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Enlever la plante du sol peut s'exécuter de deux manières, suivant qu’on la coupe ou qu’on l’arrache. Il y a donc la coupe et l’arrachage.
1° Couvre.
On coupe, en général, les plantes alimentaires que l’on cultive pour leurs fruits ou pour leurs feuilles.
L'opération varie dans ses détails suivant l'espèce d’instrument employé.
Les instruments dont on fait usage sont : la faucille, le javelier, la faux et la moissonneuse.
a] À la faucille.—T1 y a deux espèces de faucilles ; dans l’une, le fer de l'instrument est armé de dents, dans l’autre, il est simplement tranchant.
L'une et l’autre sont également bonnes.
Voici la manière de s’en servir.
On avance, la tête tournée vers le grain que l’on veut abattre ; en même temps qu’on saisit les chaumes de la maïn gauche. la paume tournée en dedans, on engage le croissant de la faucille dans les tiges, on l’appuie contre le grain saisi par la main gauche, et, tirant vers soi le tranchant de l'instrument, on coupe la poignée.
On dépose ces poignées à sa gauche et par petits tas qu’on appelle javelles.
Voici les avantages que présente l’emploi de la faucille : les javelles, que l’on dépose sur le sol, à mesure que l’on coupe le graïn, donnent un travail plus régulier. Le grain se trouve étendu et soulevé du sol puisqu’il est supporté par un chaume de six à huit pouces de long ; sa dessiccation est plus rapide, et, comme le grain n’est pas en contact avec le sol, sa germination est moins à craindre dans les années pluvieuses.
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Enfin, l’usage de cet instrument n'exigeant pas une très grande force, on peut y employer indistinctement tous les bras, utiliser les forces disponibles, les multiplier quand on veut se hâter de aire ses moissons.
Voici maintenant les inconvénients.
Le travail s'effectue lentement ; il faut un bon moissonneur pour couper un arpent par jour, et pour peu que la main-d'œuvre soit rare, le salaire des travailleurs élevé, il est facile de comprendre que ce moyen de couper le grain, malgré tous ses avantages, offre le défaut d’être peu économique, par le prix même de son exécution et par les retards qu’il occasionne dans la moisson.
Un autre désavantage, c’est que son emploi oblige à couper le chaume à une certaine hauteur, ce qui occasionne une perte assez notable dans le rendement de la paille.
b] Au javelier.—C'est la faux ordinaire muni d’un châssis dont la destination est de recevoir les parties coupées ; : il évite ainsi l’égrenage et permet de mettre le grain en javelles.
Ce châssis se compose essentiellement de crochets ou doigts, généralement au nombre de quatre, placés parallèlement à à la faux, et soutenus par une traverse qui les réunit entre elles vers le milieu de leur longueur.
Ce châssis porte le nom d’engeray.
L'engeray doit présenter la même courbure que celle de la faux, être implanté assez solidement dans le manche pour passer avec la faux partout où celleci doit couper.
On fauche en dehors, c’est-à-dire, de manière à laisser à sa droite la récolte encore debout. Après chaque coup de faux, on dépose sur le sol, couchées à sa gauche, les tiges que l’on vient de couper et qu’a retenues le javelier.
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Comparé à la faucille, le javelier offre sur elle les avantages suivants: il permet un travail plus rapide, puisqu’un javeleur peut couper de deux à trois arpents par jour ; le chaume est coupé plus oas, par conséquent augmentation dans le produit de la récolte; enfin, les javelles sont mieux étendues, moins épaisses, leur dessiccation est plus rapide.
Mais d’un autre côté, comme le javelier exige un certain savoir-faire et quelque force, il ne peut, comme la faucille, être mis entre les mains de tout le monde. Son usage est donc plus restreint.
c] À lu fuux.—C’est bien la coupe la plus rapide: c'est son principal avantage. Un autre, c’est qu’un plus grand nombre d’ouvriers peuvent manier la faux nue. % :
Cet instrument s'emploie comme le javelier, c’est-àdire, qu’on fauche en deñors ; les tiges se trouvent déposées en andains; elles n’ont pas la régularité d’arrangement que leur donne la coupe soit à la faucille, soit au javelier. C’est là un premier désavantage quia pour conséquence une dessiccation plus lente.
Si le grain est bien mûr, l’égrenage est plus considérable. La récolte elle-même occupant un volume plus considérable, nécessite un logement plus spacieux.
Mais, comme celui du javelier, le travail de la faux donne une augmentation notable dans le rendement de la paille; il est, d’ailleurs, employé avec succès dans les récoltes versées ou entremélées, là où le javelier fonctionnerait mal, et où le travail de la faucille serait peu sensible.
d] À la moissonneuse.—Nous ne donnerons pas ici une description de cet instrument ; disons seulement qu'avant longtemps, grâce aux perfectionnements qu’il acquiert de jour en jour, il deviendra le complément
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nécessaire de la faucheuse. Tout cultivateur tiendra à avoir sa moissonneuse. Et d’ailleurs, avant longtemps, si la main-d'œuvre continue à se faire rare, si les bras dont on a besoin pour la culture du sol sont employés dans l’industrie, la moïissonneuse s’imposera comme une nécessité contre laquelle il sera impossible de regimber. ;
L'emploi de cet instrument demande au sol une préparation convenable, soit; mais, comme mous l'avons dit en parlant du semoir, cette exigence, loin d’être un mal, est un bien et en nous forçant à cultiver mieux elle contribuera largement à augmenter la quantité et la qualité des produits que nous fournit le sol.
Avec la moissonneuse, on peut couper un arpent de grain par heure. Deux chevaux conduisent la machine, un homme la dirige ; le grain coupé tombe sur une table d’où il est enlevé par un râteau de forme particulière que manœuvre un autre homme ou qui est mis en mouvement par la machine elle-même. Le grain se trouve jeté en arrière de l'instrument: les javelles sont formées ; il'n’y a plus qu’à mettre en gerbes.