ENGRAIS ET AMENDEMENTS
Les opinions ne sont pas d’accord sur la question de savoir s’il faut ou s’il ne faut pas fumer les prairies.
Les plantes, on le sait, tirent leur nourriture et du sol et de l’atmosphère ; les plantes des prairies, du moins beaucoup d’entre elles, tirent la plus grande partie de leur nourriture de l’atmosphère, surtout dans cette période de leur croissance ‘qui s'étend jusqu’à la floraison. Si, à cette époque, on coupe ia plante, si on l’enlève du sol, ce dernier, ayant peu donné et recevant davantage par les débris que les racines lui abandonnent, loin d’être épuisé, se trouve quelque peu enrichi.
Donc, fumer une prcirie, c’est gaspiller son engrais.
C'est du moins la conclusion tirée par les agronomes qui pensent qu’il ne faut jamais fumer les prairies.
Et cependant les faits prouvent le contraire.
En «effet, la pratique démontre que si on applique de nouvel'es fumures à une prairie déjà amenée à son maximum de produit, la masse de fourrage produite pas ces engrais supplémentaires sera moitié plus considérable que ce qui est nécessaire pour reproduire cette même quantité d'engrais.
Nous attirons l'attention sur ce fait d’une grande importance.
Il y a donc avantage à fumer les prairies, puisque c'est un puissant moyen d'augmenter la masse des
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engrais et par là même la fertilité des autres terres soumises à une culture annuelle.
Et qu'on le remarque bien, dans les autres récoltes, surtout dans celle des grains, les produits conversibles en fumiers sont moins considérables que la quantité d'engrais puisés dans le sol.
Il ne faut pas tomber toutefois dans l’extrême opposé en consacrant aux prairies toute la quantité d’engrais qu’on en retire,
Observons encore que quelques prairies conservent toute leur fécondité, sans qu’il soit nécessaire d’y répandre des engraiïs. Telles sont les prairies constamment améliorées par le débordement périodique des cours d’eau aussi bien que celles situées au bas des pentes ou des coteaux et qui reçoivent les engrais des terrains supérieurs, que les eaux leur charrient.
Aussi, dans les terres en pente, c’est à la partie supérieure qu’il faut répandre les engrais, puisque la pluie les entraîne constamment vers les parties basses.
En général, toutes les substances pouvant agir comme engrais sont applicables aux prairies, pourvu qu'on ait soin de les répartir également sur la surface.
C’est ici que les engrais liquides, les composts, trouvent une application aussi judicieuse que facile. Ce sont les engrais spéciaux des prairies, ceux qu’on leur
-“nne en couverture; répandus sur la terre, ils la pé-
nètrent immédiatement et sont promptement absorbés par les racines chevelues des plantes. Leur effet est aussi prompt. Les engrais pulvérulents, les terreaux, les cendres, la marne, le sable, la chaux, le plâtre, la poudrette, etc. sont autant de substances fertilisantes quand on les applique à propos. Les cendres de bois surtout produisent des merveilles.
Enfin, viennent les fumiers ordinaires d’étable.
Quoique ces engrais ne soient pas les meilleurs que
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