‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 98 sur 206 · TRANSPLANTATION · texte numérisé non relu

TRANSPLANTATION

C’est le second mode auquel on peut avoir recours EEA pour la formation d’une prairie. Il est très peu usité, ii quoique certains auteurs préconisent fort son emploi. \

Nous empruntons les détails de l’opération, 4Ù

On prépare la surface que l’on veut gazonner comme si l’on voulait l’ensemencer et l’on y trace avec un rayonneur des lignes distantes de trois pouces les unes des autres ; après quoi, on cherche une prairie couverte d’un gazon épais déjà anciennement formé et composé de plantes de bonne qualité et surtout À racines ‘18 traçantes. On la découpe par bandes au moyen d’un tranche-gazon dont les lames sont disposées de façon à laisser entre elles un espace de trois pouces seulement ; on fait passer ensuite dans la direction de ces bandes une charrue qui renverse alternativement deux tranches de gazon et en laisse une intacte. Ces bandes étant coupées par fragments de trois pouces de longueur, on les enlève, puis on répète la même opération, mais dans une direction perpendiculaire à la première ; de sorte que ce champ, ainsi partiellement dépouillé, reste couvert de petites plaques de gazon de trois À pouces carrés et séparées les unes des autres par un de espace vide de six pouces. L’entrure de la charrue À destinée à lever les gazons doit être réglée de manière à conserver à ceux-ci une épaisseur de 2 à 24 pouces.

À mesure que les gazons sont détachés, on les transporte sur le champ à gazonner où on les enterre à moitié, en les disposant comme un échiquier et en laissant entre eux un espace vide de 6 pouces. Les lignes tracées par le rayonneur guident les ouvriers. Immédiatement après, on répand sur toute la surface du champ un demi-ensemencement avec des graines de très bonnes espèces. Cette semaiïlle hâte le gazonnement des parties qui restent vides entre les plaques des gazons. On termine en faisant passer un rouleau pesant, qui achève d’enfoncer ces plaques jusqu’au niveau du sol. Un arpent de prairie peut servir à gazonner huit arpents de terrain, tout en conservant assez de gazon pour remplacer bientôt celui dont il vient d’être privé. On ne doit détacher de gazons que ce que l’on pourra en placer dans la journée, autrement les racines seraient fatiguées et leur reprise serait plus difficile. Cette opération est pratiquée à l’automne ou au commencement du printemps, suivant que le sol est plus ou moins exposé à la sécheresse. La prairie ainsi formée n’exige ensuite que quelques roulages pour forcer l’herbe à taller et l'empêcher de se développer en petites buttes.

Quant à la prairie que l’on a partiellement dépouillée, on y répand aussi un demi-ensemencement de bonnes graines et une bonne fumure pour lui faire réparer ses pertes, on y suspend la récolte pendant la première année et on lui applique plusieurs roulages.

Les avantages de ce mode de création, ajoute Dubreuil, sont les suivants: au moyen d’un arpent de bonne prairie on en forme huit sur lesquels le gazon est très promptement composé des espèces qui peuvent s'associer et donner un bon fourrage. Cette prairie arrive beaucoup plus vite que par l’ensemencement à un état stable et à son plus haut degré de fertilité. Mais

les inconvénients ne sont pas moins nombreux ; et san:

trans- “ * , st à parler de l’improduction de la surface pendant deux Fra ans, les frais de découpage et de transplantation, joints

Tu à ceux de fumure, roulages, etc., sont tels qu’il convient de n’empluyer ce procédé que pour des circons-

PRÈS tances exceptionnelles.

uarface raines GRUGe | 8° CROISSANCE SPONTANÉE.

aques à “se La formation d’une prairie est laissée quelquefois A ? aux seules forces de la nature: l’homme n'intervient { sra$ point. il an Le sol qu’il a cultivé est abandonné à lui-même; | pti quelques espèces voraces se montrent d’abord et s’em- 4% Fu parent du terrain ; à côté d’elles, apparaissent bientôt k À Rue des plantes, plus faibles à leur naissance, mais plus : 4 serait tenaces, qui ne tardent pas à étendre leurs racines | 1 Mau ts traçantes. Chaque espèce combat ses voisines, lutte 114 id le avec elles, leur dispute la jouissance du sol et ce n’est 11 pd qu'après plusieurs années de lutte que l’équilibre ÿ | lages s'établit enfin et que chacune d'elles finit par occuper | déve- un rang en rapport avec sa force de végétation ou s:4 ‘À ss facilité de multiplication. ‘US illée, La prairie est alors formée. el dia Sa composition végétale rese à peu près la même, | | ae sauf quelques modifications particulières produites 14 APR par des positions exceptionnelles. L On peut donc abandonner à la nature le soin de la JÉ Du formation d’une prairie et malheureusement un grand “A t de nombre de nos cultivateurs agissent de la sorte. Ils À PAR devraient pourtant comprendre qu’il se passe plusieurs Fi vent années avant qu’une prairie ainsi formée puisse don- 4 | re ner un produit important. Ph a L Ce sont autant d'années perdues, grâce à une parci-

Mais 16

Î | 1] LE {h Î |]

mir ebgnir ee Ç ns 7

nca neen cémeéntnrennnee-cmmn émet ri SLT | " .

-#e ms rente À SE ÉÉE «7

me tte cine panne ee 0 en on con

monie inintelligente qui leur fait manquer un gain considérable.

Il est en effet facile de comprendre que le concours de l’homme hâte le résultat que l’on attend d’une prairie, en substituant à la croissance spontanée la formation par le semis qui permet de faire entrer immédiatement dans la prairie les espèces utiles qui auraient fini par s’y établir exclusivement et d'y écarter en même temps, dès le principe, les espèc:s inutiles ou nuisibles.

On peut donc aussi facilement conclure, qu’en général, c est une faute grave, une perte d’argent véritable que de laisser à la nature seule le soin de former les prairies et c’est une faute d’a ant plus grave, une perte d'autant plus sensible, que la production fourragère est et doit être la base de l’agriculture canadienne et que bien comprise et bien pratiquée, elle est, dans les circonstances actuelles, destinée à devenir la source la plus féconde de richesses.

SECTION DEUXIÈME

Entretien des prairies.

Les terres arables exigent des labours, des hersages, des roulages, et une foule d’autres opérations, non seulement pour se maintenir dans un bon état, mais aussi pour pouvoir rapporter des produits abondants. Les prairies demandent aussi des soins divers, mais d’un genre différent, si nous ne voulons pas nous exposer à en voir diminuer les produits.

Les principales opérations dans l’entretien des prairies, sont :

1° les engrais et amendements; 2° la dépaissance:

in gain

)ncours 1 d’une anée la entrer iles qui y écarinutiles

, qu’en nt véri- > former ve, une fourraadienne st, dans a source

ersages, 8, non t, mais

abondivers, as nous

es prai-

ssance ;

3° la destruction des plantes nuisibles ; 4° la destruction des animaux nuisibles; 5° l’assainissement ; 6° travaux divers.

Page 1