‹ Traité practique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiquesChapitre 169 sur 181 · EXPÉRIENCE CLXXXI · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE CLXXXI

Après avoir fondu à la flamme du chalumeau sur un morceau de charbon , une petite quantité de phosphate de soude 9 ou de verre de borax 9 ajoutez-y une très-petite portion d'oxide noir de manganèse , et faites fondre le mélange à la flamnae plus intérieure bleue : le globule prendra une couleur pourpre ou violette. Faites le fondre de nouveau 9 et 9 en le maintenant pendant plus ^long-temps à l'état de fusion , il en résultera que la couleur violette disparaît.^ Si 9 alors 9 on fait fondre le globule , devenu incolore 9 à la jflamme extérieure du chalumeau , la couleur pourpre se reproduira ;' mais elle sera 9 comme auparavant 9 détruite de nouveau, par une continuation plus prolongée de la cha^ leur. En mettant sur le globule la plus petite quantité de

l80 1>ES RÉACTIFS

nitrate de potasse , la couleur se rétablit aussi immédiatement. Si , lorsque le globule est sans couleur, on fesfait alors fondre dans une cuiller d^argent , ou sur une plaque de fer, ou sur un support métallique quelconque^ au lieu de. charbon , la couleur violette revient, et elle ' ne disparaîtra pas , quelque prolongée que puisse être la continuation de la chaleur , et pendant tout aussi long-temps que le globule restera sur le support métallique*

Il est quelques minéraux qui, exposés au dard de la flamme du chalumeau , restent parfaitement infusibles; tandis , que par Taction de cette flamme sur d'autrea 9 ils sont aisément fondus. Elle produit, sur quelquea^-uns^ Tefiet d*étre volatilisés en partie, d'autres brûlent aveo une flamme d'une couleur particulière ; dans certains , comme Toxide de manganèse , la couleur est changée à différentes températures. Quelques minéraux, lorsqu'ils sont attaqués par la flamme .du chalumeau , se gonflent , d'autres décrépitent ou s'exfolient , ou perdent leur couleur ; dans quelques-uns , la fusion est partielle; quelquefois le résultât est une espèce de cendre ou poudre ; dans beaucoup de cas, c'est un globule vitreux complet , transparent , ou opaque , ou de couleurs diverses. Certains minéraux fournissent une simple scorie ou fraisil, d'autres produisent un émail, et quelques-uns donnent une fritte. Toutes ces gradations de phénomènes sont autant de moyens de découvrir et d'apprécier les différences , spécialement des minéraux terreux, et elles contribuent aussi à la connaissance et à la détermination de l'espèce particulière du minéral qui les présente.

CHIMIQ1}£S. 1$1(

Il faut un pôu d^artypour entretenir sans interruptian , avec la bouche j TînsufflaUon dû chakimeau. Il n'est; pas aisé de le. décrire, mais il peut s'acquérir facilement par la pratique et Thabitude. L'acte de la respi* ration , pendant tout Je temps qu'on soûfQeau chalu^ meau, ne doit avoir Heu que par les narines,: et la force du souffle doit résulter simp lement de la compression des joues 'SUT l^ir dans la bouche. Les comniençans souf* fient généralement trop fort, ce qui les oblige à re$rpirer trës^souvent. Tout l'art consiste à inapirer l'air à travers les narines , tandis 9 que celui contenu dans la bouche , est forcé de passer à travers le chalumeau ; de manière, que l'action des narines, des poumons et de Ja bouche , ressemble à celle de soufflets doubles; pour remplir cet objet, il n'est pas nécessatte 4e soulier avec violence, mais seulement avec une force .modérée et égailla ; et , alors , le «souffle ne peut jamais masiquer à celui -qui opère. > J

Cet art de souffler convenablement, en faisant usage du chalumeau , s'acquiert dans un instant pour quel-^ ques-4ins de ceux qui essaient de se servir de cet instrument , tandis ^ <qu!il faut à d'autres beaucoup de ^eknps pour y parv^iiff.rll peut être utile d'indiquer ici ies' moyens suivans, de vaincre les difficultés qu'on éprouverait à cet égard. U faut^ d'abord^ s'accoutumer à req)tr€îr librement à bouche fermée ; alors, après a^oir fait entrer, au moyen d'une expiration, de l'air .'dans la bouche jusqu'à ce que les joues soient modérément «nflées, on y retient cet air, en se déchargeant du surplus de l'expiration à travers les narines, et l'on £aiit a/inii deux ou trois inspirations et expirations à tra-*

lH± ]>ES HÉÀCTIFS

Yér» elled , sans rien laisser échapper de l'air qiif est dans la bouche. Lorsque , par -rexercice , on s'est rendu facile cette manière de respirer par le nez sou* lement, il faut, lorsqu'on velnt faire des' essais a i| chalumeau 9 introduire l'extrémilé du tube d^. cet Instrument dans la bouche en le saisissant avec les Uvres^ et en tenant dirigée ^ sur la flamme , l'autre extrémité en pointe déliée à Uès-petite ouverture , par où doit sortir le jet d'air. Après avoir ^ alors , rempli par respir ration , • sa poitrine d'air ^ qili'on fait entrer dans la bouche avec gontlêment des }oues , on continue de respirer aisément par les narines jusqu'à ce que l'air sàtépè chassé en presque totalité , de la bouche 9 à Irav^s le tube ; on le renouvelle 9 alors 9 comme auparavant 9 et , après quelques AJOUTS de pratique 9 les muscles idjQ 1^ bouche s'étant accoutumés à ce iiouveau mode d*aOr iion 9 on pourra en (retenir 9 pendant une demi-heure 9 un courant d'air uniforme , non interrompu 9 s^n» éprouver aucune autre incommodité que la( fatigue des

lèvres. ••',;'•'

La meilleure espèce de flammé pour l'eflet du oha^ lùmeau 9 est celle que produit, une bougie9 ou.iUne chandelle^ à très-grosse mèche 9 qui -puisse être enlrelci- »u& moUèhée médiocrement bas 9 etunpeaécaiAéeddn jet d'iair. On peut ^ servir aussi' de la lampe àjesprk de vin ; elle donne une flammé parfaitement claire, isans fumée 9 mais faible 9 en comparaison de celle d'une bougie. Quoique Remploi d'une bougie soit ce qui convient le mieux, on peut très-bien se -servir aussi d'une .chaikdélie. La chandelle devrait être, mouchée plus oourt9 et la mèche recourbée vers l'objet 9 de manière Qu'une

CHIMIQUES. lS5

partie de cette mèche soit dans une position horizontale* Le courant d'air doit être dirigé en soufflant sur cette portion horizontale de la* mèche 9 aussi près que possible f sans la frapper. Si là flamme est inégale et irrégulière 9 c'est une preuve que le trou de la pointe du chalumeau n'est pas rond ou uni ; et , si la flamme présente à travers elle une cavité 9 on peut en induire que l'ouverture de cette pointe est trop large. Lorsque cette ouverture est de figure convenable, et régulièrement proportionnée 5 la flamme consiste dans un beau dard lumineux bleu pointu, ou cône, entouré d'une autre £amme, d'une apparence plus faible et moins distincte. Une flamme trop grande obéit difficilement au jet qui la presse; si la flamme est trop petite, elle ne' produit qu'un faible effet.

£n faisant usage du chalumeau , il faut avoir égard aux considérations suivantes : L'extrémité de la pointe de cet instrument doit entrer juste dans la flamme , et alors le courant d'air chassera un cône, ou dard de flamme, du côté opposé. Si le courant est bien dirigé, ce dard, ou côn&> sera distinct et bien terminé. Il convient de faire attention à ce que le courant d'air ne frappe contre aucune partie de la mèche, car alors il serait interrompu , et divisé en plusieurs parties. Le jet, ou souffle d'air, doit être porté un peu au-dessus de la mèche; et, comine il ne serait pas suffisant pour que le courant agtt sur la flamme, à moin^ qu'elle ne fût considérable, ce qu'on peut faire de mieux, par cette raison, est d'ouvrir la mèche, parce qu'alors, elle présente la surface la plus large, et ^produit la plus grande flamme* Il faut, dans ce cas, diriger le courant d'air à

184 BBS mÉACTIFS

travero le canal ou l'ouverture , entre la mèche , de ma « nière à produire un.côjqe le plus parfait et le plus brillant , s'incHnant. sous un aiiglé d'environ quarante-<iinq degrés.

Le cène varîe.en înteastté dans les différentes parties de la fi^imine ; cette intensité est la plus forte^ à l'extrémité du point bien de la flamme.

Lorsqu'on soumet un corps quelcopque à l'action du (^alumeâu, il faut avoir grand soin de ne le chauffer que par degrés 9 en dirigeant très*lentement la flamme vers ce corps^ dans le commencement, non directement sur lui, mais un peu au-dessus, et en l'approchant ainsi de plus en plus près avec la flamme , jusqu'à ce qu'il devienne rôuge de lieu. Lorsque c'est une substance minérale qu'il s'agit d'essayer, il ne faut pas opérer d'abord immédiatement sur elle avec le chalumeau , parce que les minéraux ne sont pas toujcHirs homogènes^ ou de la même espèce dans toutes leurs parties , quoi* qu'ils puissent paraître tels à la vue. Il faut dono avoir re* cours à la ioupù, afin de pouvoir découvrir les particules hétérogènes, sHl y en a; dans ce cas, on doit les séparer, et essayer chaque partie par elle-même, pour éviter que les effets résultans de deux objets différens ^ examinés ensemble, ne puissent être attribués à un seul.

La substance sur lacjpieUe. la flamme agit , doit êtrcj proportionnée à la diouensiou de cette flammo^&i l\)u^ vertujce de^ la pointe du clialumeau est du diaihiètre d'une, épingle ordinaire , le fragment do la substance qu'on essaye ne doit pas excéder la grosseur d'un g^ain de poivre* Pour que cette substance soit maintenue peu** dant qu'on rexamia^ au chalumeau , on hû donne fovuf

CHIMIQUES. l85

support un morceau da charbon de bois d*orme ou de peuplier, bien brûlé , et compacte. On fait avec un couteau un petit creujc dans le charbon, et c'est là qu'on place la substance. Le charbon brûle lui*ménie tout au tour de ce creux 9 qui s'agrapdit ainsi; et il en résulte, que la chaleur , est maintenue tout autour de la sab* sta»ce, 4'uQe manière beaucoup plus uniforme, que lorsqu*on fait usage d'un, support de métal. Il ne faut cependantpas négliger de prendre, en même temps, en considération Tefiet chimique, que prc^duit le charbon en ignition , particulièrement pour la réduction des oxides métalliques, et la désoxigénation des acides fixes; de sorte, par exemple, qu'un petit, morceau d'oxideée caivre, d'oxide de plomb, ou d'oxide d'étaiii; ohauffé au rouge par le chalumeau , sugr un support de eharbon , est promptemcnt réduit à Tétai métallique ; de même aussi on réduit aisénient des fragmens de pierre d'^fiin (mine d'étdin),de mine de plomb commune,oi| galène^de^ouivre rubis, ete.,>«n lea chauffant sur un support deciiarhon« Lorsqu'on ne peut opérer que sur de tr^s^petites por* tiens de substances légères et cassantes , «lie» peuvent être enlcYéea, par le courant de la flamme, de dessus le charlion. Op peut remédier à cet inconvénient, eif faisant un creux profond dan& le charbon o4 Ton doit placer la substance, et en la recouvrant ensuite avec uq autre morceau de charbon , qui la garantit en partie dçi eet effet de )a flamme. La^ meilleure manière d\>pérer dans quelques oxpérienees de réductions, consiste à lie^ ensenable deux morceaux plats de charbon, à pratiquer dans celui des morceaux qui doit recouvrir l'autre ^ une entaille^ dans, le milieu de laquelle ou ferme une cavité ^

iê6 DBS BÉACTli'S

pour contenir la substance à examiner. Au moyen dt celte disposition , la flamme peut être chassée à travers Tentaille, ou oonduît, entre iesdeux morceaux de charbon, et la substance se trouve ainsi exposée , dans la cavité, à une chaleur violente, comme elle le serait dans un fourneau clos.

Ceux des corps sur lesquels le charbon a^t chimiquement, mais auxquels, en les traitant au chalumeau^ on veut éviter de faire éprouver de semblables changemens , peuvent être placés dans une petite cuiller d*or, d'argent, ou de platine, d'un peu moins de6millt> mètres de diamètre, g;arnie en conséquence d'un manche de bois convenablement fixé. L'emploi de cuillers d'argent , ou d'or, est préférable, lorsqu'il s'agit de produire des fusions avec des flux alcalins, fusions pour lesquelles^ les cuillers de platine ne conviendraient nullement. Les premières , cependant , présentent l'inconvénient* capUa^u'on nç peut leur faire subir que 1^ chaleur d'un rouge obscur, sans risquer de les fondre; tandis, que le» cuillers de platine sont parfaitement infusibles par ta flamme du chalumeau.

. On se sert aussi , avec beaucoup d'avantage , d'une petite pince , toute de platine , pour exposer des fragmens de pierreiï au dard dé la flamme du chalumeau , parce que, non-seulement on peut tenir ces corps avec cet instrument ,< sans qu'il se ionde ou s'oxide, mais encore, parce qu'en le tenant avec les doigts pendant l'essai , il ne s'échauffe pas trop , à raison de ce que le platine est mauvais conducteur du calorique. Les pinces de ce n>étal sont d'un emploi convenable aussi, pour remuer, ou retirer, des flux en fusion, le petit bouton du produit.

tJD fil de platine aplati est aussi d'un usdge très«avautàceux., pour exposer, àractkm de la flamme du chalumeav»»des fragmeas de substances infusibles.- Le* fragment , peut'étne £aetlement assujetti, entre un morceau du ùï reeoutbé autour de lui, et tenu, fermement. ainsi.* d^dçi^ toute directioo quelconque à Volonté* ' UaefieuiUed&platiae est également d'une très-grande utilité-, .lorsqu'on expose , à la flamme du chalumeauj, de ces substances qui ee divisent aisément, et qui^ sou^ mises au dard de cette flamme sur un charbon , otJi tonnes avec la pince de platine, ou placées sur la cuiller on assujetties entre un fil de ce métal , sont dispersées- Téute substance quelconque , enveloppée dans un^nor-^ ««^n de feuille de platine, peut être aisément niaiatemiQ en Bfkasse pendant !• tosai ; et ^ par conséquent , c,ette leuilleiest ce qui convient le mieux pour les substances j^ulvérulente»* On peut aussi eoAployer^ à i*occasion , deà£lameni^deicyanîte ou d'asbeste.

LXIII^. MkV iMPAicNEB .SE. GAZ ACIDE GAJUtONIQCIS , OV ' ^ ACIDE CARBONIQUE XIQVIDE*

L'eau imprégnée de. gaz, fkpide carbonique^ étant d'un eipploji indLspeasable dans plusieurs des expériences dont ce traité précepte le détail ,.et , comme, on ne peut pas se procurer promptement ce liquide dans toutes occasions , je crois devoir placer ici la description d'un appareil extemparané , au moyen duquel on peut le préparer facilement.

Cet appareil consiste dans un bassin de poterie commune ( PL II , figure Uu mUicu ) , que traverse ,

l88 BES' BÉA<:TlFft

placée sur ses bords, une planche de bois, dedouae cen-' timètres dé kurg« et d'environ vingt millimètres d'épaisseur , ayant une fente qui se teiinine par un trou pra^ tiqué afU centré de la planche. Ce trou sert à iseoenroir un^* bouteille 9 ou flacon «ordinaire , de br .capacité, d'un litre 9 a, qu'on renverse, dessus^ éj est unr€aeon. sem*^ blable auquel est ajusté uo tube de verrdreîcourlïéy c , qttf,' aboutissant, du flacon é^^in flacon a^ sert à trans-^ ptorter 1q gaz du premier à celui^oî, L'wne des extré.^ rôltés'du tube o , entre , en travertoot ^on bouchon da IVê^ej dans le flacon .6 , tandii que Vautre eiitiémité est inti^élAtlrte dans le flacon a, par le trou sur lequci oe flacoti'pose-. Pour imprégner de l'eau, au moyen de cet' afpiparéil, de gaz acide oarbonique, ou de to»* autre -gair quelconque que ce li()u>ide n'ait pas .la factflté d'^absorbér , soit le flacon- a:, entièrement h«émH pli d*eau^ Cetmé avec t)n bouchon 4e liège, 'ot'fonvetis^ le col en bas dans le be^in^de terre, >ailssi/îpréalli^e^ menl rempli d'eau. Posez ce flacon au centre du trou de la pîâii6he*, et, àfo^s, débouchez-le. €ecî étant lait v mettez du marbre blanc, de ia pierre. calcaire ou craie commune , concassés en morceaux de la grosseur d'un 'pois, dans' lé flacon ^'j et verse»-^ par-dessus dé Padde hydro-cMôrIqu'e 'ôrdîtiàirte , étendu de deux ou ttbi^ fois son Voïiimé" d'eau : par l'action d« cet acide '^r

le marbre , où ^ la substance caicaife employée ,' lè^ai acide caAônique en sera séparé ^''il traversera le tube âe verre'^tecotfrbé, c, èhfrera dàn s ^le flacon a 9 dont. il chassera Teaii , et ce flacon se remplira ainsi de gae acide carbonique.' tl faut lé boucher alors dans sa position remersée, tivec le èot au^d^ssous de la surface

GHIMIQtKS. 189

deTeau , le retirer enniiiCe da^ vase de terre , et y introduire environ un quart de litre d*eau distillée ; après l'avoir, alors, bouché de nouveau bien etactemeut, agitez-^le pendant trois à, quatre, minutes et laissez le tout en repos pendant deux ou trois heures , en agitant souvent le flacoué L*eau deviendra ainsi fortement imprégnée de gaz acide carbonique 9 ou sera convertie en une eau de Sellz artificielle. Il se dégagera 9 en très* ^rand nombre, des balles d'air de cette eau , Id^squ'elle sera exposée à Tatmosphère 9 et particulièrement, si on la vide d'un vase dans un autre , ou lorsqu'elle est doucement chauffée. Plus l'eau est frcnde 9 et plus elle se chargera de gaz acide carbonique.

il est évident, qu'il s'échappe une quantité de gaz acide carbonique égale à la portion d'eau introduite dans le ûacon , mais c'est un objet peu important. On {îèut même éviter cette perte 9 en renversant le flacon rempli de gaz acide carbonique dans une capsule contenant de l'eau distillée 9 et en le laissant ainsi pendant quelques heures, ou jusqu'à ce qu'il soit monté' une quantité suffisante d'eau dans le flacon 9 et que «étte eau se soit imprégnée du gaz.

On peut obtenir du marbre 9 par ce proèédé 9 de 40 à 4^ pour cent de son poids de gaz acide carbonique, de manière 9 que six grammes produiraient de un et demi à deux décimètres cubes.

LXIY. BAu iMPaBCBrâE de gaz Acms htdio-sdlfukique ,

ou ACIDE HT0BO-SIFI.F0aiQVB LIQUIDE.

Ce liquide , qui n'est point un article de commerce.

IQA DES héactifs

et qu^on ne peut , par conséquent , se procurer par cette voie , est également nécessaire pour procéder à plusieurs des expériences dont il a été précédemment fait mention ; on peut aisément le préparer de la manière qui suit 9 pour s'en servir immédiatement.

Mettez dans le flacon é ( Pt II, figure du miiieu ) une partie de sulfure d'antimoine du commerce , réduit en poudre grossière > et versez dessus trois ou quatre parties d'acide hydro-chlorique ordinaire 5 concentré ; en aidant alors l'action de l'acide par une douce chaleur de la lampe à esprit de vin , il y aura dégagement de gaz acide sulfurtque , et on pourra le combiner alors avec de l'eau distillée , ainsi qu'on l'a indiqué cidevant y pour opérer le même effet avec cette eau et le gaz acide carbonique ; il faut avoir soin de laisser s'échapper la première portion du gaz mis en liberté, parce qu'il se trouve mêlé avec une portion d'air ordi^ naire, contenu dans le flacon où le ga^ se développe*

On peut, au lieu de sulfure 4'antimoine, faire usage de sous-suUure de fer , il se séparera du gaz acide suif furique en abondance , et il pourra ensuite être combiné avec de l'eau distillée , ainsi qu'il a déjà été indiqué ; mais le sulfure d'antimoine fournit le gaz le plus pur. L'eau distillée se charge , dans la proportion d'environ les trois quarts de son volume , de gaz acide hydro-sulfurique ; elle acquiert , par sa combinaison avec ce gaz 5 une saveur douceâtre e% très-nauséabonde , et une forte odeur fétide, ressemblant à celle d'cenfs pourris , ou à celle qui se répand lorsqu'on lave avec de l'eau un canon de fusil encrassé après avoir tiré. L'eau, imprégnée de gaz acide, hydro-sulfurique, ne peut pas

GRiailQVES. 1^1

€6 conserver pendant long-temp^ , lors même qu'on la tient renfermée dans des flacons bouchés avec des bouchons de liège ; parce que Thydrogène abandonne le soufre , qui se précipite alors sous la forme d'une poudre blanche ; mais , pour les expériences que nous avons indiquées , Teau imprégnée de gaz acide hydrosulfucique, lorsqu'on la garde dans un lieu obscur ou dans un flacon opaque bieb bouché 9 conservé , pendant deux ou trois mois , une force suffisante.

On peut se procurer le sous-sulfure.de fer, en fondant ensemble , dans un creuset couvert , pendant quelques minutes , trois parties de limaille de fer et une partîQ de fleur de soufre ; ou bien, encore, on obtient ce sous-* sulfure, en remplissant à moitié un creuset avec des pyrites ferrugineuses ordinaires , en les y recouvrant avec la moitié de leur poids de limaille de fer, en mettant par -dessus upe couche de poussière d^ charbon , et en exposant , alors , le tout pendant une demi-heure à la chaleur d'un rouge obscur.

IgS ÂKAtTSE

VVVVVVWVVVVVVVVVVVVVM/V\VWVVVVV^^/VV\rVVVVVVVVVVV^

ANALYSE DES EAUX MINÉRALES (i).

L'arâltse des eaux minérales a été considérée y de tout temps, comme une opération difficile. On a fait usage 9 pour reconnaître les différentes substances qu'elles contiennent , et pour en déterminer lés proportions , d*un grand nombre *de méthodes , qui sont , pour la plupart , susceptibles ^etrevÈH. Cette diversité de moyens d'analyse est, elle-même, une source de discordance dans les résultats' ; et, pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec des recheroliés de cette nature, c'est souvent une chose difficile que de déterminer quel est le procédé le mieu's approprié à la découverte d^une composition particulière. Il suit de là , qu'il serait avantageux d'avoir une formulé- gêné* raie, s'il était possible de la donner, applicable à l'analyse de to«tes les eaux. Le docteur Murray a proposé un procédé, qui paraît susceptible d'être très-généralement employé. Ce procédé est simple , d'une exécution assez facile , et il ne présente de causes quelconques d'erreur , que celles qu'il est aisé de prévenir. Les principes sur lesquels cette méthode est fondée , et les détails du procédé, lui-même,, sont l'objet des observations qui suivent. ^

(i) C'est à M. J. Murray, M. D. , que nous sommes redevables de cette jnéthode d'analyser des eaux minérales. Trantaotions of theroyai soeieiy of Edinburgh ; vol. ii , pag. 22S,

DES EAtX MINERALES. 103

Deux moyens d^analyse ont été employés dans la re* cherche de la eomposîtion des eaux minérales. Celui qu*on peut appeler la méthode directe , par lequel on obtient, par évaporation, aidée par l'application subséquente de dissolvans, ou quelquefois de précipitans^ certains sels conmposés; et celui ^ pouvant être désigné comme méthode indirecte^ qui fait connaître > par l'emploi de réactifs , les principes de ces sels 9 c'est-àdire , les acides et les bases dont ils sont formés , dont on évalue en outre les quantités , et d'où l'on peut conclure, et les sels particuliers, et les propor lions de ces sels.

Les chimistes ont toujours considéré la première de ces méthodes, comme fournissant le document le plus essentiel [et le plus certain; et, sans négliger la seconde, ils s'en sont ordinairement servi , comme d'un moyen subordonné à l'autre. Les sels obtenus par évaporation, ont été généralement considérés comme les ingrédiens réels , et Ton imagina ,' par conséquent , que rien de plus n'était nécessaire pour l'exactitude de Tanalysë, que de les avoir purs, et d'en estimer avec précision les quantités. Au contraire, lorsque ce sont les éiémens seulement qu'on est parvenu à connaître , on jugea , qu'on n'acquerrait point de notion relativement à la composition réelle; car, il restait encore à déterminer suivant quel mode ces éiémens étaient combinés, ce que l'on supposa ne pouvoir être déduit que des composés effectivement obtenus. On n'eut dono recours à cette méthode , lorsqu'on l'employa dans la vue d'évaluer les quantités , que pour obvier aux difficultés particulières , qui pouvaient se présenter dans l'exécution de l'autre , ou pour ajouter à l'exactitude des propor-

1C)4 ANALTSB

tions f OU , tout au plus , lorsque la composition étant très-simple 9 ne consiste principalement que dans un genre de sels.

Une autre circonstance , qui contribua à faire donner la préférence à la méthode directe d'analyse y ce fut rinoertitude en ce qui concernait la détermination des proportions des élémens de sels composés. Cette incertitude était telle» que même» d'après la dé- . Cermination la plus exacte des quantités absolues des acides et des bases existantes dans une eau minérale» il eût été difficile» ou presque impraticable» d'assigner la composition précise» et les proportions effectives des sels composés; de là, par conséquent » la nécessité de les obtenir par la méthode directe.

L'état présent de la science porte à d'autres considérations.

Si l'on pouvait justement conclure» que les sels » obtenus d'une eau minérale par évaporation » ou tout autre procédé analogue» en sont réellement les ingrédiens» il ne devrait rester aucun doute sur la supériorité de la méthode directe d'analyse » et même, sur l'absolue nécessité d'en faire usage. Mais il n'est pas besoin de grandes explications pour prouver que cette conclusion n'est pas incontestablement vraie. La concentration» par évaporation^ doit» dans un grand nombre de cas» changer l'état de oombinaisou ; d'où il suit , que les sels obtenus sont souvent des produits de l'opération» et non les ingrédiens primitifs. Ce n'est pas leur état actuel qui peut fixer sur cette incertitude» et faire connaître la composition réelle. On n'acquiert donc pas , relativement à cette composition » plus de notion » en se pre*

DES EAUX HIVERALES. igS

Cfiraot les sels , que par la découverte de leurs, élélaens; car, ceux-ci étant connus, et leurs quantités déterminées , on peut f en partant du principe > quel qu'il puisse être , d'après lequel on déduit les im>des affectife de combinaison 9 assigner, avec une égale lacilité» les quantités des composés binaires que ces élémens forment.

, La connaissance, qu'on a aujourd'hui des proportions exactes des principes constituans de la plupart des sels composés, nous met aussi en état d'en déterminer la formation pat les élémens • avec autant de précision , qu'en obtenant ces composés eux-mêmes; et, s'il avait pu être commis quelque erreur dans l'évaluation de ces proportions , en poursuivant ces recherches , on ne pourr^il qumquer de la découvrir promptemeot.

Lorsqu'en cherchant à reconnaître la composition d'une eau minérale, on la détermine par Là découverte des acides et des bases qu'elle contient^ ce moy<eo d'opérer est , en général, d'une exécution plus facile , et il présente plus d'exactitude,que celui d'établir la composition d'après les sels composés obtenus isolément. Rien n'est ^lus difficile que d^effectuer la séparation entière de sels par cristallisation , même en s'aidant, comme on le CEiit ordinairement^ de l'action d'alcool, jsoit comme dissolvant, soit comme précipitant, ou, en employant l'action de l'eau comme dissolvant à différentes températures; dans ie plus grand nombre de cas, l'objet de cette séparation ne peut être complètement rempli , et il doit en résulter un délaut d'exactitude dans l'analyse. L'autre méthode n'est pas susceptible d'une semblable difficulté. Lg$ éUmeos étant décou-

1^6 ANÂLTSt

verts , et leurs quantités estimées 5 en général , d^apiè» leur précipitation en composés insolubles 9 leur séparalion entière est aisément effectuée. Rien n'est plus facile, par exemple, que d'évaluer la quantité totale d'acide sulfurique , au moyen de la précipitation par la barite , ou celle de la chaux, en précipitant par l'oxalate d'ammoniaque. Cette méthode a , de plus , un avantage particulier sous le rapport de l'exactitude ; c'est que, si l'on commet quelque erreur dans l'évaluation d'un des principes quelconques, on la découvre dans la suite des inductions qu'on en tire, relativement aux combinaisons l)înaires, puisque, si tous les élément ne sont pas entre eux dans le rapport nécessaire pour produire l'état de neutralisation, l'excédant, ou ce qui manque, devient apparent ; et, par conséquent, l'erreur est reconnue. La inéthode indirecte a donc, alors., tout avantage sur l'autre, tant, soifS le rapport de l'exactitude, que sous celui de la facilité d'exécution.

Un autre avantage dérive encore de cette manière de voir, si elle est juste; c'est celui de prévenir la discussion de questions , qu'autrement il faudrait prendre en considération , et qu'il doit être souvent difficile de décider , si même elles sont de nature à être résolues. L'évaporation , ou toute autre opération analytique quelconque, au moyen desquelles on essaie d'obtenir les sels qui existent dans une eau minérale, pouvant influer sur l'état ou combinaison, il s'ensuit, qu'on aura souvent des résultats discordans , suivant les méthodes employées. Les proportions, au moins, seront différentes, et quelquefois même on trouvera, par une méthode, des produits qui ne s'obtiennent point par une autre. C'est ce

DBS EAUX MINERALES. I97

qui arrivera plus particulièrement, dans le cas d'une eau dont la composition est compliquée. Les eaux de Gheltenham, par exemple^ ont, dans diverses analyses, offert des résultats très-différens; et, dans la supposition que les sels obtenus sont les ingrédiens réels , cette diversité de résultats, qu'il faut attribuer à de Tinexactitude , donne nécessairement lieu à un ample sujet de discussion. De même aussi , la question de savoir, si Teau de mer contient du sulfate de soude avec du sulfate de magnésie, a fourni souvent matière à controverse* Cependant , des discussions de ce genre sont superflues. Les sels, qu'on se procure, ne sont pas nécessairement les ingrédiens réels, mais ils sont, en partie au moins, des produits de l'opération, qui, par conséquent , peuvent être obtenus ou non, ou, dans des propo/rtious différentes, suivant la métbode que l'on emploie. Ainsi ^ tout ce qu'il est possible de faire avec précision, c'est d'estimer les élémens, et d'en établir alors les combinaisons binaires , conformément à la manière de voir la plus probable, quelle qu'elle puisse être, sur la e(un< position réelle.

On a rangé les eaux minérales sous les quatre classes x de carbonatées, de sulfureuses, de ferries, et de salines. Mais toutes ces eaux sont, ou salines, ou peuvent être ramenées à cette division. Dans les eaux de la première classe , l'acide carbonique , qui est en excès , peut être chassé par la chaleur, et sa quantité évaluée. Le gaz acide hydro-s;ulfurique est expulsé de la même manière , ou décomposé ; et le fer peut être découvert par les réactifs qui lui sont propres , et , séparé par des méthodes convenables. Dans tous ces cas, l'eau^

reste avec son imprégnation saline quelconque, et , par conséquent, dans la suite de son analyse, elle est essaortiellement la même qnUine eau purement saline ; la seule précaution à prendre, est celle d^avoîr observé ce» principes dégagés, et de ne point introduire dlngréaient nouveau , par les méthodes dont on fait usage.

Les sels, que contiennent ordinairement les eaux minérales, sont des carbonates, des sulfates et des bydro^ chlorates , de chaux , de magnésie et de soude. II faut donc, en procédant à l'analyse, se procurer d*abord,par Tapplication des réacttfs ordinaires, une connaissance générale de la composition probable. On découvrela présence des acides aulfurique et carboDique,par la barîte ; ceUes,de Faclde hydro-chlorique, par le nitrate d'ai^ent; de la chaux, par Tacide oxalique; de la magnésie, par i*ammoniaque; et celle de tout sel neutre alcalin quelconque, par évaporation. II y aura aussi de Tavantage à recueillir lés produits d'évaporation , à en recon-> naître les quantités , sans s'attacher , par une attention minutieuse, à la précision; l'obfet étant simplement de faciliter, par ces essais préliminaires, la plus grande exactitude de Tanalyse.

Supposons cela fait , et que la composition de Feau soit de respèce la plus compliquée, c'est-à-dire, que par Teffet des réa<itifs, ou par évaporation, elfe ait fourni des carbonates, sulfates, et hydro-chlorates de chaux, de magnésie , et de soude ; il faut , en général , procéder , ainsi qu'il suit , pour reconnaître les ingrédient , et en déterminer les proportions.

Faîtes réduire l'eau par évaporation, autant que cela se peut, sans qu'il en résulte aucun précipité sensible ^

DES EAUX MINERALES. I99

OU cristallisation. Par cette cODcentration» Faction des réactifs à employer^estrendae plus certaine el plus complète; par elle, aussi, tout acide carbonique libre est dégagé.

Afoutez , à Teau , ainsi concentrée , une dissolution saturée d^hydro-chlorate de barite , pendaqt tout aussi long-temps qu'elle donne lieu à précipité , en faisant attention de n^en pas employer xm excès. Par une expérience préliminaire , assurez-vous si ce précipité fait ou non effervescence avec de Tacide hydro-chlorique étendu, et s*y dissout en totalité. S'il en est ainsi, le précipité est nécessairement du carbonate de barite, dont le poids, après qu'il a été séché , donpe la quantité d'acide carbonique ; cent parties contenant vingt-deux parties d'acide. Si le précipité ne fait point effervescence , c'est du sulfate de barite, dont le poids donne* de la même manière , l'acide sulfurique ; cent parties de ce précipité , chauffé au rouge obscur , contiennent trentequatre parties d'acide. Si le précipité fait effervescence , et quMl soit en partie dissous, il consiste, à la fois, en carbonate et en sulfate^ Pour reconnaître les proportions de ces sels , on fait sécher le précipité à une chaleur un peu inférieure au rouge , et on le pèse ; on le soumet ensuite à l'action d'aûide bydro-chlorique étendu; et, après l'avoir lavé avec de l'eau , on le sèche à une dialeur semblable. Dans cet état , son poids représentera la proportion de sulfate de barite ; et ce qu'il se ti^uvera avoir perdu de sotf premier poids , celle du carbonate de cette base.

Par cette opération , les acides , carbonique et sulfu* rîque, sont séparés en totalité, et tous les sels contenus

200 ARAIYSB

dans Veau y sont convertis en hydro-chlorates. lï reste doncy d'abord» à découvrir et à évaluer les quantités des bases présentes; et alors, pour compléter l'analyse, à trouver la quantité d'acide hydro-chlorique que l'eau minérale contenait dans l'origine: on y parvient ainsi qu'il suit.

Ajoutez , à la liqueur claire, une dissolution saturée d'oxalate d'ammoniaque, pendant tout aussi long-temps qu'il s'y manifeste du trouble. La chaux sera précipitée à l'état d'oxalate de cette base. Après avoir lavé le précipité,} on Ipeut le faire sécher ; mais, comme son exposition , à une chaleur rouge , donne lieu à décomposition , il est à peine possible de l'amener à un état uniforme de dessiccation avec assez d'exactitude » pour permettre d'évaluer la €|uantité de chaux , d'après spn poids. Il faut donc calciner le précipité à une chaleur faiblement rcTuge , ce qui le convertit en carbonate de chaux, dont cent parties en représentent , cinquante -six de chaux. Mais comme une portion d'acide carbonique peut être chassée par la chaleur, si on la pousse à un trop haut degré , ou que le carbonat€ peut avoir retenu de l'eau , si la chaleur D'est pas assez élevée , il convient de le convertir' en sulfate, par une addition d'acide sulfurique avec un léger excès., et d'exposer ensuite le sel, ainsi formé , à une pleine chaleur rouge. Il restera du sulfate de chaux bien desséché , dont loo parties en con* tiennent, suivant le docteur Mjirray » 4^»^ ^^ chaux.

La seule source d'erreur, dont cette conduite de l'a^

nalyse soit susceptible, est celle qui résultera de;^rem>

ploî 9 dans la première opération , de plus de barîte ,

que n'en pouvait exiger la précipitation des acides

BBS EAUX MINERALES. aOt

sûlfurique et carbonique. La barite en excès se précipitera dans Topération suivante , à Félat d'oxalate de barite^ sera ensuite convertie en carbonate et sulfate ^ et ainsi la proportion de chaux sera , en apparence ^ trop grande. On obvie, par conséquent, à cette causé d'erreur , en évitant , avec soin , d'employer un excès de barite. Pour rendre , aussi complet que possible , Ve&ét de la précipitation de la chaux par l'oxalate d'ammoniaque , il faudrait réduire l'eau considérablement par évaporation , tout en évitant de donner lieu à sépa- , ration d'aucun de ses ingrédiens.

L'opération , qui suit, dans la continuation de l'analyse y doit avoir pour objet de séparer la magnésie ; et , à cet égards il se présente quelque difficulté , qui dérive particulièrement du plan de la présente formule. Le principe , sur lequel cette formule est fondée , est , d'abord , de séparer tous les acides , l'acide hydro-chlori* que excepté; et, en second lieu, de séparer les bases, ou autrement , d'en évaluer les quantités. Si l'on peut obtenir séparément la chaux et la magnésie , par précipitation , il n'en est point ainsi de la soude. Il faut donc conduire le procédé de manièrie à laisser à la fin cet alcali à l'état d'hydro -chlorate de soude. Il s'ensuit , qu'il est nécessaire, ou de se débarrasser de tout produit nouveau , introduit dans les opérations antécédentes de l'analyse, ou bien , s'il en reste de ce genre, d'être en état d'en déterminer la quantité avec précision. En décomposant l'hydro-chlorate dechaux , par l'oxalate d'ammoniaque, on substitue de l'hyâro-chlorate d'ammoniaque , qui peut être ensuite dégagé par la chaleur. L'objet est donc de décomposer l'bydro - chlorate de magnésie,

!IOa ^ AKALYSE

et de séparer la magnésie , soit , par quelque méthode semblable 5 ou , si cela ne se pe^t pas, du moins , par quelque autre, au moyen de laquelle, rhydro*chlorate substitué puisse être évalué exactemtent ; et c'est, dans la manière de satisfaire à Tune, ou à l'autre de ces conditions , que consiste la difficulté dont il vient d'être parlé.

La ^composition du sel magnésien , par l'ammoniaque, aurait le premier avantage, puisque Thydrochlorate d'ammoniaque serait cbassé par la chaleur à la fin du procédé; mais cette .décomposition, ainsi que cela est bien connu , ne s'opère qu'en partie. Le sous -carbonate d'ammoniaque donne lieu à une précipitation de magnésie plus abondante ; mais son action n'est également que partielle , puîsqu'après qu'on en a ajouté une certaine quantité , il se forme un sel ternaire soluble. Il semblait probable , qu'on pouvait obvier à cet inconvénient , en ajoutant le sous-carbonate d'ammoniaque , jusqu'à cessation totale de précipité , en évaporant , -alors jusqu'à siccité , la liqueur filtrée^ en chassant, au moyen de la chaleur , l'hydrochlorate d'ammoniaque, et tout excès d'ammoniaque , en faisant redissoudre, et, enfin, en ajoutant une nouvelle portion de sous-carbonate d'ammoniaque, pour décomposer le sel de magnésie restant. En procédant de cette manière , le docteur Murray , trouva , que la seconde addition donnait lieu à un précipité abondant , et il s'assura , que même, à la quatrième , il s'en produisait un en petite quantité. Mais , après tout , la décomposition n^était pas parfaitement opérée; car la quantité de magnésie obtenue, n'était point égale à celle qu'on se procurait par d'autres méthodes*

DES EÀVX MIHÉRALBS. 205

On s*est ordinairement servi da fous-^^rbonate de potasse, ou de soude, pour précipiter la magnésie, de ses combinaisons salines. La précipitation , cependant , n'est que partielle > & moins qu'on n'emploie le pré* cipitant en excès, et mémo alors, elle n'est peut-être pas toat>à-fait complète ; et , comme cet excès ne peut pas être facilement apprécié , il en résulte , pour Tévaluation de la quantité d'hjdro-chlorate de soude à la fin de Topération , une cause d'erreur , contre laquelle il n est pas aisé d être en garde.

La méthode , que propose le docteur WoUaston , est beaucoup plus parfaite. Elle consiste à précipiter la magnésie de sa dissolution , en ajoutant, d* abord, du carbonate d ammoniaque, et, alors, du phosphate de soude y de manière à former le phosphate insoluble ammoniaco-magnésien. La. magnésie parait être ainsi pré* cîpitée en totalité; et, par conséquent, ce moyen de déterminer la quantité de cette base, ne semble pas susceptible d'objecîion. Cependant , il n*est pas ^out-àfait d'accord avec le but de là présente formule. La soude du phosphate de cette base, sert à nentrali^r' Tacide hydro-chlorîque de l'hydro-chlorate de magné-* sic; et, par conséquent, il se forme de lliydro-cblo-* rate de soude, qui reste avec le muriate de soude de Peau , et dont il devient alors nécessaire de déterminer, avec exactitude , le montant. C'est ce qui peut se faire , d'à* près la quantité de phosphate de magnésie obtenue , comme donnant la portion équivalente d'hydro-ehlorate (de soude, soit au moyen des équivàlens des acides ^ soit par les équivàlens des bases ; mais encore cela rend- il la méthode un peu compliquée^ et susceptible de

âû4 AHALTSS

quelque erreur, si, afin de précipiter la ma^ésîe en totalité 9 on ajoute un excès quelconque de phosphate de soude 9 ce qu'il est difficile d'éviter ; cet excès , qui reste avec Thydro-chlorate de soude 5 en rend l'évalualion inexacte. Indépendamment de ces circonstances y il serait préférable de mettre de Tuniformité dans Topération, en employant quelque méthode, au moyen de laquelle , le produit, dans cette opération , aussi bien que dans celles qui l'ont précédées, est séparé, ne laissant, à la fin de l'analyse, que Thydro -chlorate de soude.

Il semblait probable , qu'on aurait pu y parvenir , en employant l'acide phosphorique avec le carbonate d'aibmoniaque , pour former le phosphate triple d'ammoniaque et de magnésie, avec un excès d'ammoniaque tel, qu'il pût suffire à la fois , pour la formation de ce composé , et pour neutraliser l'acide hydro-chlorique de l'hydro-chlorate de magnésie. L'hydro-chlorate d'ammoniaque serait ainsi substitué , comme dan» l'opération précédente de la précipitation de la chaux , et cet hydro-chlorate serait, à la fin, chassé par la chaleur , laissant l'hydro-chlorate de soude seul. Le docteur Murray trouva, en conséquence, que lorsqu'oa variait ainsi le procédé , la liqueur devenue claire après la précipitation, n'était pas troublée par une addition, soit de phosphate de soude avec ammoniaque, soit de sous-carbonate de spude ; ce qui prouve , que la sépa-^ ration de là magnésie avait été complète. Pour établir d'une manière plus certaine combien cette séparation est exacte, par ce moyen, on fit aussi les expériences ' qui suivent.

DES EkVX MINÉBÀLBS. ItôS

Apirès avoir fait dissoudre, dans 4^0 parties d'eau, à la température de 58* centigrades , ao parties d*hydrochlorate de soude (sel gemme pur), qui avait été chauffé au rouge, et 10 parties d hydro-chlorate de magnésie critallîsé ; on fit emploi du phosphate de soude et du carbonate d'ammoniaque, pour précipiter la magnésie, suivant le mode proposé par le docteur'Wollaston ; c'està-dire, qu^on ajouta d'abord une dissolution du carbonate d ammoniaque, et ensuite, une dissolution de phosphate de soude pendant aussi long-temps qu'il y eut manifestation de précipité^ en ayant soin de conserver, dans la liqueur , un léger excès de Tammoniaque. Le précipité , après avoir été lavé, séché, et alors exposé pendant une heure à une chaleur rouge , donna 5,4 parties de phosphate de magnésie, représentant 2,1 5 parties de magnésie. En évaporant ensuite la liqueur filtrée , on obtint de Thydro-chlorate de soude, qui, après avoir été chauffé aurouge,pesaita5,7 parties. Le phosphate de magnésie consistant, sur 100 parties, dans 39,7 de magnésie, et 6o,5 d'acide phosphorique; il s'ensuit, que 5,4 parties de ce sel équivalent à 6,4 parties d'hydrochlorate de soude; et 9 en les déduisant des a5,7 parties de cet hydro-chlorate obtenues, le surplus, de 19,3 parties , représentera ce qui en a été primitivement dissous.

On prépara une dissolution , qui était parfaitement la même , et on y ajouta , comme auparavant , une dissolution de carbonate d'ammoniaque. On y versa alors une forte dissolution d'acide phosphorique , jusqu'à cessation de toute apparence de précipité , avec la précaution de maintenir toujours un excès de car-

ao6 AlTALTftB

bonate d^ammoniaque dans la liqueiij*. Le précipité, lafé et séché f donna 9 aprèi avoir été exposé à une chaleur roufe 9 5,5 parties de phosphate de magnésie , équivalant à ayig parties de magnésie. On évapora la liqueur filtrée ; et, la juatière solide $ après avoir été soumise à une chaleur , élevée par degrés , jusqu'au rouge 9 donnait exactement » étant refroidie » le p<^ids de ao parties.

Dans Tune et Tautre de ces e^q^érlences , la quantité d'hydro-chlorate de soude s*obtient d*iij»e maiMère . e»icte 9 ou, tout ausu approximative qu'on peut s'y attendre. Ces eq>ériences s'accordent, également , tout autant qu'il est^ossible de le désirer , même en répé-» tant l'expérience, dans la quantité de magnésie qu'elles indiquent. Pour reconnaître, jusqu'où pouvait aller cette correspondance avec la quantité réelle , le docteur Murray convertit lo parties d'faydro-chlorate de ma- . gnésie cristallisé , en sul£Ue , au moyen d'une addition d'acide suif urique , et il exposa ce sulfate à une faible chaleur rouge; le produit fut de 6,4 parties, équivalant à 9,1 5 parties de magnésie. Ce résultat peut être considéré comme une ccHncidence parfaite , et comme établissant Texactitude des autres résultats.

D'après cette dernière expérience, loo parties d.*hydro-chlorate de magnésie cristallisé , donneraient 64 parties de sulfate réel de magnésie , formées de ai , 3 parties de magnésie et de 4^ t 7 parties d'acide sulfurique. Cette quantité d'acide sulfurique équivaut à 29 , 4 Pitiés d'acide hydro-chlorîque, d'où il suit, que loo parties d'hydro-cblorate de magnésie cristallisé , consistent dans ai , 5 parties de magnésie, ag, 4 parties d'acide hydro-chlorique, et 49 9 3 parties d'eau.

DES EAUX MINERALES. ^OJ

Ainsi y il paraît , qu'on peut employer Tacide phosphorîque avec un excès d'ammoBiaque 9 pour précipiter la'-magDésie de ses comlNiiatsons salines; et 9 dans un procédé , tel que celui-ci , cet emploi présente Tavantage , que l'hydro-çhlorate d'ammoniaque formé y peut être ensuite volatilisé par la chaleur ; et qu'il est , par conséquent, facile de reconnaître la quantité de lout ingrédient résidu quelconque. Le phosphate neutre d'ammoniaque aurait aussi cet avantage ; mais il ne réussit pas f le phosphate de magnésie n'étant pas sufiisamment insoluble. Eu ajoutant une dissolution de phosphate d'ammoniaque à une disaohitiou de sulfate de magnésie 9 le mélange devint trouble dans une minute ou deux 9 et , dans peu de temps , il se déposa , au fond • et sur les parois du vase » un précipité en grains cristallins; mais ce précipité n'était pas considérable, et il n'augmenta point. Cependant , |e pliosphate d'ammoniaque^ avec un excès d'ammoniaque, ou, avec addition préalable de carbonate d'ammoniaque, peut être employé pour en obtenir le même effet que de l'adule phosphorique. £n se servant de l'acide phosphorique , sous une quelconque de ces formes , pour atteindre ce but , il est nécessaire de s'assurer qu'il est entièrement libre de toute imprégnation de éhaux.

Il y a un autre avantage attaché à cette méthode , c'est que , si même t>n ajoutait un léger excès d'acide phosphorique , l'erreur , pouvant en résulter, doit être très*peu de chose ; car l'effet de cet exoès sera seulement de décomposer une petite portion de l'hydrochlorate de soude priaiitif ; et , comme la différence entre les proportions, suivant lesquelles les acides,

aïO ARltTSE

reste après les opérations précédentes , et le résida étant desséché , chauffez -le pendant tout aussi longtemps qu'il s*en exhale des vapeurs, en poussant ^ vers la fin, la chaleur jusqu'au rouge. La matière résidu est de Thydro-cblorate de soude, dont loo parties consistent dans 55,5 parties de soude et 2^6,7 parties d'acide hydro - chlorique. Il ne faut pas, cependant, considérer cette quantité comme étant nécessairement la quantité diiydro-chlorate de soude CQntenue dans l'eau ; car, avant la combinaison de la soude avec l'acide hydroM^hlorique , il pouvait y aVoir présence dé cet alcali , uni , par exemple , avee de l'acide sulfurique ou de Tacide carbonique; et, d'après la nature de l'analyse , cette soude , séparée dans la suite des opérations,' ou plutôt, dès les pre* mières, de ces acides , par l'hydro-chlorate de barite , se serait combinée avec l'acide hydro-chlorique«L'hydrochlorate de soude, obtenu , ne donne donc pas la quantité primitive d'acide hydro^chlorique ; mais il fait connaître la quantité de soude , puisqu'il n'a. été enlevé ni introduit aucune portion quelconque de cette base. Quant à l'acide hydro-chlorique , il peut y en avoir eu plus ou moins qu'il n'en existe dans l'hydro-chlorate de soude obtetou. Si la qiianfîté d% soude , qui était contenue dans Feau , excédait la propoition d'acide bydro*chlorique qu'elle pouvait neutrsdiser , cet excès de soude se serait coinbiné avec l'acide sulfurique ou avec l'acide carbonique, et ces acides ayant été ensuite enlevés par l'hydro-chlorate dé barîte , ils auraient été remplacés par l'àcidé hydro*chlorique,qui serait res* té , à rétat d'bydro-<:hl6raté de soude ; et Ton porterait

DES EAOX MINÉaÀLES« SU

trop haul la proportion de ce sel , aï 9 en le considérant comnae un ingrédient primitif , on l'évaluait d'après la quantité qu'on en obtient. D'un autre côté, s'il existait dans l'eau plus d'acide hydro-cfalôrique , que la soude qui y est présente n'en pouvait neutraliser , eet excès s'ëtant combiné avec les autres bases, soit la chaux ^ soU la magnésie , se porterait sur l'ammoniaque , eomme dans le procédé , au moyen duquel ces terres sont précipitées^, et, ensuite, serait dégagé à l'état d'hydro^chlorate d'ammoniaque ; si , alors , on évaluait la quantité primitive d'acide hydro-chlorique , ^'après le poids de l'hydro-chlorate de soude obtenu, oette quantité serait portée au-dessous de ce qu'elle était réellement.

Pour en trouver la véritable quantité , il est donc nécessaire d'avoir recours à une autre opération. On combine , conformément aux proportions connues de leurs composés binaires, les quantités de bases et d'acides qu'on a pu se procurer, en s'en tenant , relativement à l'acide hydro chlorique , à la quantité qui en existe dans l'hydro-cMorate de soude obtenu , s'il y a en une portion quelconque d'acide hydro* chlorique enlevée , les bases seront en excès , et la quantité de cet acide , toécessaite pour produire la neutralisation , sera la quantité perdue ; d'un autre côté , s'il y a eu de l'acide hydro-chloriqtiè introduit, et s^il en reste au delà de ce qu'il en était primitivement contenu dans l'eau , cette quantité sera en excès relativement à ce qui est nécessaire pour produire la neutralisation. Le procédé consiste donc sim^ement à former, avec les élémeos obtenus par f analyse, des combinaisons

3ia « ANALYSE

binaires dans les proportions connues, suivant les* quelles ces élémens s'unissent ; on reconnaîtra alors ce qui manque d*acide hydro-chlorique ou ce dont il est en excès ; et en retranchant cet excès de la quantité d'acide kydro-chlorique contenu dans rhydro-chlorate de soude , ou bien 9 en y ajoutant ce qui manque 9 on aura la véritable proportion d'acide hydro-cblerique.

Il y a 9 cependant , un défaut dans cette méthode ; si Ton a commis quelque erreur dans le cours des opérations antécédentes de l'analyse , soit dans l'estimation de bases 9 soit dans celle des acides, cette erreur restera cachée par l'espèce de compensation qui a lieu en adaptant ainsi la proportion d'acide hydro-chlorique aux résultats , tels qu'ils ont été obtenus ; et, en même temps, on fera une évaluation inexacte de la quantité d'acide hydro-chlorique lui-même. Lors donc qu'on pourra craindre de s'être tronlpé, ou, si, indépendamment de cette circonstance, on veut s'assurer d'une exactitude parfaite , il peut ê^re convenable d'estimer directement la quantité d'acide hydro-^chlorique dans une portion donnée de l'eau ,, en se débarassant , au moyen de la barite , de tout . acide sulfurique ou de tout acide carboniquç , et en précipitant, alors, l'acide bydro-chlorique par le nitrate d'argent, ou le qitrate de plomb. On déterminera ainsi la quantité réelle de cet acide avec une précision parfaite.; et, d'après le résultat, on pourra se rectifier sur toutes les autres^.opé* rations de l'analyse, pa]rce qu'il ferait reconnaître toute erreur quelconque commise dans l'estime^tipi). des autres ingrédiens ; car leur quantité doit être, .rplalativement à 6elle de Tacide^ telle qu'elle a éx^ déter-

DES EAUX ]IIINéEAl.ES. 2l3

minée 9 dans la proportion qui correspond à Tétat de neutralisation.

C'est en opérant ainsi > qu'on découvre les différens acides et les différentes bases, et qu'on en détermine les quantités. Pour compléter l'analyse , il reste à établir l'état de combinaison , dans lequel ces acides et les bases existent. On admettra , probablement , qu'il faut le fkire , en partant d'un principe différent que celui d'après lequel on a 9 jusqu'à présent , déduit la composition d'eaux minérales. Les composés , qui peuvent être obtenus par l'analyse directe , ne sont pas à considérer, comme étant nécessairement les iogrédiens réels^ et , en les établissant comme tels , on donnerai^ souvent une idée fausse de la véritable composition. Il est deux points de vue 5 d'où l'on peut inférer l'état de combinaison dans une dissolution saline, et d'après lesquels, par conséquent, on peut assigner à une eau minérale sa composition.. Il est permis de supposer que les ac^es et les bases forment des combinaisons simultanées ; ou bien , si ce sont des combinaisons binaires , ce , qu'à cet égard , on peut conclure , comme de plus probable , c'est que les combinaisons sont celles qui forment les composés les plus solubles , leur sépaffation en composés moins solubles , au moyen de l'évaporation, résultant de l'influence de la force de cohésion. Dans l'un et l'autre de ces oa», il est évident, qu'il convient d'établir , d'abord , comme les résultats de l'analyse > les quantités d'acides et de bases obtenues. Dans la première supposition , celle de leur existence en combinaison simultanée , c'est tout ce qu'il y a à faire. Dans l'autre supposition , les quantités établie»

ai4 ANÂLTSE

diacides et de bases fournissent les moyens d^en in« férer les proportions des composés binaires ; et Ton peut f sans aucun inconvénient , ajouter la composition conformément aux produits de Févaporation. On peut donc toujours présenter les résultats de Tanalyse d'une eau minérale de ces trois manières : i"* les quantités des acides et des bases ; a* les quantités des composés binaires 5 comme déduites du principe que les com-* posés les plus solubles sont les ingrédiens ; ce qui aura , en même temps 9 Tavantage de présenter la compo-sition la plus activé qui puisse être assignée ; et, en con- . séquence » de mieux rendre compte de toutes les vertus médicinales que l'eau peut posséder; 3° les quantité» des composés binaires, telles qu'on les obtient par Févaporation , ou par toute autre opération analytique directe. Les résultats seront ainsi présentés sous chaque point de vue.

Il est évident que ce procédé , ainsi décrit par le docteur fllurray, a été adapté à la composition la plus compliquée qui se rencontre ordinairement, et que<> par conséquent j il peut être modifié suivai^t les ingrédiens. Si, par «temple, {il n'y a pas présence de chaux, alors on ne fait pas emploi d'oxalate d'ammoniaque ; et , il en est ainsi des autres ingrédiens. On a supposé aussi que les précautions d'usage, qui se présentent d'ellesHoiêmes , ont été dbservées, telles que ceHes de n^employer aucun des préeipitans en excès , et d^amener le» produits à un état uniforme de dessiccation, etc.

A Fégard des autres ingrédiens^ soit ceux qui ne sont pas salins, soit ceux qui sont plus rarement présens^

DBS EAUX MIHiEALES. 2l5

il sera, en général, préférable, lorsque, par remploi de réactifs , ou par des résultats ayant lieu dans Tanalyse elle-même, leur présence a été indiquée, de ne pas combiner la recherche , pour les découvrir, avec le procédé général ci-dessus décrit, mais d'opérer sur des portions séparées de Teau , et de faire la déduction nécessaire pour leurs quantités , en estimant les autres ingrédiens. La quantité de fer , par exemple , contenue dans une portion donnée de Teau , peut être trouvée par la méthode la plus appropriée. On découvrira la silice par la consistance gélatineuse qu'elle prend à la suite deTévaporation, et parce qu'elle forme un résida insoluble dans les acides, mais que dissout une dissolution de potasse. On peut reconnaître la présence de l'alumine dans l'application préliminaire de réactifs , par le précipité que l'eau fournit avee le carbonate d^ammoniaque, précipité qui n'est pas so* lubie, ou ne l'est qu'en partie dans le vinaigre dis*tillé , étendu, mais qui se dissout en le faisant bouillir dans une dissolution de potasse; on découvre encore l'alumine par le succinate de soude, qui la précipite de l'eau suffisamment évaporée; ou en6n , en donnant suite au procédé lui'-méme, l'alumine restera en dissolutiQu après la précipitation de la chaux par l'acide oxalique, et on pourra la reconnattre, par l'apparence trouble que produira le carbonate d'ammoniaque, ajouté avant d'avoir fait emploi ,de | l'acide phosphorique pour découvrir la magnésie. On peut en évaluer la quantité , d'après le précipité , qu'elle fournit par le carbonate d'ammoniaque, ou par d'autres méthode^ employées ordinairement. I^a silicose précipitera aussi

quand le procédé sera parvenu au même point > ott peut en opérer la séparation d'avec Talumine, en sou^ mettant les précipités ^ complètement desséchés à l'action de Tacide sulfurlque étendu. La potasse , si elle est présente > ce qui arrive très-rarement , reste à la fin , à l'état d'hydro - chlorate de potasse. L'hydrochlorate de platine en indiquera la présence , et l'hydro - chlorate de potasse pourra être séparé de l'hydro-chlorate de soude par la cristallisation.

L^analyse d'eaux minérales peut, en partie ? être conduite d'une autre manière f qui , un peu moins exacte peut-être , est simple et d'une exécution facile ; on peut donc l'employer à l'occasion comme une variation- du procédé. Nous allons en présenter succinctement l'exposé.

L^eau étant évaporée en partie, les acides , sulfurlque et carbonique 9 s'ils sont présens 9 ayant été séparés par l'addition de barite 9 et la conversion de tous les sels en hydro-chlorates ayant été effectuée de la manière déjà décrite , on peut évaporer la liqueur jusqu'à siccité, en évitant un excès de chaleur, qui pourrait décomposer Phydro -chlorate de magnésie, s'il y en avait ; on ajoute alors à la masse desséc hée six fois son poids d'alcool rectifié, dont la pesanteur spécifique soit au moins de'o,855; l'on maintient ainsi le mélange pendant vingt -quatre heures sans y appliqoer* la. chaleur, en 1-agîtant de temps en temps.: De eettevmanière,'le8 hydro-chlorates de chaux et de magnésie seront dissous 9 tandis que Thydro-cMorate de jsoude restera insoluble. :Pour se débarrasser plus complètement des hydro-chlorates de chauxet de magnésie.

DES EAUX MINÉBAIiES. 2iy

décantez la lîquetir^ ajoutez au résidu environ deux fois son poids du même alcool , et laissez reposer pendant quelques heures , en ayant soin d'agiter fréquemment le mélange. Cette liqueur étant aussi décantée , lavez la matière insoluble avec un peu d'alcool , que vous ajoutez aux premières liqueurs.

Quoique l'hydro-chlorate de soude soit par lui-même insotuble, ou presque insoluble, dans Falcool de cette pesanteur spécifique, cependant, lorsqu'il est accompagné d'hydro-chlorate de chaux ou d'hydro-chlorate de magnésie , il s'en dissout un peu. Il faut donc , pour se mettre en garde contre cette cause d'erreur, évaporer ou distiller la dissolution alcoolique jusqu'à siccité, et faire agir de nouveau, sur la masse desséchée, l'alcool, en quantité moindre qu'auparavant : tout l'hydro-chlorate de soude , qui avait été dissous , restera alors insoluble , et pourra être réuni à l'autre portion , ou , du moins , la quantité de cet hydro -chlorate dessous, doit êtr^ extrêmement petite. Une légère trace d'hydro-chlorate de chaux , ou d'hydro-chlorate de magnésie^ peut adhérer à l'hydrochlorate de soude; mais la quantité en est à peine appréciable 9 lorsqu'on a employé une quantité suffisante d'alcool ; et les faibles erreurs dues à ces deux circonstances se compensant mutuellement , servent d'autant à donner un résultat , qui se rapproche de plus près de la vérité.

Après avoir enlevé l'alcool à la dissolution , par éva-

poration, ou par distillation , versez , de l'acide sulfuri-

que , sur la matière solide , de manière à chasser tout

4'aeide hydro-chlorique , et exposez ensuite le résidu à

une chaleur approchant du rouge, pour lui enlever

dl8 ANALYSE

tout excès d'acide sulfurique. En lavant, avec un peu d*eau> le sulfate de magnésie sera dissous, le sulfate de chaux restera insoluble , et les quantités de chacun de ces sels, après les avoir chauffés au ronge faible, donneront les proportions de chaux, et de magnésie. La quantité de soude sera déterminée par le poids de Phydro-chloratè de soude chauffé au rouge ; et Ton évaluera les quantités des acides de la même manière que dans la ^rmule générale.

Cette méthode est également propre à découvrir les autres ingrédiens, qui se présentent plus rarement dans les eaux minérales. Ainsi Talumine restera à l'état de sulfate d'alumine, avec le sulfate de magnésie, et on peut la découvrir, en la précipitant par le bi-carbonate d'ammoniaque. La silice restera avec l'hydro-chlorate de soude, après l'action de l'alcool, et on l'obtiendra en faisant dissoudre ce sel dans l'eau : la présence du fer se manifestera par la couleur qu'il donnera aux liqueurs concentrées , ou, aux résidus desséchés à une ipoque ou l'autre de l'opération.

Telle est la méthode, que le docteur M urray recommande pour l'examen des eaux minérales. On peut appliquer un procédé semblaMe à l'analyse des minéraux terreux. Lorsque leur composition est telle qu'ils peuvent être dissous, en totalité, ou à peu près, par un acide, c'est-à-dire, lorsqu'ils consistent principalement en chaux, en magnésie et en alumine , l'emploi de cette mélhode d'analyse est évidemment suffisante. Si ces minéraux exigent préalablement l'action d un alcali, à raison de ce que la terre siliceuse y est prédominante, alors, après en avoir séparé cette terre, on neutralise

DES EAVX MINÉRALES.

Texcës d'alcali par de l'acide hydro-chlorique, et Ton peut conduire les autres opérations de l'analyse 9 avec toute modification que la composition particulière pourra exiger. Gomme les quantités des ingrédiens peuvent être estimées avec autant de précision , cette méthode peut être plus particulièrement employée avec avantage , quand on ne peut soumettre ^ à l'analyse 9 qu'une petite quantité du minéral; car, lorsqu'on en fait usage» on peut se borner, pour l'essai, à opérer sur un demigramme.

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