PROFONDEUR DU LABOUR
Elle se mesure dans la raie ouverte par la charrue, au bord de la terre que l’instrument n’a pas attaquée.
Considérés au point de vue de leur profondeur, les labours à la charrue peuvent être divisés en quatre sortes : les lubours de défoncement, les labours profonds, les labours ordinaires, les labours superficiels.
Diverses considérations déterminent la profondeur du labour.
Tout labour doit répondre aux exigences des plantes que l’on cultive.
Certaines plantes n’étendent leurs racines qu’à la superficie du sol et dans une direction horizontale, — les céréales ; d’autres sont munies de racines pivotantes et s’enfoncent verticalement à une grande profondeur,— carottes, betteraves, etc.
La profondeur du labour varie donc nécessairement suivant les différentes espèces de végétaux que l’on veut cultiver.
Elle varie aussi suivant la constitution du sol; la couche arable, trop superficielle, reposant sur un soussol ingrat, ne doit pas être remuée au delà de son épaisseur ; mais si le sous-sol est de bonne qualité, si
la couche arable est épaisse, la profondeur du labour peut être utilement augmentée, cette augmentation devenant quelquefois une impérieuse nécessité.
a] Labours de défoncement.— On nomme ainsi :
1° les labours qui ramènent à la surface une partie de la couche du sous-sol ;
2° les labours destinés à ameublir une partie du sous-s0l, sans la ramener à la surface.
Avant de pratiquer un labour de défoncement, il faut s'assurer de la nature du sous-sol, afin de juger si, mélangé avec la couche superficielle, il n’en viciera pas la composition.
Cet examen indiquera si on doit ramener une partie du sous-sol à la surface ou se contenter de l’ameublir sans la déplacer.
Lorsque l’on veut ramener une partie du sous-sol à la surface par un labour de défoncement, on peut le faire en employant l’un des deux procédés suivants :
1° ramener peu à veu à la surface une portion du sous-sol, en n’attaquant à chaque labour de défoncement qu’une couche de terre très mince;
2° descendre tout d’un coup à une grande profondeur dans le sol, le défoncer dans toute la force du terme.
Le premier procédé est le plus généralement employé: nous allons en comprendre la raison.
La terre qu’un labour de défoncement ramène à la surface est toujours plus ou moins stérile, ayant été, jusque-là, privée des influences atmosphériques.
Si le sous-sol est d’excellente nature, il suffira de l’exposer, pendant quelque temps, aux principes fécondants de l’air, pour lui communiquer une partie des qualités de 14 couche arable.
Si, au contraire, ce qui a généralement lieu, le soussol est d’une nature inférieure, il est alors indispensa-
our tion
it, il r si, ‘era
artie
1blir
sol à ait le ts :
du nce-
bfone du
em-
à la été,
ble de fortifier l’action de l’atmosphère par une application d’engrais; faute de ce secours, le sol serait appauvri. :
Comme il n’est pas toujours facile de donner à un tel labour de défoncement tout l’engrais qui lui convient, et il lui en faut beaucoup, on n’opère le défoncement que d’une manière progressive. Ainsi, par un premier labour on n’entamera qu’un pouce du sous-sol]. Trois ou quatre ans plus tard on approfondira encore d’un pouce, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait donné au sol cultivé, à la couche arable, une profondeur convenable, variant entre douze et dix-huit pouces.
Le défoncement du sol, suivant le second procédé que nous avons indiqué, peut avoir lieu de deux manières : en faisant passer deux charrues, l’une après l’autre, dans la même raie, ou bien en faisant suivre la charrue par des hommes armés de bêches, qui approfondissent le terrain avec cet outil.
Il n’est pas toujours nécessaire, dans un labour de défoncement, d’amener une partie du sous-sol à la surface ; il est souvent même préférable, quand on n’est pas riche en fumier, nécessaire quelquefois, lorsque le sous-sol est de mauvaise qualité, d’ameublir les couches inférieures au lieu de les mélanger avec la terre arable.
Cette opération s'effectue en faisant suivre la charrue ordinaire, par une deuxième charrue sans versoir, munie d’un soc convexe, appelée charrue sous-sol, charrue fouilleuse, qui fouille le terrain sans le retourner.
On obtient par ce moyen une amélioration notable.
L’ameublissement du sous-sol permet en effet à l’eau de descendre plus avant, aux engrais de s'y infiltrer, aux plantes d’y enfoncer leurs racines.
EE
EL EE. L sed - F
> og DU ER PR Lo SEE APR RMS LES RE NE LES EE 3 Sd FD - = $ = FE - #5 = -
no TRAITÉ POPULAIRE D’AGRICULTURE
b] Labours profonds.—On nomme labours profonds ceux dont la profondeur est de huit à dix pouces.
L'avantage de ces labours consiste principalement en ce que les plantes trouvent À puiser leur nourriture dans une masse de terre plus considérable.
Le sol labouré profondément peut supporter sans inconvénient une plus grande quantité d'engrais que celui qui ne reçoit qu’un labour superficiel ; dans ce dernier, les principes fertilisants du fumier n'étant mélangés qu’à une petite masse de terre, sont fournis aux plantes trop promptement, ce qui donne lieu à une végétation trop active et occasionne les céréales à verser.
Les labours profonds, de même que les labours de défoncement, tendent essentiellement à prévenir les accidents qui résultent, pour les récoltes, soit des sécheresses, soit de l’excès des pluies.
En effet, une grande quantité d’eau détrempera en totalité une couche de trois ou quatre pouces de terre et ne tardera pas à refluer à la surface et à convertir tout le terrain en boue ; tandis que si la même quantité d’eau eût eu à détremper une masse double de terre, elle n’eût produit qu’une humidité favorable à la végétation.
D'un autre côté, cette humidité qui a pénétré à sept, huit ou dix pouces de profondeur, sera bien plus difficilement ensuite absorbée par le soleil et par les vents desséchants, que celle qui imprègne les couches surperficielles du sol.
Règle générale, pour conserver ses qualités, la couche arable doit être remuée de temps en temps dans toute son épaisseur et exposée à l’influence de l'air. Elle finirait par perdre ses avantages si on se contentait de lui donner des labours superficiels. En effet, l’action réitérée du sep lisse le fond dela raïe à la même profon-
deur et le corroye de manière à le rendre compact et à fermer aux couches inférieures toute communication avec l'atmosphère. Il se forme, ainsi, un sous-80] artificiel qui bientôt prend tous les caractères d’un véritable sous-sol.
c] Labours ordinaires.—Les labours ordinaires ne dépassent pas la couche de terre annuellement cultivée ; ils ont de cinq à sept et huit pouces de profondeur.
Cette profondeur varie, est plus ou moins considérable, suivant la nature des plantes pour lesquelles on prépare le terrain et la tendance qu'ont leurs racines de s’enfoncer plus ou moins profondément.
Pratiqués l'automne, les labours demandent une augmentation de profondeur et cette profondeur varie aussi suivant qu’on laboure du chaume de grain, du chaume de foin ou du friche. Sous le même volume, la terre, dans ces différents états, ne contient pas la même quantité de matière; on la lui donne en augmentant, suivant le besoin, la profondeur du labour.
On doit aussi avoir égard au but que l’on se propose en labourant. S’il s’agit d’enterrer les engrais, le labour
- devra présenter une profondeur telle, que ces engrais
ne soient pas placés hors de la portée des racines.
d] Labours superficiels—On donne ce nom aux labours qui ne pénètrent qu’à la profondeur de trois ou quatre pouces.
On en fait généralement usage pour détruire et enterrer les plantes nuisibles sur un champ en jachère; pour enfouir des engrais pulvérulents, enfin, pour recouvrir les semences sous raies.
C’est par un labour superficiel que l’on enterre les pois et les pommes de terre lorsqu'on les sème sous raies.
RE
Re