ENGRAIS VERTS
La plante, nous le verrons plus loin, vit aux dépens du sol et de l'atmosphère.
Dans le sol, ses racines absorbent les sucs nourriciers; dans l’air, ses feuilles aspirent les fluides fécondants.
Plus une plante se nourrit aux dépens de l’atmosphère, moins elle épuise le sol.
Les plantes dont les feuilles sont les plus développées, comme le trèfle, les pois, les fèves, vivent sur-
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tout des gaz que leur fournit l'air, tandis que les plantes qui ont peu de feuilles, comme les pommes de terre, la betterave, etc., tirent directement leur subsistance du sol même.
Donc, sous ce point de vue, division des plantes en deux classes parfaitement distinctes.
Si maintenant nous prenons une de ces plantes auxquelles l'atmosphère fournit les aliments nutritifs pour en étudier la croissance, nous arrivons, d’accord avec les faits, aux conclusions suivantes.
La plante, pendant la germination, se nourrit aux dépens de la semence. De la semence en effet sort le germe qui se dirige vers la surface du sol; la semence elle-même pourrit, c’est-à-dire que sa substance, devenue assimilable, passe dans le germe qu’elle développe : première période de la croissance.
Parvenu à la surface, le germe s’appelle tige, verdit au contact de l'air, émet des feuilles, continue son développement, aux dépens de l’atmosphère, jusqu’à cette époque qu’on appelle la floraison : deuxième période de la croissance.
Après la floraison, la plante change d’aspect, la tige se durcit, les différents sucs s’épaississent, les feuilles perdent leur couleur verte et par là même leur propriété d’absorber les fluides de l’atmosphère ; la maturité de la plante, des nombreux fruits qu’elle porte se fait alors aux dépens du s61l : troisième période de la croissance.
C’est pendant cette troisième période de sa vie que la plante épuise davantage le sol.
Appliquons maintenant ces connaissances au sujet qui nous occupe.
Et d’abord on appelle engrais verts, l’enfouissement dans le sol des plantes qui ont acquis un certain développement.
Ils sont fondés sur ce principe que toute plante, restituée à la terre avant d’avoir porté graine, augmente sa fertilité, d’abord par la restitution même faite au sol des principes puisés dans son sein, ensuite et surtout par l’addition des principes soustraits à l’atmosphère pendant la deuxième période de la croissance du végétal.
Les plantes réellement propres à l’enfouissage sont celles qui tirent la plus grande partie de leur nourriture de l'atmosphère et, pour une raison bien facile maintenant à comprendre, cet enfouissage doit être pratiqué au moment où ces plantes sont sur le point de fleurir.
On passe sur elles un rouleau d’autant plus pesant qu’elles sont plus rigides ; les tiges sont couchées et facilement enterrées ensuite par la bande de terre renversée par la charrue.
Le meilleur moyen, dit M. E. A. Barnard, dans ses Causcries agricoles, de coucher les tiges que l’on veut ainsi enfouir, est d’accrocher à l’âge de la charrue (la perche), près du coutre, une chaîne de trois à quatre pieds de long, au bout de laquelle on «ttache une pierre ou un poids quelconque d’environ dix livres. Un autre bon moyen est l’emploi d’une chaîne à billot, accrochée d’un bout au grand bacul et attachée de l’autre à l’âge de la charrue, de manière à lui faire décrire une courbe qui entraîne et couche les tiges sans cependant en laisser traîner assez long pour qu’elle enterre la chaîne sous le versoir (oreille) de la charrue. ”
Lorsque l’on sème une plante avec l'intention de l’enfouir, on doit semer plus dru qu’à l'ordinaire, parce qu’alors on vise à la quantité, à la masse de substance végétale qu’on veut immédiatement convertir en engrais.
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Parmi les plantes on devra choisir : : | 1° celles qui, ayant le feuillage le plus riche et le (} plus abondant, donnent nécessairement une grande | masse de substance organique; | 2° celles qui parviennent promptement à leur plus Il grand degré de développement ;
3° celles dont la semence est de peu de valeur;
4° enfin celles qui peuvent prospérer dans un terrain déjà peu chargé d'engrais.
Les engrais verts produisent de bons effets dans les terrains sablonneux et calcaires : on s’en ser: aussi avec avantage pour: fumer de temps en temps les pièces éloignées ou d’un accès difficile.