviales et des éléments de fertilité qu’elles peuvent apporter sur le sol qui les reço’: ;

I] facilite à l’air le moyen de pénétrer dans le sol, jusqu’à la portée des racines, et jusqu’au contact des engrais dont il active la décomposition au profit des récoltes ;

Il contribue à l’ameublissement des terres fortes ;

Il augmente la chaleur du sol, en diminuant l’évaporation superficielle de l’eau, et, par suite, en atténuant le refroidissement que cette évaporation produit toujours ;

Il augmente la fertilité du sol d’une manière étonnante, par suite d’une introduction plus facile, d’un transport plus régulier, d’une trantormation plus avantageuse des gaz et des substances propres à contribuer au développement des plantes cultivées.

Et, comme résultats plus pratiques, plus tangibles, on peut ajouter que le drainage augmente la superficie du terrain consacré à la production des récoltes, —par

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conséquent augmentation des produits,;—par la suppression des planches étroites et des raies d’égouttement ;

On laboure et on sème les terres drainées plus tôt au printemps et plus tard à l’automne ;

La maturité des récoltes est avancée de quinze jours, grâce à la végétation plus énergique et plus uniforme des plantes.

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