EN GRANGE
La conservation des récoltes granifères a lieu dans des granges exemptes d'humidité.
I] faut donc, avant la saison pluvieuse, veiller aux réparations des toitures qui abritent les granges, avec autant de soin qu’à celle des habitations.
Les meilleures toitures pour la conservation ‘des grains en grange aussi bien que celle des fourrages, sont celles qui sont couvertes en paille.
Ces convertures sont plus économiques et bien autrement durables que le bardeau, qui ne protège qu’imparfaitement les récoltes contre l’ardeur du soleil, la pluie et surtout la neige. Sous le chaume, les récoltes sont abritées de la manière la plus absolue.
Malheureusement les chances d’accident par le feu sont tellement grandes, avec lescouverturesen chaume, que cet inconvénient efface la plupart de leurs avantages.
Il est essentiel que dans la grange, les récoltes reposent sur un sol sec et élevé ou mieux encore sur
un plancher qui les tienne à quelques pieds au-dessus du sol.
Si le grain que l’on rentre est en gerbes, on place ordinairement la première rangée de ces gerbes debout sur le plancher de la tasserie, l’épi en haut. Grâce à cette disposition, l’épi est éloigné du sol de toute la hauteur de la gerbe. Les autres gerbes sont couchées sur cette première rangée.
Les gerbes extérieures, celles qui touchent immédia:. tement au garde-grain et autres cloisons de la grange, sont disposées de manière à ce que leurs épis se dirigent vers l’intérieur de la tasserie. Ici encore les épis sont éloignés des différentes cloisons de séparation de toute la longueur de la gerbe.
Par ce double arrangement, les épis sont entièrement cachés et beaucoup plus difficilement accessibles aux souris qui cherchent à vivre aux dépens de la récolte.
Inutile d'ajouter que les différents grains doivent être séparés les uns des autres autant que possible.
Lorsque le plancher de la grange n’est pas parfaitement assemblé, qu’il présente des fissures, on recommande, surtout si le grain n’est pas en gerbes, de mettre d’abord un lit de paille ou de foin, sur lequel on verse ensuite le grain fauché.
2° EN cAVE.
Les récoltes-racines se conservent généralement en cave, à l'abri de la gelée.
Les pommes de terre se rentrent quelques heures après leur arrachage; les betteraves, les navets, les carottes ne sont mis en cave que le plus tard possible. On en fait des meules qu’on recouvre des tiges de ces plantes, obtenues par le décolletage.
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Lorsqu'on arrache les racines, on enlève la terre qu'elles peuvent garder en excès ; on coupe ensuite la tige, on la sépare de la racine à cet endroit de la plante qu'on appelle le collet; c’est cette dernière opération qu'on appelle le décolletage.
Le moment arrivé, on rentre les racines, on les met en cave.
On ne saurait apporter trop de soin dans ce transport des racines ; il faut éviter de meurtrir les plantes, soit en chargeant, soit en déchargeant les voitures; rien ne nuit davantage à la conservation des racines que ces contusions qu’elles reçoivent au moment où on les entasse.
Il y a toujours avantage, au moment de la récolte, à séparer les racines qui présentent quelques traces d’altération ; on les réserve pour l’alimentation immédiate du bétail. On place les racines saines, en couches peu épaisses, dans des caves aussi sèches que possible et bien aérées.
Les racines ainsi entassées dans les caves ont presque toujours à se débarrasser de cette humidité qui adhère à leur surface et qui occasionne souvent une fermentation accompagnée de chaleur, fermentation d'autant plus forte que l’humidité est plusabondante. Il est donc nécessaire de ménager des issues aux vapeurs qui se dégagent d’une masse aussi enfermée.
Ou conseille de saupoudrer les racines, surtout les pommes de terre, de chaux fusée bien sèche, au moment de les entrer en cave; le plâtre cuit agit très bien, on l’emploie dans la proportion de deux à cinq minots par cent minots. Les racines non arrivées à maturité complète, qui contiennent par conséquent beaucoup d’eau de végétation, les racines malades même, enroulées dans le plâtre cuit, se conservent très bien, par la raison bien simple que cette substance
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absorbe l’excès d’eau, dessèche les parties malades, condense le tissu cellulaire, et prévient ainsi la pourriture.
Les différentes espèces de racines sort séparées les unes des autres et généralement on les enlève du con- {} tact toujours plus ou moins humide du sol en étendant sur ce dernier un lit de paille.
Si la cave n’a pas une surface bien étendue et qu’il faille alors amonceler les racines pour pouvoir les y loger toutes, on construit des tablettes munies d’un rebord qui leur donne la forme d’une boîte ouverte.
Ces tablettes, superposées les unes aux autres, permettent de donner en hauteur un logement qu’on ne peut obtenir par l’étendue.
De temps à autre, dans le cours de l’automne et de l'hiver, on visite les racines, ayant soin de séparer de la masse celles qui commencent à pourrir.
Ce triage est absolument nécessaire, car pour beaucoup de racines, les pommes de terre entre autres, la putréfaction a pour effet de réduire la plante affectée en un liquide fétide qui humecte les racines avoisinantes, en sorte que la pourriture gagne bientôt toute la masse.