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DU ROULAGE

Le roulage consiste à faire passer sur les terres fraîchement labourées ou ensemencées, un rouleau ou cylindre pesant, en bois, en pierre ou en fer, dans le but, soit de briser les mottes qui ont résisté à l’action de la herse, soit de plomber (tasser) le terrain.

On fait usage du rouleau dans les cas suivants :

1° sur les terres meubles, légères, pour y cffacer les mauvais effets des labours trop réitérés. Il plombe les terres de cette nature sans trop les durcir, et empêche par là l’évaporation trop prompte de l’humidité ;

2° on sc’sert du rouleau pour raffermir les plantes des semailles et leur donner plus d’adhérence avec le 80] ;

3° pour presser contre le sol les touffes d'herbe que la gelée soulève dans certaines prairies ;

4° pour presser contre la terre les graines fines, qui demandent à être enterrées très peu profondément.

C’est surtout aux terres fortes que convient très bien le rouleau, pour briser les mottes qui ont échappé à l’action de la herse. Mais il est nécessaire que cette opération soit faite par un temps suffisamment sec ; car si la terre est humide, elle s’attache au rouleau ou bien les mottes ne sont qu’aplaties; l'opération est alors plus nuisible qu’utile.

Il y a des rouleaux de dimensions et de formes différentes.

Le rouleau a d’autant plus d'action que sa pression s’exerce sur une moindre surface du sol, en d’autres termes, qu’il a moins de longueur et que son diamètre cest plus grand. Un rouleau en bois de cinq à six pieds

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de longueur sur trois pieds de diamètre fonctionne mieux que les rouleaux longs et étroits dont on se sert communément.

Le rouleau a encore d'autant plus d'action que toute sa surface appuie sur la terre partout, queiles que soient d’ailleurs les inégalités du terrain.

Les rouleaux ordinaires, faits d’un seul morceau, ne remplissent pas cette condition importante. On devra leur préférer les rouleaux brisés, faits en plusieurs morceaux, composé de deux, trois, quatre fragments de cylindre, ayant un essieu unique, mobile, qui traverse des lumières très larges. Dans ces conditions, chaque partie, obéissant aux inégalités du terrain, s'élève ou s’abaisse ; on atteint par là même toutes les parties du sol.

Indépendamment de ces précieux avantages, quand le rouleau tourne au bout du champ, chaque partie étant indépendante de sa voisine, peut rouler isolément, dans un sens ou dans l’autre; la terre alors ne se trouve pas creusée, comme cela arrive avec les rouleaux d’un seul morceau.

En plaçant, en arrière du rouleau, à deux pouces de sa surface, une barre rigide qu’on fixe dans le cadrechâssis du support, on a cette pièce importante du rouleau connue sous le nom de décrottoir.

Si le sol est un peu humide, la terre s'attache facilement au rouleau; le décrottoir fait tomber la terre adhérente. S'il arrive que le décrottoir empêche la marche du rouleau, parce que la terre s'attache en trop grande quantité, il n’y a plus alors qu'à dételer ; l'opération du roulage est contre-indiquée mécaniquement par ce seul fait.

Les rouleaux offrent le plus souvent une surface unie, ce qui rend parfois leur action insuffisante dans les sols compacts, surpris par la sécheresse, après le

labour. On les remplace alors, avec avantage, par des rouleaux dont la surface est armée de dents ou de disques. Ces rouleaux portent le nom spécial de brise-mottes. Il y a aussi des brise-mottes qui ont la forme de herses.

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