ÉPOQUE DES LABOURS
Le moment le plus favorable pour labourer dépend de l’état du terrain et du but qu’on se propose.
a] Etat duterrain.—On ne doit commencer les labours que lorsque le sol n’est ni trop sec, ni trop humide, c’est-à-dire, lorsqu'il n’est ni trop tenace, ni trop dur; autrement, l’exécution du labour est très difficile à effectuer, quelquefois même impossible.
Lorsque le terrain est trop sec, le sol argileux,'au lieu de se diviser en tranches égales, se déchire en mottes de diverses grosseurs; le sol sableux, par le revirement d’une tranche deterre dont la surface serait desséchée, serait lui-même entièrement privé de son humidité.
Dans un terrain humide, les bandes de terre deviennent très adhérentes ; elles se durcissent en séchant et ne se divisent plus qu’en mottes qu’il est difficile de briser ; en outre, les semences des mauvaises herbes s’y conservent jusqu’à ce que l’ameublissement ultérieur du sol leur permette de lever.
b] But spécial du labour.— Pour parvenir aux différents buts que l’on peut avoir spécialement en vue dans la confection d’un labour, on a, relativement aux temps où ils se pratiquent, trois espèces de labours: les labours.du printemps, les labours d’été et les labours d’automne.
A-t-on principalement en vue l’ameublissement d’un sol humide et compact, c’est aux labours d'automne qu'il faut recourir. La gelée vient alors en aide aux cultivateurs ; elle pulvérise le sol aussi bien, mieux même, que le meilleur des instruments, et le laisse, au printemps, dans un état d’ameublissement parfait.
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Est-ce la destruction des mauvaises herbes qu'il s’agit d'obtenir par les labours, le moment le plus favorable au labour variera suivant le genre des mauvaises herbes que l’on a à combattre.
Les mauvaises herbes sont de deux sortes principales : les unes, annuelles ou bisannuelles, se reproduisent par leurs graines. Les autres sont vivaces et se propagent surtout par leurs racines.
Les semences des mauvaises herbes annuelles lèvent facilement dans un sol quelque peu ameubli par la herse ; on les détruit, en les culbutant par un labour lorsqu'elles sont en végétation, mais avant leur floraison.
En donnant après l’enlèvement de la récolte un bon hersage, on facilite la germination immédiate des mauvaises graines qui recouvrent le champ. Le labour d'automne qui arrive au moment où ces plantes sont en pleine végétation, complète l'opération du déchaumage et détruit du coup une foule de mauvaises herbes qui auraient poussé l’année suivante en même temps que le bon grain.
Les mauvaises herbes vivaces qui se multiplient surtout par leurs racines, ne peuvent être détruites par les même moyens. C’est en brisant fréquemment leurs jeunes pousses et en exposant leurs racines au soleil, qu'on parvient à les extirper.
Il faut ici des labours d'été, labours superficiels, donnés par des temps de sécheresse et qu’on fait suivre du hersage lorsque les racines des plantes sont bien desséchées.
Ces labours d’été sont le fondement de la jachère.
On entend par jachère nue la série des préparations qu'on fait subir à la terre, laissée alors improductive, pour la disposer à avoir des récoltes.
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nées au sol, entre la récolte et l’ensemencement au printemps suivant, dans le but de détruire les mauvaises herbes et de mieux ameublir la terre.
Le principe dominant dans la jachère est de ne point permettre aux mauvaises herbes de se multiplier, c’est leur destruction même qu'on cherche à obtenir.
Le nombre de labours qu’on doit donner dépend de leur exécution et varie suivant que la température favorise plus ou moins le nettoiement du sol et son ameublissement.