EXPÉRIENCE CXXXV
Si, après avoir fait dissoudre quelques centigrammes
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de sulfate de magnésie dans de Peau dtstillée, dont est rempli un tube éprouvette, on ajoutera la dissolution , quelques centigrammes d'oxalate d'ammon jaque : elle ne deviendra pas trouble. Cette expérience fait voir, que la magnésie ne forme pas, avec Tacide oxalique, un sel aussi insoluble,que celui produit par la combinaison du même acide avec la chaux; et que, par conséquent, la présence de la magnésie n*est point un obstacle réel à la découverte de la chaux, par le moyen de Tacide oxalique. En ajoutant! quelques centigrammes de plus de sulfate de magnésie, à la première dissolution de ce sel dans l'eau distillée, et en y mettant ensuite aussi de nouveau plusieurs centigrammes d'oxalate d^ammooiaque : la dissolution ne se troublera*pas même alors, quoiqu'après quelques jours de repos. .
X|!i. ■TDBO-GYANATE BB POTASSE.
Ce sol est un des réactifs les plus importans , par la précieuse propriété, qu*il a, de former un précipité avec toutes les dissolutions métalliques, excepté celles àe platine, d'or, d'antimoine, de tellure, d'iridium, de rhodium et d'osmium. On peut, dans un grand nombre de cas, reconnaître, d'après la couleur du précipité^ le métal qui l'a produit, et en déterminer la proportion par des moyens assez faciles. Mais , c'est surtout pour déco^vrir la présence du fer, qu'on fait emploi de Thydro-cyanate de potasse. Lorsque ce métal, existant dans un liquide , est à un haut degré d'oxîdation , le précipité , auquel le réactif donne lieu dans le liquide, est de couleur bleu de Prusse^ et, lorsque le fer présent dans
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un liquide est peu oxidé, le précipité est blanc; mais alors il devient promptement bleu par sa simple exposition à l'air. L'hydiro-cyanate de potasse précipite le cuivre en brun ; le zinc'et Tétain en une masse blanche gélatineuse, et le cobalt en une couleur distincte de vert ^olive. Le bismuth donne 9 avec ce réactif, un précipité jaune. Il n'est affecté par aucune des terres. Son emploi est très-utile pour l'analyse des eaux minérales. Si une eau minérale, fraîchement puisée dans la source, donne,. avec Thydro-cyanate de potasse,. un précipité bleu ; et, qu'après avoir été concentrée par l'ébullition , ce réactif n'y occasione plus de précipité, on pourra en induire , que le fer, présent dans l'eau, y est à l'état de combinaison avec de Pacide carbonique ; et , si l'hydro-cyanate de potasse continue à précipiter la liqueur en bleu après qu'on l'a fait bouillir , l'acide , qui y tenait le fer en dissolution , est un acide minéral , dont on peut facilement reconnaître la nature, au moyen des réactifs appropriés pour les acides, tels que les sels de barîte, ou ceux d'argent.
Quelques auteurs ont avancé , que l'alumine est aussi précipitée par l'hydro-cyanate de potasse ; mais cette assertion est une erreur , à laquelle seule a pu donner lieu, l'emploi du réactif dans uii état impur; et il est probable, que, dans un grand nombre de cas, on peut attribuer à la même cause , les résultats contradictoires d'analyses minéralogiques par différens chimistes. Hais, avec la barite, l'hydro-cyauate de potasse, produit un sei cristaUin; et ce caractère particulier, que présente le réactif, fut considéré comme assimilant, jusqu'à un certain point, la barite avec les métaux, dont
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les dissolutions sont si généralement précipitées par ce réactif. Heyer et Klaproth firent cependant observer , qu'une semblable précipitation des dissolutions de barite n'a lieu immédiatetnent , qu'autant, que l'hydrocyanate employé est altéré par la présence d*un sulfate, dont il est difficile de l'obtenir entièrement dépouillé. Le docteur Henry a fait voir , que s^il ne se forme pas de précipité immédiat 9 par l'addition d'hydro-cya« nate de potasse à un sel de barite , lorsque l'hydro-' cyanate est pur, cependant, il se dépose delà liqueur, dans peu d'heures, de petits cristaux, qui consistent en hydro- cyanate de barite; ce qui est une preuve, que les sels ont échangé , en partie au moins , leurs principes ; et cet effet n'est pas , ainsi que Guyton- Morveau l'a observé , particulier à la barite : un échange semblable ayant lieu avec les sels d'autres terres , et alcalis. Le doctear Henry observe également, que les mêmes cristaux sont formés lorsqu'on ajoute de l'eau de barite à l'hydro-cyanate.
EXPÉRIENCE GXXXVL
Si Ton ajoute, un peu de limaille, ou de fil, de fer, à 100, ou lao grammes d'eau distillée > imprégnée de gaz acide carbonique, ou à de l'eau ordinaire de Selts, et qu'on ^aisse ensuite le mélange pendant trois ou quatre jours en repos dans un flacon bouché, en agitant, &u besoin , le mélange ; en filtrant alors la dissolution , elle sera une eau aérée, ferrée, artificielle. Ajoutez, à une moitié de cette dissolution, quelques centigrammes d*bydro^yanate de potasse : la liqueur deviendra bleue,
et quelque temps après ^ il s*y déposera un précipité dé cette même couleur.
EXPÉRIENCE CXXXYII.
Faites évaporer , iusqu^à son demi-volume, Tautre moitié de Teau aérée ferrée, obteuuc|dans Texpérience ci-dessus : 11 se déposera une poudre brune, ou un souscatbonate de fer. En filtrant ensuite la liqueur , après refroidissement , et , en ressayant de nouveau avec Thydro'-cyanate de potasse , ce réactif ne produira aucun effet; parce que l'excès d'acide carbonique ^ qui tenait le fer en dissolution, ayant été volatilisé, le fer, ainsi réduit à l'état d'un sous-carbonate de ce métal, ne peut plus rester en dissolution dans Teau.