BATTAGE
Toutes les plantes que l’on cultive pour leurs graines doivent être soumises, après la récolte, à une opération qui a pour but de séparer les graines de la tige. Cette opération constitue le battage.
Elle s’applique aux céréales, aux différentes plantes légumineuses alimentaires, aux plantes, en général, dont on désire la graine, soit pour en faire des ense-
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TRAITÉ FOPULAIRE D'AGRICULTURE 221
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Le battage s'effectue à bras d'hommes ou à l’aide de divers appareils mus par des moteurs animés ou inanimés,.
On peut considérer dans tout battage, quel que soit l’instrument employé, deux opérations bien distinctes :
1° ce que l’on peut appeler l’égrenage, qui est véritablement la séparation du grain de la paille ;
2° le vannage qui sépare le bon grain de la menue paille et des graines étrangères.
1° EGRENAGE.
Nous considérerons dans tout battage son mode d'exécution : c’est à ce point de vue que nous avons le battage au fléau, exécuté à bras d'hommes, et le battage à lamachine, effectué au moyen d'appareils particuliers.
a] Au fléau.—Le battage au fléau a lieu dans la grange, sur une surface unie, suffisamment dure et à laquelle on donne le nom d’aire.
C’est ce que nos cultivateurs appellent la batterie.
Le fléau se compose de deux bâtons attachés l’un au bout de l’autre au moyen de courroies.
Le grain est détaché de l’épi par les coups répétés de l'instrument frappant sur la tige et par le contrecoup et le soubresaut qu’elle en reçoit.
Chaque gerbe est battue tour à tour et pour que Je battage soit complet elle doit passer huit fois sous le fléau : deux fois avant d’être déliée, quatre fois après l'avoir été, deux fois lorsque la paille est mêlée. On se dispense des deux dernières fois lorsque le grain est bien sec.
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Lo battage au fléau s’éffectue avec lenteur; il demande une surveillance journalière et très active, il 18e aussi la santé et lu vie des batteurs qui s’y livrent continuellement, en faisant pénétrer dans leurs poumons une poussière maulfaisante,
Ce sont ces inconvénients qui déterminent les cultivateurs, dans toute exploitation de quelque étendue, à substituer au battage au fléau le battage à la machine.
b] À la machine.—Les machines à battre sont des appareils dans lesquels on introduit les gerbes délices ou le graïn fauché pour que la paille et le grain en sortent tout séparés.
Elles sont presque toutes composées essentiellement d'un cylindre batteur se mouvant avec une plus ou moins grande vitesse tout près de la surface intérieure et immobile d’une portion de cylindre appelé contre-betteur.
Les machines à battre les céréales peuvent se partager en deux classes : celles qui ménagent la paille ou machines dans lesquelles la gerbe est introduite à peu près parallèlement à l’axe du cylindre batteur, et celles qui brisent la paille, ou machines dans lesquelles la gerbe est introduite perpendiculairement à ce même axe.
Les premières s'appellent machines en travers; les dernières, machines en long.
Les machines à battre appartiennent en outre à des genres différents selon qu’elles sont fixes ou locomobiles ; qu’elles sont mues à bras d'hommes, par les chevaux, par le vent ou par la vapeur.
Ce sont les circonstances dans lesquelles se trouve l'exploitation agricole qui déterminent quelle est, parmi les machines à battre, celle que l’on doit choisir. Toutefois, lorsque l’on a arrêté la classe des ma-
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chines que l’on devra choisir pour tirer le meilleur parti possible des conditions locales au miliou desquelles on est placé, la meilleure machine sera toujours celle qui demande le moins de force, produit ie plus au meilleur marché pour donner tout ce qu’on a droit de lui demander.
Ainsi, dans le cas où l’on a peu de grain à battre, et où le temps ne presse pas, une machine à bras, si d’ailleurs on ne peut utiliser le vent, peut être excellente, pourvu qu'elle donne plus de grains, qu’elle fasso mieux, qu’elle produise à meilleur marché que le fléau.
Si l’on est près d’une ville où il y ait avantage à vendre une partie des pailles récoltées, il faut avoir recours aux machines en travers, afin de conserver les pailles intactes et plus vendables.
Si, au contraire, on veut faire consommer les pailles par le bétail, les machines en long sont de beaucoup préférables, parce que les pailles broyées forment un meilleur fourrage que les pailles entières.
Dans tous les cas, toutes choses égales d’ailleurs, c’est ia machine à battre qui offre le plus d'économie dans l'exécution du travail; à cet avantage elle en ajoute d’autres qui en augmentent beaucoup le prix. Elle donne en grain un excédant de produit très remarquable et qu'on peut évaluer à un vingtième de celui obtenu par le fléau. Cet excédant suffit donc à lui seul pour couvrir tous les frais du battage.
Quant au moteur, ce sont les circonstances locales qui déterminent celui que l’on doit adopter.
20 V'ANNAGE.
Le grain battu doit subir une préparation préliminaire avant d’être livré à la consommation.
C’est celle du nettoyage. Cette opération porte le nom spécial de vannage.
Le procédé le plus ancien et le plus simple consiste à jeter le grain contre le vent au moyen d’une pelle. Le grain, plus pesant, tombe presque verticalement, et les corps légers sont emportés à une certaine distance. |
Ce moyen fort usité anciennement l’est encore dans les pays où l’on bat en plein air.
Ailleurs, l'opération s'exécute dans l’intérieur des bâtiments, à l’aide d’un instrument particulier, appelé van.
On place dans ce van une certaine quantité de grain battu; puis, secouant le van qu’on tient des deux mains, et qu’on appuie contre les cuisses, on frit sautiller le grain. Les corps les plus légers sont emiportés par l’air, les autres se rassemblent à la surface du grain où il est facile de les réunir et de les enlever.
Mais ce mode de nettoiement ne suffit pas toujours pour débarrasser le grain de tout corps étranger: le calme de l’air est d’ailleurs un obstacle qui se prolonge parfois pendant plusieurs jours.
Aussi a-t-on remplacé, presque partout, le van par un instrument plus effectif, connu de nos cultivateurs sous le nom de crible, maïs dont le nom véritable est celui de tarare.
Le tarare est un instrument indispensable dan: toute culture soigneuse ; et quoiqu'il existe entre les divers modèles quelques différences de forme, ils se composent tous à peu près des mêmes parties combinées entre elles. Une trémie pour recevoir le grain ; une grille sur laquelle le grain tombe et passe ; un système de ventilation qui chasse au loin le sable, les graviers légers, la poussière, la menue paille, la balle; des conduits qui séparent et font tomber distinctement
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le bon grain et les vannures (revannes): telles sont les diverses pièces qui doivent entrer dans le système d’un tarare.
Nous n'avons pas besoin de répéter ici ce que nous avons dit des trieurs; nousrenvoyoïs le lecteur à l’article de la préparation du grain de semence.
ARTICLE DEUXIÈME
Prairies.
On appelle prairie toute surface de terrain couvert d’un gazon composé d’une variété de plantes ou herbes destinées à être fauchées et converties en foin.
Les prairies sont d’une utilité et, ce qui plus est, d’une nécessité incontestable; elles forment à elles seules la richesse de certaines contrées où elles offrent le moyen de nourrir une grande quantité de bestiaux.
Par les prairies, en effet, on augmente la quantité du bétail ; l'augmentation dans le nombre de bestiaux amène l'abondance du fumier, et l'abondance du fumier c’est la fécondité de la terre.
Les prairies sont tellement nécessaires, tellement avantageuses, que la culture a cherché à conquérir pour les terrains qui ne se couvrent pas naturellement de prairies l’avantage de leurs abondantes récoltes de fourrages, et elle a créé des prairies artificielles composées d’un petit nombre de plantes sssez circonscrit, qui n’occupent pas aussi longtemps la terre que les prairies naturelles, maïs qui pendant un espace de temps plus ou moins considérable, offrent les riches récoltes des prairies naturelles.
On peut donc diviser les prairies en naturelles et arificielles.
Nous reviendrons sur cette distinction en temps et
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lieu. Et d’ailleurs, cette étude se trouve un peu plus loin et rentre dans le développement même du plan que nous nous sommes tracé.
Dans la prairie, comme dans les champs labourés, on peut considérer :
1° ga formation ; 2 son entretien ; 3° sa fenaison.
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SECTION PREMIÈRE
Formation des prairies.
Dans la formation d’une prairie, il faut tout d’abord choisir et préparer le terrain que l’on destine à la culture des fourrages, y semer ensuite les plantes qu’exigent la nature du sol et l’alimentation du bétail.
Dans toute prairie, il doit donc exister des rapports intimes entre le sol et les plantes qu’on y cultive.