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DU BINAGE

Le principal but du binage est de rompre, de pulvériser, jusqu’à la profondeur de deux ou trois pouces, la croûte qui se forme à la surface des terrains abandonnés à eux-mêmes.

La terre, ainsi remuée à sa surface, devient plus pénétrable à l'air, à la pluie, à la rosée, dont les influences se font d’abord sentir jusqu’aux racines des plantes.

Le binage a aussi pour effets :

1° d'empêcher l’action de la sécheresse sur le sol, en interposant entre les rayons solaires et le milieu où végètent les plantes une couche de terre plus meuble, trop meuble pour pouvoir, en vertu de la capillarité, réparer, aux dépens de la couche inférieure, la perte d'humidité éprouvée par le desséchement ;

2° de détruire les plantes nuisibles.

Il ne faut pas confondre le binage avec le sarclage.

Le sarclage ne consiste que dans l’arrachage des plantes, à la main, sans façon donnée à la terre. Le binage, au contraire, en même temps qu’il détruit les plantes nuisibles, donne à la terre un léger labour superficiel et s'exécute avec des instruments à la main ou mus par des chevaux.

Le binage est soumis aux règles suivantes :

1° Le binage ne saurait avoir lieu quand la terre,

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déjà trop durcie par la sécheresse, ‘se soulève et se casse en mottes, ni quand, trop humectée, elle se retourne en masse compacte; il faut attendre l’époque où une partie de l’humidité étant déjà absorbée ou évaporée, la terre en conserve encore cependant assez pour s’émietter facilement.

20 Une petite pluie légère rend souvent le binage plus facile, mais elle a l’inconvénient de faciliter la repousse de quelques mauvaises herbes laissées sur le terrain, tandis que par un temps de sécheresse, toute plante attaquée par le binage périt infailliblement.

8° Le binage par un temps de grande sécheresse peut cependant être nuisible dans les terres légères et sablonneuses, en ce qu’il occasionne une déperdition plus abondante de l’humidité de la terre.

4 Lorsqu'on donne plusieurs binages, les derniers doivent être plus profonds que les premiers.

5° Le binage se donne dès que la terre commence à durcir.

Le binage est usité soit pour les terres chargées de récoltes, soit pour les sols nus ou en jachère.

Dans le premier cas, on fait usage d'instruments à la main, de la bineuse et de la houe à cheval; dans le second cas, on se sert de l’extirpateur, du scarificateur.

Lorsque l’on veut biner une terre chargée de récoltes, l'instrument employé diffère suivant que la terre porte des récoltes-racines ou des céréales semées en ligne.

Si la terre porte des récoltes-racines, pommes de terre, betteraves, etc., les lignes sont plus espacées, les raies plus larges, l’instrument par conséquent peut être plus grossier. On se sert, dans ce cas, de la houe à cheval qui bine le terrain compris entre les lignes, et ensuite de la houe à main pour biner dans la ligne xême des plantes.

La houe à chev1l se compose d’un châssis triangulaire, pourvu en dessous de dents se terminant en soc et en lames. Le soc principal, de forme triangulaire allongée, est placée sur la ligne centrale de l'instrument au sommet même du triangle ; chacune des deux lignes qui partent du sommet du triangle, qui en forment les côtés et auxquelles on donne le nom de branches latérales, est arinée, elle aussi, de gocs et de lames courbées horizontalement. Ces branches peuvent étre éloignées ou rapprochées à volonté, selon l’écartement entre les lignes des plantes. Ce châssis triangulaire est fixé par son sommet à un âge à l'extrémité antérieure duquel ‘est adaptée une petite roue ou une semelle qu'on élève ou abaisse, à volonté, suivant le degré d’entrure qu'on fait prendre à la houe.

Inutile de faire une description de la houe à main qui termine le travail commencé par la houe à cheval. C’est l’instrument vulgairement appelé gratte.

Si la terre que l’on veut biner porte des céréales semées en lignes, l’opération devient alors plus délicate et exige pour sa confection un instrument différemment construit.

Ce nouvel instrument porte le nom spécial de bineuse.

Si le sol que l’on veut biner ne porte pas de récoltes au moment du binage, on emploie alors l'extirpateur ou le scarificateur.

L’'extirpateur est un instrument armé de plusieurs socs qui coupe entre deux terres les plantes qu'il y rencontre et remue le sol à une certaine profondeur, mais sans le retourner.

Le scarificateur diffère de l’extirpateur en ce que ses pieds, de formes variées, au lieu de eouper la terre horizontalement, la déchirent et la divisent verticale-

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ment à la manière des dents de la herse ou du coutre de la charrue. C’est un instrument très énergique.

Si l’on chausse les pieds du scarificateur des socs de l’extirpateur, on a un nouvel instrument, connu sous le nom de cultivateur, dont le travail produit à lui seul les effets séparément obtenus par l’usage et de l’extirpateur et du scarificateur.

DU BUTTAGE.

Le buttage, généralement connu ici sous le nom de re(n)chaussage, consiste à amasser une certaine quantité de terre au pied des plantes, de manière à enterrer la base de leurs tiges.

Le buttage produit les effets suivants :

1° il augmente la fertilité du sol ;

20 il détruit les plantes nuisibles ;

8° il agit enfin directement sur la végétation, soit en entretenant plus de fraîcheur autour des racines, soit en apportant aux plantes une terre nouvelle dans laquelle la partie finîichement enterrée de leurs tiges émet des racines, soit, enfin, en fortifiant la tige ellemême contre les coups de vent.

Pour que le buttage produise de bons effets, il doit être pratiqué au moment où la terre a été récemment ameublie par un binage.

Le buttage des plantes dont on veut augmenter ainsi directement les produits, se donne lorsque les récoltes n’ont encore atteint que le tiers de leur développement.

Dans la petite culture, le buttage se fait à main, au moyen de ia bêche, de la houe, etc. Dans la grande culture, on remplace ces instruments par le buttoir.

C’est une espèce de charrue à deux versoirs mobiles, pouvant s’écarter ou se rapprocher à volonté. Le buttoir trace des sillons, rejetant la terre des deux côtés, de sorte qu’en passant successivement entre les lignes des plantes, on amoncelle la terre contre leurs tiges.

Pour que le buttage soit parfait, la terre doit être relevée des deux côtés de l’ados, de manière à ne faire qu’une seule arête à son sommet, sur laquelle les tiges des plantes se trouvent ainsi placées. On obtient ce résultat en ouvrant plus ou moins les versoirs de l'instrument.

Si l’on donne plusieurs buttages, le premier doit être moins énergique que le second; ce dernier se donne huit ou dix jours après le premier.

SECTION TROISIÈME

Des amendements.

On comprend sous le nom d’amendements toutes les améliorations, mélanges, additions ou soustractions qu’on exerce sur le sol pour en modifier la composition chimique ou les propriétés physiques.

LEUR Siliceux.

4 = Argileux.

11 | C4 | | 8 ee TR A Marne argilouse, } Le Calcaires, 4 res calcaire.

fee A Chaux.

Plâtras de démolition.

Ainsi augmenter la ténacité des terres légères, affaiblir celle des terres fortes, augmenter la surface cul-

tivable d’un champ en enlevant les roches et les cailloux qui en encombrent une partie, rendre les terrains plus aptes à absorber la chaleur, les gaz atmosphériques ;”rétablir l’équilibre de la composition chimique du sol par des additions convenables de sable, d'argile ou de calcuire : tels sont: les actes qui rentrent dans ce que nous appelons l'amendement du sol.

Les amendements ont donc pour but :

1° de rétablir dans une terre l'harmonie dans les proportions de ses éléments constituants ;

2° de donner au sol toutes les qualités physiques utiles à la végétation des plantes. |

Tout amendement a donc nécessairement une action chimique où physique; cette double action peut être produite par le même amendement,

Pour pratiquer un ainéndement quelconque il faut, de toute nécessité, aonnaître trois vhoses ;

1° la composition chimique du sol à amender ;

2 ses qualités ou ses défauts physiques ;

8° la vertu—action physique ou chimique-de tous les agents qu’on peut employer comme amendements.

Les amendements, en effet, doivent varier de nature suivant celle des terrains; c’est ainsi qu’un sol où prédomine l’argile, le calcaire ou le sable, exige qu’on corrige ses défauts par le mélange de substances qui aient des caractères opposés.

Considérés sous le point de vue de leur nature chimique, les amendements sont partagés en trois classes : siliceux, argileux et calcaires, suivant que la silice, l'argile ou la chaux est l'élément constitutif qui prédomine dans leur composition.

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