‹ Traité practique des maladies de la peauChapitre 73 sur 77 · PLANCHE TI · texte numérisé non relu

PLANCHE TI

Fig. 4, 2, 3.

” Les figures 1, 2 et 3, représentent des affections à forme papuleuse. Dans la figure première, c'est le lichen simplex ; on y voit disséminées vers la loogueur d’un avant-bras, sans ordre, sans méthode, des papules par groupes, toutes cependant isolées les unes des autres. Elles ont été le siége de grattages, et cependant elles ne sont pas excoriées et sanguinolentes comme dans la figure 3, qui donne l'image d'un prurigo. Elles sont plus ou moins rosées, plus ou moins vives et inflammatoires. S'il y a eu quelques sécrétions par les grattages , c’est une sérosité qui s'est concrétée en petites écailles adhérentes. Les papules de la figure 2 sont," au contraire , volumineuses , excoriées, quelquefois suppurantes ; ce sont des papules de lichen agrius, dont le siége le plus commun est à la cuisse, et qui se disposent ordinairement sous forme de rubans ; on voit deux bandes de ce genre, qui traversent obliquement la portion de cuisse qui se trouve représentée.

Quant au prurigo, il donne d’abord l’aspect de cette peau foncée, sur laquelle siége ordinairement la maladie. En second lieu, une série de petites papules, très superficielles, qui sont toutes excoriées, et qui toutes ont donné lieu à un petit suintement sanguinolent, qui s'est concrété sous forme de croûtes sanguines. Dans le prurigo pédiculaire, les papules sont plus saillantes et moins sanguines; elles fournissent de la sérosité; elles sont accompagnées de trafnées d'excoriations allongées , et leur siége est au moins autant sur la poitrine que sur le dos.

Fig. 4.

C'est la représentation du pityriasis versicolor que donne la planche IV, non pas sous le rapport de l'étendue, mais comme physionomie des taches qui peuvent avoir une surface plus ou moins considérable. On voit que

l'affection est toute superficielle ; que c'est une simple coloration de la peau avec quelques légers furfures ; il n’y a rien de comparable à cette maladie ; aussi est-elle facile à distinguer de toutes les autres. Le pilyriasis nigra est beaucoup plus foncé.

Fig. 5.

Cette plaque de teigne, espèce favus lupinosa, a été prise sur la tête d'un ancien teigneux, auquel la maladie a déjà fait perdre un grand nombre de cheveux. L’affection était en traitement ; la peau était rentrée dans des conditions naturelles, quant à l'aspect. Le traitement a été interrompu pour laisser reparaître la teigne avec ses éléments morbides les plus jeunes, afin qu'ils fussent micux représentés et mieux compris. Toute cette plaque dessine le cuir chevelu; une portion a été complétement dénudée. Ii n'y est resté que quelques cheveux; et c’est là où les cheveux restent que la maladie a reparu. D'ailleurs, telle a été la durée de cette affection abandonnée à elle-même sans traitement, que l’autre partie de peau n’a plus que des cheveux rares et altérés. Ils sont tous frisés, amincis, amaigris, et évidemment atrophiés et malades. —On peut voir sous quelques uns d’entre eux la petite poche du micoderme parfaitement arrondie , non encore ouverte, et au centre de laquelle se trouve le cheveu; puis cette poche ouverte, allant en s'élargissant de plus en plus, au fur et à mesure que les bords se renversent en dedans pour prendre la forme d'un godet, dans l'état où la maladie se présente au médecin. Tous ces godets sont uniformes, se touchent, se confondent pour donner naissance à une plaque; mais à la circonférence de cette plaque, on distingue très bien la forme des godets. Nous n'avons pas reproduit de favus scululala ; ce n'est, en effet, qu’une série do godets généralement isolés, du double ou du triple de ceux du favus lupinosa.

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