‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 32 sur 206 · DES LABOURS · texte numérisé non relu

DES LABOURS

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Le labour est la principale des opérations par lesquelles on amène le sol à cet état d’ameublissement qui convient à la germination des graines et à la végétation des plantes.

Le labour a de plus l'effet de détruire les plantes nuisibles, de mélanger le sous-sol avec le sol, d’enfouir les engrais et les amendements.

‘ L'effet des labours, dit Girardin, n’est pas seulement de déplacer latéralement la terre, de manière à en désunir les particules, et à lui permettre d’absorber l’air et les gaz fertilisants; c’est encore de la remuer de telle sorte que les parties qui étaient placées au fond de la couche labourée soient ramenées à la surface, et celles de la surface replacées au fond. La couche superficielle, toujou,: plus fertile en raison de son exposition à l’air et de la décomposition, à sa surface, des matières organiques, se trouve ainsi mise en contact avec les racines des plantes et la couche inférieure, privée depuis quelque temps du contact de l’air, vient réparer les pertes qu’elle a éprouvées sous l’action absorbante des racines.”

Les labours peuvent être considérés sous plusieurs points de vue; c’est ce que nous allons faire en en étudiant : 1° le mode ; 2° la forme ; 3° la profondeur ; 4° la largeur ; 5° l’époque.

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1° Mope.

On fait les labours avec différents instruments connus sous les noms de bêche, fourche, houe, charrue. De là, deux sortes de labour: le labour à la main, qui

s'effectue à l’aide des trois premiers instruments, et le labour à la charrue.

a] Labour à la main.—Il est employé dans le jardinage et la petite culture.

De tous les moyens employés pour ameublir le sol, le labour à la bêche est celui qui remplit le plus parfaitement les conditions que nous venons d’exposer.

Le labour à la fourche est presqu’aussi parfait que celui de la bêche et s'exécute de la même manière.

Le labour à la houe (pic, pioche, gratte) n’a pas la même perfection que celui de la bêche ou de la fourche. La terre n’est pas retournée, elle n’est que déplacée.

Dans le labour à la houe, l’ouvrier avance continuellement sur la partie du sol qu’il vient de labourer, et va par conséquent en avant, tandis que c’est le contraire pour le labour à la bêche et à la fourche.

b] Lubour à la charrue.—La charrue agit sur le sol en séparant et en détachant une bande de terre parallèle à la superficie, en la tranchant à la fois verticalement et horizontalement. Elle prend cette bande de terre à sa gauche, la retourne sur son propre axe, la renverse à droite de manière qu’elle soit à la portée de la herse qui doit la pulvériser.

Ce triple effet de trancher la terre dans les deux sens et de renverser cette tranche s'obtient simultanément au moyen du coutre, du soc et de l'oreille, les trois parties constitutives de toute charrue.

Un mot sur la charrue.

11 y a trois espèces de charrue: la charrue simple, la charrue composée et la charrue polysoc.

La charrue simple porte le nom d’araire.

Elle 5e compose des parties suivantes :

1° le coutre, espèce de couteau adapté en avant du soc, à l’âge de la charrue, destiné à fendre la terre et à couper les racines ;

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2° le s0c, la partie principale de la charrue, sépare horizontalement la tranche de terre que le coutre a déjà coupée verticalement. Le soc est composé de deux parties, l'aile qui est sa partie tranchante et la douille qui sert à le fixer au corps de la charrue ;

8° le sep, base de la charrue, glissant au fond du sillon en s'appuyant contre la terre non labourée ;

4 Je versoir ou oreille, partie caractéristique de la charrue, servant à verser, en la retournant, la tranche de terre coupée par le soc et le coutre ;

5° l’âge, appelé aussi perche, forte pièce en boïs, en fer ou en fonte, un peu aplatie sur les côtés et servant à transmettre le tirage au corps de la charrue ;

6° les étançons, supports en bois ou en fer, unissant le sep à l’Age ;

7° les mancherons, pièces de bois à l’aide desquelles le laboureur engage sa charrue dans le sol et l’empêche de dévier de sa ligne régulière ;

8° enfin, le régulateur, placé à l'extrémité de l’âge, destiné à faire varier, suivant les besoins, le degré de profondeur du labour et la largeur des bandes de terre.

La charrue composée est connue sous le nom de charrue à avant-train ; c’est la charrue à rouelle qui règne encore en certains endroits.

L'avant-train est une pièce accessoire ordinairement . représentée par deux roues qui se meuvent autour d’un essieu sur lequel repose l’extrémité de l’âge et où sont attachées les bêtes de trait.

Toutes les charrues qui marchent avec un avanttrain sont des charrues composées.

Pour donner aux charrues à avant-train plus de disposition à entrer en terre, on abaisse l’âge sur son point d’appui, ce qui se pratique à l’aide des trous dont il est percé vers sa partie moyenne; on produit l'effet contraire en élevant l’âge.

Le régulateur de l’araire est donc supprimé dans la charrue à avant-train.

Les charrues polysocs, comme l'indique leur nom, contiennent plusieurs socs ; du même trait de charrue, il y a deux, trois ou quatre bandes de terre de retournées suivant qu’il y a deux, trois ou quatre socs attachés à la charrue et autant de versoirs.

Les charrnes polysocs n’ont pas encore atteint toute la perfection désirable ; il en est une cependant qui fonctionne très bien, c’est la charrue bisocle anglaise, ains! appelée parce qu’elle a deux socs. Elle est maintenant introduite dans le pays. T1 faut trois chevaux pour l'utiliser : dans les terrains faciles, on peut quelquefois s’en servir avec deux chevaux seulement.

Quelle qu’elle soit, la charrue doit réunir les conditions suivantes :

1° construction simple, composée des seules pièces nécessaires ;

2° soc plat et tranchant ;

8° oreille disposée de manière qu’elle nettoie parfaitement le fond de la raïe, et qu'elle donne une tranche de terre convenablement épaisse et la plus étroite possible;

4° tirage peu considérabie;

5° enfin, qu’elle obéisse avec précision à celui qui ia conduit.

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