‹ Traité practique des maladies de la peauChapitre 25 sur 77 · MÉDICATION SULFUREUSE OU ANTIHERPÉTIQUE · texte numérisé non relu

MÉDICATION SULFUREUSE OU ANTIHERPÉTIQUE

sy soumet par imitation ou par exemple. A l'eau naturelle s'ajoute l'influence du climat pour toutes les personnes qui n'habitent pas le Midi, et cette influence est immense; car à une température plus élevée, à un climat meilleur, viennent se joindre un air plus vif, des promenades dans les montagnes, une alimentation confortable, toutes conditions qui prêtent leur concours à la médication sulfureuse.

Mais les agents sulfureux externes doivent venir en aide à la médication sulfureuse et la compléter ; sous ce rapport, les formes d'administration sont beaucoup plus variées : uni à l’axonge, on fait avec le soufre seul, ou le soufre et les carbonates de potasse et de soude, des pommades soufrées et sulfo-alcalines.' Nous pensons qne les formulaires ont préconisé ces agents à doses généralement trop élevées. La fleur de soufre ne doit pas dépasser 4 à 4 grammes pour 30 grammes d’axonge, et quant aux carbonates de potasse et de soude, il faut établir à leur égard une distinction : l’un de ces sels est plus actif que l’autre, de là les doses de 5 décigrammes à 2 grammes de carbonate de potasse, et 1 gramme à 3 grammes de carbonate de soude pour produire le même effet. (Voy. Formulaire, POMMADES.)

On associe encore les sulfures de potassium, de sodium, de calcium, à l'axonge, pour en faire des pommades, ou à l'huile, pour en composer des lmiments. (Voy. Formulaire, Pommaprss, et Lixiuenrs.) Ces préparations sont surtout employées contre la teigne ou la gale. On compose aussi des lotions avec ces mêmes agents : telles sont celles de Baréges artificielles, de Dupuytren, de Barlow (voy. Formulaire, Poumanes, LINIMENTS, Lorioxs) ; elles ont l'inconvénient de se décomposer rapidement au contact de l'air, elles sont par cela même peu employées.

Enfin, les bains artificiels de Baréges au sulfure de potassium soit seul, soit associé à un carbonate alcalin, et même au sel commun, constituent des bains excitants d’une grande efficacité. Toutefois ces bains ont surtout pris faveur par rapport aux

affections rhumatismales, pour lesquelles ils jouissent d’une

grande vertu. En général, les praticiens commettent la faute de les donner à la même dose, c’est-à-dire à raison de 125 grammes par bain, pour traiter les maladies de la peau. Or il faut établir ici une grande différence entre la peau saine que l’on désire surexciter pour combattre l'affection rhumatismale des muscles ou des ligaments, et la peau malade dont il s’agit seulement de modifier la vitalité morbide. D'ailleurs un bain excitant ne jouit de cette propriété que pendant un certain laps de temps ; peu à peu la sensibilité des tissus s’y habitue, et tel bain qui était fortement excitant devient bientôt presque de nul effet par l’usage. Par ces diverses considérations , il faut débuter par des bains sulfureux faibles, 45 grammes d'abord, augmenter de 15 en 15 grammes la dose de sulfurce tous les quatre ou cinq bains, et, en tout cas, ne jamais dépasser 75 à 80 grammes. A l'hôpital tous nos malades qui sont traités par la médication sulfureuse ne prennent jamais de bains au delà de 60 grammes de foie de soufre.

Quelle que soit la dose, quels que soient le mélange ou la nature des substances employées, on n'imite jamais les eaux minérales sulfureuses naturelles, et dans beaucoup de cas on ne les remplace pas. Cependant on obtient en hiver d'immenses succès de l'emploi de ces eaux et de ces bains artificiels. Dans quelques cas même j'ai vu des malades me dire que les bains d'Enghien qu'ils avaient pris après l'usage des eaux et bains sulfureux artificiels avaient eu un résultat moins efficace que ces derniers.

Terminons par une observation relative aux bains sulfureux artificiels. C'est encore sous l'influence d’une sorte de routine que les garçons baigneurs font prendre les bains sulfureux le plus chauds possible. Rien de plus préjudiciable que cette pratique. On surexcite les maladies cutanées, on les ramène à l'état aigu, et l'on prolonge ainsi plusieurs d’entre elles. Ce n'est pas que je rejette ce mode d'administration d’une manière absolue. Lorsque l'affection cutanée a une marche chronique, quand elle date de très loin, elle a souvent besoin

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