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BAINS AQUEUX

hydrothérapique, il y a une distance immense et des effets tout différents.

Tout bain d'eau qui a une chaleur agréable pour celui qui y est immergé, c'est-à-dire à une température de 32 à 35 degrés (26 à 28 degrés Réaumur), est un bain émollient, antiphlogistique; plus chaud, il active la circulation; plus chaud encore, il donne une grande impulsion aux battements du cœur et amène une certaine congestion à la tête et aux poumons, de sorte que l'individu qui meurt dans un bain trop chaud succombe à une congestion pulmonaire et cérébrale.

Le bain plus froid que la température moyenne indiquée cidessus est un bain sédatif pour les sujets chez lesquels il existe une grande activité de la circulation; aussi ces personnes réchauffent leur bain, ainsi qu'elles le disent communément et avec beaucoup de sens.

Le bain plus froid encore, c’est-à-dire à une température de 20 à 25 degrés centigrades, devient tonique, excitant, à la condition qu’on y reste peu de temps; à une plus basse température il amène, comme le bain chaud, des congestions pulmonaires et cérébrales, mais par un autre mode d'action, c’est-àdire en supprimant la circulation capillaire excentrique et en refoulant pour ainsi dire le sang au dedans.

Si ces bains froids sont employés pour un individu en pleine sueur, c'est que la sueur provoquée par les hnges mouillés et l'eau froide a une action sédative, et que par l'immersion de quelques secondes dans l’eau froide on procure une réaction qui ranime les forces des malades. Le contact instantané de l'eau froide procure ce résultat ; le contact prolongé pourrait amener la mort en refoulant vers les poumons et le cerveau le sang porté à la périphérie.

La température d’un bain ne peut être que très difficilement prescrite par un médecin quand il s’agit d’un bain tempéré, que j'appelle bain antiphlogistique : elle est toujours relative au sujet. Le bain est, suivant moi, réellement antiphlogistique quand sa température est agréable à celui qui en fait usage.

12h THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE.

La durée du bain, comme on a déjà pu le voir, a une grande influence en thérapeutique; cette influence est tout à fait relative. En fait de bains ordinaires, il est des personnes pour lesquelles un bain ordinaire prolongé pendant plus d’une demiheure devient un bain débilitant. Dans ce cas, le bain d’une demi-heure de durée équivaut à un bain d’une heure pour la généralité des individus. Les personnes d’un tempérament bilieux ou bilioso-sanguin prennent fréquemment des bains de deux et de trois heures sans en être le moins du monde affaiblies. À durée égale, un bain chaud est beaucoup plus débilitant qu'un bain tempéré. Un bain froid de rivière, par exemple, de quinze à vingt minutes de durée, est un bain tonique, à la condition que l'individu sait nager ; car il suffit d’un séjour de huit à dix minutes dans l’eau de rivière pour obtenir le même résultat dans le cas contraire.

Les bains froids de rivière prolongés pendant deux et trois heures, même avec natation, sont essentiellement débilitants, et chez les personnes d’un tempérament lymphatico-sanguin ils prédisposent aux rhumatismes, si même ils ne les procurent.

Toutes ces données subissent nécessairement des modifications quand il s’agit de bains composés artificiels ou de bains de sources minérales. La durée moyenne d’un bain minéral est de trois quarts d'heure à une heure, mais dans quelques cas on prolonge ce temps en raison de la nature de l’eau et des habitudes de la localité, dernière circonstance qui est née de l'expérience acquise. Ainsi, en thèse générale, on supporte beaucoup plus longtemps un bain de piscine qu’un bain de baignoire, puisque dans les piscines de Louesche, par exemple, on y reste tous les jours durant trois, cinq ct sept heures consécutives.

Les bains à eau courante permettent toujours un séjour plus long que les bains à eau dormante; les bains à eau courante ont une action toute spéciale sur la peau que n’ont pas les bains à eau dormante. Quelle est cette action ? Nous ne saurions la préciser d’une manière positive. S’exerce-t-elle par le fait du

frottement de l’eau sur la peau ou par la soustraction plus rapide de calorique, en multipliant les points de contact du liquide? C'est ceque nous ne saurions dire ; mais toujours est-il que cette action est beaucoup plus énergique. Ainsi il n’y a pas de comparaison à établir entre un bain de siége ordinaire et un baïn de siége hydrothérapique ou à irrigation circulaire. Il en est de même pour les bains en baignoire comparés à ceux en piscine uen rivière. À Bagnères-de-Bigorre il existe une piscine dans laquelle l’eau se renouvelle presque à flots. Cette piscine est constamment occupée par les baigneurs, et si cette préférence est si marquée, c’est que cette sorte de bains combat avec beaucoup plus d'avantage les névralgies contre lesquelles on dirige son emploi. L’eau qui s’y écoule est d’ailleurs de même nature que celle du grand établissement.

En résumé, quand le médecin prescrit un bain à un malade, il faut, en raison de l'espèce de bain et en raison de l’état du malade, qu’il précise les conditions du bain. Nous aurons le soin de rappeler quelques unes de ces conditions quand nous ferons l’histoire particulière de chacune des affections de la

peau.

Elles sont de deux sortes : douches en jet, douches en arrosoir. La douclie en jet est celle qui s'écoule d’un ajutage en jet unique; mais son volume peut varier depuis le diamètre le plus fin jusqu'au diamètre de 8 à 10 centimètres, et alors la douche prend le nom de flof, ainsi qu'on le dit en hydrothérapie. Il est évident qu’une masse aussi considérable d’eau constitue plutôt un écoulement qu’une douche: car une douche suppose une chute d’eau d’une hauteur plus ou moins grande, mais conservant dans tout son parcours la forme d’une petite colonne d’eau; et le flot tantôt tombe en nappe d'une grande hauteur, tantôt il s'échappe sous forme d'écoulement d'un réservoir peu élevé, sans quoi il serait impossible de supporter sa percussion. En général, le jet d’une douche varie entre

un diamètre de 2 à 3 millimètres et un diamètre de 4 centimètre et demi.

Les douches en arrosoir constituent une série de jets plus ou moins fins qui s'échappent à la fois du même ajutage.

Il existe, soit dans les établissements d'eaux minérales, soit

dans les établissements créés à Paris, dans les hôpitaux ou dans la ville, bien peu de douches en jet ou en arrosoir qui remplissent les conditions que l'on devrait y trouver, c'est-àdire un jet non vrillé, non divisé, conservant toujours son même diamètre à une distance de 1 mètre et dont la circonférence représente par son poli la netteté du miroir. Cela tient à la difficulté de percer la douille du robinet, et à la forme que l'on donne au trou d'écoulement. Quand on voit s’écouler l’eau des tonneaux des porteurs d’eau de Paris, on est émerveillé de la pureté du jet d'écoulement, et si l'on entre dans un établissement de bains, on n’y trouve que des douilles mal faites et loin d'atteindre la perfection des ajutages de ces tonneaux. Ceci peut paraître bien puéril ou au moins bien minutieux à l'égard de l'administration des douches, et cependant nous allons en faire sentir toute l'importance, afin d'engager les médecins inspecteurs d'eaux minérales à apporter des perfectionnements dans leurs instruments d'administration des eaux. - Une douche liquide a deux genres tout à fait différents d’action : 1° Elle exerce une influence donnée par la nature de l'eau qu'elle écoule, et à cet égard nous ne nous y arrêterons pas. 2° Eu dehors de cette circonstance son action est toute différente, suivant qu'il s'agit d’une douche en jet ou d’une douche en arrusoir.

Il faut avoir fait usage de ces agents thérapeutiques pour en bien sentir l'importance. La douche en jet produit sur la peau la sensation du marteau qui la percuterait; sous ce rapport, elle est destinée à éteindre la sensibilité : aussi convient-elle dans les névralgies et dans la surexcitation nerveuse de la peau, comme celle qui résulte d’une phlébite. — La douche en arrosoir stimule, au contraire, la peau, elle la pique, la larde;

quand elle est forte, c'est autant de coups d’épingle qui surexcitent la peau au point d'y amener de la douleur. Cette sorte de douche convient donc surtout dans les paralysies. Cette distinction, qui jusqu'alors n'a jamais été faite dans les effets des douches, est d’une grande importance, et l’on conçoit qu'il faille de bons instruments pour la produire : car si le jet crache, comme on le dit ; si les petits jets qui sortent de l’arrosoir s'entrecroisent, s’entre-détruisent, se rompent et se réunissent dans leur trajet, il n’y a plus rien de semblable ; la douche est inutile. On se figure généralement que l'arrosoir doit avoir un grand diamètre pour donner beaucoup de jets, c'est une erreur; avec une très petite surface, celle de 2 à 3 centimètres, on peut satisfaire à tous les besoins.

En supposant les ajutages bien faits, il faut qu’une douche ait une grande hauteur et que son réservoir ait une forme donnée. Une douche dont le réservoir est à 6 mètres de hauteur est une douche d’une faible puissance ; mais aussitôt que l’on dépasse cette distance, on acquiert tout de suite une grande force : 40 mètres constituent déjà une certaine action. Ce qui importe surtout, c'est que le réservoir ait sa capacité en hauteur et non pas en largeur.

Au surplus, avec les douches les plus fortes on peut donner les douches les plus faibles ; 1l suffit pour cela d'ouvrir au quart ou à moitié le robinet de la douche : de sorte qu'il y a un grand avantage à établir un réservoir à une grande hauteur. Le médecin a si souvent occasion de prescrire l’usage de ces moyens, que nous avons cru devoir lui faire connaître ces détails. Il y a d’ailleurs plusieurs manières de les prescrire. Ou on les donne seules et sans bain, c'est-à-dire le malade, étant nu, est assis sur une chaise, ou étendu dans une baignoire dont on laisse écouler l’eau, et alors on doit faire habiller immédiatement le malade et lui faire faire une marche un peu rapide, s’il peut l’exécuter, afin de soutenir l’action excitante de la douche.

Ou au contraire on a affaire à des sujets nerveux, excitables,

et l’on craint de développer chez eux une surexcitation trop vive; dans ce cas il faut les faire doucher, recevoir l’eau de la douche dans la baignoire, ct faire couler aussitôt un bain simple dans lequel le malade séjourne une demi-heure pour diminuer la surexcitation causée par la douche. En effet, toute douche donne toujours lieu à un certain ébranlement du système nerveux, que le bain calme immédiatement.

Mais la douche peut être locale ou générale. Lorsqu'elle doit être locale, on a un puissant intérêt à garantir quelquefois les autres parties du corps du contact de l’eau, surtout en hiver. D'ailleurs il arrive souvent que, faisant doucher la figure avec une douche froide, on fait en même temps placer le malade dans un demi-bain très chaud pour appeler le sang aux extrémités. Dans ces sortes de cas, on garantit efficacement le malade à l’aide d’un petit manteau de taffetas gommé. Dans les établissements de bains il existe divers instruments propres à préserver certaines parties du corps de l’eau de la douche, des éventails de bois pour la figure, quand la douche est donnée sur les épaules, ou d’autres écrans analogues. Un moyen que nous préconisons souvent dans les cas de couperose où la douche est reçue en pleine figure, c’est un ajutage de caoutchouc qui s'adapte à la bouche et qui se termine par un tuyau un peu long et un peu large, à l’aide duquel le malade respire facilement. Cet ajutage se fixe par deux cordons derrière la tête en passant au-dessus des oreilles.

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