‹ Traité practique des maladies de la peauChapitre 17 sur 77 · L. — MÉDICATION ANTIPHLOGISTIQUE · texte numérisé non relu

L. — MÉDICATION ANTIPHLOGISTIQUE

Dans les maladies de la peau, comme dans les autres maladies, l'inflammation doit être envisagée, au point de vue thérapeutique, dans sa période aiguë, dans sa période stationnaire et dans sa période décroissante. À ces trois états différents correspondent divers ordres de moyens. L'état aigu doit toujours être combattu par les antiphlogistiques proprement dits; à l'état stationnaire s'adressent les résolutifs faibles, les dérivatifs; et à la période décroissante, les résolutifs puissants, les révulsifs et les agents perturbateurs ou modificateurs, que nous regardons, contrairement aux habitudes classiques, comme faisant partie de la méthode antiphlogistique, puisque leur emploi a pour objet de terminer le traitement de l'inflammation, |

MÉDICATION ANTIPELOGISTIQUE. -65 4< Médication antiphlogistique pure,

Les agents sont internes et externes. Les premiers comprennent les tisanes émollientes, acidules, etc.; les seconds sont la saignée, les sangsues, les applications émollientes locales, ete. . Saignées, — Toutes les fois qu'une maladie de peau débute brusquement et s'accompagne de symptômes de pléthore et de .congestion, on ne doit pas hésiter à pratiquer une émission sanguine par la saignée; la guérison sera prompte et facile dans un espace de temps très court, Si, au contraire, vous négligez les émissions sanguines générales, vous verrez la maladie tratner en longueur et ne céder que difficilement aux autres moyens. C'est ainsi que devront être traités l’eczéma, l'ecthyma, l’impétigo à l’état aigu, et méme certains pemphigus franchement aigus, Les tisanes rafrajchissantes et le régime hygiénique complètent souvent le traitement.

Sangsues. — Les sangsues ne doivent jamais qu presque jamais être employées dans les maladies sécrétantes de la peau. La sangsue, en effet, agit de deux manières : par la perte de sang qu'elle occasionne et par l’irritation que produit la piqûre. Or celle-ci provoque presque toujours l'apparition de la maladie cutanée dans le lieu même où elle a été opérée. C'est assez dire que nous proscrivons les sangsues autour de la partie malade; tout au plus peut-on les autoriser à l'anus, ou très Join du lieu où existe l'affection cutanée. Elles agissent donc à J'instar de ces vésicatoires que quelques médecins prescrivent pour détourner et détruire les sécrétions purulentes, et autour desquels on voit bientôt se développer l'affection même que l'on a voulu combattre,

Applications locales. — Elles sont aqueuses, mucilagineuses, amylacées, graisseuses, réfrigérantes, ou sous forme de bains Jocaux, |

Lotions, — On fait les lotions avec les gaux de sureau, de son, de guimauve, de graine de lin, etc.

56 THÉRAPEUTIQUE GÊNÉRALE.

Irrigations. — On ne doit presque jamais les mettre en usage en hiver, dans la crainte de provoquer une répercussion de la maladie cutanée et le développement consécutif d’une affection interne. |

En été, ce danger n'est pas à craindre. Pour les appliquer, on place à un mètre environ au-dessus du lit un vase contenant de l’eau; le fond est percé d’une ouverture à laquelle s’ajuste un robinet qui se continue par une bande de linge qu'on divise à sa partie inférieure en deux lanières; ces lanières sont étendues sur les jambes ou sur les bras du malade, seules parties qu'on soumette aux irrigations. On les continue pendant une, deux, trois heures, une fois ou même deux fois par jour. C'est par ce moyen, que nous avons employé le premier, qu’on voit tomber en quinze jours ou trois semaines l'eczema rubrum, si rebelle aux traitements ordinaires.

Mucilagineur. — Ce sont des compresses trempées dans la décoction de graine de lin, ou des cataplasmes. Généralement la peau se trouve très mal des cataplasmes faits avec la farine de graine de lin ; c'est là un fait d'observation. Aussi doit-on toujours la remplacer par la fécule de pomme de terre ou la farine de riz. La fécule renferme souvent, quand elle n’est pas bien lavée, un principe âcre qui peut quelquefois augmenter l'irritation cutanée. La farine de riz ne présente pas cet inconvénient; les cataplasmes faits avec cette substance sont, de tous, les meilleurs, mais son prix plus élevé ne la met pas à la portée de tout le monde.

Un fait assez singulier, mais que nous observons constamment, c'est que, suivant les individus, la même maladie se trouve bien ou mal des cataplasmes. L’eczéma des jambes sera guéri chez l'un par ce moyen; tandis qu'à côté on verra la même maladie, dans des conditions tout à fait identiques, exaspérée par son application.

Ce fâcheux effet des cataplasmes sera annoncé par l’augmentation de la sécrétion et des démangeaisons, et par l'extension de la maladie en surface; supprimez-les alors, et avec eux toute

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