‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 63 sur 206 · SE · texte numérisé non relu

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Aux endroits où l’on dépose ce fumier on répand une couche de terre, mesurant dix à douze pouces d’épaisseur, destinée à recevoir dans sa substance les parties liquides qui suintent du tas de fumier. On recouvre aussi le tas d’une couverture de paille qui modère l’action du soleil et empêche la volatilisation trop grande des principes fertilisants.

IV. Epandage et enfouissage du fumier.— Le fumier transporté doit être épandu le plus tôt possible, pour éviter que les tas ne déposent un excès de matière fertilisante sur la place qu’ils occupent, fait dont la végétation témoigne suffisamment par la suite. Cet excès de principes fertilisants nuit à la bonne répartition de la fumure sur toute l'étendue du champ: il y a alors des parties qui sont trop fumées et d’autres qui ne le sont pas assez; résultat qui n’est jamais avantageux.

Pour prévenir tout inconvénient, il faut laisser les fumiers séjourner en petits tas le moins possible et faire en sorte que l’épandage suive de près le transport des engrais sur les champs.

L'épandage se fait à la fourche.

Il est suivi de l’enfouissage. On recouvre le fumier par un labour de six pouces environ, moins profond même dans les terres compactes. Si le fumier est long et pailleux un enfant précède la charrue et attire, à l’aide d’un rateau, le fumier dans la raie.

Le fumier estenfoui plus profondément dans les terres sèches et légèré& et lorsqu'il doit servir à l’alimentation de plantes pivotantes; moins profondément dans les terres froides et humides, pour les plantes traçantes.

Quelquefois le fumier n’est pas enterré, c’est ce qu’on nomme fumier en couverture. On fume ainsi les prairies artificielles, les trèfles, etc.

Les opinions sont partagées sur les avantages de ce procédé appliqué aux cultures.

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Le fumier enfoui immédiatement se conserve plus longtemps dans la terre et exerce plus lentement et plus tardivement son action.

On doit donc recourir à l’enfouissage immédiat, lorsque, dans l'intérêt de la plante, le fumier ne doit agir que lentement et successivement; lorsqu'on ne peut fumer qu’à de longs intervalles; lorsqu'on est obligé d'économiser les engrais ; lorsque le champ a une forte pente.

Le fumier étendu à la surface du sol devient plus facilement décomposable.

Lors donc qu’il importe de faire agir la plus grande force d’une fumure sur une première récolte, lorsqu’on est dans le cas Ge fumer souvent, tous les ans, il convient alors de laisser le fumier pendant un certain temps étendu à la surface du sol.

20 DESCOMPOSTS.

Par composts on entend une espèce d’engraïis mixte qui est composé d’un ou de plusieurs corps terreux, de déjections animales et de débris végétaux.

Toutes les matières organiques qu’on laisse perdre habituellement : ‘la tourbe, le tan, le bois pourri, la sciure de bois, les feuilles d'arbres, leur écorce, les mauvaises herbes, les débris de paille, la poussière des greniers à foin et à grains, les ratissures dés allées, les gazons, les épluchures de légumes, etc. ;

Tous les liquides chargés de matières salines ou de matières organiques: les urines, le purin, les eaux grasses, les eaux de savon, etc.;

Toutes les terres, les sables de route, les boues, les cendres de foyer, les cendres de houille, les charrées qui ont servi au lavage des planchers, au lessivage du linge, la suie, les curures de fossés, les débris de démolition, etc. ;

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